‹ Les Français du XVIIe siècleChapitre 32 sur 108 · LES GENS D*É6LISE · texte numérisé non relu

LES GENS D*É6LISE

JemcDt importuné par ses graals vicaires, ni par le valet sacré et mitre, payé pour imposer les mains; d'y vivre sans inquiétude dans un palais à la campagne, au milieu d'une cour comme uû souverain, parmi le jeu, les dames el les plaisirs, pleinement affranchi, là comme à Paris et à la cour, de toute bienséance *.».

Ainsi vivait le fils de madame de Soubise et d'un père plus auguste. Cardinal et archevêque de Strasbourg avant quarante ans, il se voyait avec quatre cent mille livres de rente. Il avait le goût des plaisirs, de la magnificdnce et du repos. Prince avec sa maison, par la grâce du roi et la beauté de sa mère, il avait hâte de contenter sa paresse naturelle longtemps gênée par la férule, par les travaux et par les contraintes de toutes sortes. Il était fait pour vivre en grand seigneur, il usait pleinement el dans toute leur étendue de ses avantages. Que pouvait-il craindre? « Le roi, si volontiers austère pour les autres, était accoutumé, non seulement à passer, mais ^ trouver tout bon des cardinaux. » Il est vrai qu'à Rome, avec toute sa magnificence et les agréments de ses manières flatteuses, il gagna peu de crédit et de réputation. Il poussait si loin le soin de sa beauté qu'il prenait souvent des bains de lait pour se rendre la peau plus douce et plus belle : on le savait avec certitude, quelque secret qu'il y mit; ce qui avait indigné les dévots et attiré sur lui le mépris et les railleries des autres.

Le cardinal de Bouillon n'avait pas vingt-six ans faits quand il parvint à cette glorieuse dignité. A vingt-huit ans, avec le titre de grand aumônier de France, il possédait les grands biens dont j'ai parlé plus haut. Ce n'était pas trop pour sa magnificence; il vivait dans la p'us brillante splendeur. Son luxe fut continuel et prodigieux en tout ; a son faste, dit Saint-

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