‹ Les Français italianisants au XVIe siècleChapitre 66 sur 67 · Ne tra maligni sprezzator' del vero · texte numérisé non relu

Ne tra maligni sprezzator' del vero

Siede, ma de la sacra eterna norma Del Signer si dilella e, notte e giorno, Vi sta con l'aima a contemplarla intorno.

^ Hermann Taffin, sieur de Torsay, donl on a déjà rencontré le nom (p. 360) et à qui nous consacrons plus loin une notice.

Je vous le recommande de tout mon cœur et comme si c'estoit mon affaire propre, monseigneur, et suis votre tres-humbie et tres-ailec* tionné ancien amy de 55 ans et serviteur :

» François Perrot DE Mezieres. »

» De Paris, à l'heure de mon parlement, ce xxiiij. de juin 1603 *. »

Le Psautier de Diodati eut les honneurs de diverses réimpressions; celui de Perrot tomba au contraire peu à peu dans l'oubli. Les pasteurs italiens de Zurich, frappés sans doute de favanlage qu'il y avait à ce que toutes les églises employassent les mélodies chantées en France et en Allemagne, firent cependant réimprimer en 1643 un choix des psaumes de notre auteur :

Salmi sceiti di Davide, tradotti in lingua Italianaed accommodai! alla melodia del canto de' Tedeschi e Francesi. Per uso délia cliiesa Italiana in Zurigo. App** Giovanni Giacop, BodmerSy Vanno MDCXLIII [1643]. ln-8.

Le volume contient 23 psaumes de Perrot, plus ou moins retouchés, plus les commandements de Dieu, quelques cantiques, etc. Bovct, Histoire du Psautier des églises réformées^ 1872, in-8», p. 314.

En 1608, quand Hermann Taffin fil paraître La Vie, Mort et Tombeau de Philippe de Strozzi, Perrol joignit à l'ouvrage de son ami deux épigrammes latines, composées chacune de trois distiques 2.

Le dernier volume publié par le sieur de Mézières est sa traduction italienne du grand ouvrage de Philippe de Mornay, traduction achevée dès l'année 1584.

Il nous reste à donner la description de ce livre :

Délia verita II délia Religione || Christiana. || Contra gli Alhei, Epicurei, Pagani, Giu- || dei, Mahumedisti & altri infedeli. || Da

* Biblioth. nal., ms. fr. 15900, fol. 462.

» Pages 86-87.

Philippe Mornayo Consigliere di || slalo del Re Chrîslianissimo, Capilano di cin- 1| quanta huomini d'arme délie sue ordi- 1| nanze, & Gouernatore délia cita & || contado di Salmur &c. || In Salmur, Il Délia siampa di Thomaso Porfau \\ M. D. C. XII [1612], ln-8 de 20 ff. lim. et 818 pp., car. ilal.

Le titre porte une marque de Thomas Portau représentant une croix sur laquelle est enroulé un serpent. Du pied de la croix partent des roses et des épines. On lit sur les côtés : Ex spina rosa, ex cruce corona.

Les ft. *2-*4 contiennent une épître « Al re chrîslianissimo Henrico III., re di Francia et di Polonia », épître datée de Sedan, le 17 mars 1584, et signée : Francesco Perroto.

Les 16 autres ff. lim. sont occupés par l'épître de Philippe de Mornay « Al serenissimo Henrico, re di Navarra », la Prefatione, le Sommario dei capitoii et les Errori.

Biblioth. nat., VéL 1786 (exemplaire relié aux armes de Mornay luimême. Ses armes, avec la devise Arte et Marte^ sont peintes au v^ du feuillet de garde, en face du titre; elles sont répétées à la fin du volume, écartelées cette fois avec celles de Charlotte de L'Arbaleste, sa femme, et avec ces mots ajoutés à la première devise : Scopm mi sufficit unus); — Inv. D 45126 (exemplaire relié aux armes du cardinal de Richelieu et offrant cette particularité, que, à partir du cahier F, p. 81, tous les feuillets sont en double).

Voici les passages les plus intéressants de Tépître dédicaloire :

« Sire,

» Non puô un cosi grau tesoro come è questo, che di ragione è vostro per essere cavato dalle viscère délia vostra Francia, uscirnc fuora honestamente senza licentia sua, per non dir senza pagar gabella, che pur vien débita, ne si puô negare, perché a cui tributo, tributo, a cui honore, honore; ne puô il medesimo, se io non m'inganno, col titolo che egli reca seco (titolo magnifiée, glorioso, ampio et superbo, si, ma proprio et conveniente), non puô, dico, con quel titolo : De la verità delta religione christiana, uscir meglio ne più a proposito che sotlo il nome délia Maestà Christianissima, per essere da ogni banda più grato et più riguardevole a cui verra communicato. Non puô ancora con più frutto, al mio parère, doppo quelle che ne raccoglie già la

Yostra Francia, comunicarsi che alla natione italiana, laquai forse ne ha di bisogno quanto a lira che sia, oitre che pcr mezzo del suo traffico., più toslo di quesla sua lingua, délia quale son prattichi lanti Hebrei et Turchi, si stenderà lontano fuor dltalia insino in Levante un tanto bcneficio, di cui si havrà da saper grado et gratia alla vostra Francia....

« Poteva ritalia, féconda di nobilissimi ingegni, trovar qualcuno del suoi che più acconciamcnle havrebbe potuto far suo un si fatlo tesoro col trasporlarlo et con l'adornarlo meglio ; ma Tautore, stimando, puô cssere, che la laudc d'un tanto dono si conveng.i meglio tutta alla sua Francia, mentre ncl farlo latino si studia di farne parte alla raiglior parte délia christianità, come Hercole Theseo, me ha, bcnchè indegno, a questa parle dl fatica chiamato, amico suo anlico et carissimo, conoscendomi forse non meno amatore de l'Italia che ella possa essere di se stessa, a laquai sapeva che io ho già pagato altri debiti. Qui si traita délia verità, il cui parlar vuole esser semplice, nô ricerca fregio soverchio ornamento, et mon di quel belletlo che faccia lorlo alla sua nalia bellezza. Se più alto slile ricerca Titalia, non Io Iroverà già in me, che pur Francese, pur fatlo à l'antica, pur schielto sono, et più stimo il fatlo che le belle parole... »

Madame de Mornay parlant de l'amitié de son mari pour « monsieur de Mezieres, autrement François Perrot, Parisien, personnage de rare pieté et doctrine, et qui avoit esté employé en plusieurs honorables charges pour le service du roy », ajoute que celui-ci traduisit « le livre De la vérité de la religion chresiienne de français en italien, pareillement le Traictéde VEglise * ». Ce dernier ouvrage avait paru pour la première fois chez Thomas Vautroullier, à Londres, en 1578; il fut bientôt traduit en anglais, en latin, en allemand. Les frères Haag ^ citent une version italienne, de Calandrini, qui fut imprimée en 1591. 11 nous a été impossible de voir cette version. Nous ne savons donc si c'est Tceuvre de Perrot, revue peut-être par Calandrini, ou si c'est une traduction entièrement différente. Quand on voit que le traité De la vérité de la religion chresdenne attendit vingt-huit ans un

* Mémoires, éd. citée, I, p. 28.

» France protestante^ VII, p. 538.

imprimeur, on peut admettre sans peine que le second traité est resté inédit.

Nous ignorons quand Perrot mourut. Il ne dut guère dépasser l'année 1612, si tant qu'il ait pu achever lui-même l'impression du traité de Mornay. Quant à Espérance Perrot, l'enfant qui avait perdu sa mère en naissant, elle épousa Robert Hurault, baron d'Auneux; qui mourut en 1625. Elle eut de lui trois enfants *.

* Ibid., VI, p. 15.

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