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da moins que notre siècle, qui se pique de justice, a vengé ces noms glorieux d'un oubli injuste? Ëh bipn 1 à part quelques érudits, quelques fureteurs de vieilles annales, quelques esprits équitables, qui se souvient à cette heure de la découverte du Canada, de l'exploration du Mississipiy de révangélisation des Indiens, des combats sous les murs de Québec et sur les rives du Saint«-Lanrent?
Pour nous venir d'une main étrangère, la réparation n'en est pas moins aujourd hui complète et très- sympathique. M. Banci oft est familier avec les mœurs et la littérature de la France, liest doué à un haut degré d'une des qualités essentielles à l'historien, la faculté de sentir. Il faut que l'historien ait une âme, et que cette âme soit susceptible de frémissements. M. Bancroft est donc fait pour comprendre le double mobil(; qui a poussé nos missionnaires et nos soldiits sur la terre américaine, la conquête des âmes et la gloire du drapeau. « Ce ne fut, dit-il, » ni une entreprise commerciale, ni une ambi-
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Aaymbault et Jogaes vont porter la bonne novr velle chez lés sauvages, riverains de la rivière Sainle-Mario et du lac Supérieur. Le premier essaie de joindre les Algonquins de Nipissing; mais la saison et le climat s'opposent à son projet, et l'année suivante il meurt de consomption. Jogues tombe dans un parti de Muliawks. Il aurait pu s'échapper /mais il était accompagné de néophytes; et quand donc, dit M. Bancroft, un missionnaire jésuite a-t-il cherché à §auver sa vie au risque de la perte d'une âme? Du Saint-Laurent an Mohawk, les Indiens accablent Jogues d'injures et de tourments. Le novice Réné Goupil avait tracé le signe de la croix sur le front d'un enfant. C'est un maléfice lancé au village^ s'écrie la femme du Hohawk son maître, et un coup de tomahawk interrompt le rosaire commencé.
Jogues s'attendait au même sort; mais il ne devait périr que quelques années plus tard.
Chaque mission devient un point d'attaque pour les tribus des cinq nations. Chaque assaut est marqué par l'incendie des wigwams et un mas-
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» lion royale qwi yoiU la FrftfiCû.pij .fiefltfft 4u » contiflept aipéricf^jn, C'est l'entj^ppsi^srïîe
> religieq^ qui a faijdé Sfaotré^l» conquis tes
> dé$6rt3 etlesgraqijs ]^qs, §):plûré Mii^si^^i|(i. C/est à l'Église ^ornaine qi|s le Ga^a^^^ (Jqî*
» sas autels, ses bôpitaui^, ses .sépfiin^irp?,^ » M. Banoroft a r^isoii. Om, au Canada, da^s
la NûuveUe-Franc^, pqiir fippS - servir d() mm de 17oQ, ce sont les pissioupajres qui fraient
souvent la yoîq 9m% pionniers et aux soldats, d'habitude leurs devani^iers. J'avais peur< je Tavûiie, qu'ef^ dépit de son ipipartiajitg ordjnairp, de son penchant pour Iji France^ B^ucroft, qui est protestant, ne sût pas rqndreje ne dirai justipe,! (nais une jusUp^ pleine et en* tière ?- }a Compagnie de Jéî^iis, Le§ preipières lignes du chapitre qu*il consapre à^l'exploratipp de la vallée du Mississipi, m'qnt complètement rassuré. Oublieux de tout re^entin^entdeseete, M. Bancrqft voit dag^ leç fl\^ dp ioyql^ que des apôtres et deiî martyrs, \l flous Jes ipontre, dès leur é^blisjsemeQt, $ eAflammés ^*nn hé*
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» roïsme qui bravait tous les dangers et toutes » lesfatigaes, d'élançant jusqu'aux extrémités . » du monde, plantant la croix aux Moluques, j» dans rinde, eu Chine et au Japon ; pénétrant 9 en Abyssinie, en Ethiopie, chez lesGafres, sur » les bords du Maragnon et dans les plaines du Pa- » raguay* Le peu de jésuites^ dit-il, quiarrivaient » à la vieillesse, brûlaient encore de la ferveur » du zèle apostolique. L'histoire de leurs tra- » vaux est liée à l'histoire de toute ville célèbre » dans les annales de la 1:* rance américaine. Un » ne doubla pas un cap, on n'entra pas dans » une rivière sans qu'un jésuite ne traçât la » voie. »
C'est dans ï Histoire^ qu'il faut lire le récit des dangers, des fatigues, des privations qui composaient la vie quotidienne d'un missionnaire sur les bords du lac Huron ou du Saint-Laurent. M. Bancroft a sur ce sujet quelques pages admirables de vérité et de coloris, des pages animées de cet enthousiasme, à la fois ému et grave et de ce sentiment de force et de tendresse qu'on
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respire dans les peintures qu'ont laissées saint Jean Chrysoslome et saint Basile, de la vie des solitaires de la Syrie, de la Gappadoce et du Pont. « Voyez, dit-il, les jésuites Brébeuf et Da- » niel que devaient bientôt suivre Lallemand et » plusieurs autres, se rcuuissant à un parti de » Barons qui retournaient de Québec à leur pays. » Le voyage, par l'Ottawa et ses affluents, était » de trois ceuts lieues, à travers un pays couvert » de forêts effrayantes. Le long du jour, les mis- » sionnaires devaient pagayer ou ramer; le soir > pas d'autre nourriture qu'une maigre ration » d orge indien; pour couche, la terre et les ro- » chers. Aux Rapides, il faut porterie canot sur » ses épaules pendant des lieues, à travers les » bois les plus fourrés, ou les régions les plus » sauvages. » Les rivières, les lacs, les forêts, les peuplades sauvages n'arrêtent pas cependant ces courageux apôtres. Ils arrivent enfin, les pieds en sang, les vêtements déchirés, au cœur des solitudes huronnes, et c'est là au nord-ouest du lac Toronto, près des bords du lac Iroquois,
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baie du lac Huron, que $'éleva parmi les Indiens la preuiière et^huoible maispu 4a Jésuitos. « C'est JD là ^'^m i^ae petitQ chapelle Qn bois cl placée » sous le vocfible de saint Joseph que les vêpres » et les matiaes furent chantées pour la première » fois, et le p^i^n de vie consacré dans une messe » solennelle, en présence de la mai^se des Uviruas, » et des gardiens héréditaires du feu, frappés à » )a fois d'étonnement et de respect* »
JLe repos du missionnaire ressemble à son voy^igc, H se jève k quatre heures du malîji, Vfique jusqu'à huit à ses prières et à ses observancest Le jour appartient aui^ écoles, aux visites, afi catéchisme, aux offices et aux prédications, « Le laissionnaire parfois, à rimiUiliun » de saint François-Xavier, parcourt le village » et ses environs, appelant aux sons d'une petite » cloche les chefs et les premiers guerriers; là, » sous 1 ombrp épaisse des forêts, les ipj^lèr^s » les plus sûlennejs de la foi catholique sont 9 enseignés. » Mais le missionnaire pousse devant lui sa croix, comme le squatteji* sa charrue.
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» sept heures. La vie de chacan d'eux n'avait » été qu'un long acte d'héroïsme, leur mort » étonna leurs bourreaux. »
Héroïsme malheureusement inutile, comme celai de nos marins et de nos soldats. A un certain moment, vers la fin du règne de Louis XIV, la France possédait nominalement ou réellemeûl les trois quarts de ces vastes régions qui s'étendent des contrées polaires jusqu'à Tisthme ^ de Panama. Que reste-t-il de cet empire colonial dont Cartier et Champlain, Colbcrt et le grand roi avaient jeté les fondements? Que reste-t-il des Hurons, des Mohawks, des Mohicans, des Iroquois? de toutes ces peuplades amies ou ennemies de laFraace? Leurs faibles restes s'enfoncent de plus en plus dans les déserts de l'extrême oaest, Far West, et dans les plaines de la Californie, où les poursuit l'Anglo-Américain, colonisateur par l'extermination. Le drapeau étoilé, ou le drapeau de Saint-Georges flotte sur ces murs, sur ces rivières, sur ces lacs aux noms d'origine si franchement catholique et française: