‹ Les français en Italie au XVIe siècleChapitre 16 sur 16 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Résullais des Guerres d'Italie.

L'Italie soumise à la domination espagnole. — Système d'équilibre européen. — Résultats particuliers à la France : — Progrès vers la frontière du Rhin, — Triomphe de l'autorité royale à l'intérieur. — Influence funeste de la politique italienne. — Renai.ssance des lettres et des arts.

Au premier coup d'fcil, les guenes d'Italie semblent n'avoir causé que des calamités aux peuples qui y participèrent. La France, engagée la première dans la lutte, prodigua ses trésors et ses armées , sans pouvoir conserver ni le Milanais, ni le royaume de Naples, et l'on peut dire avec Comines : < Il n'est mémoire des Français en Italie que par les sépultures qu'ils y ont laissées. » A ne regai'doi- que le résultat matéiiel , les expéditions de

Charles YIlî, de Lnuis XII et de François I«">' , n'ont rien produit.

Mais , si l'on étudie plus attentivement le seizième siècle , on trouvera que l'Italie est le seul pays qui n'ait rien gagné à ces rudes épreuves que traversa l'Europe occidentale. Au contraire , sa ruine fui consommée. Dès l'année 1529, Théodore Trivulzio , indiquant à François I^"^ les moyens qu'il conviendrait d'employer pour faire la guerre à l'empereur, lui recommandait d'amener de France une grande quantité de pionniers et de travailleurs , <( la majeure partie des paysans étant morts , soit de faim , soit par la peste, soit autrement*. » L'Italie n'obtint pas la liberté comme prix de tant de sang répandu ; elle souffrit cruellement de l'ambition des étrangers , qui s'enlevaient tour à tour villes et provinces, en rivalisant de valeur et de férocité. La guerre apportée par Charles VIII fit sentir aux états de la péninsule la force de l'union , mais aussi l'impossibilité de la maintenir -, car les intrigues redoublèrent , et précipitèrent la ruine de l'indépendance nationale. Les luttes de Ferdinand le Catholique et de Louis XII livrèrent les plus belles provinces aux étrangers ; pendant la rivalité df François I^^ et de Charles-Quint , l'influence espagnole s'étendit sur toute l'Italie , et il ne resta plus aux vainqueurs

* MoLiM, Documents sur Vhhioire iPIlulie.

qu'à se déchirer outre eux pour se disputei' les lambeaux de ce malheureux pays. A l'époque de la paix de Cateau Cambrésis , Naples et Milan obéissaient à des gouverneurs espagnols , et Philippe II , maître ainsi des deux extrémités de la péninsule, imposait son autorité à tous les états inférieurs. Les Médicis, replacés à Florence par Charles- Quint , les ducs de Savoie , rétablis dans leurs possessions par son fils , étaient naturellement dévoués à l'Espagne. Les Farnèse à Parme s'étaient aussi détachés de l'alliance française. Des deux républiques maritimes de Venise et fie Gènes , l'une était ruinée comme puissance politique , l'autre était soumise à l'aristocratie des Doria. L'Espagne pesait sur Rome elle-même : dans la seconde moitié du seizième siècle , Philippe II , en se déclarant le champion du catholicisme en Europe , en lui apportant l'appui de son immense empire , a éclipsé les souverains pontifes et détruit leur action politique. Depuis ce moment , les Italiens ont été effacés du rang des grandes nations; déplorant désormais dans le silence la perte de leur liberté, ou incapables, sinon de valeur , au moins d'abnégation , pour la reconquérir , assez aveugles pour ne pas sacrifier au bien commun les intérêts mesquins et les vanités puériles , ils se soni attiré cette insultante parole d'un diplomate moderne * :

" M. i>E Mettermch.

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« L'Italie n'est en Europe qu'un nom géographique. » Les autres états ont , du moins , retiré quelques avantages des sacrifices qu'ils s'étaient imposés. Le système d équilibre européen est un des plus précieux. Il était né depuis le jour où l'Italie , l'Allemagne et l'Espagne s'étaient armées pour enlever le royaume de Naples à Charles VIII. Toutefois la coalition des puissances de second ordre pour défendre leur indépendance respective contre des voisins trop redoutables , n'a porté ses fruits que plus tard. Si la Erance de Charles VIII et de Louis XII figurait parmi les premiers royaumes , elle ne l'emportait pas sur l'Angletei're et l'Espagne. Mais lorsque, par une dangereuse déviation aux idées d'équilibre , les princes allemands eurent déféré la couronne impériale au possesseur de l'Espagne , des Pays-Bas et des Deux-Siciles . la moitié de l'Europe se trouva dans la main de la maison d'Autriche. Alors , les guerres entreprises par François I^r ne furent plus, comme celles de ses prédécesseurs , des guerres tout d'ambition ; car il importait à la France de rétablir l'équilibre en s'approprianl la Navarre, les Pays-Bas ou le royaume de Naples. Les souverains du reste de l'Europe parurent ne pas le comprendre ; excepté au temps de la ligue de Cognac , ils s'unirent à Charles-Quint, le plus fort, contre François !«•■, le plus faible , pour s'asservir eux-mêmes. François I*»" et Henri II combattirent constamment le projet de monarchie

(ui d«' suprématie universelle conçu par l'empereur : nonseulemenl ils préservèrent la France de l'invasion cl du démembrement, mais ils furent les défenseurs vigilants, infatigables, de l'indépendance de l'Europe. En altiiant sur eux les efforts de la maison d'Autriche, ils sauvèrent une foule de petits étiUs , qui n'avaient aucuns moyens de résistance contre cette puissance colossale , et leur donnèrent le temps de revenir aux sages principes d'équilibre et de contre-poids , base désormais invariable de la politique européenne. Les moyens qu'ils employèrent ont été vivement atuiqués au seizième siècle ; on regardait comme impie toute alliance avec les protestants et avec les Turcs. Cependant , lorsque la maison d'Autriche menaça de nouveau l'Europe, <'e fui par les mêmes armes qu'on la combattit : le cardinal de Richelieu devait aussi soutenir les réformés d'Allemagn(;, et Louis XIV pousser les Ottomans sur la vallée du Danube. On ne saurait nier que , durant les guerres d'Italie , les folies de la France furent jetées dans des expéditions hasardeuses qui la détournèrent d'améliorations intérieures et d'agrandissements à sa portée : la vraie politique du royaume fut sacrifiée aux intérêts particuliers des princes. La possession de l'Italie ne convient pas à la France-, iNaples, qu'elle avait d'abord revendique , est trop loin ; le Milanais lui-même est séparé d'elle par des barrières naturelles , les Alpes , qui rendraient son action lenie et difficile , et (;et

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obstacle ne pourrait être levé que par l'occupation de la Savoie. Ainsi que le remarquait Pasquier au seizième siècle, l'Italie est un pays « que nature a séparé d'avec nous de moeurs, de langue, et d'un haut entrejet de montagnes. » La situation de l'Autriche est autrement favorable : l'entrée de la péninsule lui est ouverte par les vallées de l'Adige et de tous les cours d'eau de la Haute-Italie. Les plaintes des généraux français , lors du traité de Cateau-Cambrésis , n'avaient rien de bien sérieux. Que pouvait rapporter à la Fi'ance l'occupation de toutes les places du Piémont ? Ce n'étaient en général que des bicoques , qui exigeaient le maintien très-onéreux de grandes forces militaires , et qui eussent été pour nous une perpétuelle tentation de retourner au-delà des Alpes. Mais , si l'on voulait se ménager un moyen d'influence en Italie , il fallait tenir à conseiver des terres véritablement françaises, le Bugey, la Bresse, la Savoie , sans lesquelles l'accès des Alpes est peu sûr. La faute grave que l'on commit au traité de Cateau-Cambrésis, ce fut de les abandonner. Napoléon avait bien mieux compris les intérêts de la France , lorsqu'il était maître de la Ijombardie.

Du moins , sous le règne de Henri II , la France revint à sa politique véritable. La limite du Rhin vaut beaucoup mieux pour elle que la possession de l'Italie. La conquête de Calais , qui excluait les Anglais du continent , celle de

Me.lz , Toul ol Verdun , qui formaicnl un rempart contre l'Allemagne , assurèrent les frontières du nord. Plutôt que de chercher à s'étendre jusqu'à la vallée du Pô , la France, dorénavant maîtresse de celle de la Moselle , devait songer à celle du Rhin ; sa grande affaire était d'y arriver par l'acquisition de l'Alsace , et du côté de la Flandre que Pasquier appelait un faubourg de Paris.

Les guerres d'Italie ont eu pour la France un autre résultat utile : elles contribuèrent à l'accroissement de l'autorité royale. En effet , les princes en prirent occasion pour établir de nouvelles taxes et entretenir une nombreuse armée permanente ; ils s'entourèrent de ce prestige de gloire qui plaît aux nations belliqueuses. L'œuvre commencée par Louis XI sur les échafauds , s'acheva dans les camps. La noblesse, le clergé^ le tiers-état, Déménagèrent pas , en face du péril , leur soumission au monarque, et se serrèrent autour de lui ; car il était le symbole de l'unité et de l'indépendance nationales. Les grands seigneurs, avides de dangers et de renom , allèrent à la guerre « à leurs dépens et pour leur plaisir; c'est déshonneur au gentilhomme ayant biens, et issu de bonne race, d'être appelé casanier*. » Non-seulement les officiers se formèrent à la grande guerre , mais encore tous les nobles apprirent ,

* Dbantùme.

par la vie des camps , à substituer les mœurs militaires aux mœurs féodales , et l'esprit d'obéissance à l'esprit d'anarchie.

De toutes les conséquences des guerres d'It;ilie , la plus déplorable fut, sans contredit , celle politique dite machiavélique, dont les princes conieniporains donnèrent tant d'exemples , et (pii fut pratiquée par la plupart des hommes d'état au seizième siècle. Avec cette politique , de grands fjommes usèrent leur génie dans de mesquines combinaisons ; de profonds esprits appliquèrent leurs ressources à de misérables intérêts ; de petits événements provoquèrent d'immenses efforts. Bien plus , on mit en honneur la ruse, la perfidie, le mensonge : on voulut résoudre avec le poison ou le poignard les questions qu'ailleurs et en d'autres temps on ti'anchait avec le glaive , à force ouverte ; on justifia , par l'intérêt personnel et le su(;cès , les violences les plus atioces. La diplomatie italienne fut véritablement une école de crimes-, elle réduisit en maximes tout ce qu'on avait fait jusqu'alors sans le dire ; elle l'édigea le code et proclama le droit du mal ; elle érigea en principe la négation de tous les prin<;ipes.

La mauvaise foi et la tialiison étai<iit alois passées dans les mœurs. Il suffira de rappeler quelques faits. Ne voyaiton pas César Boigia surprendre , sous la gaiantie de traités de paix , les petits tyrans de la Romagne ; Gonzalve de

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Cordoue jurer sur l'hostie de laisser le duc de Calabie se retirei' où il voudrait, et puis le garder prisonnier; Ferdinand le Catholique tromper impudemment Louis XII ; la France et l'Espagne abandonner leurs alliés ; les Suisses déserter au moment décisif-, François 1«» renoncer à la Bourgogne, et puis la conserver -, Charles-Quint promettre le Milanais , et manquer à sa parole , etc. ? Machiavel n'a point été l'inventeur de l'art de gouverner qui porte son nom ; il a retracé ce qui se piatiquaii connnunément de st»ti temps.

Son livre du Prince est la théorie des faits contemporains. Le modèle qu'il propose aux gouvernants n'est autre que César Borgia. « Après avoir réuni , dit-il , toutes les actions du duc , je ne saurais le blâmer ; il me semble , au contraire , qu'il doit être offert en exemple à tous ceux qui sont arrivés au pouvoir. » Selon Machiavel , un prince doit avoir sans cesse à la bouche les mots de justice, déloyauté, de (clémence , de religion , mais ne pas s'inquiéter de leur donner un démenti toutes les fois que son intérêt l'exige. ï^ but de tout gouvernement est de durer , et cela n'est possible qu'à l'aide de rigueurs ; il faut plutôt se faire craindre que se faire aimer. <( Lorsqu'une ville enlièi-e tombe en faute contre un état, le prince n'a pas de meilleur remède , pour l'exemple des autres et pour sa propre siileté , que de la détruire ; autrement il est tenu pour igno-

i;uit et pour lâche. » Il ne faut s'arrêter à aucune considération de juste ou d'injuste , d'humanité ou de cruauté , de louable ou d'ignominieux. Machiavel proclame cette maxime des terroristes de 93, que « dans les exécutions il n'y a aucun péril , parce que celui qui est mort ne peut songer à se venger. » Il enseigne ouvertement que l'idée de la justice est née de voir le bien tourner à l'avantage de celui qui le fait, et le mal à son détriment. Il montre une indifférence profonde pour les victimes et de la sympathie pour le succès , quels qu'en soient les moyens : la trahison n'est un mal que si elle ne réussit pas. « L'expérience prouve qu'il n'est arrivé de faire de grandes choses qu'aux princes qui ont fait peu de cas de leur parole. » La politique est l'art de dominer honnêtement ou non , de se maintenir à tout prix. L'habileté du chef d'un état ne consiste pas à affronter \v péril , mais à y faire tomber son ennemi ; à persévérer dans ses haines , mais à les dissimuler ; à faire exprimer au visage le contraire des sentiments du cœur, et' à voiler de douces paroles les desseins les plus criminels

Ces détestables doctrines sont exposées sans passion , comme des choses naturelles. Les divers états de l'Europe, la France surtout , se corrompirent au contact des lûœurs politiques de l'Italie. Avant même que Catherine de Médici s et les Italiens de sa cour missent en pratique , pendant nos guerres de religion , les principes dont ils avaient été nour-

ris dans leur pays , Montaigne irouvail que « en toute police il y a des offices nécessaires, non-seulement abjects, mais encore vicieux : les vices y trouvent leur rang et s'emploi(Mit à la couture de notre liaison , comme les venins à la conservation de notre santé. S'ils deviennent excusables, d'autant qu'ils nous sont besoin et que la nécessité commune efface leur vraie qualité , il faut laisser jouei* cette partie aux citoyens plus vigoureux et moins craintifs qui sacrifient leur honneur et leur conscience... Le bien public requiert qu'on trahisse et qu'on mente , et qu'on massacre : résignons cette commission à gens plus obéissants et plus souples.» C'est ainsi que lapoHtiquedu seizième siècle corrompait la saine morale ; elle montrait froidement les avan- Uiges du vice , parce qu'elle ignorait ceux de la vertu.

On a hâte de détourner les yeux d'un pareil spectacle. Aussi bien , les guerres d'Italie ont eu des résultats heureux et plus durables.

Elles ont mis la France en contact avec le peuple le plus civilisé du monde , avec le peuple qui avait produit le Dante, Pétrarque , Boccace , l'Arioste, le Tasse , Raphaël, Michel-Ange et le Titien. Ce mélange des deux nations a été fécond ; car il a appris aux Français à admirer les chefsd'œuvre de l'art antique et de l'art italien , pour les imiter !'t pour chercher un jour à les surpasser.

Les études littéraires prirent un nouvel essor. Sous

Louis XII, le recteur de l'Université, Robert Gaguin, forma une précieuse bibliothèque de manuscrits anciens, achetés dans les pays étrangers par les agents diplomatiques , ou enlevés à Milan et à Naples ; le roi ramena d'Italie le grec Lascaris et Jérôme Aléandre, qui furent chargés d'enseigner les langues anciennes à Paris, et l'historien Paul-Emile, qui rédigea en latin classique les annales de la France ; il s'attacha le savoisien Claude de Seyssel , qui a écrit son panégyrique. Au temps de François l^r , le savant Scaliger , de Vérone, fut naturalisé français ; Alciat vint enseigner le droit à Bourges ; et il ne tint pas au roi qu'Erasme vînt à sa cour. Alors les littératures grecque et latine modifièrent profondément le génie français : l'école de Ronsard, ridicule quand elle voulut donneràla poésie nationale le rhythme,les mètres variés et jusqu'aux désinences des langues anciennes, tenta une noble entreprise en cherchant cette grandeur, cette élévation qui manquait à l'école toute naïve, toute gracietise de Marot. Les traductions des pièces du théâtre grec et latin remplacèrent les mystères et les moralités du moyen âge , et formèrent la transition aux chefs-d'œuvre du siècle de Louis XIV , où l'esprit français fut si heureusement combiné avec les formes de l'antiquité. Les Nouvelles de la reine de Navarre et de Despériers ont été la première imitation importante de la littérature italienne elle-même.

Les guerres d'Italie favorisèrent principalement les

beaiix-aits. Louis XII el Georges d'Amboise attirèrent en Fi'ance le dominicain (iiocondo , l'architecte du château de T-ailIon. Fiaiiçois !•■'•, non content d'acquérir à grands Irais quelques chefs-d'œuvre de Raphaël et de Michel-Ange , donna son amitié et ses faveurs à d'illustres italiens , Léonard de Vinci , le Rosso , le Primatice, André del Sai'to, Benvenuio Cellini , par lesquels il fit bâtir ou décorer les châteaux de Fontainebleau , de Saint-Germain , de Madrid , de Chenonceaux, de Follembray, de Villers-Cottcrets, etc. A ''école de ces grands maîtres se formèrent des artistes qui allaient être l'honneur de l'école française, Jean Cousin, Jean Goujon , Germain Pilon , Piei're Lescot et Philibert Delorme.

On pourrait signaler, dans les autres pays aussi bien qu'en France, l'influence de l'Italie sur les lettres et les arts. Boscan , Garcilaso de la Vega et Montemayor perfectionnèrent la poésie espagnole pai- l'imitation de l'antiquité païenne et des auteurs italiens ; Berruguète , peintre , architecte et sculpteur, vint se former à l'école de Michel- Ange , et le Palais- Vieux de Florence servit de modèle à celui que Charles-Quint tit élever à l'Alhambra de Grenade; le palais de l'Escurial et la maison royale d'Aranjuez sont aussi des constructions inspirées par l'exemple de l'Italie. Des artistes italiens portèrent en Allemagne et en Flandre les principes el les procédés de leurs écoles , et l'on a

donné avec quelque raison aux Flamands le nom d'Italiens de l'Allemagne. Henri VIII, enfin, chercha à attirer en Angleterre quelques hommes distingués de l'Italie ; la littérature anglaise , qui semblait , moins que toute autre , à portée de se modifier sous l'influence des littératures méridionales , subit la loi commune : un de ses poètes les plus renommés, Spencer, fut un imitateur de l'Arioste.

Ainsi , le sang versé en Italie pendant le seizième siècle a été comme une rosée féconde qui est venue , au temps marqué par la Providence , hâter le développement de la civilisation européenne. La guerre peut augmenter un royaume de quelque coin de terre ; mais elle fait toujours payer cher ses gains et ses victoires. Les conquêtes pacifiques de l'intelligence ne portent aucuns fruits amers , tandis que les provinces, achetées au prix de l'or et du sang, échappent avec la fortune des combats -, les progrès des lettres , des sciences et des arts , sont aussi JuralMes que les sociétés mêmes , et profitent à l'humanité entière.

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