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il va dans les grands bcis du Nord tendre ses pièges et ses trappes pour prendre des renards de toutes couleurs, jaune, blanc, mir croisé, argenté; des lynx, des martres, des visons, des loutres, des loups blancs, gris et noirs,
Méts traversant [a rivière Rouge.
des gloutons ou carcajous. Ce dernier animalestl'ennemi juré du trappeur.
Souvent le chasseur se traïnant à genoux sur la neige jusqu’à ses pièges les trouve renversés et l’appât mangé, ou bien détendus, et l’animal qui s’y était pris
enlevé ; c’est le carcajou ou wolverine qui a commis ce méfait. On ne saurait croire l’habileté de ce maraudeur., et l’on nous taxerait de..... chasseur, si nous disions avec quelle intelligence surprenante Je wolverine s'attache aux pas du trappeur, le guette teudre ses pièges et, aussilôt l’homme parti, enlève délicatement l’amorce sans jamais se prendre; c’est à un tel point que, quand un trappeur a reconnu des traces de carcajou, il quitte la contrée et va tendre ses pièges ailleurs.
MM. Milion et Cheadle, qui ont longtemps chassé dans cette région, imaginérent un jour d'introduire avec un tuyau de plume de la strychnine dans les morceaux de viande qui devaient servir d'appâts. Lorsqu'ils vinrent ie lendemain pour visiter leurs pièges, ils s'aperçurent que tous les morceaux empoisonnés avaient été laissés de côté par le glouton.
Les métis vont avec les Indiens dans les forts et factoreries de la Compagnie de l& baie d'Hudson pour vendre le produit de leurs chasses. Il est difficile de préciser le prix des fourrures, parce que le tarif change d’un fort à l’autre ; l’unité monétaire est la peau de castor, que les Anglais appellent made-beavcr, et les Ca: nadiens-Français pelu ou peluche, ce qui veutdire : peau garnie de son poil, pelisson. Cet étalon-monnaie peut être considéré comme notre franc, mais sa valeur n’est pas immuable; généralement, il représente deux shellings, ou 2 fr. 50.
Plus on s'éloigne de Winnipeg, en se dirigeant à l’ouest vers les montagnes Rocheuses, plus le pays devient accidenté et beau ; là, dans ces régions à peine
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fréquentées par les Européens, on retrouve nussi les 1 tribus indiennes; la plupart, cependant, ont suivi les °
Pont indien dans le Nord-Ouest.
troupeaux de bisons qui ont fui devant Ja civilisation, ils ont été s’établir sur les contreforts des montagnes Rocheuses, ou ont remonté au nord.
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En parcourant cette région, on trouve les restes de ces fières peuplades, Sioux, Pieds-Noirs, Pannies, Éris, maintenant réduits à un petit nombre, décimés et abrutis par le rhum et l’eau de feu que la Compagnie de la baie d'Hudson leur donne en échange de leurs fourrures. Réfractaires à l’agriculture, les Indiens préfèrent s’adonner à la chasse ou à la pêche, où mème servir comme canotiers ou porteurs dans la Compagnie de la baie d'Hudson, que de cultiver le sol fertile de leurs territoires ; seuls, ceux que les missionnaires ont convertis à la religion chrétienne commencent à cultiver quelques pièces de terre.
Au delà des montagnes Rocheuses, entre cette chaîne et l'océan Pacifique, s'étend la Colombie anglaise. Longtemps cette vaste province fit partie du territoire de la Compagnie de la baie d'Hudson. La découverte de l'or, en 1858, attira sur les bords de la rivière Fraser des émigrants de tous les pays; en 1871, la Colombie britannique entra dans la Dominion du Canada.
C’est la province qui possède le plus petit nombre de Canadiens-Français : un millier tout au plus. Quoique son sol soit excessivement fertile, il est relativement peu cultivé, à cause de la situation même de la province, à l’autre extrémité du continent américain.
Mais il est probable que, quand le Canadien-Pacifique aura diminué Jes distances, les Canadiens-Français, suivant le mouvement qui les porte vers l’ouest, étendront l'influence française dans ces régions habitées maintenant par les Anglaisen majorité; peu à peu, comme ils le font dans la vallée de l’Ottawa, dans le Manitoba, dans
geant en plaines fertiles les forêts impénétrables et les
le Nord-Ouest, ils s’'avancerontcultivant les terres, chan -
déserts arides ; partis des bords de l’Atlantique, ils formeront jusqu'aux rivages de l'océan Pacifique une po-
pulation forte et unie, française de cœur, de mœurs et
cain.
de langue; leur nombre, nous voulons l’espérer, sera bas rejoindre leurs frères et travailler avec eux à établir
grossi encore par les Français de France qui iront làl'influence française à travers le continent nord améri-
Déjà, depuis la création de Winnipeg, les Canadiens- Français émigrés aux États-Unis reviennent au Canada
et vont s'établir dansle Manitoba et dans le Nord-Ouest;
Français.
bientôt, à comme sur les bords du Saint-Laurent, ils par eux et le grand Nord-Ouest sera relié à la Chine
seront en majorité, ces terres fertiles seront cultivées,
et à l'extrême-Orient par un cordon de Canadiens-