‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 102 sur 269 · L'ÉTUDIANT EW DROIT · texte numérisé non relu

L'ÉTUDIANT EW DROIT

sède une Ame R€ii!ïîUlei un psIontAC complaisant, et dix -huit jïous dans sa poche. Lnis^pi crîcr les diffamateurs, respecl: bîcs isaiïcliinîres de la gnslronomie au rabats ; lanL ^n*ï\ y Qura une école de était à Parts» tous tonlinueraz dWHr à luie foule loujours rrobsanlfï vos dcmi-poln{ïes à dli centimes, et vos canards aux naveU i %\% sous la pnrlion.

Si Ton nou^ demande a quels ^l^nm eitûrieurs on peat recfinniiilre Télu-iianl en drait, nouîî rêponilmni qu'il ne s'ti;i bille pas » la durnit're ninde, mais qui] créii une tnftde tout exprès pour Un. [1 laisse irolunliers croître î;es clieveux et sa biirhe. {ju^iud tl en a, aUn* dU-îl, de ne pas ressembler a un épicier: maïs, avant de se présenter devant kîi c^^amitmïeurpîj il a soin de faire disparaître a^ alfributs Dnarrhiqucs* Il reKt^emUle par lu cnîtTure à un membre du club des Jacobins, et par la royale à un selfaneur de la cour de Louu XIII. On Ta vu jadis ^e glorifier d* un chapeau gris et d*un gîlet rouge â la Robespierre.

Une lûpe colossale e^t racccssoire obligé de Têtudîant : fumeur intrépide « il parfume les pas^nls des bougées uau^éalmride:^ du Inb.^e de la régie La tes e de SX pipe, plus on moins mtotté^, oITre Tintage d'un Turc, de Henri IV, de liobert Macaîre, de François l*^, de Salul-

JuKt, etc. Son cœur booitl it jiii] procurer une diibouqiK ilférim* i et quMtendii tor iun eimpé lEtfiîi rouge, il se donne une tovrnervi

Roî du quartier Latin , il é^mim mine a It tiTemép il domine dua | respecte, le reftaunUenr le déôre, h avec amour; lou crédit e«l icdidm Ttnyiêcnlbknr à lui le hauidi] tour ires des jeunes filles. Sultan i ses faveurs a son gré, el rappHji] ga h n teri e fr a uça i >»€ en fa iî^ ni < et de grAce sous la forme de frcque nient Ket loges des Luxembourg.

Entre tous lurgît uo caraciéRJ étudia Qt£ appellent bamboektmrJ mettent Testaminel et la gnîng le banibocheary passe spsjoorwi dix heures du matin, «léji une une infinité de petite verres et ici bre con sidéra ide de pipes, joue li | et le soir, à une heure avancée, M i qui chantent â gorge déployée:

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[^ carnaval est rélêment du bambocheur: c^est alors qu'il se montre dans tout son éclat. Craignant qu on ne lut vole sa montre â la faveur de la confusion des IkiIs masqni's, il s'empresse de la déposer entre Ic.^ maius d'un ronimi^f ionnaire au mont-de-piélé, l't le uiêiup admînistraLeur intègre secliarj^e d'un mnnteiui, compléiement inurile à son laropriélnire pour se déguiser en pnsliiï m UiVs lors, plu» de îîoucîs, pi s de soins de l'avenir! Lfï bamhocheur n'a jamais pris d*inscH plions il n'aura jamais d'examens à passer; il n'a point de carrière â p.-ircQurir. point de f:imille â satisfaire : ioutes ses facultés août concentrées dans le moment présent, dans le vin qu il boit, dnns le débnrdeur à ebi^reux poudrés qu'il fail %'alsrr, d.ins le tumulte et rentvrement du baU

Si^ dans ces nuit'E do délire, un paîtiibie observateur se pbce au cintre du théi^tre du Panthron et regarde en bas, il n'apercevra d'abord qu'un mélmge de couleurs diverses, recouvertes d'un unifiirme glacis de poussière, enveloppées d'un brouillard de vapeurs délétères: ]mht au milieu de ce chaoSf il distinguera confusément des rétes, des bras, des jantbes, mais sans pouvoir déterminer quels sont les pmprtétaire!* rc^peelifs de ces m em lires, tjut est vertigineuse la rapidité avec laquelle cette masse

compacte m méat* se tourne, se dénd^ Kl Jour-liillonne. Du fnnd do parIrmiMiaeBl nnnent élrai-ge, compnîié de Ta " '^ li s sons de voix, depuis le baq qu'au fausset le plas criard. CVst i celte d'un champ de bataille, ae| un labyrinthe de f^irmcs humaiaci^ î danseurs : c'e^t nu bal masqtié.

SI Textérieur de Tétudiant ibdobc bitudi'S phy^iiques, il D*esl pas tnt I vie intellectuelle. 6eaux*artA, 1itléM«i,J politique, il étudie tont, etceplt «oe i romsns nouveaux, et juge en nuilra gue. Le portrait de madame G^sfi [ une épingle au chevet de tuni lil, I ' tbousinsme pour riUu^re be Balzar dans sa conn^ à trave lïugo, le chef de Técole poélkpw ds I Loin de se passionner pom compassées qui se font, eoms par riddiiion d'un certain i cesses et de conQdeuts, il l tribut de son admiration |tart0iit «è b^

LtTUDIANT EN DROIT.

et palpite. Donne-t-on un drame inédit du grand rétndi«nt se passe de dîner, se met à la queue t lieun'S, arrive le premier au bureau, et «mitMnt Tunique billet de parterre que Ton y dis- }o coup de sifllet part d*une loge, c A la porte ! te! s*exc]ame l'étudiant; c*est un membre de I! » Nouveau coup de sifllet. c A la porte I répète t; i la lanterne les classiques! » Vient une tiiMkésie harmonieuse et sublime, toute la salle applaudit et trépigne; réludinnl bat des mains sur, et lance un regard de mépris à l'individu itement soupçonné d'être membre de Tlnslitut. tre que l'étudiant en droit ne soit pas musicien, naître de flageolet, de flûte ou de cornet à piston, 4ii clair de la lune sur l'accordéon. Nonobstant mienls de police, son cor de chasse retentit au a silence de la nuit; il l'embouche à une heure I9 M retour du spectacle, pour se consoler d'àla nouveauté Ju«t<f-mt/(>u. Le propriétaire tem- \ voisins s'insurgent; mais qu'importe? l'inlréluose poursuit son harmonieux tintamarre, de 'lé avec les chats des environs. La vigueur de ses i est-elle épuisée, il sacrifie aux muses, car une nie l'obsède : il faut qu1l écrive. Il jette des ns dans la boite des journaux, qui ne les inscais; expédie des drames et des vaudevilles aux 'S des thédtres des boulevards, et s'indigne de ne obtenir lecture. Il porte le manuscrit d'un rome en deux volumes in-8° a Lachapelle ou à II. in, scrupuleux et discrets dépositaires de ces euvre. Les nouvelles qu'il élabore débutent prcsiours ainsi : « Par une belle matinée de prinleox hommes, enveloppés de larges manteaux, lient silencieusement la colline... » Parfois aussi e son sujet in médias rcs, conformément d la nivante : « Par la mc>sc ! dit le jeune inconnu t d'un seul trait son hnnap rempli de vin de llon- 118 vivons en des temps bien étranges, messei- . » Sa poésie est de ce genre phlhisiquc, maladif ique, désespérant et désespéré, dont Joseph Det le patron. Le moi et les exclamations y domiy remarque des vers tels que ceux-ci :

! parmi les Iiumainn je mnrchc solitaire, oroc ic juif errant, et courbe vers la terre

Mon front pâle el rêveur I ïi nourrit le poison de ma mélancolie!

1 mon cœur est brisé ! j'ai bu jusqu'à la lie

La coupe du malheur! ! !

Strophe est éclose dans un nuage de fumée de sous l'inspiration d'une bouteille d'eau-de-vie. [ue les éditeurs et la gloire lui tournent le dos, l passe à l'état de génie méconnu, et, en traversent des Arts, il mesure d un œil farouche la disli le sépare de l'abime. Mais il puisera des condans la philosophie, car elle est aussi de son sitôt qu'une théorie apparaît, elle trouve parmi ants des adeptes, des sectateurs, des enthousiasairiens sous la Restiuration, ils ont suivi le moulu siècle, et tendent à prendre une couleur moreligieuse. Les uns applaudissent aux théories ques de Saint-Simon ou aux rêveries de Fourier; s'acconient à dire, avec le père Enfantin, qu'il nt de réhabiliter la chair, tlche dont ils s'aci la grande satisfaction des habitués du bal da

)ioions politiques del 'étudiant en droit sont de

celles qui font dire aux cacochymes et aux aslhmati(|ues : c On voit bien que vous êtes jeune. Bah ! ces idées-là TOUS passeront. » Ou bien : « C'est un beau rêve qui ne se réalisera jamais; on reconnaît bien là l'effervescence de la jeunesse. » Il y a des êtres persuadés que, passé la trentaine, il faut nécessairement prendre du ventre et se rapprocher du mollusque. L'étudiant est d'un patriotisme exalté. Sa chambre est décorée des portraits des chefs de la Montagne. La Révolution de juillet est à ses yeux une révolution à l'eau de rose, en gants jaunes et en bas de soie. H eut voulu qu'en 1830 on déclarât la guerre à toute l'Europe, et que le drapeau tricolore fit le tour du monde. Il a gémi sur le sort de la Pologne et maudit l'autocrate. Du temps où llorissaient les souscriptions nationales, on voyait flgurer sur les listes son nom, accompagné de notes plus ou moins démagogiques, semblables a celle-ci : a A... B..., ami de la liberté et de la patrie, ennemi des tyrans et de l'oppression, 25 centimes. » Feu la Société des droits de l'homme comptait dans son sein beaucoup d'étudiants en droit. Ils péroraient dans les sections, annonçaient ofliciellement que les faubourgs Antoine et Martin étaient prêts à descendre, couchaient en bonnet rouge, et au besoin s'armaient pour l'émeute. Hélas! plusieurs victimes d'un enthousiasme aveugle sont tombées sur les dalles de Saint- Merry.

Une haine vivace bouillonne entre l'étudiant en droit et le sergent de ville. Ce sont deux ennemis plus irréconciliables que Montaigu et Capulct, et ce n'est point sans raison. Qui, dans les bals publics, surprend les étudiants en flagrant délit de cachucha nationale? qui les mène au violon? qui modnre l'élasticité hasardée de leurs mouvements? C'est le sergent de ville. Mais les principaux motifs de l'aversion de l'étudiant en droit sont plus sérieux : il déteste dans le sergent de ville l'agent, le satellite armé de l'ordre public, et. du plus loin qu'il l'aperçoit, il donne à sa physionomie l'expression la plus dédaigneuse possible, relève fièrcmj ni la tête, et murmure dans sa barbe l'injurieuse épilhète de mouchard.

Au reste, l'exagération politique de l'étudiant en droit est plutôt extérieure que réelle; elle cache les sympathies d'une âme honnête et généreuse, et ne croyez [)as qu'arrivé à 1 '.^ge mur l'étudiant en droit renie les croyances de sa jeunesse. Electeur, il vole avec Topposition ; ptTc de famille, il transmet ses principes â ses enfants; sentinelle avancée du progrès, sa voix s'élève toujours en faveur des réformes utiles.

Il se trouve pourtant parmi les étudiants bon nombre de ces jeunes gens tenaces au travail, que rien ne rebute, et qui mêlent à leurs études de droit des travaux sérieux d'histoire, de littérature : celui qui prend cette voie aride, mais dont la récompense est certaine, se nomme piocheur.

Le piocheur ne connaît ni les plaisirs ni les soucis attachés à la prodigalité. Etre rare et presque fabuleux, c'est un jeune homme sans fortune qui veut faire sou chemin, ose lire Duranton, et affronte sans pâlir les volumineuses collections d'arrêts de Dalloz et de Sirey; il se place chez un avoué, et au bout de deux ans de travaux assidus, il obtient enfin l'importante fonction de troisième clerc : il ira loin !

Il n'est guère d'étudiant qui ne devienne piocheur au moins une fois par an, car l'approche des examens cause dans le quartier Latin une perturbation complète, un branle-bas général : on se met é l'œuvre, on court aux codes longtemps négligés, on veille, on ne sort plus, on défend sa porte, on s'enterre tout vivant avec Rogron et du Caurroy; on analyse, on dissèque le texte des lois, et

L'ÉTUDIAKT EN DROIT.

au biint de six semaines de fatigues, on arrive souvent é être refusé : alors la victime crie à l'injustice et tra'te les professeurs de scélérats.

Trois, quatre ou cinq ans suffisent à la majorité des étudiants pour sortir vainqueurs de leurs cinq épreuves, y compris la thèse. Il est facile de reconnaître dans la salle des Pas-Perdus celui qui vient d*avoir Thonncur de prêter le serment d*avocat. Il se pavane dans sa robe de louage, le gonflement de sa poitrine soulève son rahat jaunâtre, il porte sous le bras un énorme portefeuille bourré de papiers qui simulent les dossiers absents, invite ses connaissances à venir le voir au palais, 1rs promène dans les couloirs, et, s'il aperçoit quelque notabilité judiciaire, soulève sa toque â un demi-pouce de son front, pour persuader aux profanes qu'il est en relation avec la susdite notabilité.

L'admission au stage a été pour le licencié en droit le sujet d'un inextricable embarras. Les règlements de l'ordre des avocats exigent que le candidat occupe une chambre convenable au premier ou au second étage, et qu'il possède une bibliothèque suflisaniment garnie de livres de jurisprudence. Cnr le licencié demeurait place Sorbonne, au cinquième au-dessus de l'entrc-sol, et n'avait, en fait d'ouvrages de droit, que les chansons de Déranger, les contes de Voltaire, le Contrat social^ un volume dépareillé d'un roman de Paul de Kock. et quelques autres bouquins. Gnlre au ciel, un de ses amis, homme d'affaires, lui a confié les clefs d'un magnifique appartement. Le licencié a donné son adresse au local do son ami, et le rapporteur chargé de décider si les conditions requises étaient remplies a rté émerveillé qu'un débutant aussi jeune fût si splendidement logé, que la bîbliothrMjue fut si nombreuse et si bien choisie, et le bureau si encombré de paperasses et d'actes de toute espèce.

Dans les conférences, où des étudiants et de jeunes avocats apprennent l'art de défendre la veuve et l'orphe-

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lin, VaToeat stagiain pUieifteHMrfl d'érudition. Il dce las contaMmlkl Gaïus, et assaisonne sa harugaeliaiftlh J

c Oui, messieurs» diK«Q, f cupe, notre adTenaire est [ mour du gain qui le poassep cerMàl tandis que nous» messii tanâoî » (

L'avocat stagiaire aime i [ partie adverse, et il est rare de i son discours deux ou trois phr voix de fausset par : c Mais, noai^ avoir énuméré les objections qu\ trousse ses manches, léTe les Irai c Eh! messieurs, je tous le i maginer un raisonnement plus i ment plus contraire aux principes, hÎb dénué de fondement, plus étrange, | messieurs, car mon indignatioa, kipa m'entraînerait peut -être trop loia!i

Sunl Terba et Yoces, prctera^ifti

Malgré cette enflure, les confercinfi cal stigiaire à TimproTisation : fl ifa» a tour de rôle juge, président, ministmiKj deur ou défendeur ; il apprend i pMffu contre de la première question veme, sa pas que d'être d'une application jouniBèR.

Maintenant que notre étudiant a prit • a secoué complètement la poudre fa i souhaitons des succès judiciaires. nec~ nable; et puisse-l-îl n'être pasobl^ifL.

ses tentatives, de se fiiire joundislf m il dans les hussards!

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