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les raroisses. Avec des conditions différentes, il faut des procédés diflérents, et si, en Europe où on applique la culture intensive, il faut pour augmenter ses affaires occuper plus de terres, ici, où on fait principalement de l'élevage, il en est autrement, puisque les pâturages sont illimités : ii sufñit d'acheter du nouveau bétail. Point n’est besoin de posséder une plus grande surface : il faut seulement avoir la surface voulue pour la production des céréales que l’on veut obtenir. Aussi considère-t-on, dans le pays, que le mieux est de posséder peu de terre, mais de terre bien située, car, avec la culture mixte, une grande étenduc ne serait pas entièrement cultivée et l'argent ainsi employé serait immobilisé. On pense aussi que le colon qui étudie assez longtemps le pays trouve facilement une orcasion favorable de se procurer des terres défricices, même des bâtiments et des clôtures, et diminue de ce fait son capital d'établissement. On voit donc que les conditions d'installation sont très diverses et se prêtent à tous les moyens, même à ceux des paysans pauvres. Ces procédés sont d’ailleurs conformes au principe de la division du territoire. Le premier occupant défriche, fait les grosses améliorations ct vend alors sa terre à un fermier, mieux muni de
capitaux, qui peut cultiver d’une façon plus parfaite.
un
Les défricheurs et les simples cultivateurs y trouvent leur compte.
Ce qui, dans ces questions de frais d'établissement, pèse fortement sur les prix, ce sont les syndicats de producteurs. C'est un des dangers que rencontre le régime économique au Canada, mais à un degré bien moindre qu'aux Etats-Unis, où on a tout fait pour obtenir une véritable égalité démocratique. Mais, si l'on a supprimé l'aristocratie de naissance, on voit se dresser une nouvelle classe très réduite en nombre, de fortunes immenses, l'aristocratie de la richesse, qui, grâce aux institutions économiques, s'élève à l'aide de la foule des salariés ; de ce côté l'inégalité est plus grande qu'en aucun pays d'Europe. Malgré l'existence au Canada de puissants syndicats et de grandes Compagnies comme le Canadian Pacific, on est loin de se trouver en face d’un problème aussi aigu. Les immenses fortunes n'existent pas; la richesse est partagée en un plus grand nombre de mains. Une forte partie de la population est agricole et indépendante du servage des usines.
Main-d'œuvre. — Avant de parler de la condition des ouvriers. il est bon de remarquer qu’en ce pays l'hiver, très rigoureux, dure longtemps ; qu'il en résulte un chômage prolongé des ouvriers
qui travaillent à l'extérieur ; que, par suite, il
ent
existe une grande différence entre le salaire payé à l'année et le salaire payé à la journée. Les ouvriers agricoles canadiens connaissant le travail du pays sont très adroits et vont très vite à l'ouvrage. Le salaire annuel moyen est de 200 $&, mais avec la nourriture. L'alimentation (viande, laitage) est abondante, comme pour toutes Îles classes de la population de ce pays. On évalue d'habitude Le coût de l'alimentation à 5 $ par mois. Le genre de vie est autrement large qu'en Europe; car ici l'égalité démocratique est vraiment réalisée; les ouvriers sont engagés pour faire un ouvrage nettement déterminé, auquel ils se livrent du reste avec entrain, mais non pour obéir à toutes les volontés du maître ct faire un service personnel.
Ces salaires et ces conditions sont lourds pour l'exploitant qui emploie un certain personnel; aussi, plusieurs essais d'importation de main-d'œuvre meilleur marché ont-ils été faits On embauchait en France ou en Belgique des garçons de ferme aux prix des vieux pays, leur promettant des augmentations de salaires quand ils auraient appris le travail local. Les résultats ont été nuls : les engagés trouvaient en arrivant au Nord-Ouest possibilité de gagner des salaires supérieurs et ils quittaient bientôt
leurs embaucheurs. Quelques-uns ont même fait
et gagné des proces pour se faire rapatrier. Cela rappelle les « turented serrants » qui, engagés en Europe et transportés aux frais de l'embaucheur, arrivaient la plupart du temps, après avoir profité du passage gratuit, à s'enfuir et à s'établir pour leur compte dans la solitude des forêts.
Dans d'autres colonies on s'est occupé d'introduire la main-d'œuvre en grande masse pour Îles agriculteurs et les capitalistes. Un système également pratiqué consiste à faire avancer par l'Etat les frais d'émigration. frais dans lesquels il rentrait par une taxe levée sur les ouvriers; mais la difficulté était d'assurer le paiement de cette taxe, les ouvriers cherchant par tous moyens à s'y soustraire. Le système Wakefield, qui fut appliqué avec succès en Australie, consiste à vendre les terres et à affecter les produits de ces ventes à l’immigration gratuite. Même au bout de trois ans, le colon peut demander son rapatriement. L’inconvénient de ce procédé c’est que, après un certain temps, les demandes de rapatriement sont considérables : ainsi, une année, cent mille passages gratuits furent demandés pour l’Algéric; ils furent presque tous suivis de retour.
Les ouvriers de profession ont des salaires supéricurs, mais les chômages sont assez fréquents. Il
faut remarquer d’ailleurs qu’il en est de même en
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