‹ Les français du XVII siècleChapitre 84 sur 125 · Mémoires du duc de Saint-Sim-yn, t. VIII. p · texte numérisé non relu

Mémoires du duc de Saint-Sim-yn, t. VIII. p

En remplissant lui-même, avec cette rigueur, les prescriptions de l'Église, Louis ne pouvait en dispenser personne. C'étaient choses de grande conséquence à ses yeux, il ne pouvait pas soulFrir qu'on les méprisât. Comme il manquait peu de sermons Tavent et le carême, il souhaitait qu'on l'imitât autour de lui. « A sa messe, tout le monde était obligé de se mettre à genoux au Sanclus et d'y demeurer jusqu'après la communion du prêtre; et, s'il entendait le moindre bruit ou voyait causer pendant la messe, il le trouvait fort mauvais ». On lit dans les Mémoires de Dangeau, dès 1684 : « 3 avril. — Le roi, à son lever, parla fort de ses courtisans qui ne faisaient point leurs pâques, et dit qu'il estimait fort ceux qui jes faisaient bien, et qu'il les exhortait tous à y songer bien sérieusement, et ajoutant même qu'il leur en saurait bon gré. » 21 mai. — Le roi fit, le matin, dans l'église, une réprimande au marquis de Gesvres, sur ce qu'il entendait la messe irréligieusement.

» 26 décembre. — Le major déclara que le roi lui avait ordonné de l'avertir de tous les gens qui causeraient à la messe, etc., etc.

)) A la messe, il disait son chapelet (il n'en savait pas davantage), et toujours à genoux, excepté à l'évangile. Aux grand'messes, il ne s'asseyait dans son fauteuil qu'aux temps oii Ton a coutume de s'asseoir. Aux jubilés, il faisait presque toujours ses stations à pied; et tous les jours de jeûne, et ceux du carêms où il mangeait maigre, il faisait seulement collation. » (Ibid.j

Le mouvement est donné, chacun le suit. Qui voudrait y résister se heurterait à la volonté suprême. Les libertins se cachent, les esprits forts se taisent; Don Juan s'encapuchonne, il se couvre du masque dont tant d'autres se servent pour abuser le monde.

« L'hypocrisie, dit-il avec impudence, est un vice à la mode.

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