U FEMME DE MÉNAGE
souveoirs évoquer à sa Toe, quels fantômes faire surgir autour d'elle.
Voyes-la : elle est seule ; elle marche dans la rue d'un pas tranquille, mais réglé. Rien n'annonce qu'elle s'empresse. Ce n'est point l'ouvrière qui Ké rend an travail journalier; elle n'a rien de reCTronterie mutine de la femme de chambre ; elle passe sans répondre au sourire amical dont chaque apparition nouvelle est saluée : elle n'est pas du quartier, car elle semble ne connaître personne. Elle seule est vêtue parmi ces quelques femmes couvertes à peine du vêtement de la nuit ; son regard est calme et sans voile, tandis que chacun autour d'elle semble en guerre ouverte avec le sommeil. Quelle estelle donc? Son visage, empreinte usée, n'offre â l'analyse aucun signe saillant; son costume ressemble, â bien peu de chose prés, au costume habituel de la femme du peuple. Elle a pourtant dans son arrangement plus d'uniformiié que la bonne, moins d'opulence que la boutiquière, plus de sévérité que la grisette. Elle est propre, mais d'une propreté froide et triste à voir. Eh bien ! cette femme, qui n'est ni bourgeoise ni commerçante, ni cuisinière, ni grisette; cette femme, qui a moins de cinquante ans, et plus de trente, cotte femme qui ne sourit pas au commérage matinal des gazetiers en jupons, cette femme, que le concierge vigilant d'une maison de simple apparence salue à son entrée d'un bonjour affable et d'un geste amical, c'est la femme de ménage.
La femme de ménage est une création toute parisienne. S'il en existe ailleurs qu'à Paris, c'est que rien au monde ne saurait em])écher l'exportation. La femme de ménage est en province ce que sont nos livres en Belgique : des éditions contrefaites. C'est à Paris, à Paris seulement, pays de ressources et de subterfuges, s'il en fut, que la femme de ménage a vu poindre son aurore. La femme de ménage est la domestique de ceux qui ne sont pas assez riches pour en avoir d'autres, et pas assez pauvres pour s'en passer. Servitude au rabais, domesticité bâtarde, qui lui vend sa vie en détail, qui lui donne parfois toutes les douleurs de l'esclavage sans qu'elle en ait les proflts, qui lui fait changer de maître, et d'humeur, et de travaux, i chaque instant de la journée. Pauvre femme, que l'on fait travailler i la tâche, ou que l'on prend à Theure, si l'on veut, tout comme l'on prendrait un flacre !
D'un caractère triste, mais facile, la femme de ménage, surtout dans ses instants de repos, offre une douce image de la résignation pieuse et du pardon des offenses. Quoique mariée le plus souvent, sa vie s'écoule solitaire au milieu du monde, et ses jours pleins d*amertume s'en vont côtoyant les existences heureuses ou gaies pour le service desquelles Dieu l'a fait naître. Quand la femme de ménage n'est pas mariée, c'est qu'elle ne l'est plus : elle est veuve. N'allez pas croire pour cela qu'elle ait changé de condition : cette perte de l'objet de ses affections, comme on dit aujourd'hui, n'influe en rien sur sa vie, le mariage n'étant pour elle qu'un veuvage anticipé. Mariée fort jeune, comme on se marie dans le peuple, elle n'a fait que changer d'esclavage; elle a quitté le toit paternel, où elle était préposée à la garde des enfants et aux soins de la maison, pour prendre, sous l'empire d'un époux brutal et grossier, le collier de force delà domesticité ; les premiers jours de son union n'ont point eu de miel pour ses lèvres ; les fleurs dont on avait paré son sein se sont flétries avant la fln du jour sous l'haleine avinée de son époux. Et alors a commencé pour elle ce*te existence toute de misère, de déboires et de privatloas, qu'elle traîne comme une lourde chaîne jusqu'au jour où il plaira i Dieu de la délivrer de ce fardeau. Gom-
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coudoyées dans la me, et qui leweptmifc^ 1 1, voix hargneuse» tant la doalenr et le grir les naturels les pins doux! fi vtaaijii drames poignants et sombres le vkc, li ai» honte jouent parfois entre les qutre mmimm sarde; si vous avies sondé da Tt§ai\mhtà deur de ces abîmes on la Tertn ic dârtalaa les suggestions de la misère et de la tta iv« vu i quel degré d'abrutissement Vmmta^ peut précipiter un homme, car te nr;a« . aussi, alors vous comprendries lont ciJri»|» / deur et d'héroïsme sous cette enveli|w« liriez dans ces rides prématurées Mtw larmes et de courageuse résignatioa,amsn d'une respectueuse pitié pour cette oè»kn surmontant les faiblesses de son mi iwa corps comme elle a dompté son âme, n aiat fession ingrate, se plie à un dnr labor.apa» cieusement sa vie entre un mari bHiL néant, qui la vole et la bat» et un tant plus exigeant qu'elle est plus rériciK
J'ai entendu quelque part» dans uac te çalc, ce dicton populaire auquel l'i du patois ajoutait encore
« Si une merluche dcTenait rait. »
C'est surtout i te femme de ménage ^ff^ est applicable. En effet, selon larëgkàfapi riable des ménages populaires dan joue un rôle actif, son maii ne bit rica; jimi il fait deux parts de sa Tie : Tune se sama c'est-à-dire ches le marchand de tIb, plus de cabarets aujourd'hui; Tautrep ckite son ivresse ou i battre sa femme. Toatatlnta ménage sont battues par leur mari : 9 ^ i exception i cette règle, elle est en ftfwfafl
Apres tout, il ne faut pas erme qsa h faMi nage en soit plus triste pour cda ; oh! Maiai il n'y a guère qu'elle seule ifoi soit dam k misères ; sa vie est aussi claustralcmcal fniip fichu, et peut-être n*auniis-je jamau pa issqii un mot de tout ceci» ai le hasard, qui i^ km m'avait fait rencontrer un Jour sur msi fmfi dont je vous entretiendrai tout à ï
Courageuse par état, patiente par II nome par nécessité et sobre par inr "^ de ménage est sans contredit le plus , serviteurs. L'habitude de Toir chaqnê jewdi visages a donné â sa physionomie wmt mM plesse; si le plus souvent elle consenti svlM teinte de tristesse qui les Immobilise, c'art^ll rence la plus complète r^ne autonr d*db. té4 veuille pour un instant ranimer le searht étfH^ lèvres, vous rendre eommunicatif et chM;^ essaye de dissiper le nuage amaané sv liii tM disjoindre vos sourcils oontraelés, aten AM des ruses prodigieuses pour vi cupations et vous distraire de insinuante et persuasive pour solide de son gros bon sea vécu, elle a beaucoup tu, il Son expérience, augmentée de T lui a fait une sorte de philosophia toutes les exigences 4e te He, il qnTi ment la bonhomie de ' teir
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