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Nous avons publié sous ces titres : Les Français en Egypte , et Les Français en Espagne, des souvenirs de nos guerres dans ces contrées, souvenirs que nous avions recueillis de la bouche d'un officier qui avait pris part à ces expéditions.
Nous publions aujourd'hui sous le titre : Les Français en Russie, des souvenirs de la mémorable campagne de 1812 et de la captivité des soldats français en Russie. Ces renseignements nous ont été fournis par un témoin oculaire, le docteur M..., médecin militaire, attaché à la grande armée pendant cette expédition. Les récits du docteur étaient d'autant plus intéressants, qu'il n'avait d'autre prétention que de retracer avec vérité et simplicité les faits qu'il avait vus, et auxquels il avait pris part, quoique cette part fût bien minime, nous disait-il modestement, quorum pars parva fui. Et d'ailleurs, n'est-on pas toujours sûr d'intéresser quand on retrace l'histoire de cette époque glorieuse et funeste commencée par des exploits héroïques, et ter-
minée par les plus épouvantables désastres? Cinquante-trois ans nous séparent de ces grands et terribles événements, et cependant leur souvenir nous émeut et nous touche encore comme au lendemain du jour où ils se sont accomplis. Une circonstance vient de plus leur donner aujourd'hui un intérêt tout nouveau et, pour ainsi dire , d'actualité : c'est la guerre que la France vient de soutenir contre la Russie. On aime à comparer les héros de Smolensk et de la Moskova avec les héros de l'Aima et d'Inkermann, et l'on est fier de trouver dans les vainqueurs de Sébastopol les vengeurs des désastres de la Bérésina.
Les appréciations du docteur M... sur les mœurs et les usages des Russes, sur l'esclavage et ses effets, sur la religion et l'Église soi-disant orthodoxe, nous ont paru empreintes de justice et d'impartialité; et cette partie de son récit ne sera pas, nous l'espérons, la moins intéressante pour les lecteurs.