‹ Les français du XVII siècleChapitre 91 sur 125 · Les Caractères, de la Ville · texte numérisé non relu

Les Caractères, de la Ville

eux tous les changcmenls que la mode, en un siècle, a pu introduire dans les habits.

Tel a le chapeau plat, tel autre l'a trop haut ; Tel a talons de bois; tel, souliers de Pitauf. Tel, haut-dc-chausse bouffe, et tel, serre-la-cuisse. L'un tient du Pantalon et l'autre tient du Suisse. Tel a petit collet; tel, des plus grands rabats. Tel sur habit de drap manteau de taffetas ^

Leurs manières répondent à leurs vêtements. Comme eux, elles sont surannées et du temps jadis. S'ils font la révérence, c'est en pliant le jarret comme un bon vieux Gaulois, ou comme fait un héraut aux obsèques des rois.

Le peuple, qui les voit dans cet équipage, s'en moque, mais il en a peur; on sait par des couplets satiriques qu'il confondait volontiers leur grimoire avec celui des sorciers.

Palais de la reine Chicane Et du roy des Fesse-cahiers, Archives des vieux plaidoyers, Porche oii piaffe la soutane!

Que de pancartes et de sacs.

Que d'étiquettes, d'almanachs, Que de grimoires sur ces tables I Je crois que c'est sur ces placels Qu'on sacrifie à tous les diables Pour l'éternité des procès 2.

Le peuple les considère encore comme des espèces d'alchimistes, à qui l'on donne des monceaux d'or et qui ne rendent que des tas de papiers inutiles. On insulte un sergent, il se fait payer les injures; on le bat, il verbalise; les soufflets et les coups de bâton se transforment en écus.

Vous connaissez celte scène des Plaideurs :

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