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expressions métaphoriques des anciens écrivains que Mahomet se faisait lire, et qu’il a lourdement prises à la lettre. L’anéantissement des anges et des hommes et leur résurrection, c’est le dogme de la résurrection future, mal entendu et mal rendu par un ignorant. 11 est à croire que le prophète n’attachait à tous ces points de doctrine qu’une médiocre importance, Le but manifeste du Coran tout entier dans ses moindres détails, est d’inculquer ces deux dogmes : 11 n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète : c’est-à-dire de nier toujours, soit directement, soit indirectement, la divinité du Christ, et de renverser sa loi. 11 n’est pas jusqu’à l’interdiction jetée sur l’usage du vin qui ne soit dictée par cette pensée sacrilège: en faisant dire à son Dieu que le vin est une abomination inventée par Satan, Mahomet a voulu flétrir et empêcher le sacrifice adorable des chrétiens, plus encore que prévenir les dissensions qui éclataient parmi ses sectateurs lorsqu’ils s’enivraient. La défense de boire du vin n’en est pas moins un des principes les plus admirés par tous ces philosophes qui se récrient contre les abstinences que l’Église catholique impose aux fidèles : comme si la religion catholique permettait aux hommes de boire du vin jusqu’à s’enivrer! comme si les musulmans, parce qu’ils s’interdisent le vin, s’interdisaient toutes les débauches! comme si enfin l’islamisme n’avait pas plongé des races entières dans un abrutissement pire que l’ivrognerie ! Mais quelle raison donner à des esprits qui, sur le terrain où ils se placent, ne peuvent plus être de bonne foi?
La morale de Mahomet est encore plus mauvaise que ses dogmes. Comme son paradis même n’est, au fond, qu’un lieu de débauches où toutes les passions sensuelles pourront parcourir une échelle de satisfactions immenses,
on devine quelles pensées l’attente de pareils biens éveille dans le cœur, et quelles actions elle inspire. L’imposteur ne s’est pas contenté de dégrader la femme en la réduisant à l'esclavage, et de dénaturer l’institution du mariage en permettant le divorce et la polygamie, il souille encore l’union conjugale par les abjections qu’il autorise : la sainte chasteté n’a pas de plus grand ennemi. Cette vertu des vertus, que l’Évangile semble avoir révélée au monde, devait exciter la rage de l’impie : il a fait tout ce qu’il a pu pour l’anéantir. Sous ce rapport, les Maures et les Arabes, comme au surplus tous les musulmans, sont, malgré leurs dehors pudiques, d’une corruption que les Européens, malgré leurs fanfaronnades effrontées, n’ont pas atteinte. La polygamie , changeant l’ordre de la nature, a livré les deux sexes au désordre le plus hideux; et les femmes, cette gloire de l'Église dans notre France , ne sont en Algérie qu’un troupeau de brutes dont rien ne peut exprimer la dégradation.
Pour le reste, on sait que les pratiques extérieures, les ablutions, le pèlerinage de la Mecque, remplacent les œuvres satisfactoires. En commandant la prière, l'aumône et le jeûne, Mahomet les dégrade et les altère. La prière , qui est d’obligation cinq fois par jour, à des heures marquées (1), est une prière d’esclaves , une formule vaine, sans amour, sans vie; nulle part on ne donne à Dieu le doux nom de père ; nulle part on n’y dit qu'on l’aime et qu'il faut l’aimer. L’aumône chrétienne nous oblige, en temps et lieu, de donner pour nos frères, non-seulement une partie de nos biens, mais
(1) Cinq fois par jour le muezzin fait entendre, du haut des minarets, Vaden ou appel à la prière: le matin, cebahli ; à midi, dlior ; à trois heures et demie, aceur ; au coucher du soleil, maglireb; deux heures après le coucher du soleil, euclia.
même notre vie à l’exemple de Jésus -Christ, qui s’est donné et se donne encore tous les jours pour nous, et qui regarde comme fait à lui-même ce que nous faisons au dernier de nos frères ou plutôt des siens. La pratique de cette vertu a sauvé le monde, elle a conservé la vie à des multitudes innombrables de malades et d'indigents, elle nourrit encore dans les sociétés catholiques la plus grande partie des pauvres; elle est si puissante, que là où elle ne se développe point, dans les pays protestants, par exemple, aucune institution, aucun effort du gouvernement n’a pu suppléer à ses effets. Pour Mahomet l'aumône n’a été en grande partie qu’un tribut qu’il levait pour lui-même. Quant au jeûne du mois de ramadan , nuisible au point de vue politique, il est nul comme pénitence : les riches dorment le jour et passent la nuit dans les festins; les pauvres épuisent leurs forces sans corriger leurs mœurs. Ce n'est qu’une contrefaçon ou plutôt une parodie du jeûne catholique. Des vertus intérieures , de l’amour de Dieu et du prochain , de la piété , de la mortification des sens, de l’humilité, delà reconnaissance envers Dieu, de la confiance en sa bonté , il n’en est point question dans le Coran. Il permet la vengeance , la peine du talion , l'apostasie forcée, le parjure, et ne condamne que l'idolàti'ie. Un musulman croit fermement que sans l’observation scrupuleuse et minutieuse du cérémonial, le cœur le plus pur, la foi la plus sincère , la charité la plus ardente ne suffiraient pas pour le rendre agréable à Dieu ; mais que le pèlerinage de la Mecque ou l'action de boire de l’eau dans laquelle a trempé la vieille robe du prophète , effacent tous les crimes (1). Pour bien connaître
1) Voyez Bergier, Dicl. Ihèologiqite , et Rolirbacher, tlisl . uiiiu. de l’Église.
la morale des musulmans il suffit de voir quels sont leurs saints ou marabouts. Un homme qui a quelque peu lu le Coran , et qui peut en réciter quelques passages de mémoire, s’il sait garder certains dehors, s'il 11e boit pas de café, s’il ne fume pas et 11e prend point de tabac en poudre, se fait tout de suite un renom de piété merveilleuse, et devient en quelque sorte sacré. Quelques-uns de ces personnages , objets d’une miséricorde particulière, ont été vraiment hommes de bien. Ils ont, durant toute leur vie, gardé la chasteté, assisté la pauvreté, conseillé l’union et la paix. Leurs vertus ont paru surhumaines, et leur ont attiré la vénération des peuples. On vit en eux ce qu'ils étaient en effet, des êtres privilégiés; la foule les honora sans les comprendre , et surtout sans aspirer à les imiter. Us ont fondé des familles puissantes, ils ont laissé un tombeau glorifié par de nombreux pèlerinages et par de riches offrandes, ils n’ont point laissé de continuateurs de leur sainteté étrange. Un marabout de cette espèce vivait à Coléah lorsque les Français s’emparèrent d’Alger. Comme pour montrer que ses vertus avaient leur racine dans son àme, et non point dans sa religion, il conseilla, jusqu'aux derniers instants de sa vie, la paix avec les chrétiens, qui l’avaient injustement et impolitiquemcnt persécuté. La sainteté est, du reste, le partage exclusif des hommes; les femmes n’y peuvent prétendre, du moins n’ai-je jamais entendu parler de femmes marabouts. Quand les Arabes de Conslantine virent pour la première fois des religieuses , ils furent si étonnés et en même temps frappés d'une telle admiration, que ces pieuses filles auraient pu , si on l’avait permis, convertir
L’article de Bergier est un chef-d’œuvre d’exactitude et de précision que j’ai pu apprécier au milieu des mahométans d’Alger.
toute la province. L’àme humaine est faite à l’image de Dieu, et c’est pourquoi rien ne peut assez la dégrader pour que ce qui est vraiment noble et grand ne lui inspire pas aussitôt un profond respect. Mahomet a pu plonger ses sectateurs dans l’ignorance la plus abrutissante et la plus féroce, il n’a pu les rendre aussi pervers qu’il le fut lui-même. Une chose est restée à ces peuples mal heureux : c’est l’instinct du bon et du beau, l’instinct de la vérité, l’instinct du salut. Par là l’Europe catholique pourrait les sauver; l’Europe politique et incrédule ne le veut pas, elle préfère les anéantir. Elle y parviendra, car Dieu les lui livre , et leur heure est venue ; mais elle n’accomplira qu'avec lenteur, au prix de son sang , et pour sa punition peut - être , l’œuvre terrible de rendre à la croix nues et dépeuplées les terres fertiles qu’elle pouvait lui donner couvertes d’une moisson d’àmes. Il plaît à Dieu d’étendre son royaume en ce monde, il lui plaît d oter le sceptre aux farouches ennemis du Christ; mais il ne lui plaît pas qu’on tue les hommes avant d'avoir essayé de les convertir; ceux qui auront aimé mieux verser le sang que prêcher l’Évangile n’auront pas impunément réussi.