LES GERS D%LISE J
L'intrigue, la fàyear^ le don précieux de la naissance aidaient à pallier bien des vices ou des irrégularités. Il fallait être né sous une heureuse étoile. Comme tout, dans ce monde, n'est gu'heur ou malheur, on voyait des infortunés échouer ià où d'autres s'étaient sauvés contre l'attente universelle. Au rang de ces disgraciés, ii faut mettre l'abbé Testu.
Avec une infinité d'amis [considérables dans tous les états, avec un ce beau génie i> et beaucoup de délicatesse, il ne put jamais réussir à se faire nommer évéque. Louis XIV fut làdessus d'une obstination invincible. Il voulut bien lui donner des bénéfices, il lui refusa la crosse. Cependant, ses mœurs étaient bonnes, sa réputation excellente, ses talents reconnus, sa conversation recherchée et il avait de l'ambition. Que pouvait-on lui reprocher? Était-ce sa galanterie passée oui! avait été fort avant et dont il avait retenu uq certain air très libre et très agréable? Étaient-ce ses relations avec l'abbesse de Fontevrault auprès de laquelle il était sur le pied d'une intimité étroite et d'un charmant badinage? Madame de Sablé aurait-elle trouvé le côté faible de l'abbé quand elle écrit : « Il me semble qu'il ne lui manque rien pour être un bon directeur que d'être un peu plus dévot? o Et pourtant, très lié avec l'abbé de Rancé, faisant de fréquentes retraites dans diverses abbayes et rentrant ensuite dans le monde avec un air suffisamment contrit, l'abbé Testu aurait dû désarmer la rigueur du monarque. L'esprit malicieux de madame de Sévigné touche peut-être de plus près à la vérité quand elK; dit que Louis n'aimait pas le bruit quand il ne le faisait pas lui-même. Vabbé faisait trop de bruit. Pour moi, je crois saisir la véritable raison de l'éloignemeni du roi pour l'abbé Testu dans cç passage où Nicolas Colbert, évêque de Luçon, adressant à son frère Colbert le portrait du trop fameux abbé, rappelle d'anciennes amitiés auxquelles le prince ne pardonna jamais : « On m'a dit qu'il avait eu de grandes liaisons avec