LA CHANOINESSE
I» nos jamabt devenir des rivales. Aussi la cha-
t'en Mrt*eile A merveille. Cest avec Amélie ail Ms coursent aventureuses; c*est avec Amélie a an bal masqué; c'est avec Amélie qu'elle va «M. Si elle fait circuler une médisance, c'est »liche d'Amélie, si elle veut risquer un propos e*eftt Amélie qui le débite avec toute l'innocence PtrI; si elle médita une conquête, c'est Amélie nenee l'attaque Ce que la chanoinesse pense,
dit; ce qu'Amélie dit, la chanoinesse le fait. Il Amélie une si forte dose d'enfantillage, qu'elle ujonrs avec les prtsitions les plus équivoques : La en riant les soupirants malheureux; elle vac naïveté le préiéré dans le boudoir. bnGn, nia qni est le grar.d ressort de toutes les intri-
comme un ressort machinal, elle suit sansconlimpnlsion donnée.
S de Tamie figure, comme habitué constant et >ié, no petit homme bruyant, empressé, afifairé, ■que interpellation de la dame du logis ne manlis de lui donner ivoc emphase le titre qu'elle a ■ Plait-il? madame la comtesse; oui, madame la
; non, madame la comtesse; oh! madame la u » Infatigable porte-voix de sa dignité, il sem-
* poar mission de rappeler sans cesse les homue i*on doit à la divinité du lieu. En le voyant ■er autour d'elle, affecter de lui parler à l'o* fonder les domestiques, et faire avec tapage les m du salon, vous demandez quel esl ce person*
TOUS apprenez que c'est le porteur complaisant «e intimes, l'intermédiaire ofDcieux des négocia-
stérieuses, le secrétaire d'ambassade de la diplo-
nonicale.
•it des airs de grandeur qne se donnent les par-
» ujours quelque maladresse trahit le péché ori-
K marchand a beau acheter un château, un titre,
complaisants, des prôneurs empressés, au moine où il se drape en prince, un faux mouvost é nu ses infinnités natives. Le roi bourgeois urs plus bourgeois que roi. L'étude constante Bnoinesse est de combattre ses souvenirs, de \T de son passé. Pour tout ce qui est de surface, assît assez bien ; mais il reste dans les replis du elques impressions qu'elle ne peut effacer; il y rs sur son front quelque lobe cérébral qu'elle son père. Le vice bourgeois do la chanoinesse, iouer é la Bourse. Tous les jours son agent de rient secrètement s'enfermer avec elle, et, dans lète-â-tôte, étudier les mouvements de la hausse baisse. On a louî^lemps cru que ces conférences [ autre chose que des reports et des jeux de La coquette laissait dire, parce qu'elle trouvait tpte à ces médisances : un amant de plus est un [e de plus, et la passion du cœur qu'on lui prêimulait d'autant mieux la passion d'argent qui la
• Néanmoins des gens qui se disent bien instruits \i que toutes ses relations avec l'agent de change t autre chose que des relations financières, iremiers jours de sa dignité, la chanoinesse avait B montrer difficile, et n'admettre chez elle que M emblasonnés; mais les nobles du faubourg s'élontrés aussi difficiles qu'elle en repoussant tes «s. Son parti fut bientôt pris, car les coquettes jours une certaine fierté qui les protège contre ), et il lui fut aisé de remplacer les nobles dédai- «r des artistes, des littérateurs et d'aimables oii reconnaissaient sa généreuse hospitalité par ^mplaisances et leurs hommages. Environnée de
ce cercle joyeux de convives indépendants, la chanoinesse trône avec assez de grAce pour les maintenir, avec assez d'abandon pour donner toute liberté à leur esprit. C'est «i table qu'elle déploie le luxe de sa coquetterie : elle stimule les appétits gourmands, fait du sentiroeni avec les poètes, parle de progrès aux humanitaires, trouve un mot aimable pour chacun de ses adorateurs, et ne néglige pas quelque homélie religieuse, qui va à l'adresse de son aumônier, et passe inaperçue pour les sceptiques, occupés au culte de la matière représentée par les œuvres culinaires d'un habile Vatel.
Jamais, au reste, coquette ne chercha d dissimuler avec plus d'habileté les grossiers besoins de la nature humaine. Une crème, une gelée d'orange, un biscuit à la cuiller, forment la carte de son repas, et encore ces mets passent en fragments si imperceptibles et à des moments si bien choisis, que, pour la plupart des convives, elle ne mangp rien. Aussi ses adorateurs lui trouvent quelque chose d'aérien ; son aumônier assure qu'elle vit de la parole de Dieu, et les indifférents lui savent gré des privations qu'elle s'impose pour leur donner quelques illusions. Il est vrai que le soir, retirée dans sa chambre, la chanoinesse compense par un souper substantiel les abstinences de sa coquetterie; mais ceux qui se plaisent k environner une femme de poésie trouvent que cette dissimulation est plutôt un hommage pour eux qu'un ridicule pour elle.
Parmi les hommes qui l'entourent, la chanoinesse, comme on le pense bien, doit avoir des préférences intimes. Elle est trop bonne chrétienne pour oublier ce précepte : € Il sera beaucoup pardonné à ceux qui auront beaucoup aimé; » elle est trop instruite des prérogatives féminines pour ne pas avoir, au moins en apparence, plusieurs adorateurs. D'habitude pourtant ils se réduisent à trois : l'un, qu'elle a par goût : c'est un homme médiocre, qu'elle aime et qui la rudoie ; l'autre, qu'elle a par vanité : c'est un poète qui l'adore et qu'elle tyrannise; le troisième, qu'elle a par mode : c'est un homme de bon ton, qu'elle cajole et qui s'en amuse. Avec le premier elle est tendre; avec le second, prude; avec le troisième, coquette. Biais ce n'est pas pour elle plusieurs cultes à la fois, c'est un seul amour.
Cependant, ce n'est guère qu'aux premières années de son noviciat que la chanoinesse conserve cette franchise d'allure et cette verdeur d'indépendance. Plu< tard, elle prend le rôle de sa robe, et se transforme en dévote ; mais ce n'est pas tout à coup et sans transition que s'opère cette métamorphose. Un mécompte qu'elle subit lui l'ait d'abord lever les yeux au ciel; les dédains d'un amant la jettent dans la prière; l'affaiblissement de ses charmes lui rappelle son salut. Chaque jour elle consulte son miroir, pour savoir s'il faut se conserver au monde ou s'abandonner à Dieu. Une ride imperceptible au front la fait gémir sur ses péchés; une ligne équivo(|ue sur la joue ranime sa ferveur; un cheveu blanc la ferait prosterner la face contre terre. La grâce commence à opérer.
Il se fait alors des modifications dans le personnel des habitués et dans la physionomie générale de la maison. Les jeunes fous s'aperçoivent que leur verve bruyante n'est plus de saison, et s'éclipsent l'un après l'autre. Amélie dit et fait moins de naïvetés; le maître d'hùtel prend un air grave; la femme de chambre un air réservé.
Souvent le matin, lorsque la chanoinesse, enfermée dans son boudoir, fait des frais de dévotion et de toilette» on voit furtivement se glisser à travers les salons nna sœur quêteuse, qui vient, au nom de son couvent, pro* fiter des heureuses dispositions de cette sœur confer»
LA CHAKOWESSE.
de; car, dâEis U monde défoi» les naatellei eircaleut
Cependant le démon triamphe encore : itcc sei doa* ces jiHi.-s « t fies aîm^hies séduciiûA^, il est toujours mii- Ire du cfptif ; l'eitérîeiir ^mI appartient an cIeL U j t p,irt.iïï4', il T « bfllancf de poufuirîî-
Cr-tte c^^'péce de compromis; entre Dieii el le monde ajiJiiLe i!n(!orc h Vêquivoque de sa position. Un mitin (c'éLiit le lundi ^A^\, la chanoÎDesse. nonehalnninieDt cienduf? sur fion lit. dt^rnuît avec Am'Hie le^ préftarttifs d'un M ina?îi|ué» où les dcui ?iTiiie< devaient furtiiement se rendre le soir mémc- « Eh ! mon Dieu, ran chère, s e^ crin la chanoîne^se, voili onze hf'ures qui s^onnent, et madame Leri^y qui m'»?aU promis de m'apporter ma rotie av^nl dii heures l Prenez vite U plume, il n'y a pas de rtmpfi à perdre, i Amélie s'installe dan^ la ruelle pour i^rîre Hmportinte dépAche d*où dépendent Icjt plaisirs de In sQÎriîe. Au même infant la porte s*ouvre, et une iroli nanillirde fait entendre ces mots : a Que Dieu coni^erve m n dame la comtesse f v
&i CHA5oi?iEËÂE. —-Ah ! c'est TOUS, sœar Thérèse ; comment vont iio> bonut^s ursulines, et noire dîj^e ab* be^se? {Bai à Amélie.) Ecrirez, ma chère, écrwei.
Lk scKOR. — Madame la comtesse nous fait trop d'honneur, toutes nos chiTes brchis vont à merviille* ïl n'y a qu'y ne cbo^e qui nous ehnj^rlne ,.
th CEiA^oi^'E'i E. — Oui, je comprendt: le monde est at]jourd*liui s\ corrompu, que la charité, cette première de^ viTtus chrèLienne!4, s\Heint dans tous les CŒiirs. {Baâ à Amélie,} tiecommDnd(!2-lui bien le point de Bruxelles qui duit (garnir la go;;'geretLe. — Ma sccur, le nombre toujours dècroii^sanl de^ âmes charitables rend bien dit- Qcile la tAche de» vrais Itdèles.
LA mstm. — Ah! modame k comtesse! l'on semble oublier partout \t% saints ]iréceptes de L'iivan^île : nous avons beau frapper, 1*0» ne nous ouvre pas; nous cher* eh on s, et noufi ne trou vous pas.
r.» cll\!(OI^E^sE^ — 51a smiir, nous vivonfi dauf un temps de cruellis épreuves. (Uaê à Amélie.) C*est un costume de chrltfilaine. — Courbrins la tête devant les dé* crels de la Piovîdencel — Corsage de drap d'or en pointe- ^ Des jours mcîllours luiront; la vîTÏté remportera. — C'est une robe i\ queue. — Et notre mère la sainte Eglise se relèvera Inomphanle* — Dites-lui surtout qu Vile soit htm décolletét>.
ta Sût DU. — Que k Sdptur accomplisse vos vœux!
LA cHANomE^sEj hui à AméHc* — Il faut que Gustare ■ foit de la partie. ^ Je ne veux pas, ma sœur^ me bor-
lier à êe
cbére, ée m i
tulte mes fi :«s. — i s
— > ië ne I I
n'ait pat T^. ^mr^
tout cffiar-
La ehanoiiiecie m lève.
et donne une boorse rése, qui se retire «près fo amies achèvent leur épltre*
Quelques mois se sont votlÀ que, poitr la premiô^ se prend d'une passion pins belle, plus jeoiie et plss ment sa proie. Ob t alors, le dq outré«> Elle prend nn aunidià quitte plut. Elle le consulte i Ini les douceurs dn repentir, et i soupirs de ta pêDitence. Eofa longues jotiniées, ils se lirrvfltiJ tions, COQ tondent lenrs pHères a Imi noinesse convertie ne recoonaît |te \ une seule foi, nn seul Dîen.
Dès lors, plus de réunions, pleiéil chanj^e ne se montre plot ; Anél l'aumâDier seul redite msitre iMMmaiii rituelles et temporelles.
C'est un Dieu jalons qui écarte k* ] pasienr plein d'amour qui enfenic Iil aOn qtt elle ne paisse plus sV dire les saintes douleurs de ce c mit dépeindre les pieuses esta»
les cruelles macénitïons deeelte!
rait pénétrer le^ mjstéres de eet i se confondent. Tune oUraotr ranli santés consolations?
liais les tentations sont eoeott cheresse repentie ; les éclats <fe o aimé peuvent arriver jiiEqo*i elle, ilf mande une retraite plus auslén; cfla] venLs, édilie les sceurs par les ^mf baigne de pleurs la couclie mlîtani i doute elle ira renfermer sa TÎe ^ ^ de salut, é moins que pmr hasard elW i qne malheureux prince allâanié, égaré, qui lut oiïre un nom iQuMli^ fortune. Alors elle finira par oi mencer.
L'INFIRMIER
p. BERNARD
Ubi non est molier, Infemisclt arger.
C*est le cœur de la femme qui approche de plus près le mortel aux prises a'vec la douleur ; c'est sa main qui le touche avec le plus de douceur.
Perct et Laurent.
oyez-YOus Ift-bas, au fond d'une salle étroite, longue, bordée de Hls de fer aux rideaux peu éloiïés, mais Mancs, et que surmonte une croix de bois; voyoï-vousce pelilhomnie qui glisse bien plus qu'il ne marche, avec ses savates, sur le carreau ciré, luisant comme le ])ar(|uet [on? Il parait et disparaît : le voilà! ne le voilà est qu*il va de ruelle en ruelle demandant des is et donnant le bonjour... savcz-vous à quoi? uméros; car Thomme dont il s'agit n'a pas de les dans le lieu où nous le trouvons : il y a lui, «n, deux, trois, quatre, cinq, six, etc. immes-DOus donc? Nous sommes où vont les infirmes , les commerçants honnêtes , les ren« nfiants, les serviteurs fidèles d'une dynastie les dévouements désintéressés , les vertus intces talents modestes; nous sommes où n'arrivent es philanthropes brevetés... à l'hôpital ! lintenant parlez-nous de cet homme que nous >erça tout à Theure. Est-ce par goût, par vocar pénitence , qu'il s*est consacré à vivre au sein adies et de Tinfection? Aurions-nous devant les lelque disciple généreux de la sensible mère ou de Gérard de Provence? quelque chevalier ier de Saint-Jean du Sépulcrt, du Mont-Carmel,
ou de Saint-Lazare? non ; car il n'est pas équipé à la fois pour secourir et pour combattre, pour assister les malades dans les hospices, et pour protéger le transport dos blessés sur les champs de bataille. Si adoucies que soient de nos jours les mœurs et les coutumes militaires, l'aspect et l'altitude de ce personnage ne peuvent rien simuler d'héroïque à nos yeux; et puis enfin, à l'époque où nous sommes , on no connaît presque plus , en fait de chevaliers, que ceux d'industrie.
Serait-ce plutôt un de ces frères de Jean-de-Dieu, originaire dltalie, et que Catherine de Médicis a tenté de naturaliser en France? pas davantage. En efict. écoutcz-le répondre à ce pauvre malade qui , mettant tout ce qui lui reste de force à s*impatienter, rappelle avec trop d instance... il jure.
Examinez-le de prés : ou pourrait -on rencontrer un air plus triomphant sous un bonnet de coton jauni , si ce n'est chez un restaurateur prix fixe ou dans une cuisine d'hôtel garni ? — Il porte sous son bras une serviette quasi blanche , et jamais ministre n*a porté son portefeuille avec autant de dignité et de conviction. — Au-dessous de sa veste de bure , sa taille est prise par les cordons d*un tablier relevé aux coins, orné de tacites marbrées et veinées de sang : avons-nous donc affaire à un boucher? Mais comment prendre pour un coutelas rinstrument si peu tranchant qu'il manie avec une dextérité remarquable, instrument doucereux qui n*a jamais blessé la partie adverse en face ; instrument vieilli du reste» et que remplace déjà, dans la confiance de beaucoup de gens et ailleurs, un objet dont le nom rime avec
L'INFIRMIER
enlannoîf? J*y suis, je le liens... Qmi \ Ftnstrunieiit?.,. Eti! Don, notre bomtneî vous ne definex pas? puîsqa'tl Q'f a plus d apothicaires , e*est nécesïiîrement iid iiiGrmler,
L'inGrmîer s*appe11e toujouri Jean, C*esl btenldt dît i Jean! c*ealé la portée même du phlbisique à qui il re^le encore qtielqnes i^arcelles du poumon «iroil ou gauche , et des moyeDs pécuDialres pour demander qu*oti vîde LOn crachoir ou |K)ur faire remplir son pot de tisane. Jean ! — Uualre Icilrea , comme dans les exclamations ffolàt Uoup! Ohehi mais avec cette circonstance favorable di' plus qu*il y a nn Ji «le moins» c^cïil-a^dire une consonne très-péDibîe a aspirer et trea- fatigante a faire sentir. Jeun « véritable nom de prédestina qu un f^onvt^rnement l^nt soit peu bumaio devrait Imposer a tous les nouveau-nés que leurs pérea et mères destinent à Tétat de commiKslûonaire, de concierge, etc. Nous ne parlons pas des grooms : leurs maîtres ont toujours la ressource de les nommer Tom,
Jean tient sa vocation de sa misère , de son ignorance ou de sa gourmandi;^* Ne vous étonnei pas trop vite à €e dernier mot, si peu Hilt pour s*accorder avec faâpitalj selon left idées communes. Les pa^slotiR s^^eiercenl où elles peuvent, comme elles peuvent. Dit^ti^ et hospice ne sont d'aitleur^i pas inévitablement synonyme», iletnandei à 1 inQrmier ai la portion, la demi-portion, le quart, le^ €tuh frais matin et soir, ne sont une réalité qne sur te cahier de service^ et si même cette réalité accumulée ne pèse pas qui li:[uefois très-lourdement sur son estomac, û la décharge de celui des malades qui lui sont conÛés^ et puis on n'admîniiitre pta seulement de la rhubarbe et de rhuilû de ricin à rbâpîtal ; les sirops n'y sont pas liqueurs absolument fantastiques , ni i*aleool un pur esprit i Talcool existe si bien , que les vjeiii règlements des hôpitaux prescrivaient d'altérer le {^ul , la couleur de reau*de-vîe destinée aux blessés , et d'y mêler de lémétique, afin d'empêcher les infirmiers, sinon d'en voler^ au moins d'en hoire. Calomnie I i*écrieront les honorables de la profession. Calomnie! soit; mats on est convenu quHI en reste toujours quelqne cho^e , et ce quelque chose pourrait bien approcher de ta vérité. A] rûs cela , comme disent les hommes incorrigibles et certains grands criminels, on n^e'^t pas parfait 1
Jean a quelquefois ausï^i conquis son grade à Tam phithéâtre, sous le scalpel du chirurgien, Linfirmier e^t alurs un échantillon d'opération difticile et r^iiie, de dUsi etion bien faite sur le vivant, et que, dans Tintérét et |tour l*bouneur de la science, on ne veut pas perdre de vue. On garde Tinfirmlirp on le con.serve à V hospice par le même nifîtif tjuî fait mettre les veaux à deux létes en h ocal , et 1 es tenta da n s Tes pri I -de>v in . Dél aa ! ce mêm e qltoiil est précisément ce qui détruit l'iiilîrmter ; car tous les rôles sont intervertis^ et c'est Jean qui se fait bocal.
L*in1înnier parle volontiers, maii longtemps. Appuyé sur son balai, Tun des attribuls classiques de la professîon^ il voua racontera, si vous n'y tenez pas le moins du monde, tout ce qu il sait; or de tout, il n'en ignore rien. 11 causée monarchie d'après les récits d'nn ei-aervîteur de iS. Al. Louii XVI, qui est venu mourir dans te lit numéroté prédsémeat 9^; — république, selon les souveuffs du portier dun girondin ; — empire, conformément a la tradition que lui ont transmise plu^^ieurs légionnaire^ qui ont passé par T hôpital pour arrii^cr au champ du r^pog (couleur locale]..* et peut-être aussi d'aprtîs les feuillep ton^ du journal te 5féc/e; — poésie, à la suite déjeunes fous maria entre dix-huit et vingt-cinq ans, en récitant à leun voinins, affectés de surdité chronique, des pensé»
qu'aucun ami n'a ti i>irt «t iowil
do public; — littérauirà , fl'i — médecine, vtiivânl toM » i cédé ou exclus depuis son olrée i I Sophie, enOn. d'après toos lei ^«vrl
Chacun subit les déraats de wm fnffl est bavard : il doïl encore être [ pent se donner iujourdliui comi de France anr les feîU-P«ris d'hm, tous les journaux de l« ^etlle ; or, je i venÎTS de collège , les lec tarée elles pis infiniment mieux qne Idi donc abonné graltx lu Jourmal inp ^ niatration, au TVntp' du médean, ^ . « la supérieure , et au Naiionai de tè^ --. de Jean aut feuilles les plus diverses, a -« a été une foi modèle jusqn'au jouriiii une grave altération de la Tértté, d'ellet el fidèlement copiée par lonle»! fait : un homme ayant reçu Imîs eoipi il main chérie de sa maîtresse, la i r hôpital, Jean vit sonder et pai n'étaient pas mortelles, mais elles i ration qui Tétait a leur plaee , ce qiiî lii L*homme fut opéré et roourot. Oo ïê[ main qu il avait succombé aux eeMit maintînt que la victime ciaU morte otrii ce jour-la il se déâe un peu du malatl publient touchant les otinistéfes.
Jean llâne avec volupté dans les alki.
d'autres lîAnent mr les quais el as nW; pleurésie à une gastrite, colportast ks i d'un typhus é un rhumatj&me « d'sa i ulcère, ainsi que le papiltan ToiUfv^Afid de la rose a 1 œillet. Son baiûi, à ho, t'âti presse qui traînait et qu'il Mertê^ qu'il ramasse* des pois à eaatéra d«t il I
L'édiace, ordinairement peu f^Mlof Jean se termioe, aoua Taroiis d^l di^ pri
Ei
coloD. Jean a le bon goût de nt |« rtil reille , mais d*aplomb et sur Itt "
reui, Jean n*est pas rrdiie, el, « 1 les airs tambour au milîea des l f auct et du pâtissier dans sa taom Êê \ classique ] au fait , JeaM n*eM
Tari de restaurer les malades que le nant certaine rétri
I sibahfifliJ
L'INFIRMIER
r PS
^LOl&E/Mi
du régime auquel le client devrait être soumis. ito qui est à la àj^mit et qui veut acheter les TS est taxé à un prix raisonnable, c*est-à-dire fe comme de chrétien à juif et de ûls de famille r; mais le prix s*éléve tout à coup et dans une on Incommensurable pour le numéro qui veut, ite absolue, passer simplement avk quart : pour , Tos de poulet qui n*a été qu'effleuré déjà par es mourantes ou par des dents ébranlées se paye s'il était acheté tout neuf chez le marchand- Mais se plutôt que l'avarice a présidé à la rédaction tariTs : il est tout naturel que celui qui veut nettre ses jours paye son imprudence un peu
rel place encore! découvrez-vous donc! void le le modèle des inûrmiers qui s'avance. Ses égaux Bsent, ses supérieurs l'estiment : c'est l'inOrmier infirmier hors de prix. Vous avez peut-être été alquefois l'homme qui se jette à l'eau sans se r, l*homme qui traverse les flammes sans se brû* iperméable et l'incombustible; l'homme que nous ésentons en ce moment fait encore plus fort que 1 traverse toutes les maladies connues sans en aucune; il faut le voir. Or, savez* vous comment
il s'y est pris pour arriver à ce grand résultat? le moyen est à la portée de tout le monde : pour s'en préserver, il a commencé par en jouir; il a eu la fièvre d'hôpital, c'est-à-dire celle qui contient to*it, la fièvre des fiovres, la reine mère des fièvres, celle qui guérit de toutes les autres en vous tuant du premier coup infailliblement, ou bien en vous donnant l'impunité. La fièvre d'hôpital est le Waterloo des intirmiers, leur tour du monde. On n'en revient guère, mais on n'y retourne plus. — Aussi cette espèce de J^n-lâ est-elle la plus rare , la plus recherchée. Elle meurt, mais ne se rend pas... aux fléaux ; typhus et choléra ne sont pour elle que zéphyrs légers qui passent sans même lui affecter le visage ; elle meurt, mais uniquement parce qu'il faut bien, un beau jour, se foire une raison et une fin.
La sœur et l'iufirmier sont les deux puissances de Thô* pital ; ils se partagent l'empire, mais comme ces choses- U se partagent, c'est-é-dire fort inégalement. La sœur est reine, l'infirmier n'est qu'un soigneur de sa cour, el qui tire sa plus grande auiorité de la faveur dont il jouit auprès de la souveraine. Aussi l'infirmier dévot peut le plus... après l'infirmier hypocrite, bien entendu.
Ce sont, nous l'avons dit, deux grandes puissances. Cette expression prend un nouveau degré de justesse
L*IMar,51IER.
quand on conûait letiri rapports et les petits préseuls diplomnlîques dont s'eut relient leur harmonieuse el parfa iU^ inteUigencG.
Les grandes négociations qu'elles poiirsuifenl enlre elles sont ord in ni rem eut relatives à des objets de consommation, tels que les œufs, le lait, ]% vin» toulei ma* tîères fort délicates, comme vous Toyei, très-susceptii)ïesd*flUération, el qui demandent des ménagements. Le problème que les deui puissances ont souvent à ré* soudre en commun est celui ci : * Sans rien changer â la qualité, a la quantité prescrites, faire la part de tous les ayants droit et de quelques autres encore, ■ Quant au vïn, on peut sans fanatisme admettre que Jésus a transmis une petite partie du secret des noces de Cana à ses chastes épouses i cette supposiLion n'est point, en tout cas, la moins chrétienne. Enfin, croyei-en ce qu îl vous plaira, el Iwnni mi qui mal y pen&e: mais le problème se trouve résolu tous les jours, à la satisfaction générale.
La scÊur représente le religion; VinÛrmier, la philosophie; elle, la résignât ion i lui, Vinsoucîance. Qu'est-ce qu'une plaie aui yeuît de Tinfirmier? 0n quart, une demi-livre de chair avariée. — Le sang qui coule est moins précieui que le vin qui fuit — Un cadavre^ c'est ce qui fait place dnn^ le lit à un nouveau malade, ce qnî rend un numéro vacant, ce qu'on couvre d*un drap, et ce qu'on descend à riimphilhédlrë. Voilât
Les poètes s*écrient fastueusement et sans vérité :
Que j'en ai vu mourir l.«.
lean, lorsqull se trouve en sensibilité, se contente d'ajouter, mais sans aucune prétention littéraire : « Eh bien î et moi donc ! » ^ Jean et la mort sont en effet de très -vieilles connaissances, i FégoiRme prés, car elles ne passf>nl jamais un seul jour sans faire quelque chose l*une pour Tautre. Jean, par une slupide complaisance, ou par inattention, laisse envoler une âme qa*il était possible de retenir un moment encore ici -bas ; la mort ajoute par un arrêt capital quelque défroque, une tahatière m écorce de bouleau, par eiempk, «ne pipe culotlée, à la garde-robe de Tinllrmier, Touchant échange! Effroyable réciprocité!
11 y a des jours où les fondions de Jean prennent un imposant caractère de solennité : c*est lorsqn il est chargé de conduire à ramphithé ttre le pauvre blessé qu'attend le fer du chirurgien* Tous les malades, assis sur leur séant, ou debout avec leurs capotes grisâtres, représentent la foule et forment la haie; Jean va et vient du lit du palîrur u TamphithéAtre, préparant l'un et l'autre, et Tan pour l'autre. Les voilà qui passent; Tinfirmier soutient la victime pâle et tremblante. Jean lui démontre, en souriant, cumme quoi on ne ïtonffre pas, et va mémo, danîï gnn humanité, jusqu'à lui en donner sa parole d'hojioeur. à preuve. Ileui d'entre les spectateurs qui ont déjd suivi le même chemin et qui en sont revenus heureusement, rari nanîex, jettent aussi leurs eihor Lalions au pî»fisanl. i Numéro tant, s*écri€ celui-ci, n*flie ]ias peur, on m'a bien coupé la jambe, — Numéro tant, dît Taulre, du coura^^e^ on m'a amputé le bras, â mot. t Chacun offre ce qn'il a perdu au mnlheureux qui doit laisser où on le mène nne partie de lui-même. Jean assiste à l'opération i il prend noti^ des cris, des gémissement^ pou>sé5, et classe ensuite, suivant leur nombre, Topéré sur sa li^e et dans son estime. Jean remarque, s'étonne et s'indigne que les femmes supportent généralement ies opérations les plus terribles sans laisser échapper nn seul mol. « Elles qui parlent si volontiers i pro-
ai
pos de rîeii ! « ajoiite4 prit de eontrariété de ki Jean ne se montre ni Combien de fois Jei qui n'avait qu'une bag veux i léj^uer, en mourant ^ i tt dans le délire de u jeunesse, de son mmâ vre, le malhenreui avait rêvé des Èem, i et la fortune ! «— Que de douces l que de terribles secrets il « dà ^ d'une âme d'élite eiilée dans qo corptl ditjon mi<^érables pour expier fi^it4iR^|i^ et les rafûnemeul^ d'une lie antéfîem^J voyant sa délivrance, racontait sone^*r poir était réputé folie t A rbôpital, nei rentre dans la nomenclature des mités humaîoesT ^ Secrets d« la discrets jiisque-lâ, m&îs qui, pouvaient se refuser un pea de lox^ il ques aveni et quelques laimea l — S a laissé quelques lîards dans te eoiiàl son grabat, et qui connaît trop hisi II \ pour ne pas vouloir qu'ils profitent à i crels du brave ouvrier qui s'éteint et î la femme rachitique et les la maison sans feu et sans pein! * dresse et de mélancolie lui ont lié i ment s célestes, crimes exéenbla^ ] espérance, pincements de dents.
Mon Dieu I combien l'homme q^ M9I plus de l'homme que loos tes plDeaiiÉi combien a*t*il plus tu^ de «ces pmpv reurs, de drames el d'élégies que 11 les poêles réunis n'en a jamais rMl ^ ficîence, Jean sait tout cela i
Jean regarde les matadee sa i tisans assistent aux révolutions ] sécheresse supérieure et inatrable. c*fli ciance profonde. — Ses fonctions m ] de tons, quels qu'ils soient; rm\à h.
de la constance et quHI se fasse di vous aves été (quand vous «*J|ii ph» \ d'eibtence native et de pr^^it)^ tore â votre intention et fait qiieli^ il vous descend a la salle des nmfti dalle, allume une veilleuse funérahe, et i bras gauche le cordon d'nne «onnette, piviii et non impossible, de lélharfle et ÉarM.1 demande pas mtetix que de Yo«m c~^- — *— *^ nez la peine de l'en arertîr, et plaît. Sans cette précaul ion ^ Jean ' à son camarade, le garçoii d*iai| dra, le lonet en main el la pipa i h s€$ suitU: car, le lendematti
mort. vou*j serei un m/d. Cf it aînf fi'bi des hommes qui, utiles eocûre aprâ ym aui reeherchet inatomiqnea^ Sv iq^î
Quelle rojfauté!
RoTiiuté difOcile el tourmeniée pltt ^Us jambes, les bras, tes léies, sm grande turbulence, et. sans que le ptf ranatomiste ne les retrooTe pas lma la place où il les a UÎBséi la veille, €i j plique très^naturellement» e*eai qva pillent les sujets dans les paTilloas, le font les auteurs dramatiques ao iL
L infirmier, pour y rev^nir^ q*^ ^tk^^" n'a pas. en général, i («^ ^^^^ idÉt^hf^
LlIfFmMlER.
;enper de la perpétuer. — Jean ne fait bat; il ne s'engage à rien, et il y tient, ionmie il y a partout des anomalies, Jean oefou pourvu d*une famille. Voici alors re elle est distribuée :
ûtJneuràbUi'Femmei.
it ses couches à la Maternité.
M A VEnfanUJétu», onde concierge dnns un hôpital de profit l'orgueil et l'espoir de toute la fa*
esl ptf» comme on pourrait le croire au le mile de la garde-mnlade. Ils apparraotre A une race très-difTérente. Cellerétentions; elle est toujours une veuve 'aisance, soiu ton prenéier, pauvre dén fort bel homme, bien induqvié: elle a «rs.
auf les eiceptions que nous avons indi* mret descend sans honte comme sans vanconnu et d*une mère dont il a perdu la enirs de son enfance ne lui rappellent |ue des jeux de bouchon, de pigoche, et e lanternes et de parapets pour bien voir il croit être né en Bourgogne; il s'est s'élèvent les champignons et les orties, lade est ronde et grasse; elle roule plus-l-€ii ville; rinfirmier est maigre et sec. vent toujours être tentés de lui répondre : •même. » — La voracité de la garde matoujours dans les limites des choses suc- ■ées. — L'inflrmier, quand il lui plait de issance digeslive, s'attaque i toutes les is avons parlé plus haut de sa gourman- I qu'un défaut du caractère; mais, hélas ! mêmes de Jean se mêlent parfois de se »rs cette gourmandise prend un dévoloplain. On a vu des inflrmiers engloutir la ille presque entière, et leur voracité dé- » de l'honnête et du possible : appétit niasmes qui rirritaient!
percevons à regret que jusqu*ici nous Mip de mal de l'infirmier; il ne faut pas feuille : médire est aussi une maladie, ressons de convenir que l'infirmier rend vices signalés à l'humanité souffrante, et lui prend fantabie de se montrer sobre,
intelligent el soigneui, il peut beaucoup pour l'adoucissement, voire même pour la guérison de certains malades. — En réfléchissant même, je serais presque tenté de rétracter une partie du mal que j'ai dit de mon héros.
A propos de héros, je dois vous avertir que l'infirmier militaire diffère du civil : d'abord le premier est revêtu d'un uniforme, et tout le monde sait les graves modifications que cette simple circonstance apporte d'elle-même é un individu. On pourrait recueillir aux Invalides les éléments de son histoire intéressante; on découvrirait peut-être un triste revers i la médaille dléna, d'Auslerlitz et de Friedland.
L*infirmier vous représente l'homme du monde le mieux fixé sur le genre de maladie dont il doit mourir; lâ-dessus, on ne saurait le tromper : c'est le résultat de son exp«*rience et le couronnement de tous ses travaux. Une fois qu'il a bien reconnu son mal, ne croyez pas qu1l s'occupe de le guérir; pas si simple; il met son orgueil i le caresser, à lui donner toutes les facilités imaginables, et meurt ordinairement par où il a le plus vécu, par l'estomac et les entrailles.— En mourant, il lègue sa pipe au numéro qu'il affectionne le plus, et son corps à l'amphithéAtre; le cimetière lui parait un abus ; — les tombes, un obstacle é la circulation ; — la sépulture, une recherche et une faiblesse de petit-maître; — le Père-Lachaise.., Il en trouve l'emplacement délicieux pour un Tivoli d*été. — Jean recommande seulement à l'interne qu'il croit le plus habile de se charger de son autopsie; il invite d'ailleurs tous les externes et tous les roupiou$^à manger un morceau; cela signifie, en style d*amphithéâlre, qu*il les invite d prendre, celui-ci un bras, celui-là une jambe, qui un pied, qui la main, qui la tête. — Quant à ses dents, s*il lui en reste» il ne peut pas en disposer plus que de ses cheveux :
C'est l'inévitable part des garçons.
Et son âme?
On ne peut penser é tout : l'infirmier a coutume de ne pas s*en préoccuper; les bonnes sœurs s'empressent de prier pour elle. —Mais nous croyons que la malheureuse a pris les devants, et qu*elle est déjà allée au diable, ~ où nous conjurons nos lecteurs de ne pas nous l'envoyer chercher ou rejoindre. Nous leur en témoignerons notre reconnaissance en leur souhaitant de n'avoir jamais t^ue leur mère, leur sœur, leur femme ou leur auitresse pour infirmier.
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LA VIEILLE FILLl
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MAniE D'ESPILLT
î noui a TTon % m i lï^tion de faire une liistdîre mm- |i1éte de la vieille fille, dans lous les temps et chez tous les feu* ^ples; sî nous devions ■ la prendre à fîon premier hercenii, la suivre dans lous ses dévelop- I pcnïenU , sous lùules ses formes, il nous faudrait , le llambeau de Tanalyse phîlosoplirf|ue a la mai», remonter la routn obscure du pB^sé jusijïi'â l'origine des antique» civilisalions, secouer la poussirre amoncelle sur leurs débris, évoquer leur esprit, ranimer riude, TEgyple, la Grèce et Uomci et redt«scendre pnr le clinstianisme à travers loiiles les misèref; du moyen âge. Un tel travail nous eu- U-aînerait sur un terrain immense, il loucherail à toutes les hautes questions sociales, politiques et rcUi,'ieu» ses. Il nt-eesHl ferait une analyse rationnelle de la Jia turc humaine ; il ajouterait à la langue litanie des donleurK de rhumanilu.
liais notre Ikhe se borne a ta peinture de la vtcîUe fille actuelle, rranraispclPiirrsieniie surtout, car Paris, cit assemblage di> lous les contraires, ce lemplc du goût et de la grâce, cet enfer cl ce paradia des fetumei* ce
La cmtlnmw «t !■ p fQlitioD; Il miwmimm I et Véiii de vlf^taliè tÊ^ miit i) ae «*<<flMli pm ^ |>er»évérer toate m vit i éL en troDipafttsa émâim jettDC vierge umhUm fw plas pour une mtrm 4m IM
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minûtaurf qui chicfoe joarillVill et généreuses existeiices.mtMtai nombre de vieilles fi1l«i, les cachaient presque m on Iren t pnrtoti t . An Ire tùU I diié titrée les dêvelop|Miieiit j mière classe de la sodété; i une autre cupîdtlé, danneiili oeur de les multiplier le j»titi, j absolu de culture intellediielki, I instruclion, des tâleots eu i cessilés sociales qui La vieille fîlle eocomlm leij nom les Peiîtei^Atfiches aox moSselles de compagnie, lcfo«slil de peinture, etc»^ etc. On ta TOÉf^ cours publics et particulim, tresser, avec quelques fleun i la licïenca ou de l'an, une { celle que l'hymeu n'i pu poi
La plut fécimde des ( attribuer i»a muIUplicUM»
me ni radûration croisualttel jiateur des: délices d'un Im m presque unîvenellft, To1| iians lui, rien, o^m politique et fa premlèn Mj
LA VIEILLE FILLE
C ^SfS'Éit . J Ç
1ère, la plus puissante passion d'une épof du pouvoir est devenue une sorte d'épidé-
Vouloir que les hommes, enfoncés dans le sordide industrie, ne se transforment plus se, qu*ils cessent de se tarifer en sens in-
réelle valeur et renoncent à ne faire du qu'un vil trafic, c'est leur demander Tim- Heurs, il faut le reconnaître, le g^rand nomlu pavois de la fortune pour être remarqué, )l pour venir en aide à sa boiteuse ambi-
maltraité par la nature se croit sans prix [uelque mauvais livre, ou s'il a un diplôme 1 une jeune personne charmante, dites : g qualités de Tâme à celles de l'esprit, v iterrompra en s'écriant : a Au fait, combien t-ce des écus comptants ? »
u point de mariage possible pour la Pari- ). Quelque honorable que puisse être ou le |N>rte, ou le sang dont eUe est sortie, elle it moins, paria de la fortune, vivre le plus I et solitaire en ce bas monde, si elle ne
ailes d'ange exposées aux souillures de la [on, presque jamais pour elle de couronne chastes et légitimes amours! Paris ne lui I fleurs de la séduction, il ne lui prodi-
guera que de trompeurs hommages et de mortelles caresses, véritables étreintes de vautour.
Le développement de la vieille fille peut se scinder en trois époques distinctes : la dernière commence à quarante-cinq ans, la seconde à trente-cinq, et la première à vingt-cinq ; car. hfttif dans toutes ses créations, Paris n'attend pas le déclin des roses de la beauté, la chute de leurs derniers pétales, préludes et signes d'une cruelle transformation, pour appliquer à une femme Tépithète de vieille fille. Est-il une qualification plus désespérante par le ridicule qu'elle imprime, les froissantes préventions qu'elle inspire et l'étendue du sens que le monde y attache? Dans son langage, vieille fille signifie toujours tout ce qu'il y a de plus ennuyeux, de plus aigre, de plus triste, des ruines... Aussi n'est-il guère d'hommes en quête de l'ambroisie matrimoniale, à moins que l'or irrésistible ne se trouve là pour les attirer, qui ne fuient à ce mot de vieille fille, comme si un plomb meurtrier menaçait de les atteindre ; et n'est-il pas non plus beaucoup de mères qui ne soutirent toutes les douleurs à l'approche des vingt-cinq ans de leur fille, et n'imaginent mille innocents stratagèmes pour en cacher le plus longtemps possible la fatale connaissance au monde.
C'est i sa seconde époqne que la vidlle fille doit être
Paris. Imp. de Edouard Blot, me Saînt-Louit, 49.
LA VIEILLE nLLE,
Qbfcrrée. Plus tôt, le temp« a manqué à 1^ double action
du célibat et du monde pour inùrir ce fruit £odal, lui donner tnute l'Acre saveur que si nature lui pennet d*ac* quérir. Plus Uré, beaucoup d'oppositions de couleurs se siotit aïfaiblîes et fondues sous un glacis général, ordinairement rerne» Troîd, jçris ■ beaucoup de différeniies se sont effacées : la vieille ûl!e, eu quelque sorte, est arrivée à ï état d'une médaille dont le frottement des siècles aurait use leî( principaoi traits. Souvent alors U pélrîfi* cation du cœur s'est tellement complétée, qu'il est difficile de reconnaitre la malheureuse créature qui ne a'^usa que par le sentiment, d'avec celle qui n'aima jamais rîea, ou ne but qu^A la coupe du plaisir,
A la troisième époque, la vieille Ûlle, consîdéréa dant sa généralité, se ressemble partout. Deux ou trois coups de crayon et quelques teintes su fusent pour la repn>diiîrt à peu près complète
A Vienne comme â Londres, â Paris comme en |iro* vîacc, ce î^oiil ies mêmes ridicules et Ees mêmes défauts, Cbez la majorité des vieilles filles de cinquante ans, mé mes pretan Lions plus grotesques les unis que les autres, mêmes minauderies senti m en la le s , mêmes poses de beauté de seize ans, même maintien de précieuse ati regard louche, mêmes façons d'în tolérante bigote, cachant sous uli air liébété, ou de chat qui fait patte de velours, r humeur la plus méchante, une passion aussi forte pour le sensualisme de la médisance que pour celui de la lionne obère. Ses bicbons et ses perroquets ont ordinairement seuls la puissance de ravifer une sensibilité qui paraît complètement éteinte. Acceptée comme un lléau, reçue comme une caricature, supportée comme une pénitence, elle provoque l'effroi, eicîle le rire, détermine l'ennuî, et, dans sa forme de bigote surtout, se m i mire eu toute circonstance une des plus favorites incarnitiotis de régoîsme.
Variant selon son tempéramenti son caractère, son éducation et les diverses causes de son céiîbat, la vieille fille oITre à ses deux premières époques les plus grandes oppositions. Vue d'une certaine façon, on la pror la niera un deï^ s^mholes du probes- prise dun autre côté, elle fipparaitra comme un des fantômes du passé. Sur tel terrain, elle formera une corporation stupide: sur tel autre une phalnniî<natelligenle. Dans le coloris de certains portraits on retniuvera quelques nuances rappelant celte célcLr^ ^elaïTPdout Aspasie en Grèce et Nmon chez nous furent tes plus pnrfaits modèles. Au bas d'une esquisse représentant la vieille fille vouée au célibnt, au travnil et aux privations de toutes sortes pour soutenir une famille ruinée, uuc mère infirme, on écrira, le cœur plein d'ndmî ration : c Nouvelle Antigone. » Sur d'autres latilenui, rc produisant les tourments de son âme» retraçant ses traits prématurcnkont Qélris, disant le découragement de toute na personne, se lira le poëme entier des douleurs de l'amour. Un teint bruni, une lèvre surmontée d'tin duvet aussi noir que l'œil, des mouvements heurtés, l'humeur la jilus orageuse, révéleront souvent la martyre d^une organisation que rhygiéi)e du céliiiat conduirai à la c^tnlepsit! ou â la démence, ki sa devine sert le plaisir, l;i l'élude, 4)n la trouvera tantôt pyrrhonienne, tantôt crédule, matérialiste, spirituaUste, co [Uette. sen* limentalej souvent à la fois Tune et l'autre, et, par exception, sans feu au cœur, sans électricité dau!^ la tête, être anomal nature fossile, elle échapperai toute classiQcatioD* Dévati-, elle se diff«'Tcnciera -sur chacune des rives de la Seine» et sera beaucoup plus craintive au Marais qu'au fitul>oiirg S^int- Germa in. Dans le quartier aristocratique, elle s'appuie sur ses titres héraldiques, titres quasi divins; c'est une alliée naturelle de l'Egliïse, qui
lui ddl d 1
tieun célestes, i^ v cUlt ÊHI^imi
répéter, avec l« * K
que disait i vrint
princesse LCn». — p rtJifkm lil
< Vite, rite, i|ii*iw ne lop. 1
Sous d'autres i»iiecU,dlii'i9fB même à la Ctiaussée 4'Àiilii f^^ main. Pauvre fîUe de II «ÉÉ^ir* froissée dans son imàiir' triste a voir que pauvre Sîle irll de patentés milUosnatres, a métaU qol n*ant de regarda ^ nent â son célibat tous les susjd bamiliant que crael.
nioûis sombre» au iDota^ par son beau nom, elle le L'Allamagne est toujours pfiUll de pureté « â la décorer d'une sÉl chel dont tout te moiiée sleBS lui donae arec femme veuve le titre faire repousser^ sa paovrtlé^iiii â la e«>ii sidéral ion dont t*i clamée admirable elle n'a qili i ses pa relie mîus, Toujoars dlfl^vfif quelque rie lie porvenu ann mà^ aura osé a^pérer greffer 1i plai tvi^ ' arbre généalogique dont \^ radns deot daua te bericeaa 4è W «iiwKtti." saot avec quelle imtîfiytfîoA i&tkj lement elle se oofisol* minin, miis elle m'^mm tés de sen MkJili bsif trop rempli enom ém wmÈnÊimé^ avoir jamais, dans uuna qm» It i man^îer plus qu'une veffi de :
Lnissous aux amateundi Jidii,!
damnés de l enfer du Oanle, oaft II \ tourné a cootreo^seus^ le prinkép ( vieille dlle de respèee séculaire, fni qu'en vertu de l univerKella au temps présent nu peu decrUpI un peu du père, pour empècto fil| part solution de ocmtlaiiité. ~ platement fausse, absurde, vieille 6ile, espèce de wéf^iaê ces mousses poussées loin des i fentes d'uu sépulcre, au imIm sentant le moisi d'une lieue; <Uti la plus grande partie des voit plus guère daos notre êapililt ^'i la place Rojale, parmi les rtr» frai^'>^ ■ geoisie, ou de petite notilcwi; attai-hées à leuns tradîtioQuelliiJ ser d'avant mil sept cent qeaire-i
Entrainéa dans la cbute d'aei hors de mesure avee le paru sou!^ les coups tiiins prédestinées & aceel^w encore» qui en est i juste iHrc l^f^' C ea la vieille fille , raçttna4ifWir« que pour celle du moode* â f jet des an tL tu es cropoce* de i
Les mille nunies deat e«lli ricbe, suppléèreuL, déi MB ftotatl^.^ vantage aux ra ~ " ""
LA VIEILLE FILLE
jûe, qn'dle |Mnil ansii respectable le aéra à soixante.
•rtaioes lob gotuiquea, resrascitées a De poamit sooger à les eorreindre i rinstaDl sa réputation. Ses sentises paroles, ses actions, ses gestes, «, sont, depuis sa naissance jusqu'à nent r^lés et stéréotypés à Tavance.
sa scrupuleuse Tirglnilé telle coupe , td pompon. Comme un enfant d la ra dans un salon que snicpendue aux . Mise en modeste première commu* oser i peine lever les yeux, ne parle pt qu'en automate. Plus délicate que ) replie sur elle-même , au moindre pproche. Mélange de superstitions de pieur du vendredi et du diable, craint alte les cartes, et regarde Voltaire et ) ne lut jamais une ligne, comme la minaUùn, En rapport avec son esprit I talents brillent des délicatesses qui il profane ne la verra se mettre au Ira jouer sans redire avec plus d'ef* mot de Pontenelle : < Sonate , que Ses intonations dans la romance (son I distille le mieux tout Topiuni de sa Ton ne connaissait les incohérences, es iuBnies contradictions de notre faire juger qu'elle fut, est, etsera toute des colombes , comme rappelle sou
péché, quand péché il y eut , et que e on ne sait comment, se raconte en t une surprise du démon, surprise e, loin de faillir, demeura toujours
du sentiment qui , vingt ans après ire les murs du Poraclet et sous le ore en maître sur le cœur d*Uéloîse des autels.
triste selon que Tobservation est fri- Ite espèce de vieille fille est étrangère ers matériel et immatériel, le monde li du sentiment, oITrent de véritableimc ; elle prouve la déplorable puisrincipes, et montre à quel point ils itelligence et dessécher TAme.
c mois qu'une de ces saintes crcatularais, la plus inratigable fondatrice icilleurc prati(]ue de la loueuse de igilante conservatrice des fines aubes I, la plus assidue néophyte des retrai-
en fournissait un nouvel exemple, de la crainte de manquer son salut, êrieusement de la maison paternelle, leu que ce billet au vieux père dont ofant. la seule joie, et qui l'avait mille
jamais l'abandonner si elle ne vount.
re,
perdre mon âme , je ne devais plus
obéir à Notre-Seigneur Jésus, qui,
ppelait depuis longtemps au glorieux
z â votre respectueuse fille, bénissezyez qu'elle ne cessera de prier pour t et dans l'autre, i
Depuis six semaines ce père infortuné ne souffre plus, il est mort!... mort dans les convulsions d'une cruelle agonie ! mort en redemandant vainement â la reroh*, à l'embrasser encore une fois: mort en faisant entendre avec son dernier soupir le dernier cri de sa tendresse, une dernière bénédiction pour l'enfant que son regard cherchait toigours.
Le type de vieille fille que le progrès burine le mieux, dont il est devenu la religion, qui le suit jusque dans ses voies les plus avancées, n'appartient pas communément aux natures qui se résignent, mais à celles qui se décident, é ces organisations fortes, pour lesquelles une détermination prise est un arrêt dont elles ont calculé et savent subir toutes les conséquences , qui de bonne heure virent , jugèrent le monde , se connurent , apprécièrent leur position et sentirent qu'a fin de ne pas toujours marcher de douloureuses déceptions en douloureuses déceptions, elles ne devaient demander qu'à l'étude et aux arts l'emploi de leur belles facultés, et ne donner qu'aux affections de famille, à la sainte amitié, tous les trésors de leur âme. Trop éclairées, trop justes pour ne pas faire une part convenable aux faiblesses et aux nécessités de positions, elles sont indulgentes et bonnes avec les fem« mes, sans fiel et sans haine avec les hommes. Vivant de préférence dans l'atmosphère élevée de l'art et de la liberté, enthousiastes du grand, du beau, du bon, comprenant tous les dévouements, elles fournissent des mo» dèles d'amitiés parfaites.
Entrées conrageusement à visage découvert dans leur vie de vieille fille, elles se consolent des vides du pâle et froid célibat par le sentiment de leur fière personnalité qu'auraient souvent blessée , dans une alliance de pure convenance, les vices de la ce nstitution actuelle du mariage. Dès leur première époque , elles vont , viennent partout , appuyées sur leur seule force. Toujours naturelles, franches, au-dessus des sots préjugés, elles savent, dans l'occasion , se prêter aux plus folles allures d'une causerie de salon , sans cesser jamais de faire respecter avec un tact exquis les diverses délicatesses de leur nature, aussi éloignée de la pruderie qui caractérise la fausse vertu que de l'effronterie qui signale le vice éhonté.
Production essentiellement parisienne, cette espèce de vieille fille, qui enrichit par ses plus hautes individualités nos musées de peinture et de sculpture, place son nom â côté de ceux des meilleurs rédacteurs de nos revues scientifiques et littéraires, fournit à l'enseignement les plus précieuses institutrices et aux enfants des riches de tous les pays les plus parfaites gouvernantes. En quelque lieu qu'elle soit appelée pour enseigner notre langue, notre littérature et nos arts, sur les rives de la Neva, aux bords de l'Adriatique, à Berlin, à Philadelphie, toujours digne fille de cette terre de France, que marque un sceau providentiel, partout elle sait accomplir sa tâche dans la mission nationale, élargir avec autant de zclc que d'intelligence les plus nobles voies du progrès.
Observée dans sa vie la plus intime, de vingt-cinq i trente-cinq ans, la vieille fille fournira sous sa forme sentimentale le sujet des plus touchantes élégies, et de nombreux drames dans lesquels les hommes auront toujours joué les rôles honteux. Sous cette forme, aimante comme la Julie de Saint-Preux, aussi dévouée, aussi faible, elle paya quelquefois une ombre de bonheur rapidement évanoui avec les larmes et le désespoir de la fille déshonorée, de l'amante trahie, de la mère d'un enfant sans nom. Sous cette forme, elle est toujours la plus malheureuse des créatures, et le vide du cœur lui est
LA VIEILLE FILLE
au&$â mortel que les perfidies de V amour. Le dégoùli !■
consomplîoiît dévorent aa vie el pr'bb dénAlurent si rapidcmeut son caractère » que de sa première à sa s€COnde époque il de rient entièrement TnéconnaÎK^sable. h h foi vhe a î^uccédé te ^h\^ glacial scepticisme^ le monde n'est plus à ses yeux que la plus monstrueuse réunion de tous les vicei;. Désolante a entendre, elle fait mal à voir. Sa mise négligée, son regard morne» ses traits altérés, son teint pâle, sa démarche dédaigneuse, le timbre sec de sa voix» indiquent le bouleversement de ses sentiments, Tagonie d'une tendre nature qui cependant résiste quelquefoli aux coups du sort. Souvent alors, modèle de courafçe et de s*iînt dévouementp âme incomprise, ou cueur blessé^ elle vient sous Thabit d'une sceur de l'ordre de Saîrtt-Viacent de Paul, vouée au service des pauvres el des infirmes u'une société qui la mr^eonnut ou la martyrisa» lui rendre autant de bien qu'elle en reçut de malla sentimentale de vingt ans, qu'une affreuse trahison devait prpraalurément d^î^illusionner, fut quelquefois la douce cUrysalîdc de la coquette de vingt-cinq CeUe-ci, insensible et rusée taclicienne, créée pour appliquer la loi du talion, rendre troniperie pour tromperie, tendre piège contre pi^'j^e, vulnérable seulement dans sa vaniléj ne souffre bien cruellement qu^aux approches de sa seconde époque Elle esït forte, fait la difficile, tant que les manœuvres de sa stralégie lui valent une apparence de succès, tant qu'elle croil fermement parvenir â prendre enfin un mari d^ns ses lacs» et arriver par lui à la bautc posliion i[ui fut quelque Toiâ le rêve de sa jeunesse et la cause de son célibat. ÀI^ils, quand le marteau du temps sonne le glas funèbre de ses dernières e^^pérances, ainsi qu*un chasseur acharné à la poursuite â*un*i proie qu'il voit sur le point de lui éctiaf^per, elle rappelle sa première vigueur, se dunnc mille fatigues, fait entendre tous les langagcfi pour Sriisir celle qu'elle convoite. Poussant les plus ^^ros soupirs, elle imite la colombe, feint l innocent*^, ne parle plus àr fortune, de rang, ne demande pluiï qu'un cœur el une chaumière, et promet tous les bonheurs, tous les dévouf^menls au mortelj quel qu'il lort. rmployé â quinze cents francs ou gua.^imodo, qui viendra poser sur son front jauni la symbolique fleur d'orani^er.
Toujours parée, et souvent au prix de mille secrètes privations, surch.irgée de gaze, de fleurs, de panacbes, de rubans aux couleurs les ptus ociatantes, avide de soi* rées, de fôten, elle rcî-tesur la hn-cbe tant qu'elle ima* gine faire en cor*' illusion surTslgedeses attraits d^' labres; m-ais un jour arrive, hélnsî où le mari ne peut plu^ se prendre eI la glu de grâces décrépites, songeant à s'enveliipper de flanelle, â se mettre du coton dans les oreilteïï et des lunettes sur le nez. D<'s tors la vieille tille uffre le phénomène d'une soudaine et complète révolution. Du jour au leikdemain, transformée eJi dévole, elle devient nn dragon de vertu, se serrant la gorgi.^ a s'étrangler dans le iîcbu que la vciïle voyait encore entr*- Quvert, et nr prêchant plus que le renoncement aux sata niques pi^mpes du niDode. Métamorphose qui devrait étonuor, si Ton ne savait ce que la femme de quarante cinq ans prui retrouver sur le terrain du conftssionnal, au milieu d\in nuage d'encens et dans un favorable clairobscur,
La vieille Glle de la plus abondante variété, c^'lle que la conquête du jonr con^^ola toujours de ta perte de la veille T parut souvent pendant ta iiremîére époque une énigme Fans mot. Nature mixte en osctllatiou pi?r^i-tuelle, elle dut en bun des circonstances dnronter I observateur et mettre le jugement en défmt. Moitié coquette el moitié sentimeulile, moitié calcul et moitié dévouement.
*f!iW
Etd moitié tro Ik, dk
iicîi^aie €i L tanj/m
Plut elle s €lo^«e i sa yanîté semblent i ment- hm regarder temps sans liJUIer, loal^ ment împoi^lbïes. PiJiPi Um^ntahf un volume éti de s*endormir, lut esti café au latt !e matin i elle relira le même i selon elle, n'esl que Vi imaginatloû en délire.
Le^ Iriicies p^sisîoiis qaii«t< fiiit germer eu elle ^nÊi»r »
eflrayante à ramvée dttttl Ba vie; car, stérile bnndhil Ûlle se irouve fataleineal| jeunesse dont la naliira Mfu rempli sa destioée-
Rongée d'envie comBelii tourmentée du regret de i plir de défauts, ealaîdtr/ jeunes, belles, spirilaeUB^d des coDvulsîoDs dTépilfptpil heureux éponx. Jeunes f .^nnt horriblement la ire con naître Tolijfti 70US enlever sod ccEar, mv| moins perfide. s*îl n'est i eu relief vos pelïls défiati^
Elle r si de toutes les faH»e s'idendHe le mieux avee»» ^ neî-la dans le plus dUfraams moment où, venant d'ichcnràl prépare la sienne, et qu'elle pose devant tods ] cornette ou son fonlaid sées et rayées par les anaéct, fl elle vous dira encore dn Isa kl lançant un regard bien seslÎBCri j'en ai déjà vingt-huit ! ■ Pr«^ criera : c Je ne suis pas prém a trente-neur ans, on n'a pliu Ai |
Aussi ardente à la poiin»itei«l tendre ses piég^ malriinaDiMi. i * don b te cécité^ bien mtiuik i elle eiit eipnsée à de bciaeoip|fail knalité jetée encore par pitîii ^' terp ssi fraicbeurde feuille mH tige* Un dérisoire serremeoC éi l que rameur, en stjle d'épitlaltfiJ Une épitre bien rempiié de poiabl dernier venu sans consisluee tfil dans un moment de i ser toui ses principes de ] ^es scrupules de dcfote et I Daoii ré dernier cai« le Jonr di l elle nim;kgine devoir lâira ba~ Gilélité promise, à U froide e afîirmerait avoir été l'niilqwi tére^ïsante victime de l^î cinq «01, elle arrange l^Usttnlilii velace de ringt^qnatre et feçff i Î.I trîoT'ipKe pour s^on anioar amies qui maltieii?
péripéties, et \
LA VIEILLE FILLE
de viDÎté, aux jeunes et jolies sur-
lie vous apprenne à tous défler de.« IppaTy car jamais femme n'en reçut de plus Ml peut-être autant de t('>moignages d*ido- Ip yrodignés é la plus belle, jamais séductiîiib^iisirrésîslible!... »
liiUer et cruel épisode de sa Tie d'espéiille Qarîsse se voit presque toujours oblifilNir «elques mois à la campagne pour y ièritote momentanément perdue par le cba-
S; on ne la croirait plus la même personne, le et doucereuse, elle se met dans Fom- 'fÊê plus qu'avec le ton de Tindulgence les ifl*éUe veut ternir. &Iais, peu à peu, les [lirss'eflacent, et le naturel de la vieille fille pÊà eependant par l'exercice de la charité. nll sopporler avec une angéliquo patience MUlti caprices d'un pauvre orphelin qu'elle i 9ur le lit d'une mourante de ne jamais •I qui lui ressemble tellement qu'on l'en md'mére.
me imagination de feu, entraînée par son ppée dans les réseaux d'une irrésistible séttée par les riijueurs du sort, stimulée par te coquetterie, des besoins de locomotion,
dn dernier type dont l'esquisse puisse on. Ire eadre, et que nous appellerons demiiê en grande partie de la province, est venue u Rarement elle y rapporta la première fleur •e de vierge; souvent elle n'y fut amenée ta* n première souillure, pleurer son prei, trouver sa première consolation, saisir de rentrer dans sa ville natale, heureuse, et purifiée par le mariage. Le premier acte n TÎe d'amour finit fréquemment à dix-huit aléfement, et son dénoûment a quarantedéclaration de principes, aussi peu charitaides. Nature généralement malléable, elle
prit TÎte les principales empreintes du monde parisien, appartenant à tous les rangs, réunissant tous les caractères, superstitieuse comme la vieille fille du passé, in* trépide comme celle du progrès, dévouée comme la sentimentale, flottante comme la demi «coquette, savante comme la coquette.
Quelquefois, dès son sixième lustre, elle s*est jetée avec sincérité dans le mysticisme; souvent, i son neuvième, elle se montre encore véritable épicurienne. Toujours convive exacte au banquet offert à la jeunesse, à la beauté, par la nature et le monde, jamais elle ne le quitte avant davoir bien savouré tous les plaisirs, toutes les extases de la passion. Néanmoins, elle tient autant que possible à sauver les apparences ; ses manières réservées sont, mi^me dans certains cas, entachées de pruderie. Au besoin, elle se dit veuve; le mari dut être alors quelque brave capitaine tué à Gonstantine; d'autres fois, il n'a pas cessé de vivre; joueur incorrif^ible, après avoir perdu la plus belle fortune, il s'est enfui on ne sait où : en Kgypte, à Lahore. Le séducteur ou l'amant demeurent toujours cachés sous un nom d'oncle ou de cousin. Parfois l'éclat forcé et le nombre de ses amours, loin de l'empêcher de sortir jamais de sa corporation, semblent lui avoir procuré les moyens de finir par un meilleur mariage, qui seul peut obtenir cette estime d'un monde dont la morale ne se calque guère sur les principes de l'éternelle justice.
Maintenant un dernier regard sur la vieille fille acca^ blée d'années, mourant, comme elle a dû vivre, dans le plus cruel isolement, descendant tout entière dans la tombe, ou ne laissant qu'un souvenir de honte Quel spectacle ! Ici plus de côté plaisant, plus d'ironie possible, plus de reproches permis, mais de tristes réflexions, qui font saigner le cœur et nous rauiPiientàdire, en terminant cet article, que, quelle qu'ait été sa jeunesse, à quelque catégorie qu'elle appartii nne, indulgence et pitié sont dues à celle qui, avec tant et de si justes raisons, pourrait récriminer contre la société qui la créa et n*a pas su faire une loi pour la protéger.