PRÉPONDÉRANCE DE LA FRANCE
plus grande partie, dont je paie l'intérêt. Cependant, avec tous les efforts que je fais, de mon côté, je vous assure que, quelque diligence que l'on ait pu apporter pour tirer seulement de l'Épargne la somme d'argent que l'on vous envoie présentement, il a été impossible de le faire, telle étant la disette, dans laquelle les excessives dépenses que l'on a été obligé de soutenir, ont, à la fin, réduit les finances du roi. »
Les sacrifices, que rappelle Mazarin et dont il sut amplement se dédommager, furent largement compensés par le rôle que la France joua alors en Allemagne. C'était elle qui , malgré les antipathies religieuses, avait réussi à fondre en une seule et grande confédération les petites et impuissantes coalitions, qui s'étaient formées antérieurement. Mazarin, en réunissant les catholiques et les protestants dans la ligue du Rhin, n'avait fait qu'appliquer les principes de tolérance proclamés par la paix de Westphalie. Il n'avait, d'ailleurs, cessé de se présenter aux électeurs et aux princes d'Allemagne comme le défenseur de leur indépendance menacée par la maison d'Autriche. Il avait, en même temps, éloigné de ce pays la guerre que la Suède et l'Espagne voulaient y allumer, pour satisfaire leurs am-
«inq millions de livres. Ceux mêmes, qui croient que Mazarin était capable de toutes les fourberies, ne l'ont jamais représenté comme un imposteur assez stupide pour adresser ses mensonges à un diplomate tel que Lionne, qui, de plus, était neveu et conlident intime du surintendant des finances, Servien.