‹ Les français du XVII siècleChapitre 64 sur 125 · Journal d'Olivier d'Ormesson, t. P% p · texte numérisé non relu

Journal d'Olivier d'Ormesson, t. P% p

de Condé se déclarer hautement pour lui. Le chancelier prévit quelque orage, parce qu'on parlait d'aller chez la reine ; il s'en alla prudemment dîner à l'hôtel de Sully, il appréhendait qu'on ne prît encore occasion de venir chez lui comme pour Saint- Eus tache.

L'affaire suit son cours, le conseil des parties rend son arrêt, le roi évoque le différend, et renvoie MM. Ollier et Fiesque au Parlement de Paris, ordonnant être préalablement fait droit sur la réintégrande. Laissons maintenant la parole à Olivier d'Ormesson ^ : « Le samedi j'appris que MM. du Parlement avaient donné arrêt par lequel M. Ollier serait réintégré et que le rapporteur avait été remettre M. Ollier en possession. Le soir, on me dit que le peuple s'était assemblé, avait de nouveau chassé M. Ollier et brûlé sa maison, et qu'il avait allu y envoyer une compagnie du régiment des gardes. Le dimanche, H juin, j'appris que MM. du Parlement s'étant retirés de Saint-Sulpice, le peuple y était revenu avec telle furie que le peuple n'ayant pu escalader la maison, ils mirent le feu à la porte, et l'on y avait fait marchfr une compagnie des gardes qui les avait dissipés. Le soir, la compagnie se retira. Le lundi, 12 juin, je sus que 400 femmes du faubourg Saint-Germain étaient à l'entrée de la grand'chambre redemandant leur curé Fiesque; qu'il y fut donné arrêt portant défense de s'attrouper à peine de la vie, et que l'arrêt de réintégrande de M. Ollier serait publié par les carrefours. » il ne serait pas impossible de trouver, même aujourd'hui, des paroisses oia le départ d'un curé cause un deuil général à ses paroissiennes : il serait plus difficile de voir cette douleur aller jusqu'à la furie et passer à l'émeute. D'autres intérêts, d'ordinaire, et d'autres passions, agitent nos faubourgs.

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