U FEMME UE MÉNAGE
»ai
■ai pi
r it
, U femme de ménage, abstraclion faite de ses grlcFs ^iduels el de ses antipathies parliculicres, dont le ibre est, au reste, fort restreint, la fcmmo de mé- » est ce qn*on peut appeler une bonne femme. evée avec le soleil, elle consacre ses premiers soins
toilfUe; ne faut-il pas qu'elle traverse tout un quarquelquefois plusieurs, pour se rendre à son mé- Kt du matin? D'ailleurs, pour elle, la propreté est plus m luxe, plus qu'un besoin, c'est un devoir. Comment soofierez-vous sans cela le soin de voire apparle- Mf de vos habits et de vos meubles ? Elle le sait, et
«D proUte. Sa toilette achevée, après avoir donné ^oup de poing préalable au mince matelas de sa couito. elle se prépare a sortir, non toutefois sans adresc3e fréquentes et vives recommandations au sei l être partage les misères de sa vie et les joies de sa solik, an seul compagnon qui lui soit resté fidèle. ' esl une erreur profonde, et malheureusement trop 3Mgée, qui a fait jusqu'à ce jour considérer le chat k ne un animal malfaisant. Si le chien est Tami de mme, le chat est l'ami de la femme, de la femme de à âge surtout. Quand le veuvage a étendu ses voiles sur 6te. la femme de ménage reporte sur son chat toute <cction vouée autrefois à Tépoux défunt ; car, malgré
tous les maux qu*il lui fait souffrir, la femme du peuple aime assez généralement Thomme que le sort lui a donné. Son chat, en héritant de cette nouvelle dose de tendresse, comprend sans aucun doute quelles obliga- * tions lui sont imposées en retour : aussi voit-on bientôt s'établir entre ces deux créatures isolées un touchant et mutuel échange de procédés délicats et de bienveillantes attentions.
Pour rien au monde la femme de ménage ne consentirait i se séparer de son chat; la mort seule peut les désunir, mais l'absence ne les séparera jamais : ils sont liés l'un à l'autre comme la plante est attachée au sol, comme la femme de ménage tient au pavé de Paris. A ce propos, il est bon que vous sachiez que, pour elle, Paris ne s'étend pas au dehors de son arrondissement, les extrêmes limites du territoire français n'ont jamais dépassé la barrière; sa patrie, c*est la rue dans laquelle elle vit, la maison où elle est née; et, sans nul doute, si elle avait elle-même présidé à sa naissance, on lirait aujourd'hui sur les registres de l'état civil : c Catherine Bout* don, née le 3 fructidor an VIll, faubourg Martin, n'' ii, au cinquième, département de la Seine. »
Eo politique, la femme de ménage est toiy'oors pour la dynastie déchue, quelle que soit, au reste, la dynastie