‹ Les français du XVII siècleChapitre 59 sur 125 · Sainte-Beuve, Port-Royal, t. II, p · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Port-Royal, t. II, p

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Paris, puis de Ja Maison et Société de Sorbonne, « Il avait, dit de Drienup, un corps et une mine plus propre encore à conduire le carrosse du roi qu'à porter le bonnet et le chapeau sur les bancs de la Sorbonne, qui pliaient sous les pieds de cet autre Hercule: plus grand et plus fort n'était point celuidelaFabJf^; je doute qu'il fût plus éloquent et plus courageux. Tel donc, et plus terrible encore, parut, durant sa licence, le gigantesque Saint-Amour. Les Cornet, les Péreyret et les Le iMoitie, ce trio de docteurs molinistes, craignaient plus Saint-Amour tout seul que tout le parti janséniste ensemble. En elTet, c'était pour eux un redoutable adversaire. Quel homme, mon Dieu ! aujourd'hui à Paris, demain à Rome; et de là, comme un fantôme, porté en l'air, ou sur le cheval de Pacolet, on le voit au pj^ima meîisis, où la seconde lettre de M. Arnauld allait être censurée tout d'une voix ; mais combien ne tit-il point revenir de docteurs à son avis ^ !... »

Lancez donc au milieu de ces assemblées tumultueuses « ce frais et gaillard Saint-Amour », espèce d'Ajax théologien, suivant l'heureuse expression de Sainte-Beuve. Quel choc, quelles rudes attaques ! Le plafond devait vibrer aux éclats de sa voix, le plancher devait chanceler sous le trépignement de ses pieds. Voyez-le soutenu par les partisans de M. Arnauld attentifs, dit Beaubrun dans une relation manuscrite, à occuper toujours un côté de la salle, tandis que les molinistes occupaient l'autre. Rappelez-vous les invectives foudroyantes de Garassus contre les libertins, le ton de la critique littéraire d'un Saumaise par exemple, et vous aurez une idée des clameurs qui retentissent et des coups qui se multiplient drus et pressés dans la lutte.

Le parti contraire ne le cède ni en violence ni en chaleur. Il a aussi ses Ajax et ses Hercules. Parmi eux se signale le

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