ELIAS REGNAULT
e faubourg Saini-GerjnaîOt type incarné du dix-huîtïénîe siècle, est attaché à ses souvenirs comme une coquette surannée, opîn litre dans ^es îéèes eom me utt vieil»
Liird, hyperbiiliqua dans ini^ illiidons comme un ftdoiescent. Le tende* maiu d*une déraite, il parle de ses prochains triomphes, et jamais l^ mécomptes n'ont lassé son espoir. Fier ei railleur» îl méprise la puissance des faits : pour lui, Napoléon a tot^ours été Bonaparte, et LouisPhi lippe, le duc d'Orléans, En* Demi irréconciUahle de la Chaussée-d'Antin, qui représente le dli-neitvième siècle, il lui Tait une guerre de cruelles mnqueriés, le poursuit d« ses sarcasmes, et désole par ses dédains les bourgeois opulents qui ont ta miDie de le singer après l*avoir vaincu. Gonàaijt dans l'avenir, malgré les déceptions du présent, il a toute Tassurance d'une beauté qui fut longtemps sans rivale, loute la malice d*une vieille dévote qui vit de foi et d*eipérance, mais fort peu de charité.
Toutefois, dans son oppo5iitlon, le faubourf Saînt^Ger» main montre toujours une babilo logique. U ne vi pas, ainsi que les béros parlementaires, se placer sur le ter<rain de ses ennemis, et lutter avec eui sur des questions qu'ils ont eux-mêmes posées, Oîiïcuter une opinion, c'-ist la recounaitre. Le faubourg Saint-Germain se garde bien de cette maladresse : son opposition est toute négative. Sous l'Empire, on proclamait la gloire des batailles i le faubourg i^int-Germaîn vantait les douceurs de la paii. Sous ta Restaurai ion, la Chaussée-d'Antin était Ubûrale, le faubourg Saint-Germain absolutiste ; au-
jourd'hui, k €liAiis$éa-4*l
impie» le faubourf
cela seul inidéle nu dix-baidèB
tigîeux, non pis |>rédséneBl
parce que ses ndversairef
vertu consiste 4 se pkc«r i
mies.
Une fois ce rdlc tccef^lé, le I ne recule devant nucyae des < le petEOnnel de tes couvents, !
sionnaîres, et voil bientAt ice de tout seie et de tonte couleir, \ gris, frères de SitKit-Josepli, franciscains, domîiiic«ins et f devenu un microco&me du est a Saînt'Thomat d'AqatOt tel bayc^aui'Bots, la rclrtît» det l ' et celte des vétértas bon de <
Cette résolution de preadrt ll| de a bien quelque chose d*éo«A duîre d éUrangesanomaltes. Di contredit, est celte viriâé ie appelle en AifoiKsssi.
La cbanûinesse est m est religieuse ^ns èln cloW comtesse sans être noble*
Pour acquérir ces pr^eul a quelqu'un des | gne,et« mofennial^ soiteo Saie, soit en I ces rhénanes, on fait fmrlia i rexistence est toute comme anneie de l'no dm \ lent Tune des soixante i Allemagoe* G^est là ti al <
LA GHANOINESSE.
dalilé sur les domaines de TEglise ; c'est le der-
rti de la puissance spirituelle de TEnipire après
la etUDglante querelle des investitures.
I dam le genre chanoinesie plusieurs espèces :
compose des demoiselles nobles et pauvres qui
I une iaible doi pour avoir Theureux droit de
* madame sans se mésallier; celles-là mènent
pile et décolorée, et remplacent les douceurs de
e par les joies des œuvres pieuses.
B éat aussi do haut ran^, et comprend les de-
0 d^i émancipées de fait, qui veulent Têlre de ^6at ane race hautaine et tant soit peu philosoqni se rit des préjugés de caste, et surtout des
de femmes.
ivoir de fortune, elles savent, par leurs sédnillarea, se créer un rôle brillant; elles exploitent ■▼ec an rare bonheur la vanité des étrangers i, tout fiers d*étre reçti<!, à leur débarquement, descendante en ligne directe d'Anne de Bretagne »iRené.
Jsiéme espèce, et la plus digne d*étudc, est celle es roturières qui veulent effacer leur origine Jtre de comtesse, et voiler des malheurs de jeuus un nom matrimonial. Voilà celles que nous •posons de peindre.
»is en possession de son diplôme, la chanoinesse au faubourg Saint-Germain ; c*est là seulement »eut être prise au sérieux. Dés lors commence % une nouvelle existence ; elle forme une classe ans la société : elle n*est ni fille, ni femme, ni ( T a des sophistes qui prétendent qu'elle est tout
fois, 'est pas noble, car elle n'a pas d'aïeux; elle n'est -iére, car elle est comtesse, 'appartient pas au monde temporel, car elle est réponse de Jésus-ClHrist; elle n'appartient pas M spirituel, car elle conserve toute sa liberté, plaisirs, toutes ses joies.
pris le voile et ne le met pas ; elle a un oratoire, rie pas; elle a un confesseur, et ne se repent e a un amant, et n'y renonce pas.
chez elle est Action, et son titre, et son célibat, cuvent. C'est une existence sans harmonie et sans
1 comme, après tout, même un défaut d'harmonie Ir sa logique, tout, chez elle, se ressent de cette sociale : ses manières sont équivoques, son alpruntée, et sa vie remplie de gènes. Elle n'est lise chez les femmes qui se piquent d'être ver- , parce que ses mœurs sont trop libres ; elle est ée par les femmes faciles, parce qu'elle est trop jhez les dévots, on la compare n un prêtre défroex les incrédules, on lui reproche de s'être affufiroc. Les uns ne veulent pas d'elle quoique rey les autres, parce qtu religieuse. Partout elle des péchés de sa double nature.
en foyant les tribulations de la chanoinesse que is combien l'hermaphrodite, s'il existait, serait malheureux. Dédaigné par les hommes, parce t homme, hai par les femmes, parce qu'il est il n'aurait les bénéfices ni delà figure mâle de l'un, armes délicates de l'autre. 11 ne demanderait que :è du bonheur qu'il peut donner ou recevoir, et i serait même pas permis de se partager. Amant ita i la fois, il ne trouverait pas qui aimer, ni par I aimé. Avec ses doubles facultés, qui ne peuvent •atisfaites, ni se satisfaire elles-mêmes, il s'épuin fains désirs, se débattrait impuissant sous sa LBde puissance, et maudiraitle ciel, qui» en faisant
pour lui plus que pour tout autre, lui interdit en même temps d'user de ses trésors.
La chanoinesse a perdu sa mère de bonne heure : c'est ce qui explique sa position excentrique et son célibat, et bien d'autres choses qui ont précédé et peut-être motivé son entrée dans les ordres. Son père, homme simple et débonnaire, dont toute une vie de labeurs a été consa* crée à gagner les richesses qu'elle gouverne, fuit le monde qu'elle recherche, et se retranche dans la solitude contre les réceptions brillantes qu'elle affectionne. Sur sa figure septuagénaire se lisent quelquefois des reproches; mais jamais sa bouche ne les fait entendre, soit qu'il les dédaigne, soit qu'il les ait épuises. Ainsi, privée de sa mère par la mort, séparée de son père par sa vie, la chanoinesse n*a pas de famille. Toutefois, pour compléter tes illusions de son titre matrimonial, elle se dévoue habituellement à l'éducation de quelque produit collatéral, choyé, fêté, gâté au delà du possible, qui l'appelle Ma Uinie, et qui, pour elle, est si adorable, et pour tout ce qui l'environne si insupportable, qu'on s'égare à expliquer l'aveugle tendresse qu'elle lui prodigue. Jamais, au surplus, on ne parle de la mère ; il n'en reste dans la maison aucun souvenir. Quant au père, on est moins discret; mais l'indiscrétion n'est alors que de la diplomatie. Dans un de ces moments de feinte indifférence où les femmes semblent laisser tomber des paroles au hasard, la chanoinesse vous dira que cet enfant est fils de quelque prince exotique ; elle se garde bien de donner à cet aveu l'air d'une confidence; non, elle s'y arrête d'autant moins qu'elle y attache une importance plus grande. Elle se soucie peu, en effet, que dans votre esprit vous lui attribuiez les honneurs de la maternité, pourvu que cette maternité vienne de haut. Avec un prince, il n'y a pas de chute; il n'y a que des conquêtes. N'ayant d'autres principes de vertu que des principes de vanité, elle craindrait peu de jouer avec Jupiter le rôle d'Europe, d'Alcméne, ou de Danaé; mais elle n'accepterait pas d'être Vénus, s'il lui fallait épouser le serrurier Yulcain.
Le costume de la chanoinesse est en harmonie avec toute sa manière d'être, c'est-à-dire qu'il est sans harmonie avec le milieu social qu'elle recherche. Dans Tensemble de sa toilette, elle est toujours on arripre sur la mode; dans les détails, elle vise à ce qu'il y a de plus nouveau. Ses bonnets seront de la veille, son fichu, sa collerette, sa guimpe, seront du dernier genre, et sa robe aura une coupe surannée. Elle a résisté avec entêtement aux manches à gigot, et elle a été des prcniiercs à porter une fiorella; elle a combattu avec ardeur le re* tour des manches plates, et elle s'est coiffée avec en» thousiasme du bonnet à la paysanne : aujourd'hui, elle ne porte pas encore de volants, et déjà elle a épuisé le bonnet à barbes. Au reste, comme, à part ce qu'elle appelle les chiffons, elle affecte une grande sévérité do mise, elle a adopté, comme type de cette sévérité, la robe de satin noir : c'est la seule chose qui n'ait pas lassé sa fidélité. Même depuis que la robe de salin est descendue dans la rue, la chanoinesse ne l'a pns abandonnée. Le reste de sa personne la garantit contre les méprises.
Entres maintenant dans le boudoir de la chanoinesse : vous trouTerex comme partout les mêmes contrastes. Sur la cheminée, l'agneau sans tâche sculpté en albâtre blanc est couché entre deux vases étrusques ornés de faunes et de satyres. Un prie-Dieu gothique fait pendant à une chiffonnière en palissandre; des statuettes de Pradier figurent à côté de chérubins du moyen Age. Dans le fond d'une alcôve à demi close par les plis ondoyants d'une
LA CHANOISESSE.
draperie soyeuse s*élève un vaste crucifix : â Tun déâ angles est suspendu un bénitier de la renaissance, i Tautre se voit une statue de la Vierge immaculée, et, au pied de ces saintes images, un voluptueux divan semble inviter à dos pensées qui n*ont rien de virginal. De chaque côté de la cheminée sont placées deux élégantes petites bibliothèques en citronnier, fermées par des pnneaux dont les glaces sont doublées en taiïetas bleu de ciel. L'une reste toujours entr*ouverte, et laisse apercevoir des livres de piété, dont les riches dorures et les reliures éclatantes sont encore dans toute leur fraîcheur; Tautre, soigneusement fermée, semble avare de ses mystérieux trésors. Les initiés prétendent qu'elle renferme les œuvrt'S complètes de George Sand et de fialzac; de méchantes gens parlent de Crébillon fils.
Depuis qu*elle aété affranchie par son entrée dans les ordres, la chanoinesse reçoit beaucoup, reçoit avec faste, et n'ignore pas qu'un puissant moyen d'attraction est un bon cuisinier. Aussi ne manque-t-il rien à la partie matérielle des repas; mais ce que l'on peut appeler la partie intellectuelle, c'est-à-dire le vin, y est détestable. Pour la constitution d'une bonne cave, il faut un maitre de maison. Or, le père de la chanoinesse a depuis longtemps abdiqué; il ne figure h table que comme un comparse
obligé. An surplaSp les repii f i sel aimables, et les femmes as goûts modestes ; car la mâttraw il I avant tout les snpériorilès Cêaiîûei.
Aussi le personnel des fenBes m | vent : en effet, même is |4si mU longtemps un rftle secoodiire. Ml a besoin d'être dominée « homme, parce que resclsv^ti t ici| sard une coquette de quelifoc ) chanoinesse, elle disparaît f' avoir besoin d'être écondnile.
si bien, qn*il n*y a pts l'une ne saurait duper Titilrv; fi«| qu'une amie soit une dnpe.
Sous ce rapport, la hirmlMMial rencontré : elle a une amie, €nm \ pourrait même être belle, si «s Mtol animés par la pensée. Hab [ d'amour ou de haine; jasMibeefttfll tracté par la passion; jai sont ouvertes qae ponr paroles, on nn sr~ ' t m de ces gr. »