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Les quais de Mvtréal eu été.
pis pisé
surtout, où il mesure quatre kilomètres de largeur, l'effet est grandiose :
« Le fleuve jaillit soudain avec des révoltes inouïcs «de puissance, au milieu de craquements sonores comme des décharges d'artillerie, de la prison qui le tient enfermé depuis décembre. La glace, soulevée par un gigantesque effort, retombe brisée, éparpillée en milliers de blocs qui tous alors, comme affolés, tournoient un instant, puis se hissent les uns sur les autres, formant une barrière infranchissable. Mais le fleuve s’est mis à monter, grondant sourdement de colère. Bientôt, il pêse, il pousse avec un redoublement de rage contre l'obstacle qui enfin cède et s'écroule, définitivement cette fois (1). »
Dans les rues, on fraye un chemin à travers la neige que des hommes rejcttent sans cesse des deux côtés, formant ainsi, dans les grandes voies, troischemins : un de chaque côté pour les piétons, et un au centre pour les traineaux.
C'est la saison favorite des habitants, aussi bien daus les villes que dans les campagnes; c’est l'époque des exercices en plein air, dont les Canadiens raffollent.
La ville de Montréal se divise en deux parties : le côté oriental et le côté occidental; les Canadiens-Français habitent le côté est, formant comme une société à part, dans la grande ville où ils sont en majorité. Les Anglais, les Écossais vivent à l’ouest, et une infranchissable barrière semble s'élever entre ces deux classes de la popu-
(1) Sylva Clapin, Le Canada.