‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 104 sur 269 · LA FEMME COMME IL FAUT · texte numérisé non relu

LA FEMME COMME IL FAUT

]# pltis insolent dandy à se dmnger pour elle. L© chipeau, d'une simplicité remarquable» a des mbans frais. Peut-être y atira-Uildes lîeunt? mats les plus habiles de ces femmes n'ont que des nœuds. La plnme veut la voilure, 1rs Heurs atlirenl trop le regard. Lâ^de^soua von s vûyei la figure fraîche et reposée d'une femme sûre d'elle-même sans faluîté, qui ne regarde rien et voit tout, dont la vanité blasée par une continuelle salisfac^ tion répand sur sa physionomie une indifférence qui pique la curiosité. Elle sait qu'on ^étudie, elle sait que presque tous, même les femmes, se retourneront pour la revoir. Aussi travers e-t^ lie Paris comme un Hl de la Vil rgc, blanche cl pure. Cette belle espèce aiïectîonne les latitudes les plus ehaude^i, les loni^tudes les plus propres de Paris; vous la trouverez entre la vingtième et la cent-dixième arcade de la rue de Hivoli; sous la Ligue des boulevards, depuis Téquateur ardent des Panoramas où fleurissent les productions des Indes, où s^èpanoutssent les plus chaudes créations de riadustrie, jusqu'au cap delà Madeleine; dans les contrï^esles moins crottées de bourgeoisie, entre le treotieme el le cent cinquantième numéro de la rue du Faubourg- Sain t*llonoré. Durant tliirer, elle se plaît sur la terrasse des FenîUantset point sur le trottoir en bitume qui le longe. Selon le lempïi, clic vole dans Tallée des Champs-Elysées bordée ù l'est par la place Louis XV, à l'ouest par Ta venue de Marlf^ny, au midi par la cUnusseCi au nord par les jardins du faubourg S:ii ut- Honorée Jamais vous ne rencontrerez celte jolie variété de femme dans les régions hyperboréales de la rue Saint-Denis, jamai> dans les Kamtschallia des rues boueuses» petites ou commerciales ; jamais nulle pnrt par le mauvais temps. Ces fleurs de Paris, écluses pnr un temps oriental^ parfument les pfum«'nades, et, paî^sé cinq heures, se reitUent comme les b^lles-de-jour.

Les femmes que vous verrez plus tird ayant un peu de leur air, essayant de les singer, sont de femmes comme il en faut, tandis que la belle inconnue votre Béatnji de la journée, est la femme comme il faut. Il n* est pas facile ani élrangers de reconnaître les différences auxquelles les observateurs émérite:! les distinguent, tant la femme est cnmédietine ! mais elles crèvent les yeux aux Parisiens ; ce sont des agrafes mat cachées, des cordons qui montrent leurs locis d'un blanc roux au dos de la robe l^T une fiante entrebjtiilée, des souliers érailléi, des rubans de chapeau repasses, une robe trop bouffante, une tournure trop gommée. Vous remarquer ex une sorlr^ d'eETiirt dans rabaissimt-nt prémédité de la paupiôre. il y a de la convention dans la pose. Quant à la bourgeoisie, il est tmposi^ible de la confondre avec la femme comme il faut, elle la fait admirablement ressortir, elle explique le charme que vous a jeté votre inconnue. La bourgeoise est affairée, soit par tous les temps, trotte, va, vient, rei^^arde, ne sait pas »i elle eutreira, si elle n'entrera pas dans un magasin^ Là où la femme comme il faut siiit bien ce qu'elle veut el ce qu'elle fait, la bourgeoise ej^t indécise, retrousse sa robe pour passer un ruisseau, trafne avec elle un enfant qui l'oblige à guetter les voilurfs; elle est mère en public, el cause avec sa fille; elle a de l'argent dans sou cak^s, et des bas â jour aux pieds- en hiver, un boa par-dessus une pèlerine en fourrure, un cliâ e el une écharpe en été ; la hourgeobe entend arimîrablemeut les pléonasmes de toilette.

Votre belb' promeneuse , vous la retrouverez, si vous êtes suscei^tible de la retrouver, aux Italiens, à l'Opéra, dans un bal. £lle se montre alors sous un aspfTt m différent que vou^ diriez deux créations sans analogie. La femme est sortie de ses vèlemeuls mystérieux comme un papillon de sa larve soyeuse. Elle sert, ctmiiiti uue

fri«iidi»e, â rom ' riT», Iv ( corsage mcid^b ■ eîne. Ai iWfet. i

les secondes U étudier à rat s meuts. L'adora Die i tiques de la femme avec iiii 1 d*arl el de prémédtiAtîaji. Â-t-dhi belle» le plus fio croira qu'il élxi^ de rouler, de remonter €m é'm §i€€is ou de ses boticlei^ qu^elle < splendeur dans le p^rafiL il vanti de l'ironie on de la grâce i ce qitv^ se posant de manière a produîm^ profll perdu, tiiut afTectioniié parto}> attire la lumière sur la joae, d«;^f« nette, illumine le rose des nanntt,!

arête, laisse au regmrd sa fuîlteUi i dans l'espace, et pîqtie d'no trait èl rondeur du meotco* Si elle i osjoi^ sur un divan avec la coqneUcrit ( les pieds tu aT«at, sans que veail autre chose que le plui déliôiui lassitude à la staïuaîre. U o*j a ^hl faut pour être â Taise dii» n Vous ne la surprendrez jafntîi, i i remonter une épanlette un buse insubordonné, è rtfaraq à i corn pli t son otBce de girdka mÊà trmrs étincelants de blaodhiVp il glaces pour savoir ai la ooiffm m quartiers^ Sa toilette f^t toujovittl caractère, elle a eu le temps dt I qui lui va bien, car elle conMtti ne lui va pas. Pour être feu pas nécessaire d*avoir de Te de Têtre sans beaucoup de goêl, fflil la sortie, elle disparaii avafil la f ' hasard elle m montre* calme «I mM rouges de fescalier, e{Je épmm éâ violenu : elle est \à par ordre, ékê{ tif â donner, quelque promnt i 1 descend-elle itnsî lentement d'un e^Uve auquel elle obéit | a Heu dans un bal ou dans !

le miel affeclé ou naturel de m ravi de sa parole vide, maii I la^ muniquer la valeur de la |ieftice prî table, L'espHt de cette feramc aa la f tout plastique. Vous ne «tara p»fli4 vous serez charmée Elle a imni k I meitt haussé ses blanches épanki^ i inHigniiîanle par k sourirai^ elle a mis répigramme de ' un ah! dans un <& doue 7 Un air d tive interrogation ï elle a doBBi il bl mouvement par lequel elle a Uli attachée a son doigt par unanuen.Cii arlilicielles obtenues par des elle a (ail retomber uobleniiattt à i au bras du fauteuil, comme 4m marge d'une Heur, et tout i été < gcmenl sans appel, à émoQfeîr le ] su vous écouter, elle von& a spirituel ; el, feu appelle à von là sont rares* Vnus n'atet éHà i malsaine. Vous ne causes pis I bourgeoise sans qu*eUe une forme quel ie|

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yfXnariée, elle a eu la délicatesse de si bien dis- '^CB mari, qu*il vous faul un travail de Ghrislog .Èm pour le découvrir. Souvent vous n*y réusnt- 0fMi seul. Si vous n'avez pu questionner per- ^M fin de la soirée vous la surprenez à reg^ardcr ^^m homme entre deux âges et décoré, qui baisse Elle a demandé sa voilure, et part. Vous I rose, mais vous avez été prés d'elle, et vous ^m^ïi sous les lambris dorés d'un délicieux rêve, ^S nuera peut-être lorsque le Sommeil aura, de ff^^Mant, ouvert les portes d'ivoire du Temple

^^ , aucune femme comme il faut n'est visible ■^^ heures quand elle reçoit. Elle est assez sa- * f ous faire toujours attendre. Vous trouverez ^ goût dans sa maison ; son luxe est de tous les ^^"^ se rafraîchit â propos ; vous ne verrez rien ^^^{es de verres, ni les chiflbns d'aucune enve- ^^adue comme un garde-manger. Vous aurez ^ ^ l'escalier. Partout des fleurs égayeront vos ^^» fleurs, seul présent qu'elle accepte et de 'K^^rsonnes seulement : les bouquets ne vivent ^ m donnent du plaisir et veulent être renouvelés; mis sont, comme en Orient, un symbole, une X«es coûteuses bagatelles à la mode sont étalées.

mais sans viser au musée ni à la boutique de curiosités* Vous la surprendrez au coin de son feu, sur sa causeuse, d'où elle vous saluera sans se lever. Sa conversation ne sera plus celle du bal. Ailleurs elle était votre créancière» chez elle son esprit vous doit du plaisir. Ces nuances, les femmes comme il faul les possèdent a merveille. Elle aime en vous un homme qui va grossir sa société, l'objet des soins et des inquiétudes que se donnent aujourd'hui les femmes comme il faut. Aussi, pour vous Gxer dans son salon, sera4-elle d'une ravissante coquetterie.

Vous sentez là surtout combien les femmes sont isolées aujourd'hui, pourquoi elles veulent avoir un petit monde dont elles soient la constellation. La causerie est impossible sans généralités. L'épigramme, ce livre en un mot, ne tombe plus, comme pendant le dix-huitiéme siècle, ni sur les personnes, ni sur les choses, mais sur des événements mesquins, et meurt avec la journée. S(m esprit, quand elle en a, consiste à mettre tout en doute, comme celui de la bourgeoise lui sert à tout affirmer. Là est la grande différence entre ces deux femmes : la bourgeoise a certainement de la vertu, la femme comme il faut ne sait pas si elle en a encore, ou si elle en aura toujours; elle hésite et résiste, là ou l'autre refuse net pour tomber à plat. Cette hésitation en toute chose est une des dernières grâces que lui laisse notre horrible

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