PRÉPONDÉRANCE DE LA FRANCE
bitions. Tant que Louis XIV suivit cette politique habile et modérée, il eut pour lui FEuipire contre l'empereur* ; mais lorsqu'il voulut étendre, non plus rinfluence, mais les possessions de la France en Allemagne, lorsqu'il menaça, par les arrêts des chambres de réunion, les États d'un grand nombre de petits princes, les rôles changèrent : l'Empire se joignit h l'empereur pour lutter contre une politique qui avait abandonné les traditions de Mazarin.
* Le maréclml de Gramont le reconnaît dans ses Mémoires : « Les fondements de cette ligue étaient si solides qu'ils subsisteraient encore en leur entier, si l'on avait bien voulu suivre les mêmes errements, s Le maréchal de Gramont, Antoine lU, vécut jusqu'en 1678. Il est probable qu'il écrivit, ou dicta, ses Mémoires, dans les derniers temps de sa vie, à une époque où déjà Louis XIV s'était éloigné de la prudence diplomatique de Mazarin, et avait provoqué, par la guerre de Hollande, la coalition, dans laquelle entrèrent IWllemagne, l'Espagne et l'Angleterre pour défendre la république des Provinces-Unies. Gramont fait évidemment allusion à la politique de violences et de conquêtes, substituée à la politique de prudence et d'influence diplomatique. Il est d'autant plus nécessaire d'insister sur ce point que, comme nous le verrons, en parlant de la paix des Pyrénées (ch. l, du livre VI), des écrivains de nos jours ont voulu rendre Mazarin responsable des fautes et des maliieurs de la fin du règne de Louis XIV.