‹ Les Français du XVIIe siècleChapitre 19 sur 108 · dm, t. XIII, p · texte numérisé non relu

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2, Saint-Simon ajoute aussitôt : « Peu après il fit bien pis. II écnma que IlB roi avait des passades avec elle, et Tbeure où Bontems la conduisait enveloppée d'une cape, par un degré dérobé, sur le palier duquel était une porte de derrière des cabineis du roi et vis-à-vi5 sur le même palier, un privé, Lauzun prévient l'heure et s*embusque dans le privé, se ferme en dedans d'un crochet, voit par le trou de la serrure le roi qui ouvre la porte et met la clef en dehors et la refermer Lauzun attend un peu, écoute à la porte, la ferme à double tour avec la clef, la tire et la jette dans le privé, où il s'enferme de nouveau. Quelque temps après arrivent Bontems et la dame qui sont étonnés de ne point trouver la clef à la porte du cabinet. Bontemps frappe doucement plusieurs fois inutilement, enfin si fort que le roi arrive. Bontems lui dit qu'elle est là, d'ouvrir, parce que la clef n'y est pas. Le roi répond qu'il l'y a mise ; Bontems la cherche à terre pendant que le roi vent ouvrir avec le pêne, et il trouve la porte fermée à double tour. Les voilà tous trois bien étonnés et bien empêchés ; la conversation se fait à travers la porte comment ce contre-temps peut être arrivé. Le roi s'épuise à vouloir for. er le péoe, et ouvrir malgré le double tour. A la fin, il fallut se donner le bonsoir à travers la porte, et Lauzun qui les entendait, à n'en pas perdre nn mot, et qui les voyait de son privé par le trou delà serrure, bien enfermé au crochet, comme quelqu'un qui serait sur le privé, riait bas de tout son cœur, et se moquait d'eux avec délices. (T. Xlir, p. 72.)

de ces trois morceaux ^. » Mademoiselle ne se pouvait résoudre à passer sous ce joug et à dépouiller Lauzun des biens qu'elle lui avait donnés (elle luiavait assuré Eu et Aumale). La négociation fut longue; la princesse fut priée jusqu'à la dernière importunitéy menacée même par les ministres, tantôt par Colbert, qui y mettait plus de douceur, tantôt par Louvois qui y allait d'une main plus rude, et que Ton réservait toujours pour les plus dures paroles. Plus la difficulté croissait, plus le roi s'irritait du refus, et s'enflammait de la passion d'élever et d'enrichir ses b&tards. Il fallait vaincre Lauzun qui lui aussi résistait. A deux reprises on le tira de Pignerol pour le conduire à Bourbon, où il devait rencontrer madame de Montespan et conférer sur ce grand dépouillement que l'on exigeait de lui. Les menaces, les promesses, l'amenèrent à grand'peine enfin au consentement que l'on souhaitait avec toutes les ardeurs possibles. La loyauté dans l'exécution des promesses ne fut pas du côté du roi. Lauziin demeura quatre ans éloigné de Mademoiselle qui se plaignait hautement qu'après l'avoir impitoyablement rançonnée on la trompât encore I

Le comte de Guiche était encore un excellent modèle à étudier. Pût-il échapper à Molière? Bien des raisons le désignaient à ce crayon sûr qui n'oubliait aucun ridicule. C'est lui qu'on nomme dans le Misanthrope sous ce titre : c le grand flandrin de vicomte. » Ce héros de roman, suivant madame de Sévigné, pouvait se contempler dans les traits de Don Juan. Il en avait la hardiesse, la bravoure, la galanterie; il en avait aussi la vanité, l'air méprisant, et surtout l'impiété. Ses passions publiques et déclarées occupèrent longtemps toute la cour. Madame de La Fayette a raconté ses amours avec Henriette d'Angleterre; la naissance, les progrès do ses sen-

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