D LES FRANÇAIS
elles sont l'exceptign; soit parce que la puissance:
créatrice de la race a réellement diminué, soit ,
comme en Erance,-parce- que-les” pen Sorit Tete-
nus par la crainte de ne pouvoir” SUÉ r-1é-bien-être
“de leurs enfants. Certainement cette dernière cause,
Te
Dot
la. peur de l'avenir, explique pour une bünne part la diminution des familles d’origine puritaine du ‘Nord-Est, tandis que dans les Etats de l'Ouest et du Centre, comme le Kentucky et le Tennessee, où
la vie des enfants se trouve assurée d’avance par
‘les conditions économiques; les familles ont gardé leur fécondité hormale . » Phénomène plus grave, le nombre des célibataires s'accroît; uné forte pro-
portion de.-jeunes filles restent sans mari; « sur
‘100 ménages ‘yankees, 20 sont. stériles *. » Sans
l’arrivée des immigrants, la contrée se dépeuplerait: Devant de. tels faits on comprend que l'influence des nouyeaux venus soit considérable. et qu ‘ils puissent" ‘Féver de se faire dans le pays une place indépendante.
* LuCette forte émigration vers les Etats-Unis est considérée par les patriotes comme un.malheur, parce qu’elle diminue la cohésion de la race. Une grande partie des émigrants semble perdue pour la
1 Elisée Reclus, £tats-Unis, p. 675.
? Jd., ibid. : ù
nationalité d’origine, et l'on craint même que dans
la lutte pour lexistence les colons canadiens ne
fournissent tôt ou tard des forces à leurs adversaipés. Mais on peut se demander également si les fa lités d' émigration vers les Etats- Ünis ne permetten pas aux familles françaises de maintenir la rapidité de leur croissance et de garder ainsi la prépondérance numérique dans les territoires qu’elles occupent'.» Cette grave. considération, l'influence. de : E l'émigration sur la natalité, doit donner à réfléchir au gouvernement de la province de Québec et
l'empêcher d'élever des barrières légales à l’émigration, ce qu'il n’a d'ailleurs jamais fait. * À
Beaucoup de patriotes devraient chercher aussi, ‘ non à empêcher l'émigration, mais à la diriger vers les véritables colonies de la province de” Québec, c'est-à-dire les nouveaux districts ouverts au Nord,” et le Manitoba. Ici peut-être le gouvernement peut, par des subsides accordés aux sociétés fondées dans ce but, aider à cette émigration. Cette intervention aurait le double avantage de déterminer le courant : \de l'émigration dans telle ou telle direction plutôt que dans telle autre, en ne se laissant guider que par les intérêts généraux du, pays. Le gouvernement de la province de Québec, le clergé, certaines
1 1d. mn jbid.
sociétés spéciales semblent agir de tous leurs-
efforts. vers ce but. En 1803 et 1894 surtout, cette
intervention était nécessaire. La crise. qui pèse dépuis deux ans sur les Etats-Unis, tant au point
de vue agricèle que monétaire.et industriel, a non
seulement "arrêté l'émigration aux Etats, mais a
cricore provoqué le retour d’une foule de Canadiens
les autres à 125.000. Etablir une telle affluence
d'émigrants n'est pas facile, aussi le gouvernement
* Disons.pour terminer.que le champ de- coloni-
sation ouvert au Manitoba et au Nord-Ouest est magnifique. Nous avons passé. en revue les conditions qu'on y rencontre, Malgré l'avenir qu offre le Manitoba à l’agriculture, l'émigratioh 1 canadienne ne $’est:dirigée vers ce point qu'en nombre très faible. Il y a donc de vastes et fertiles territoires ouverts à l'influence. française.
“Nous pouvens ‘trouver une source de progrès
social. et dé riche$sc en provoquant l'émigration
faisant fructifier nos capitaux dans des entreprisd agricoles et manufacturières sagement “conduites. Nous compenserons ainsi les pertes que nous cause
we civilisation trop avancée. C’est pour cela qu'il
ea
. qu’ona évalués approximativement, les uns à 94.000, :
dans ces contrées privilégiées du Nord-Ouest et en :
a pu être de quelqu’ utilité de connaître les conditions de développement du Nord-Ouest Canadien."
‘ On trouve là un sol fertile, la certitude de se créer
une. position aisée, Rassurance, dans un pays où les
terres sont en telle abondance, d'établir. avantageu
sement ses enfants qui, âu lieu d’être une charge,
sont une aide, tant Ja main-d'œuvre est productive :
et chère. Tout ce que mous avons dit au cours
de cette étude suffirait à déterminer Jémigration ;
mais en Frarce, que connaît-on du Manitoba sur
lequel on entend émettre des avis si ppposés qu'on ne. peut se faire d’opinion?. :-
Aussi, pour activer le courant si faible qui dirige. à les Français du côté du Nord- Otüest Canadien, fét-il surtout compter sur les influences sociales qui- sont” de trois sortes : gouvernement, - clergé, opinion.
Le gouvernement franco- canadien (celui de la province. de Québec) s'est jusqu'ici “eu: préoccupé du Manitoba, voyant d’un mauvais œibrêite é émigration
en dehors des limites de la province, c'est-à-dire : des districts nouveaux du Nord.Iln ’envisageait pas
à un point de vue large les avantages économiques.
et sociaux pour la province de Québec et pour son
. influence ; il n'a pas peñsé que les. pénibles condi-
tions qu'il offre dans le Nord ne peuvent convenir
à tous. Mieux inspiré, il verra qu'il y a avantage à