‹ Les Français et le Nord-Ouest canadien [microforme]Chapitre 6 sur 22 · ER · texte numérisé non relu

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bœufs, dans les 100 S: les chevaux de pays, de 100 à 150 $ la paire; une belle paire de lourds chevaux, 300 $; le mouton, 5 à 7 $S la paire; dans les parcs, 4, 25 $ en gros. Les Mennonites fournissent d'excellentes bêtes à cornes et sont sûrs en affaires. Ces chiffres n’ont pour but que de donner une idée approchée; car il n'est pas de branche où l'appréciation de la qualité, l’art de marchander modifie plus les prix.

Les machines agricoles que l’on trouve dans Île pays sont très perfectionnées ; mais, pour les mettre à la portée des petites bourses, elles sont faites en fonte, par suite ont une durée moyenne. Cette branche de commerce est entr. 1es mains de syndicats qui maintiennent les prix. En payant au comptant, on peut obtenir de forts rabais, et cela, chose curieuse, près des maisons les mieux assises et Îles plus riches; mais le système ordinaire est la vente à crédit ; les prix sont établis en conséquence et l’agriculture paie lourdement l'intérêt de sa dette. Pour donner un aperçu, une moissonneuse-licuse perfectionnée valait à Winnipeg, en 1No4, de 100 à 140 K. Les réparations à ces machines sont hors de prix, par suite de la rareté des bons ouvriers, et l’on considère qu’il vaut mieux marcher aussi long-

temps que possible avec sa machine usée, à laquelle

on ne fait que de faibles et imparfaites réparations ; à la dernière extrémité, on la remplace par une neuve.

Souvent les colons oublient dans ces achats les principes de prudence les plus élémentaires, et cela à cause de leur précipitation et de leurs idées préconçues : ainsi ils se montent en bloc au lieu d'achcter successivement au fur et à mesure d'occasions favorables, qui sont fréquentes dans ces contrées où la population est si mobile. Quelquefois ils s'installent avant d'avoir acquis une connaissance suflisante du pays, c'est-à-dire d’après les plans faits en Europe, sur des données plus où moins fausses. En outre, ils s'en laissent trop souvent imposer par de beaux parleurs qu'ils ne connaissent pas et dont ils suivent les avis intéressés, au lieu de s'adresser à des personnes de confiance. Ces gens, qui vivent de l'exploitation de l'émigrant, ces « sharps » (malins), comme on dit dans le pays, sont malheureusement trop répandus ; aussi celui qui, dès son arrivée, se défie de tout individu qui lui propose une affaire, n'a, en général, pas à s'en repentir.

Enfin, et ceci est une erreur capitale, beaucoup de colons abusent du crédit. Dans le but d'augmenter leurs affaires, les commerçants de toute spécialité

n'hésitent pas à faire Îles plus importantes avances

ET LE NORD<OUEST CANADIEN 17 S ; 4 de marchandises, mais cela sur hypothèque. Un ne cultivateur qui vient d'avoir une belle année pourra

se monter complètement ; mais il aura hypothéqué

es tout son bien, et, le jour où il ne pourra paver les la annuités consenties aux prêteurs, il sera saisi, vendu, É = ruiné, Les commerçants, eux, auront assuré leurs C- rentrées. M. de Mandat-Grancey a, de l'avis des 1S Américains, expliqué on ne peut mieux ce système ù exagéré des hypothèques qui est pour beaucoup dans s- . la misère agricole des Etats-Unis, Ces procédés

|- | dér'orables cherchent à s'introduire au Canada et

n ne manqueraient pas d'y amencr la ruine si les culn tivateurs se grèvent ainsi de dettes en escomptant c avenir.

S La grande enquête, faite en 1884 par les Consuls à américains sur le globe entier, établit que la conë dition des classes laborieuses dépend surtout de la : Ï réserve avec laquelle elles ont recours au crédit. Il t faut ajouter qu’on ne peut envisager le crédit dans : les nouvelles sociétés comme dans les anciennes. : | En eflet les mises de fonds sont très productives ; de plus, les objets manufacturés étant très chers R } (puisqu'ils ne sont pas produits dans le pays, et le

capital étant rare, il faut, pour qu'une colonie se développe rapidement et se mette à même de cul-

tiver son sol, qu'elle ait recours, sous une forme

quelconque, au crédit, La forme ordinaire, ce sont les prêts que les commerçants et les fabricants font aux colons, C'est cette nécessité du crédit qui fait comprendre une remarque d'Elisée Reclus, que les lois dans les pays neufs sont plus favorables au débiteur qu'au créancier : « Les lois comme les mœurs sont pleines d'indulgence pour le débiteur insolvable; La faillite n'a rien qui entache l'honneur; c'est, dans ces sociétés singulièrement élastiques, un accident passager qui n'a rien de définitif et que l'on fait facilement oublier. »

A ce point de vue, les instincts de race et de sociabilité qui font que les nouveaux venus viennent toujours se grouper près de leurs frères d’origine, ces instincts servent les intérêts, L'émigrant trouve en effet près de ceux de sa race des renseignements nombreux se contrôlant les uns Ies autres; au lieu des conseils intéressés des « sharps », il reçoit les avis précieux des colons qui, arrivés d'Europe sans connaître le pays, ont acquis le genre d'expérience qu'il lui faut et qui lui manque.

Les constructions sont, dans la prairie, presqu'exclusivement en bois. La pierre est inconnue dans la vallée de la Rivière Rouge; elle est très rare dans la prairie, et c'est seulement au pied des

Rocheuses qu'on la trouve, Calgary est la seule ville,

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