L'ÉTUDIANT TN DROIT
» excellente capitale, et les pieds protèges par une MKure équivoque. Sous ces dehors peu favorables, liant en droit a reconnu la taille élégante et les joux de sa danseuse : il faut ajouter qu'il a devin*' un tendre et des qualités physiques et momies qui lui eni. Son choix est fait, le pacte d'alliance est signé ■me table de la Grande-Chaumiérc du Mont-Parnasse. m.v8 ne reconnaissez plus la pauvre fille dont les souspargneut de la besogne aux balayeurs. Elle est pim- » élégante, éblouissante, frisée, pommadée, attifée, riante à voir; elle porte une capote de batiste, une cSe mousseline , des bas blancs et une écharpe de
bleu.
L amours de Tétudiant et de la grisetle ne sont point 1^ passions échevelées qui pleurent dans les drames Kmes, et bientôt il ne la traite guère mieux qu'une Kïte, la charge de ses commissions, lui envoie cherra tabac, de l'eau-de-vie et du jambon. Lorsqu'il ^ ses amis, c'est elle qui, avant de présider au fes- ^it cuire les côtelettes et met le couvert. Il faut le ^ sa louange, la grisette se prête merveilleusement ILes ces fonctions do ménage, qui la rendint indis- ^ 1)le et lui donnent un air de femme mariée. Heuk si les vacances seules interrompeDt le cours de
cette liaison trop passagère, si elle peut dire adieu en pleurant à son époux temporaire, qui lui promettra de* lui écrire ! Nais souvent, las du ménage, l'ingrat songe à reconquérir sa liberté. Il cherche querelle à «a /(fmi/if, l'accuse d'infidélité et, à force de brouilles préparatoires, arrive à une rupture définitive. C'est un de ses amis qui lui succède, et la malheureuse fille passe de main en main comme un billet à ordre, comme une reconnaissance du mont-de-piété, jusqu'à ce que, vieille et fanée^ elle tombe insensiblement au dernier degré de la dépravation.
S'il n'a point de femme pour lui préparer ses repas à domicile, l'étudiant en droit peut choisir entre une multitude de restaurants dont les fastueuses affiches lui garantissent, moyennant dix-huit sous, une alimentation saine et abondante. Poupon, Yiot, Rousseau, restaurants trop calomniés! comme Figaro, vous valez mieux que votre réputation ! La malice seule a pu accuser vos innocents cuisiniers de transformer une tête de cheval en tète de veau , et de présenter un angora sous la fallacieuse apparence d'un civet. Vos biftecks sont peutêtre duiiuscuUt , vos bouillons trop aquatiques, vos hachis légèremeLl suspects; mais vous n'en mérites pas moins l'estime et la pratique de quiconque pos-