LETTRE
Toutefois, dans cette idée de l'amélioration des vicilles races par l'émigration, il y a un point de vérité : elle fait rentrer dans la bonne voic des sujets qui, en Europe, cussent été des ferments de trouble. Nous l'avons déjà dit pour ces caractères hardis et patients qui n'ont pas les conditions de réussite en Europe : le capital et les influences. Sur le même rang on peut placer les déclassés, qui, dans les milieux différents où ils trouveront l'oubli, pourront se refaire une virginité; enfin les paysans rebutés par les charges excessives des impôts du sang et de l'argent. Donc, au seul point de vue de la population de la métropole, le départ de ses enfants, resté dans de sages limites, est plutôt avantageux; il peut beaucoup pour le bonheur des émigrants bien doués et il dégage la mère-patrie de perturbateurs ou de mécontents.
Mais si, sous cet aspect spécial, l'influence de l’émigration sur la mère-patrie est limitée, il n’en est pas de même si l’on considère que l’émigrant apporte avec lui, dans les colonies nationales ou étrangères, les mœurs et la langue de son pays, qu’il est un puissant agent de son expansion dans le monde ; aussi la France cherche-t-elle à favoriser ce développement national en conservant la qualité de Français aux jeunes gens établis à l'étranger, et cela,
en les dispensant du service militaire.
NORD-OUEST CANADIEN e
Quant aux capitaux qu'emportent les émigrants relativement à l'épargne nationale annuelle, ils peuvent être considérés comme une quantité négligeable. D'une facon plus générale d'ailleurs, la plupart des économistes reconnaissent que l'émigration des capitaux est plutôt avantageuse à la métropole, surtout lorsqu'elle se fait dans des pays où notre influence cst suffisamment représentée : elle relève l'intérêt et les profits, elle crée de nouveaux centres avec lesquels le commerce peut s'établir, elle augmente le revenu des capitalistes métropolitains qui peuvent avoir des valeurs à l'abri des complications européennes; enfin, au point de vue patriotique, les capitalistes peuvent participer ainsi à la création et au développement d2 sociétés de même race et contribuer à l'expansion de la patrie. On peut donc considérer le Canada comme un champ utile d'exploitation pour une certaine masse de capitaux français.
Si l'on aime à se représenter les Français comme
trop attachés à leurs foyers, on ne peut trouver ce
caractère chez les Franco-Canadiens ; ils ont au con-
traire du nomade dans le sang. Sans doute, c'étaient
des hommes de rare énergie que ces premiers colons le]
ui allaient traverser l'Atlantique pour peupler des q AUuE } peup
pays sauvages ; aussi leurs descendants ont-ils gardé,
de par l’hérédité, l'esprit aventureux et amateur de
Mgr
changement. La principale des causes qui poussent à émigrer réside dans le mode de culture qui exige de vastes étendues de terre; les enfants, en outre, devenant nombreux, ne peuvent songer à s'établir près de leurs parents. Les paroisses de Québec ressemblent à nos campagnes de France; peu de terres disponibles et à des prix élevés. Il faut donc émigrer et, vu la fécondité des familles, l'émigration est considérable. Elle se dirige vers certains points de la Confédération, puis en assez grande masse vers les Etats-Unis. Ceux qui choisissent le Dominion vont, soit coloniser des terres vierges, soit envahir les districts anglais. Dans ce dernier cas, ils achètent des terres et parfois arrivent peu à peu à devenir majorité. À partir de ce moment leurs progrès sont rapides, car les Anglais, qui ont l’amour-propre très sensible, ne peuvent supporter d'être en minorité dans leurs cantons et préfèrent vendre leurs établissements à perte pour aller vers l'Ouest.
Les cantons de l'Est avaient été, après la guerre de l'Indépendance, peuplés d'Anglais pour servir de tampon ou plutôt d'isolant entre la grande république américaine et les Franco-Canadiens, et empécher ces derniers de s’appuyer sur les Yankees pour revendiquer leur indépendance. En 1830 il n'y avait
pas encore un seul Français dans ces cantons; en
1881 ils formaient 63 °/, de la population. Un phénomène analogue se produisit à Montréal, autrefois presqu’anglais, et dans l'Ontario. Lors de la constitution des provinces, on avait pris le cours de l'Ottawa comme constituant la ligne de démarcation entre les races française et anglaise. Les Canadiens ont débordé cette frontière et ils constituaient, en 1SN1, 22 ©), de la population des huit comtés orientaux d’Ontario. Le nombre des Franco-Canadiens augmente tous les ans, non seulement du fait des naissances, mais du fait de l’arrivée de nouveaux colons venant de Québec ou de France. Cette colonie est très prospère; le climat est tempéré, c'est le plus doux du Dominion puisque là seulement pousse la vigne que les Français excellent à cultiver.
Mais ce mouvement d'expansion dans les provinces partiellement françaises ou de débordement sur les cantons anglais ne suflit pas à l'établissement des générations nouvelles : il faut émigrer.
C’est vers la république voisine des Etats-Unis que s’est dirigé le grand courant de l'émigration canadienne. Ce mouvement est ancien et commenca en 1830, provoqué par le manque de terres dans les anciennes seigneuries ; il s’accentua en 1837 après la révolte sous l’action de causes politiques. Depuis,
il n’a fait que s’accroître, et l’on peut aujourd’hui
évaluer à près d'un million le nombre des Canadiens vivant sur le sol des Etats-Unis. Beaucoup vont s'établir dans l'Ouest américain, les bassins de l'Ohio et du haut Mississipi; le plus grand nombre se dirige vers la Nouvellc-Angleterre. Ceux qui allaient vers l'Ouest américain trouvaient d’anciennes possessions de notre race. Jusqu'en 1763, l'Amérique du Nord presque tout entière fut française. Elle était bien étroite, la bande que les colons anglais occupaient sur l'Océan, et ils y restèrent plus de deux siècles. Malheureusemert pour nous, pendant que l'effort de la colonisation française se portait vers ces splendides découvertes, nous n’arrivions qu'à une prise de possession théorique du pays, mais non à une occupation réelle et solide; aussi, plus par ce fait que par les erreurs de l'opinion publique et du roi, la suprématie devait-elle nous échapper. En 1763, le Canada et la rive gauche du Mississipi sont cédés à l'Angleterre; en 1764, la rive droite et la Nouvelle-Orléans, à l'Espagne. En 18oo, l'Espagne rétrocède la rive droite à la France; mais dès 1803 Napoléon abandonne aux Etats-Unis cette moitié du continent américain pour 8o millions.
Ces régions de lOucst n'avaient pas seulement été découvertes ; elles avaient reçu quelques postes
de colonisation. « Par la région des Grands Lacs, les
trappeurs ct les pionniers français et métis avaient çà et là fondé quelques villages dans les péninsules que baignent le Huron et le Michigan, sur les bords du Wabasch et de la Rivière des Illinois; ils avaient même franchi le Mississipi, remonté le Missouri et commencé l'exploitation des mines de plomb; puis, quand ils se furent établis dans la Louisiane, en 1699, ils avaient rattaché leurs possessions du Nord à celles du Sud par des fortins construits de distance en distance sur les falaises de la rive gauche !. »
Mais quand ces régions furent atteintes par la colonisation, ces faibles groupes auraient été bientôt noyés par les colons anglo-saxons si l’émigration des Franco-Canadiens n'était venue les vivifier. Les fortunes dans l'Ouest étaient rapides, la vie des pionniers y était aventureuse; bien des Canadiens riches de ces qualités se dirigeaient vers les prairies de l'Illinois. Ce courant a beaucoup diminué avec le malaise de l’agriculture qui s’est encore compliqué aux Etats-Unis d'une crise industrielle ct financière. Sans doute le pays porte des traces nombreuses ct, il faut le reconnaître, religieusement gardées, qui rappellent les premiers colons français ; sans doute on rencontre dans le Michigan, l'Illinois,
1 Elisée Reclus, Etats-Unis.
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le Missouri, des groupes de populations purement latines ; sans doute le chiffre absolu de la population franco-canadienne est important, puisqu'un auteur américain, M. Chamberlain, évaluait leur nombre à 286.000 vers 18003 mais il n’en est pas moins vrai, qu'éloignés de leur base d'opération, Québec, trouvant sur bien des points un clergé américain, n'ayant pas toujours, par suite, la forte organisation des paroisses nationales compactes, ils se trouvent dans une situation inféricure à celle des autres groupes quant à la conservation de leur nationalité. Ils espèrent cependant garder leur cohésion, et cela grâce aux nouveaux arrivants qui entretiennent les relations avec la province de Québec.
Vers la Nouvelle-Angleterre l'émigration des Canadiens est beaucoup plus importante : elle n’est pas non plus composée des mêmes éléments. Vers l'Ouest, ce sont les pionniers, les chercheurs d’aventures; vers la Nouvelle-Angleterre, ce sont Îles ouvriers qui viennent dans un pays industriel chercher de hauts salaires; parmi eux bien des jeunes filles voulant se faire une dot, bien des jeunes gens venant pour réunir les avances nécessaires à un établissement, comptent revenir vers leur but, la province de Québec. Comme toujours, nous retrou-
vons comme base de la conservation de la nationa-
lité le groupement, l'association pour ainsi dire, en un mot la paroisse. Peu à peu les paroisses se multipliaient. On comptait en 1867 dans la Nouvelle-Angleterre plus de 300.000 Canadiens, et les autorités les plus compétentes ne les portent pas aujourd’hui à moins de 500.000 '. Maintenant toutes les villes, à peu près, ont un quartier connu sous le nom de « petit Canada » ; la population en est bientôt divisée en deux fractions : « des américanisés et des Saint-Jean-Baptiste restés fidèles à leur branche d'érable symbolique de la nation *. »
Avec le temps, après les groupements d'individus est venu le groupement des paroisses, grâce à un clergé patriote et à une presse d’une vingtaine de journaux publiés en français. Les Canadiens sont aussi entrés dans la vie politique : dans chacune des chambres des Etats de la Nouvelle-Angleterre, ils comptent aujourd'hui des représentants. Dans bien des districts où ils ne sont pas en majorité on doit cependant en tenir compte et leur faire des promesses. Les Américains, si fiers d’avoir jusqu'ici assimilé tant de peuples divers, commencent à s’inquiéter de ce mouvement. « La partie septentrionale du Maine se trouve dès maintenant annexée au
1 De Taurines, p. 208.
? Elisée Reclus, p. 95.
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Ses
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domaine franco-canadien de la province de Québec. » Ce mouvement doit-il continuer ?
C'est que les Canadiens se trouvent en Nouvelle- Angleterre dans des conditions singulièrement favorables. D'abord près de leur base d'opération; qu'ils songent au retour ou qu'ils soient décidés à un établissement définitif aux Etats, ils restent toujours en communication facile avec leurs parents et amis, conservant ainsi dans toute sa puissance le lien de la langue et de la religion qui les unit. Ensuite la place semble se faire devant eux; « même en agriculture, dans les provinces du Maine, de Vermont, de New Hampshire, où se trouvent tant de terres abandonnées, on voit les Canadiens français, se contentant d’un gain moindre que les Yankees, venir prendre la place de ceux-ci !. »
D'une façon générale la proportion des Yankees diminue en Nouvelle-Angleterre, et cela pour deux causes : l’une, le mouvement qui entraîne vers l'Ouest les habitants de la Nouvelle-Angleterre; l’autre, l’affaiblissement de la natalité. « C’est un fait bien constant que la natalité diminue graduellement chez les Américains natifs et surtout dans les régions les plus civilisées de la Nouvelle-Angleterre. Autrefois les grandes familles étaient la règle ; maintenant
l'E, Levasseur, p. 127.
elles sont l'exception, soit parce que la puissance créatrice de la race a réellement diminué, soit, comme en France, parce que les parents sont retenus par la crainte de ne pouvoir assurer le bien-être de leurs enfants. Certainement cette dernière cause,
la peur de l'avenir, explique pour une bonne part
la diminution des familles d'origine puritaine du
Nord-Est, tandis que dans les Etats de l'Ouest et du Centre, comme le Kentucky et le Tennessee, où la vie des enfants se trouve assurée d'avance par les conditions économiques, les familles ont gardé leur fécondité normale '. » Phénomène plus grave, le nombre des célibataires s'accroît ; une forte proportion de jeunes filles restent sans mari; « sur 100 ménages yankees, 20 sont stériles ?. » Sans l’arrivée des immigrants, la contrée se dépeuplerait. Devant de tels faits on comprend que l'influence des nouveaux venus soit considérable et qu’ils puissent rêver de se faire dans le pays une place indépendante.
« Cette forte émigration vers les Etats-Unis est considérée par les patriotes comme un malheur, parce qu’elle diminue la cohésion de la race. Une grande partie des émigrants semble perdue pour la
1 Elisée Reclus, £tats-Unis, p. 675.
? Jd., ibid,
cc nationalité d’origine, ct l'on craint même que dans {, la lutte pour l'existence les colons canadiens ne e- fournissent tôt ou tard des forces à leurs adversaires. re Mais on peut se demander également si les facilités es d'émigration vers les Etats-Unis ne permettent pas rt aux familles françaises de maintenir la rapidité lu de leur croissance et de garder ainsi la prépondéet rance numérique dans les territoires qu’elles occuù pent '.» Cette grave considération, l'influence de ar l'émigration sur la natalité, doit donner à réfléchir dé au gouvernement de la province de Québec et c, l'empêcher d'élever des barrières légales à l’émi- O- gration, ce qu'il n’a d’ailleurs jamais fait. ur Beaucoup de patriotes devraient chercher aussi, ns non à empêcher l’émigration, mais à la diriger vers it. les véritables colonies de la province de Québec, ce c'est-à-dire les nouveaux districts ouverts au Nord, Is et le Manitoba. Ici peut-être le gouvernement peut, ce par des subsides accordés aux sociétés fondées dans ce but, aider à cette émigration. Cette intervention st aurait le double avantage de déterminer le courant T, de l’émigration dans telle ou telle direction plutôt te que dans telle autre, en ne se laissant guider que la par les intérêts généraux du pays. Le gouvernement
de la province de Québec, le clergé, certaines
1 /d., ibid.
sociétés spéciales semblent agir de tous leurs efforts vers ce but. En 1893 et 1804 surtout, cette intervention était nécessaire. La crise qui pèse depuis deux ans sur les Etats-Unis, tant au point de vue agricole que monétaire et industriel, a non seulement arrêté l’émigration aux Etats, mais a encore provoqué le retour d’une foule de Canadiens qu'on a évalués approximativement, les uns à 94.000, les autres à 125.000. Etablir une telle affluence d'émigrants n'est pas facile, aussi le gouvernement a-t-il redoublé d’activité.
Disons pour terminer que le champ de colonisation ouvert au Manitoba et au Nord-Ouest est magnifique. Nous avons passé en revue les conditions qu'on y rencontre. Malgré l'avenir qu'offre le Manitoba à l’agriculture, l’'émigration canadienne ne s’est dirigée vers ce point qu'en nombre très faible. Il y a donc de vastes et fertiles territoires ouverts à l'influence française.
Nous pouvons trouver une source de progrès social et de richesse en provoquant l’émigration dans ces contrées privilégiées du Nord-Ouest et en faisant fructificr nos capitaux dans des entreprises agricoles et manufacturières sagement conduites. Nous compenscrons ainsi les pertes que nous cause
une civilisation trop avancée. C’est pour cela qu’il
a pu être de quelqu’utilité de connaître les conditions de développement du Nord-Ouest Canadien. On trouve là un sol fertile, la certitude de se créer unc position aisée, l'assurance, dans un pays où les terres sont en telle abondance, d'établir avantageusement ses enfants qui, au lieu d’être une charge, sont une aide, tant la main-d'œuvre est productive et chère. Tout ce que nous avons dit au cours de cette étude suffirait à déterminer l’émigration; mais en France, que connaît-on du Manitoba sur lequel on entend émettre des avis si opposés qu’on ne peut se faire d'opinion ?
Aussi, pour activer le courant si faible qui dirige les Français du côté du Nord-Ouest Canadien, faut-il surtout compter sur les influences sociales qui sont de trois sortes : gouvernement, clergé, opinion.
Le gouvernement franco-canadien (celui de la province de Québec) s'est jusqu'ici peu préoccupé du Manitoba, voyant d’un mauvais œil toute émigration en dehors des limites de la province, c’est-à-dire des districts nouveaux du Nord. Il n’envisageait pas à un point de vue large les avantages économiques et sociaux pour la province de Québec et pour son influence ; il n'a pas pensé que Îles pénibles conditions qu'il offre dans le Nord ne peuvent convenir
à tous. Mieux inspiré, il verra qu'il y a avantage à
diriger les émigrants vers le Manitoba, en préconisant d'abord sans doute la province de Québec, mais immédiatement après, les districts Ouest du Canada.
Le clergé, éclairé sur ce sujet par ceux de ses membres connaissant le Nord-Ouest, a agi dans un esprit plus élevé et plus juste. Il a donné aux patriotes canadiens une raison de plus pour étayer leurs convictions : que le clergé est le grand défenseur de leur nationalité. Dès 1871, une circulaire de tout l'épiscopat, après avoir déploré l’émigration aux Etats-Unis, dit en parlant des émigrants : « S'il en est auxquels il faut un changement et auxquels il répugne de s'imposer les rudes labeurs de bûcherons, à ceux-là, veuillez indiquer la province de Manitoba.. Ces contrées, si nouvelles pour les individus, ne le suit pas pour le Canada. C’est l'énergie de nos pères qui les a découvertes, c’est le zèle de nos missionnaires qui les a régénérées et préparées à l'ère de prospérité qui semble les atteindre. Ces contrées lointaines ne sont pas la terre étrangère. Environ la moitié de la population y parle le français et est d’origine canadienne... En colonisant une partie du Manitoba, les Canadiens français s’assurent dans la législature fédérale l'équilibre qu’ils y pos-
sèdent aujourd’hui et qu’ils perdront nécessairement
séoninint Sé PE
s'ils ne sont pas en nombre dans le Manitoba et le territoire du Nord-Ouest. » On ne saurait en moins de mots montrer mieux l'importance qu'a l'émigration, soit des Canadiens français, soit des colons venant de France, pour assurer la défense des libertés canadiennes.
L'opinion publique qui se manifeste par la presse, les œuvres, les agences, les communications directes des émigrants est de beaucoup le plus important de ces facteurs d'influence. Quand l'opinion est bien convaincue des avantages d’un pays, quand ceux qui y sont établis sont assez nombreux et y réussissent, d’autres sont encouragés à les imiter : le courant s'établit, l'émigration est amorcée d'’ellemême, elle s’entretient régulière et continue.
Telles sont les causes d'influence qui, nous l’espérons, attireront les émigrants au Nord-Ouest Canadien, et par conséquent à notre pays. Car, quelles sont les métropoles des groupes francais établis au Nord-Ouest? Ce sont : la paroisse de Québec et la France. Le contingent canadien est de beaucoup le plus nombreux, mais les Français et les Belges ont une sérieuse minorité. Si le Nord-Ouest n'est plus une possession française, n’est-ce pas une des belles colonies du peuple francais ? Une terre où
on parle notre langue, où on trouve nos mœurs,