‹ Les français du XVII siècleChapitre 38 sur 125 · Mémoires du duc de Samt-Simon, t. VII, p · texte numérisé non relu

Mémoires du duc de Samt-Simon, t. VII, p

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continua. H mangeait chez lui en réfectoire avec tous ses domestiques, sa livrée môme; et la leclure s'y faisait pendant le repas. C-itte espèce de vertu eutsarécompenee; Innocent XI en fut louché et, de son propre mouvement, il le lit cardinal dans la promotion de 1686.

Un véritable saint eût su contenir sa joie; mais Le Camus, dans les transports de la sienne, oublia son devoir. Le courrier qui apportait en même temps la calotte au célèbre évéque de Strasbourg, Fijrstenberg, passa par Grenoble. La vanité du mangeur de légumes le piqua si fort qu'il se mit sur la tête l'insigne de sa nouvelle dignité. Il était d'usage que les cardinaux promus le reçussent de la main du roi. Celui-ci, offensé, lui fit donner ordre de ne point sortir de son diocèse. Fâcheuse défense qui enleva à Le Camus le plaisir de venir montrer sa calotte à Paris et à la cour. Il faut dire qu'il n'en continua pas moins ses mortificaiions. On lui faisait des remontrances sur sa sanlé et ses légumes : « Oh ! mes chrrs légumes, s'écria-t-il, je vous ai trop d'obligation pour vous abandonner jamais. » L'énormiLé de son testament scandalisa ses contemporains et gâte un peu sa frugalité aux yeux de la postérité : il laissa plus de cinq cent mille livres à sa famille, il donnait pourtant beaucoup aux pauvres, et son évêché n'était p3S gros ^

Le cardinal de Noailles n'eut point tant à faire pour se réconcilier avec le ciel et avec les hommes. Il porta de Châlons à Paris son innocence baptismale, dit Saint-Simon, y garda une résidence exacte, uniquement appliqué aux visites, au gouvernement de son diocèse et à toutes sortes de bonnes œuvres. Enfin, nous trouvons parmi les cardinaux des mœurs dignes de l'Église !

Elles se montrent bien mieux encore dans le cardinal de Coislin, évêque d'Orléans. Il serait injuste de l'oublier, aussi

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