‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 117 sur 269 · L-ECCLÉSlASnQUK · texte numérisé non relu

L-ECCLÉSlASnQUK

SuS

«If font perçus et répartis par la fabrique ou con* tion de marguilliers , présidée par le curé de la ise.

r^uUe de cette condition générale et particulière ergé de France , sous le rapport matériel , que le iœe ne peut guère se recruter, sauf quelques excep- <]ue dans les classes inférieures et dans les familles *«ble8» mais pauvres ; là où les privations domesli-

nécessairement imposées dès l'enfance, rendront tmrd moins rudes et moins sensibles toutes les i privations d'un âge plus avancé, auxquelles le

est condamné par la situation sociale que lui ont ^m lois philosophiques y et les mœurs publiques qui L été la conséquence.

cm résulte aussi que les vocations spontanées et libres fc manifestent dans les sphères plus élevées de la & y maintenant dégagées de toute suspicion ambi-

ou cupide, sont plus assurées, plus durables, plus ^ntes, plus respectées.

B^ise actuelle, heureusement délivrée de ces abbés *" «talent d'ecclésiastique qu'un titre banal et un Csottame , de ces abbés dont on voyait les statues %t6s dans les jardins de Vaneien régime , de ces

qui faisaient des tragt », à moins qu'ils ne L des chansons ou des o comiques, espèce de ^ déréglée, sans ttutt^ i i le, et qui, quoiqu'ils

n'appartinssent pas plus au clergé militant que des corps francs à une armée régulière» n'en déshonoraient pas moins la milice sacrée dans l'esprit de l'ignorant et du vulgaire ; l'Eglise actuelle, débarrassée de membres parasites ou honteux, dispose de bonne heure les jeune.? lévites qu'elle élève à grand'peine dans son sein i la vie solitaire et semée de privations que plus tard ils pourront retrouver au milieu des hommes de la société nouvelle. En effet, ceux-ci ne profèrent plus, comme jadis, le blasphème ou le sarcasme contre le prêtre : la mode en est passée, cela est de mauvais goût; mais toutefois, conduits, ou par une antipathie naturelle, ou par la crainte des muets reproches de la robe ecclésiastique et de la circonspection qu'elle impose , ou par une indilTérence systématique , ou par le genre de plaisirs et d'ha* bitudes auxquels ils se livrent, ou enfin par un fâcheux respect humain, les hommes de la société nouvelle, disons-nous, fuient, n'admettent pas, ou admettent bien rarement à leurs foyers et à leurs distractions domestiques le prêtre , que tons cependant ils sont obligés de rechercher i chaque circonstance importante de leur vie, y compris celle de leur mort. Le prêtre de nos jours, à la vérité, est bien éloigné de désirer ces distractions et de s'y livrer, alors même qu'elles ne devraient choc^uer aucune bienséance; et même, si elles se présentent, il les évite, car il voit, il connaît, il pénétre, à traters quel-

Paris. lioB. U Edouard Blot, ma Sàlpt-Lej^^ IC

L'ECCLÉSIASnQÎJE.

qnm ap^ï&rences favorables , les sourdes hostiraés , les pr€¥Cntion$ ou les mauvais instincts qui rêgiiGDt toujouri conlre luî, el il ne veut ni les braver nî ks eïcUer. Mais ces tribulations , cet abandon , ces dédains , le prêtre a appris â les supporter par Véducalion prévoyante et forte qu'il a reçue, et qui a été dirigée dans ce lens, que le prêtre» toujours prôt â toutes les situatious, doit savoir se passer du monde » tandis qne le monde ne peut se pas* ser de lui, tant est grande, réelle, Indestruciible , la place que l'Évangile , tes siècles et les mœurs lui ont assurée dans toute société cîvîfisôe.

Sans parler de pauvres enfants charitablement élevés clieE des curés de campagne , sans parler de quelque» éltïves instruits comme enfanU de chœur dnns les maîtrises des pnrotss4s. et qui, les uns et tes au très p poursuivent quelquefois jusqu'au bout les études sacerdotales au séminaire, les jeunes i^ensse servent eux-mêmes dans leurs chambres; par humilité pour eun^ mêmes, et par économie pour ta maison, ils se st^rvent etïtrc eux dans les réfections communes, auxquelles participent, comme dans toutes les promenades» el avec une parfaite égalité, les supérieurs et professeurs. Lever, coucher, heures de classes , d'études , de prières , dlstributiou des lettres du dehors» répartition aux pauvres des restes de chaque repas, infirmerie, achat el vente d l'intérieur de tou» les objets nécessaires â la vie scolastique, en un mot , tous les devoirs et tous les mouvements de la maison s'accorn plissent a tour de rôle, sous la directioxi d'un élève qui , de bonne lieure , prend ainsi Thabitude de l'ordre , d'un commandement patient et régulier, d'uue obéissance raisonnable et facile. Les abstinences, les longues méditations , les exercices de piété » accoutument le corps d toutes tes volontés de Tesi^rit, Là, en même temps, jamais de puniLions corporclics; tout est conduit, lout cède , tout s'assouplit devant la seule autorité de la raison et de la régie. L'élève qui ne peut ou qui ne veut s'y soumettre n'y est point contraint , et se retire aussi paisiblement qu'it est cniré. ^oit â la maii^on de ville , soit â la maison de campagne, les récréations et les plaisirs, selon Tâge et les gout^, sont anlmé:^ et joyeux, sans devenir bruyants et querelleurs : pour ceux-ci , les conversations littéraires etpiiilosophiques, pendant une marche continuelle et rapide-, pour ceux-Iè, la gymnastique, ta balle» le cerceau, la corde, les barres; puis les échecs, le trictrac, le billard, pour ceux qui les préfèrent â des exercices plus vrfs.

Ainsi, et longuement préparé à toutes les situations, u toutes les sollicitudes de la vie, il n'est en quelque sorte aucun mouvement de l'ordre social auquel le prêtre ne prenne part, et ou il ne porte, avec t iuHuence salutaire de son exemple, la résignation, ta dignité, la conve* nancede son ministère et du caractère qui lut est propre.

En sortant du séminaire, devient4l prkeplmr de f enfant do quelque grande ou opulenle maison, laquelle continue ou affecte les traditions aristocraliques , grave, maïs aflectueui avec son élève, qu'il ne quitte jamais, c'est par le respect qu'il inspire â ce surveillant continuel et malicieux de toutes ses actions que Tabbé Einit par gagner une conOance et une amitié que son pupille, devenu homme et père, transmet plus tard à ses Ûls.

Place, par la nature même de cet emploi, dans la double et difflcile position de quasi -domesticité vis -à -vis du maître de la maL^^on, et de supériorité mixte vis- a- vis des domestiquent tout à la fois lui-même maître et serviteur, on ne le voit jamais servile ou impérieux , hautain ou familier. S'il Oatte, e'est avec mesure, s'il commande, c*cst avec réserve. On ne peut accuser ni son humilité, ni ion exigence* Et,enÛn, après le voyage obligé en

Suisse» en Italie, en J l«

pupille est terminée* «pi'îl nftc Âi^ bj viager de k ramtOe, Tabbé presque toujours Taini de k Biinirili tout le monde.

Dédaigneux ou eïïrmfè det i du préceptorat a a4-il préféré se i devoirs sacenlatâDX, et, après T évéque Ta-t-ît Dammé prélre ï de grande ville, c'est là <|d'B tîon les labeurs et la ré ' Admis au dtîiéme ou au dd produit volontaire des baptéo commémoratives (les mariages eti derani être réservés aux vicaires t au plus si, dans ce easuel tr pourvoir aux premiers besoini i c'est au liautde quelque matiiM s'il a quelques meubles, il a'i ^ eit servi, c*est parce que qiiel|iia|k7^ nage trouve dans sa propre duif»-!

su (Usante i rinsuffîsance du prèlre.

Sera-t-il permis de dire: Si ce al n'étaient encore que lesvisîteiiti i aui prisonniers, là ou les défo4ts&lr^> sont surmontés cbei le prêtre par ki de la mansuétude é^angéliqneetdf I Mais qui pourrait justement ip lonreux d'un esprit cullifé qui le 1 obligé et continuel avec des, aul bommcs de la eonditîou la plus i ligence n'est en quelque sorte i qui ne savent ni discerner ni défiiîrl actlonsjournaliéreSf qui ne savent yiil mots qu'ils emploient* espéeesdej frent pas, en compenaatioii dekv^ stupidité, Tattrait spirituel et f ot)érerr d'une civilisatioa à fbndirll plice de ces instructions réitérées , le c confréries de vieilles filles dévola, ^ inintelligibles qui sont toujours le ^ prêtre à son début dans le ministère éff A ta vue de pareilles misères cependant aussi nécessaire que pensée de telles douleurs qui sa ttenee, courage et joie, les prUrei < pourraîcnt-ils pas â bon droit répooirtll

liéroïques missionnaires qui Timt As '

matérielles ; £f tioui, sommÊeê-memà

Puis il faut, au catéchisme, «{uel gne à la lucidité de ses instructions, né de tels auditeurs, la variété, Tenjoue pour soutenir et encourager leur lange de récits, d'aueedotes, de i queUes, il faut eu conreuir, plaisantes et bien agréablemeot i ont pas moins de succès et de limit, s Tmi par Teiactitude des enfants aux levées fcf leurs travaux sur les compositions fill ~ la gaieté qu'ils laissent éclater.

Ce n*est pas tout pour le prêtre savoir parler; H faut encoie <|q1I i par son eiemple, il apprenne â t liymnes de piété, disposés sur i ses ouailles innocentes ne < type mondain, ces hj^mnes i qucs auditeurs plus âgés^ el.

L^CCLÉSUSTIQUE.

} bien instruits de Torigine profane de ces airs, d'ailleurs par rexéculion et Tinlention des cho- I catéchisme et de leur dévot imprésario, ne pouTODs suivre le prêtre dans le détail de deroirg, au baptême, au mariage, à la sépulture, nous devons surtout le montrer, en dehors du B de l'Eglise, dans ses rapports avec 1c monde et ocial. Après de longues années d'épreuves, son M famille ou quelques protecteurs aidant, il fit«étre par devenir vicaire et curé; qui sait? viaéral, chanoine; qui sait encore? évè(|uc, arche- |ne TOUS dirai-je? cardinal et pape; car, pour k ait d'humilité, le prêtre peut toujours, sinon du moins redouter d'être chargé du gouverne* monde.

e il a été élevé pour toutes les conditions, il est à toutes les fortunes, et il saura également bien r toutes. La chasteté, la pauvreté, la résignation constamment ohscrvécs ont fini par le rendre « liii-méme. Indifférent sans égoîsme, charitable es de sensibilité, observateur sans médisance, IX sans dédain, prudent sans lâcheté, il agira de façon à se trouver sans reproche aux yeux e dans lequel il ne se mêle pas, parce qu'il sait

plus facile de s'abstenir que de se contenir. sntendez guère parler du prêtre, en eCTet, que »QS avez besoin de lui. N'est-ce rien, de bonne C*ce pas, au contraire, chose merveilleuse que, ■I riche, simple eccésiastique ou dignitaire de le prêtre, qui touche à tous les mouvements sote soit jamais compromis dans aucun d'eux? m que de bonnes ou de mauvaises afTaîres ont

derant tous les degrés de la justice humaine,

y avez-vous jamais entendu prononcer le nom ^sbstique, créancier ou débiteur, demandeur leur dans aucun litige? jamais, assurément; et :i réveiller un instant les souvenirs publics sur .imes, dont l'un même n'était pas Français, et lise avait condamnés avant que les cours d'as-

eussent fait justice, c'est que ces deux seuls I au milieu d'un siècle dont les oreilles et les (t incessamment ouverts sur les moindres égare* :clésiasliques, sont une des plus complètes délions du caractère et des qualités du clergé fran- [uel nul autre ne saurait être comparé. Qu'est-ce, que deux et même qu'une seule brebis coupable is trente mille prêtres que notre Eglise compte 1 sein? et quel corps ecclésiastique de Tllalie, emagne, du Portugal, de l'Angleterre, de l'Est des deux Amériques fourniraient, comme le 'ançais, le tableau de si grandes, de si générales joies à tant de pauvreté, de dignité, de lu-

s que, enseveli désormais dans quelques momies res, académiques et municipales, l'esprit vola cessé d'inventer et de publier les prétendus scclésiastiqucs, on voit, au contraire, la vérité it i la calomnie, les feuilles publiques journcl- -emplies de traits de courage, de dévouement, aisance, accomplis par des prêtres qui pourraient r à recommander les œuvres qu'ils pratiquent. Mint prélat de la capitale qui, dans toute l'intenle maladie contagieuse, ne quitte plus les hôpise charge des orphelins que le fléau mortel a son inépuisable charité ; c'est un jeune vicaire récipite dans les flots pour en retirer, au péril opre vie, l'imprudent ou l'insensé qui allait y est celui-là qui brave les dangers d'un incendie

pour sauver la chaumière du pauvre, ou l'établissement industriel qui nourrissait un grand nombre d'ouvriers. C'est celui-ci qui se jette entre deux hommes, égarés pnr un faux point d'honneur, et qui entraîne à une sincère réconciliation ceux que la haine portait à s'éjrorjïcr. H n'y a pas de jour, enfin, où la publicité, mieux éclairée, ne révèle quelque action généreuse de ceux que naguère elle chargeait de torts et de crimes.

Reprenons les plus près de nous.

Aumônier des collèges de l'université, c'est avec douleur sans doute, mais sans dècouragcmcut, que le pivlrc offre aux élèves des instructions et des rTcni|ilos dont l'efficacité est au moins affaiblie par rindifrèronce ou l'éloignement des supérieurs de ces pensionnats ofliciels.

Aumônier des maisons de détention, et muius gêné par les gardiens de la prison que par les geôliers du collège, il laisse quelquefois dans Tàmc, et presque toujours dans la bourse des malheureux qu'il visite, des secours mieux reçus et mieux employés que le monde ne l'imagine.

Il n'est plus possible d'esquisser les effets de l'intervention et de la présence de l'ecclésiastique sur les vaisseaux de l'Etat et dans les régiments de l'armée, puisque, depuis 1830 il a été décidé que nos soldats et nos marins, malades, blessés ou mourants, pouvaient très- bien se passer des distractions, des consolations ou des forces spirituelles, que, après avoir partagé leurs périls, les aumôniers militaires leur prodiguaient naguère à l'hôpital ou à l'ambulance.

Mais, dans une autre épreuve dont il n'a pas été privé du moins, dans les bagnes ou dans l'assistance que le prêtre accorde au condamné que l'on conduit au supplice, quelle patience, quel courage, quelle force d'Ame et d'esprit ne doit-il pas posséder pour aborder, pour accompagner, avec le visage et la parole de rcspérance et de la paix, ceux qui croient avoir à jamais perdu l'une et l'autre ! Est-il un seul de nous, animé même des sentiments les plus chrétiens, et doué à la fois des facultés les plus résistantes à toute émotion, qui pût supporter, que dis-je? qui eût choisi ce redoutable devoir que le prêtre français accomplit avec majesté, alors même que toute la nature comprimée de sou être fait malgré lui jaillir de son front sublime quelques gouttes de cette sueur surhumaine , qui rappelle celle de la divine agonie?

Est-ce tout enfin ? non; et, comme on le dirait dans le langage vulgaire, vous avez pire ou mieux que cela : c'est le missionnaire ; non pas, entendez-vous bien ? le missionnaire des sociétés étrangères et protestantes, qui s'en va, songeant à sa fortune, avec femme et enfants, roulant dans une bonne voiture, monté sur un bon vaisseau, vendre ou jeter avec insouciance ou bénélicc des Bibles anglaises, genevoises ou allemandes, à des gens qui ne savent et ne sauront jamais ni l'allemand ni Tanglais : c'est le missionnaire catholique, qu'il faut seulement nommer ici, celui dont nous vous donnerons bientôt le portrait complet, qui se dévoue avec joie à tous les sacrifices, parce qu'il croit à la parole de son Dieu, et qu'en parvenant d la communiquer à ceux qu'il élève au bonheur du christianisme, il sait qu'il aide à la propagation de la science, de l'art, du commerce, et qu'il con- . tribue ainsi à la gloire de sa patrie. )

Et puis, avec toutes ces obligations, ces abnégations, celte pauvreté, imposez donc encore au prêtre le devoir du mariage ! Cédez aux déclamations, aux niaiseries, aux exigences du protestantisme et de la philosophie ! faites que notre prêtre ait une femme, et il ne pourra plus être

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