‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 129 sur 269 · LA SOEUR DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SOEUR DE CHARITÉ

rganisation scrupuleuse, par une été éirangére â la pharmacie. Là le, toat est de bon goût, jusqu'à la s doigts effilés et d*une blancheur que distribuent la violette et le iplôme de la sœur de charité est elle administre tout cela ; si Ton harité qui fait de la pharmacie son répondrons qu*il ne faut pas être idre de la bourrache. Quant à la le la sœur de charité n*a gaixle d*y k^ute tout simplement les prcscrip- 3mme un ignorant le pourrait faire, les» ce qui est encore une manière donner de la ?ertu. La sœur de enseigne, et il n*y a rien en vérité cette fleur d*un bleu céleste.

ore du centre, vous trouves un personniflcation de la charité. Dans I les grandes communes assez heuhôpital et trop pauvres pour pouinobie de la sœur est une sorte de c dans les intérêts temporels etspi- La sœur de charité , devenue sœur gnorer de ce qui constitue l'éducagarde-malade, d*une institutrice et s. Sous le couvert de Thospitalité arroacie, on reçoit des aliénés, des blés, on traite Taigu et le chronifois une école primaire, une inûrendicité et une immense propriété, forment le conseil administratif et )i8. Celle dont le zélé est fortement I, emmagasine le bois, préside aux vailleurs, est au fourctau moulin, ome se trahissent parfois au milieu plies par son active charité. A ses firme, le malade, ne sont rien , la religion est fort au-dessus de la tnce aussi entre les deux malades à, à Paris ou en province, au cen- Imes de la circonférence, se recomaux soins hospitaliers de la sœur li de la grande ville, est ordinaire-

ment au-dessus du bienfait , et y a recours pour la première fois, Tautre est au-dessous, et trouve enûn un prytanée dans un hôpital, couche pour la première fois dans des draps blancs, a un médecin et une tisane sucrée, il doit tout ce luxe a la charité. Le premier, après s*étre défendu en athlète vigoureux, avoir connu par échappées quelque chose du luxe de la capitale, après avoir recueilli et dissipé quelques lambeaux de fortune, quelques miettes d*un festin immense, après 8*être initié par intervalles à la vie de Paris, vient expirer sur un lit d'hôpital : il doit toute cette misère à la charité. L'autre ne connaît de luxe que le luxe de la charité. Celui-ci murmure dévotement les paroles de la sœur, celui-là sait la valeur d'un blasphème et expire Tironie à la bouche.

La sœur de charité peut être considérée comme Talpha et l'oméga de la vie humaine : le peuple la rencontre près de la tombe et dans toutes les grandes crises de la vie; le peuple ne saurait accomplir sans son secours ces deux grands actes de son drame : la maladie et la mort. Le peuple redoute l'hôpital et aime la sœur de charité. La sœur de charité tient le fil de ces existences flottantes qui lui reviennent incessamment ballottées d'un écueilà un autre : de l'hôpital, leur berceau, à la maison des jeunes détenus, thé.llre de leur éducation ; de là à l'atelier, puis encore à l'hôpital; c'est ainsi que la vie du paria se complique de souffrances qui n'ont qu'une consolation, la sœur de charité.

C'est pour cela, mesdames, que nous, enfantdu siècle et tout indigne que nous sommes de cet honneur, nous n'hésitons pas à placer le portrait de la sœur de charité dans la galerie qui renferme vos portraits. Ce type, nous ne le savons que tiop. hélas! aurait demandé le pinceau de Fénelon. Voltaire lui-même a consacré un de ses traits les plus éloquenls n la sœur de charité, parce que Voltaire avait trop de génie et d'esprit pour ne pas s'incliner devant ce dévouement qui sert aujourd'hui de garantie au pauvre contre l'égolsme bourgeois. Nous avons un culte, celui de la richesse, qui met ses damnés à l'hôpital. Biais, si la religion du Christ, qui diffère un peu de la nôtre, avait encore besoin d'être soutenue par de grands et sublimes exemples, ce serait parmi les sœurs de charité qu'il lÎMidrait lui chercher des saintes et des martyres.

LE CHASSEUR

ELZÉÂa BLAZE

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Vj'h se cDmprpnil Airl -"*-.. r'^'^^v bien : «Tant ccW: i-pn* que, la chasse éULÎl le plîiiîiir d'un pelît umnlire de prîviït'iriés; l.T m Ame torre inppflîi<*njjiil iati jours ù lîi mT-mc r^Tnille^ les lik cliassuliHit dans les ïmh léuioiits des cxjiliiits de lonr pcra; lis bonnes Iradillons se peq^êtun«f!il; la diasse -ivnit sa liniîue, sr:^ dcvrUJniîs, ses usnî^es; tonl le rnoiilc n'y roiJJuimait sous pdise de !s\ lîleiidrtî siftltr i>îir les ]irf>i>>stiur^. L'm^ne dti ridietile. Imijours snspimdui* sur I.i iHù îles iifivîrus, l*^îi Tii-s il Irernblef, c n* dans nolri* bon |if*y^ de Fi nncL* ^i s foiqis douiien! la mort. Li vh'<^c ^nl irs se j-rés. niait a"ix yens di^s |irLifriiii'S contme une. sciem'e hkTi:^Sf*(« de f^ecrets : t'éiinl uiic espike de ftMtir-ni' roonm'ie m l'un ne p-i^siiiiniaitre Efirapi"i'S un lots^ ihiviriat.

De ni^me qif aujourd'hui lims nos^ rê^imeuts manœuvre ni de lii mèine nKUiî're, les ç!i.i>smtrs d'autïvf.MS avaient une UiiHlinib^ unifunTii* di* s h,.ljiller, de courir la liete et de parler nielîer. Ans.^i Hou ne serait plus faeile que défaire le ]Mji1rait d'un clnsiSenr de ef\ tenips-lâ. C elaii un gentil liumnie crLUtiiai^'iianl en baliit £ïal viinc^ comme ou eu voit en<"ore danîi les liuj:i|uel;4 de rOjiéra- CfïUiiipie, la télé Dm ver te d'une barette unicm'iie; il parlait en termes elH>isU de Mai|<lai|ueL ou de Fonleuoi, de cerfs dix cnrs et de sarii;lîurs liers-an, de ]ierdn'aux, de laplu!^ et d'avculurcs galante:^. D'un bout de la France ù Tautrcj dius lus rendez-vous de chaiîse, daus îcs as^em'

Idces au boii» on reqiîrtîl ■!

dose ; tout se fai&atC lairuit Vai UQ mot sentiitit quelque p«i I cher lei» idées reçues en se | ~ Ces habitudes caiitractê^ I se cûDservaienL au siloD, ■ Si 4 a fort bien caractérbé cetti ^ ainsi le mirquîs de Clainrjlle* « Jll pcriideit! Hous débusquioai ki bel nQ% clneijs en défaut. Je !

nous mnienons. Je crie â BmMiipI il me îtouticnt te coninîre; tuli^i' la sole pleine, les côtés froi^ ks| Ion large, il nae soutient qoe e'edi cerf dix cor^ slt en fut. i ToUiltri Il liHc pleine de son dictîooDaÎFtèl In 0 jours en termes tedinî^iiGi« \ dresse ans dames.

yim comment peindre le i m iifl' soute à nous soas t^nt de I le pay;^ quil habite, la fortone ^ occupe, que, nouveau Prolëe, ili t^ei^t uu kaléidoscope TÎvaiit : il i rustiques, élégantes, bîiarfei» é^*^ lasliques ; une fois brouitlcct, ml sans qu elles aient lubl d» 1 ~ ' chasser il fallait être gnnd i n'exiiite plus de ^ands seîfseiiiÎJ Pour cela, il s'agit de pourair jlleii tlÎL[ue somme de quinze [rmci ( Que dîs-je? lûrmî ceux qui i sur lépaule, on comiileraît i rebelles à la loi du portd*ttBO^ soumis.

Vous conce^ |qa i seule classe^ nt cnv^i

LE CHASSEUR

ra social, a dû changer la phyùoDomle du I homme o'a plus de .caractère qoi lui soit peida son unité. Pour le peindre, il faut dV ler en trois grandes catégories : celle des m; viennent ensuite les chasseurs épiciers tp et puis les chasseurs fashionables qui ne kacnne de ces divisions se subdivise en plu- M» qui souvent tiennent Tune de Tautre, et b lootes ensemble.

isiJMBla d'argent, l'aristocratie des écus rem* cntiei créneaux. Les fortunes s'élèvent d*un ihtistent de l'autre ; car, rien dans ce monde lUonniire, celles qui n'augmentent pas di* I ut travaillent et acquièrent : ils achètent les autres restent les bras croi* L; voulant se maintenir en équilibre, ils tun équipages^ et tirant d'un sac deux mourut aux épiciers le droit de chasser. Goms hommes ne pourrais-je pas citer qui» vi-

châteaux à tourelles, ont vendu à leur ma* uvreur, la permission de tuer des lièvres et

! Ceux-ci, ne voulant pas supporter seuls pHsnse, ont mis la chasse en actions comme

industrielle ; ils se sont adjoint le boulan* r", le rentier, le marchand du coin, et une «-«iTelle vient, à jour fixe, se ruer sur les r"iales, étonnées de se voir envahies par roturiers.

Sons se forment aujourd'hui dans toutes s hauts financiers louent des parcs royaux, Xit que leurs chasses ressemblent à celles elles n'en sont que l'ignoble cnricnture. t« ? cela donne l'occasion de parler de sa rxt des reports, de mêler ses piqueurs dans m me, ses limiers dans celles au comptant, s en bouche les cerfs, les loups elles san- » éminemment aristocratique admiré de l'écoutent. Les boutiquiers louent une 3 chant du gentilhomme campagnard, ils si le droit de dire : « Ma chasse, mon "clreaux. » Voyez le progrès des lumières : ttinissait des capitaux pour faire une operciale; aujourd'hui on s'associe pour dét qu'on a gagné. La permission de courir i bois est mise en actions comme une houilme exploitation de hilumo. Ces actions se uefois en coupons pour un jour, et peut- Seront- elles subdivisées on un certain nomde fusil. Un grand j»ro| riétaire. voyant la iquedc ses contemporains, a eu l'heureuse cttre la chasse, chez lui, moyennant une rrnduce qui se combine fort bien avec ses nye cin | francs pour courir dans sa plaine, >our entrer dans sou parc, ensuite la L;iîïa- '. sous pour chaijuc coup do fusil «|ue l'on 2e est tuée, on demande au chasseur cinles de ])lus, que, dans Tivrcssc du succès, » déccinnienl refuser; et puis, s'il veut emlier, le i,'ard.' exhibe un nouveau tarif : dix n faisnn, cinq francs pour un lièvre, quafcur un perdreau, etc. Ce digne homme en- 1 la spéculation. Cela me rappelle l'histoire qui dit à sa femme : « Un tel va venir, je e francs; njais, comme je prélève les inté- 8, voilà cinq cents francs que tu lui remetige de son billet payable dans deux ans. — •ondit-clle, et pourquoi ne les lui prêtes-tu Ire ans? tu n'aurais rien à débourser! »

Ces actions de chasse changent souvent de maître. Aujourd'hui on est chasseur, demain on ne l'est plus. Pourquoi? direz- vous. Parce que les combinaisons de la banque, le jeu de la bourse ou le commerce des pruneaui ont amené certaines phases imprévues : il faut diminuer les dépenses pour établir une juste compensation. Les actions i vendre sont annoncées dans les jouf naux ; cotées comme celles des chemins de fer, on les colporte,, elles subissent la hausse et la baisse ; à la fin du mois,, quand vient le jour fatal de la liquidation, ceux qui perdent les cèdent aux heureux vainqueurs, cela sert à faire l'appoint d'un payement. L'incertitude où l'on est de conserver longtemps cette chasse louée cause la mort de bien des lièvres. Chacun tue toujours ce qu'il peut tuer. « Pourquoi laisserais-je quelque chose à mon succès* seur? » Voilà ce qu'on se dit, et on imite les commi» voyageurs mangeant à table d'hôte : ils se donnent des indigestions pour que le diner leur coûte moins cher.

Outre les chasseurs propriétaires et les chasseurs locataires, il existe la classe des chasseurs permissionnaires. Ceux-là connaissent beaucoup de monde; ils ont des amis partout; ils se font inviter, et, sans bourse délier,, ils prennent leur part d'un plaisir que les autres payent. Ce sont les parasites de la chasse. Ordinairement ils tirent bien, tuent beaucoup, et dînent énormément.

Après ceux-là vient la foule des chasseurs flibustiers>. pirates des bois, écumeurs de la plaine; ils rougiraient d'acheter le droit de tuer un perdreau. Ils partent sans savoir où ils iront; connaissant le pays à dix lieues à 1» ronde, ils évitent les gardes autant qu'ils peuvent le faire. Si par hasard ils sont pris en flagrant délit, cela ne les inquiète point : doués d'un jarret de fer, ils marchent,, ils marchent, ils défient leurs ennemis de les suivre. Proposez à ces messieurs de prendre une action dans votre chasse, ils vous riront au nez. Un d'eux me disait : « Si je chassais sur mes terres, je n'aurais pas la moitié du plaisir que j'éprouve chez le voisin. La crainte du garde me fouette le sang, il me faut des émotions, et, pour en avoir davantage, il est prob >blc que Tannée prochaine je ne prendrai point de port d'armes; alors il faudra que j'évite le garde particulier, le garde champêtre et la gendarmerie. Ce sera beaucoup plus amusant»»

Pain qu'on dérobe cl qu'on mange en cachette Vaut mieux que pain qu'on cuit ou qu'on achète.

Ces chasseurs flibustiers ont assez beau jeu pour les jours d'ouverture. Dans chaque village il existe une certaine quantité de pièces de terre appartenant à des paysans qui permettent au premier venu d'y chasser. Pendant que les actionnaires de la chasse voisine font feu de tribord et de bâlïord, le gibier épouvanté se réfugie dans les luzernes, dans les betteraves, situées près des habitations, et la récolte des flibustiers est quelquefois nsscz bonne. Si le garde et ses maîtres s'éloignent, eux se rapprochent, ils accourent dans les champs qu'un vient dfï quitter, et souvent leur glauage vaut mieux que la moisson des autres. J'en connais qui ont un gamin en sentinelle avancée pour les prévenir du retour du garde; j'en connais d'autres qui portent une lunette dans leur carnassière, et, de temps en temps, ils s'assurent que l'ennemi ne vient pas les surprendre. J'en ai vu qui portaient une blouse blanche en dedans, bleue en dehors ; le garde potirsuit un chasseur bleu, celui-ci marche vers le bois, là, comme derrière une coulisse, il change de costume en retournant sa blouse, et, quand le garde arrive, il paraît vêtu de blanc, avec son fusil en bandoulière, désarmé, dans une position inoffensive. « Ah ! par-

LE CIÎASSEUU.

bleu! dîi-îl, ftî TOUS coitrei après ce chasseur bîeu qui vient de passer, ïous Ta tira pereï bientôt ; il n l'air fati* gué : doublez le pas, il sert pris. * Ces fil bustiers saveui le nombre et le Mgnakmenl des adloonaires, h liai el rheure de teur déjeuner» el, eomme iom les ganles possibles sont d'une exactitude remarquable à se trouver la où l'on mange, ils ont, pendant une heure, la fadlité de tailler en ptcin drap. Qtielqucrois ils tirent au sort à qui frra marcber le garde; pendant que l*un d'eux opère une utile diversion en se laissant poursuivre, les autres, attaquant du coté opposé, tuent tout ce qu'ils reucoutrenl. Voilà de h stratégie cynef^^élique.

Dans 1e<^ environs de Paris, toutes les proprîétéi! sont gardées, quant â la chasse; du momenl que vous êtes sorti d'un rayon de vingt lieues, vous rencontrei des plaines que tout le nmnde peut traverser le fusil à la main. Ellea sont exploilêes par les chasseurs voyiigeurs. Pendant le mois de septemlire, monlei le samedi dans une diligence de Ctmrtri^s, d'Orléans» de Sens, etc., tous vous trouverez avec quinze chasseurs; lîmpmafe sera remplie par quinie chiens qui se battront, ou qui du moins gro!|neront pejidant le voyage. Ces chasseurs nomades, qui partent de Paris le soir, arriveront diins une plaine quelconque le dimanche m a tin, ili lirerout des

coups de fusil totite b jdmit^fll pour être de reloiar le liuidî i r« Us employés des mtiiiiiiunsi, kt i taire, d'huissier» sont mim des Quelque temfiv qu'il Ittiii II i le samedi, et ih parlisiit. La < Taut satisfaire û tout prijt- flôml^ de Henri ÎV, d<iti^ sa tradadioo V pensée dans ces deux v«fi ganti :

Cet h ehâsse est éo«|ltiûe, s Mtt^ L'i gouitée umc fott me %'m I

Il est certain que te fbtliîôiiiàltlil nète rentier du MAraiit, renErYfW boîtier de la rue Vivienii^ Tivodii le clerc d'avoué, ne peturtolMa i le même eostume» le mèiac liii seurs, c'est vrai ; oiâli, tk&t-^ jets, discours, costume, timiâii^ veut qu'on le croie Itoo n haiiiiw < ment de le devenir. Cmi tmuk le dont je ne s^ ~ []« quel Grec âini :ii<

eififi^i

LE CHASSEUR

uniitre. i Ce beau monsienr ne va point à la r l'amnser, mais pour pouvoir dire demain : m de la chasse. » Si chemin faisant il renbelle dame, il la suivra ; qu*a-t-i] besoin de s les perdreaux? n'est-il pas sûr d'eo trouver hei Ghevet? L'essentiel pour lui est de partir sse; dés lors il a conquis le droit de faire des ■OD retour, et d'envoyer des bourriches de gi« î Dgt maisons difTérentes.

Miable n*a point le temps de devenir chasseur: L ennemie de l'Amour, TAmour est ennemi de O0Dsieur-là,éUint toujours amoureux, ne peut sr aoD intelligence à méditer sur les ruses du «éfére vaincre celles des dames. Mais, comme ■I un plaisir ou il faut déployer de l'adresse,

et quelquefois du courage, le fashionable m pour chasseur, car il désire que les dames *rave, adroit et fort. S'il est riche, il ne manque Bf UD nouveau fusil chaque fois qu'un armu- Èite un nouveau système; et comme ces présonvertes arrivent souvent, notre homme est "un arsenal formidable. 11 espère qu'enfin il ■6 arme dont les coups seront certains. Tous Svers sont là pour deux choses : d'abord ils

richesse de l'homme, et, à Paris, c'est une ■re, ensuite ils scrvt-nt a sauver l'amour-propre -*• Lorsqu'il manque, ce qui se voit trés-sousn excuse prête : a C'est un fusil nouveau, je

rhabitude. Si j'avais su, je ne l'aurais point

aable se couche fort lard, et le 1*' septembre parvenir à se lever malin ; il est neuf heures squ'il sort tout frais des mains de son valet . Notre dnndy, brossé, ciré, pince, luisant, ouvertes de gants beurre frais, s'élance dans attelé d'un superbe cheval qui brûle de Il lâche les guides, on part : à peine si le Bsi bizarrement accoutré que le maître, a eu i grimper sans être broyé par la roue. Qu'imroom de plus ou de moins? 11 fallait partir au avait aperçu deux dames aux fenêtres, il était de se poser, de se faire voir emporté par un ompt-ible. Qui sait? peut-être cette émotion iijourd'hui rapportcra-t-elle demain quelque

!, et déjà la chasse du malin est terminée ; de s on se dirige vers Taubergc isolée ou le déprépare. Le fashionable trouve l'idée ingéa faim, il chassera plus tard. Quel est cet îguenillé qu'il rencontre en meltant pied à guêtres rapiêcetêes sont retenues par des fi- [uise de boucles ; son pantalon, sa blouse, ont ' couleur primilivc ; il est armé d'un vieux fusa carnassière semble tomber eu lambeaux, et r qui la retient parait être fait avec de l'amahomme est nu chasseur. En le voyant côte à le fashionable. on dirait qu'il s'est placé là antithèse. Tous les deux sont contents de leur n paraîtrai plus beau par reflet du contraste, - J'aurai l'air meilleur chasseur à côté de ce » dit l'autre.

alliez croire que cet homme déguenillé, ce irméd'un fusil est un pauvre diable ainsi vêtu son tailleur refuse de lui faire crédit, vous seine erreur grave. Ce chasseur est le proprié« lâteau que vous apercevez au bout de la plaine; lines de charbon, des filatures de laine, des roeaux, et même il galvanise le fer. Il a lu le

Chaueur au chien d'arrêt, le Chasseur au chim couranty VAlmanaeh des chasseurs, et comme dans ces trois ouvrages l'auteur tombe à bras raccourci sur les lashîonables, qui mettent le même luxe â Irnr costume de chasse qu'à leurs habits de bal. il a donné dans l'excès contraire. Il professe le plus souverain mépris pour un homme armé d'un fusil brillant, vêtu d'une blouse propre. Une caraassiére neuve lui fait horreur; celle qu'il acheta, il l'a changée contre la vieille qu'il poite; pendant vingt ans elle a voyagé sur les épaules d'un garde, et de nobles traces indiquent le gibier de toute espèce qu'elle a contenu. Ceux qui ne connaissent point ce vieux chasseur novice disent en le voyant passer : c Voilà un gaillard qui en tue plus lui seul que tous les autres ensemble. » Ces propos l'amusent, le rendent fier et lui réjouissent l'âme. Sa manie est qu'on le croie chasseur adroit, chasseur expérimenté, dur à la fatigue ; il veut se donner un air braconnier comme tel jeune homme de votre connaissance e<pcre qu'on va le prendre pour un mauvais sujet, dés qu'il porte des moustaches, et du moment qu'il parvient à fumer un cigare san:> avoir mal au cœur.

Ces deux chasseurs tiennent le haut et le bas de Té- ^helle : opposés quant au costume, ils se ressemblent par leur maladresse et par leur ignorance. Autour d'eux viennent se grouper une infinité d'amateurs ne différant les uns des autres que par de légnres demi-teintes. Peu à peu, en abandonnant les extrémités de chaque bout, vous arrivez au centre, et c'est là que vous trouvez le vrai chasseur. Dans une réunion de vingt personnes portant le fusil ou la trompe, à peine si vous rencontrerez un homme méritant ce tilrc glorieux; pnsque tous tiendront plus ou moins du chasseur fashionable ou du chisseur épicier ; pres(|ue tous auront une tendance vers le dandysme ou vers le braconnage. Vous reconnaîtrez facilement le vrai chasseur à sa Cgure basanée, à son costume classique, à sa manière aisée de porter le fusil, à l'obéissance de son chien. Il est bien vêtu, proprement mais sans élégance : la blouse en toile bleue, les bonnes guêtres de peau, remplacent chez lui l'habit veste à boutons d'or et les bottes vernies ou les guenilles gri<%â ires recousues avec du fil blanc. Il ne change pas d'arme chaque année, il n'essaye point tous les perfectionnements nouveaux. Content de son fusil, pourquoi donc en prendrait-il un autre?

c Qui n'a jouissance qu'en la jouissance, qui ne giagne que du hault poinct, qui n'aime la chasse qu'en la prinse, il ne luy appartient pas de se mesler à noslre eschoie, » dit Montaigne. Le vrai chasseur chasse pour le plaisir de chasser, pour combattre des ruses par d'autres ruses. Il jouit en voyant manœuvrer ses chiens ; plus il rencontre de difficultés, plus il est satisfait S'il chasse en plaine, il n'apprécie que les coups tirés de loin; s'il chasse au bois, il revient content lorsque le lièvre a tenu toute une journée devant sa meute. Il aime le combat plus pour le combat que pour la victoire et le butin; il ne veut pas tuer dix lièvres, mais un lièvre : il rougirait de passer pour un boucher.

Le Roy Modus, Gaston Phœbus, et tous les anciens auteurs cynégéti(|ues. ont recommandé la chasse comme un excellent moyen d'éviter l'oisiveté, qu ils nomment le péchié d^oyseuse; ils veulent qu'on marche, qu'on se fatigue pour gagner de l'appétit et pour conserver la santé; mais ils traitent d'infâmes les destructeurs de gibier. Un vrai chasseur ressemble au gastrono-ne professeur qui guûtetous les mets, et se lève de table avec une légère envie de continuer. S'il chasse, c'est pour déployer ractivilê de ses jambes, les ressources de son génie, l'a-

Pvsm Imp. tfe Edouard Blot, me Saint-T^ouis, le.

sec

LE cnASSEim*

dresse de sês bras, la jus^tesse de sdd coup d*ceîl ; Don qq il dédaigne le perdreau rôli, le civet de lièvre, la caille au firalio, la gïf^ue de ctievreuil, le sâlmiî^ de hecassÎQe^ ; bien au contraire* il s'iionore du titre de gaitrûnomep car le trai ciiafiseur est un bomnte d'esprit ; s'il n'élaîl |iis {gourmand, ce serait une anomalie» comme c*esl une exception de rencoutrer un gourmand qui soit un sot. Appréciant les choses â leur valeur, une fois le gibier tuéf il te mange; mais ce n'est pas pour manger qu'il cbasse. Ariosle dit : « Le chasseur n'estime plus le lièvre qu'il vient de prendre. » 11 se trompe êvidem^ ment. Un pourrait lui répéler ce que lui dit un jour le cardinal Uippolyte d*Ëst : « Maître Louis, où donc avezvous pns tant de.** niaiseries? »

Le cbisseur épif ier chasse bien un peu pour le plaisir de cbasser. mais il faut que la valeur des pièces luêes vienne établir une espèce de compensation pour le temps qu'il perd; It poudre qu'il brûle f t Icr Foulïers qu'il use. Un Itévre galopant dan^ les bois u'esi autre chose pour lui qu'une pièce de cent sous marchant sur quatre pattes. N'espérez de lui aucun ménagement ; î;*il pouvait tuer mille perdreaux « certainement it les enverrait 4 la halle. Si vous lui parler de conserver, de penser a Tannée prochaine, au lendemainp II ne vous comprendra pas, ou bien il voits répondra comme Fipro i « Qui sait si le morde durera encore trois semaines? > S'il est chasseur épicier Ui bustier, sa dépense n'étant pas bien grande, il se contentera de peu de chose; mais s'il change ce dernier litre en celui d'actionnaire, s'il & pajé pour s'amuser, ob ! alors, le démon de Tivarice, le démon de la cupidité, se joignant au démon de la chasse, vont telle» ineiït bouleverser le cœur et la lËle de ce pauvre diahlei qu'il sera toute la journée dans le plus violent état d'exaltation fébrile, de surexcilatîon nerveuse.

Le jour de l'ouverture, le gibier subit u ire hausse de cent pour cent : plus on en tue, plus on en vend. L'homme qui, dé» le matin, a quitté sa mai^^on avant l'autre, rentnut le soir éreinté, aOamé. ne peut pas décemment revenir les mains vides ; on Lui dirait en ricanant : « Il valait bien la peine de se lever malin 1 i Or tout chasseur qui ce jour-là possède cinq francs rapporte dans son ménage au Ekotns deui perdreaux ; il a tué quelques moineaui sur les or mes des bouleviirds eitérieur!:, il les présente comme accessoire } il i tué deui pigeons bisets, il les décore du

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gistes des tMi^i«r«^ qtti kmk kl gnent aulaot sur 1^ lîifr«f 01%" transformée es vin. Ht maaÊ ltt| niers; lorsque le beaa tera. un petit gamin lui înJ vre^;, trois fatsaos, dix fm qui figiiremit bleo mot le ^ que lescordorïi de la imiintl si belle proposition : ctrCfav demain, cftiaûd 11 e^agira de i mais en arrivant 11 est tsi que chose.

J'oubilab le cliassetir ^.^

part^ oelui-lé ne fait point Iti chasse jamais. Cependant il tell chasser un jour : en altendaal, 1 i journée. Médecin. avocat« i commissaire-priseur. il priloi éi I crate, Salnove à Barthole, dT^ilii entameï le chnpiure des annesl hîi tous les systèmes : cbaqne année, a lîounements nonveatix^ il selilictel

core acheté de fusil. Le chas

jour fixe où commence le lu^ti^t 4b i nards, des bécassines ; ti vm» taa ■!

avant Theure prédite, gardes le latrtltV notable chagrin. Mais e*est sntioitafisl qu*il brille î pour einpéclier le [irojets de loi dans sa poche:

aborde cette roatiérêp il vi von» ] J'y fus pris un jour, moi qui avoir essuyé la première bor homme* € Toas les ckasseorsi.^^ pièce de gibier qnlb ne tnentpatoli fiiît t demandet-ieur tuie loi, ik TmmII h voici:

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ff mmûû, eicepté à (i

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LE CHICARD

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f^X^ ^"^** '^* époques ont dan- ' se : l'ère hébraïque , Tcre romaine / i*ére française :

David , Néron , Louis XIV.

Après les rois, les peuples; quel peuple, quel pôle civilisé n'a pas sa danse individuelle et caractéristi- M bourrée, sa tarentelle, sa gigue ou son fandango? ft^ul, jusqu'à présent, émit sans type de dan!<e, sans graphie internationale et prime-saut ère. Paris ne m ps. il bâillait; témoin les routs de l'hiver deret probablement ceux de l'hiver futur. — C'est au C|ae les invitations pour une contredanse se forint ainsi : « Madame me fera-t-elle Thooneur de imr avec moi? » Heureusement f un homme s'est K^tré, d'une profondeur de génie incroyable, » >m aurait pu dire Bossuet. Ce génie profond, ce psen- K^e incomparable, est aujourd'hui essentiellement ^ire et trop haut monté dans l'opinion publique et ils masqués, pour que nous ne lui ouvrions pas à battants la case la plus ezceptionoelle de notre e. Chicard est français de cœur, sinon de gram* », et bien qu'il ne soit pas encore du dictionnaire de

rAcadémie; mais il en sera, pour peu que la prochaine édilion ait lieu dans le carnaval. En attendant, célébronsle, comme le plus divertissant, le plus comique et le plus populaire barbarisme de l'époque.

Après tout, que faut-il à l'homme de génie? un moule. Bonaparte a eu pour moule la colonne, l'Anglais Brummet les cravates les plus empesées du siècle, M. Van Amburgh la gueule de son lion. Chicard, lui, s'est coulé et infusé tout entier dans le moule-carnaval. Lé, où tant d'autres, des profanes, des plagiaires , n'avaient vu que matière à entrechats et h police correctionnelle, il voit, lui, foudre de danse, regard d'aigle, matière a ovation, royauté vivante a improviser et à conquérir. Honneur i lui ! il a créé une dynastie, il a sa phalange, ses afiidés, ses chicards présomptifs, bande joyeuse, carnaval effréné qui ne fait qu'un pas depuis le premier entrechat mas* que jusqu'à la dernière saint-simonienne de la mlcaréme.

Le chicard est donc bien plus qu'un masque, c'est un type, QD caractère, «ne personnalité Ce n'est que pen« dant le carnaval qa*on peut observer le chicard; le reste de l'année, il rentre plus ou moins dans la catégorie du TÎveur Selon son rang, son état ou sa fortune, il firé* quente k Chaumière. le Ranelagh ou le Chalet ; il est

LE CHlCABDp

étudiant, dandy ou clem de notaire ; cohitoîs, ou nég^ danl de peaux de lapins. C'ef^t un homme qui rt^'!!^efnl>le Û totii les autres hommes ; n'allez Dali et' pendant le con* fondre avec le commis voyajîeur* Le vrai cliîcard ne vil que trois jours chaque année ^ c'est une chrysalide qui hme son rcorce. C'est un papillon qui meurt pour s'être trop approche des lustres du bal masi^né,

Mais cerUiines personnes, qui ne connaissent le carnaval que par le stationnaire domino, seraient peut-être en droit de nous dire ; a Après tout, qn*est-te que le roi df tout ce peuple, qu'est-ce que la racine de tous ces adjcctîTs, explique! nous chîcard, où rst chiearJ ? ^JubI est ce mythe, ce symbole, cette nllPi-orie, ce miracle ï Chicard^ est*ce un Mre fictif comme fioupînirr. ou comme Credc ville? est-ce un évanf<ile comme Vabbé ChAlt^l? est^ ce un obéiisque comme M. Lebas/ est-ce un tîllinry comme M. Duponchel? ib Arrêti^î, allez au bal, j'rnlends le bal où l'on ne danse pas* mal^i où Ton roule et toar< billonne; la vous le verrez, ou plutôt vous ne le verrn pfts^ mais vous le dcviniTezj on vous en montrera dii, et ce ne sera pas lui; euÛu, au milieu d'un cercle de curieui, d*une avaUncbc de pierrots, de débardeurs, de corsaires, vou-s découvrimi une pnniomime sublime» des poses merveilleuses, irréprochables au point de rue de la prâce, des mœur> et du garde municipL Gallot et HolTuiann, Ila^arth et BreûgheK Ions leif fous ct^lèbrcs réunis en^^emUe, des prunelles dévorantes, une force conriqui' incalculable, Sath«iuiel en habil de m^^ique, un costume ou une furie qui résume les physionomies dansant' s de tous les pcupltïs, le punch des Anglais, le pul~ drteUa napolitain, le ^raciofo esiiaf^nol, Vaïmée des OnputAux; cl nous, Fratienîs. nous seuls mani|uions jusque ce jour d*un mm te de c>* genre * Maïs aujourd'hui ceM.* Incuiie e^l comblée; Chicard eiisle, c'est un primilif. c'est une racine, c'est un règne, Chlcard a créé chirtindar t chicarder , chicanderi Fèlymologie est complète^

U o^t donc certain que sous cette reliure boulToEine, et ce diadème de grelots, la nature a caché un desgétiiiL^ les plus complet!!! et les plus profonds de répoque. Assurément on ne mérite pas d'être modelé toutes tes minutes, d'avoir d chaque pose, i chaque évolution verté hrn le et chc^régfraphique, te sort de l'Apollon du Belv*fdcr€, sans avoir en soi une puissance qui, pour se révéler par dts allégories d'attitude, n^en suppose pas mniu^ uneorgnnisation phrt'*nologif|ue supérieure. On ne ré^oluliuane pas tes cinq unités de la danse, on ne sua^ |M^ud p'is tout uo bal masqué â son i^este, avec des facultés roturières et normales. On vante beaucoup !?apoténu }iOur avoir détruit le vieux système de circonvalla* tiiiu de l'archiduc Gh^irles; l'homme de géuie qui s'est fa il appeler Chictrd a modifié complél ment la ehore^ graphie rrjiitçaîseï il a dénaturé les paslourelh^s; métim or p h Osé les poules, seplembrisé les irénis, ou, pour mieux d^re* il a re[iéiri ces antiques û^^urea à son im.i|:e, il a créé sa contredan^^e-Cbicard , cette danse modèle tour tour anacréoitlîque, macarouïque ou macabre; ce nVbt m Bl.irceU ni Vestris, ni AI mûrier; tout chez lui e4 riuouvelé ci entièrement rçuaissiincè : balancés, en avajit deu;i, queue^lu-cbiil, tour de main, c*est€nicard ! les eotrechiits de Caul tui*m«^me» ce Zéphire qui montait SI liant dans les frises de TÛpcra, s'ageuouilleraienl devaut lui,

!> pendant ce serait une in'ave hérésie de chercher llhfcartj et ses comp i^nons daus les bals vulgaires, sans physionomie, sans hardiesse, ou mieux dans c*s rouis purmu-iii cyniqufls et grossiers où l*oo devine i*Arétin Tulgaire du Saumon ou du Prado. Tel n'e^t pas Chicard,

fers, 11 j ■

serait p%s appréciée : tut ci ^1 1 j

sublime dans sa danse m pMi

saique. Terp^îcbore ranloïiMaa

quer ; el s*âl est frai qnH ail êmm%

les gavoUes du grand wmk. 1 1

dans roraière da rétrc

riére. Le li:i1 ma^qoé que Ûbrip

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Terrez que ce lieront nos |

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card.

Mais, comme Ions les graaÉl vent leur verve el leur géoit. Oi ce!«sUéde se cooceolrer Ini-aii digne de lui. Il m voalo tréersi qui put lui servir de piédeslil.tf M lesjalouiûa les ingrats qeii « Ou> fait Chicardt ;» Ce qpH ili^l Tun des plus beaux mûDUOtiti en action, ce bal dootuâtcaJ^ faire la répulatioTi d'an Iiimhm^c léger éteroeilement le caronal I thêon ne protège fias la i

Beaucoup de personnes pnW i mais scalemenl par ouï- ' C'est tout simple: n'est [ qui a son genre d'aHstoeralïe, ml si l'on aime mîf^ui. Le M Cbieai 1 1 ments, s^ préceptes ^uH hU €maâ peine de se voir etcammvmé cl <V une cérémonie religieuse, oaedte^a leurs une invitation est de card qui se eh^ri^ lai -même i'm% Feuilletonistes, vaudevilttsln, TOUS parles de style, de vterve* i main, listi les lettres Cbicari, Mi qui sHmprime n'est pa» viiece p»

verve, par cet eotrechal? — > Hiki graphes ne mérîtefît pas tonici kM selures et illustrations de AoCn ~ pas. il danse ; vous le vnf es s'i sei; phrases. Heureux les gessftll tations, rt surtout de se^ éplfr«i,^rtll de Vu frappé, taai etl^ bom^ i 1 vous avei une pareille lettre po(*he. restet ehei tous r mii ] saire du bal Chicard.

C'est dans le plu» vaste mlm i cogne qu*a lieu ce bal le plu!( sévère préside ani erifwa H i bvttés. Tonte personne i|il si | tume dik'laré baosl no ' ' ' Ture, arbalétrier dm ou 2ampa, serait bule. fTest loul an plus ii b 1 simple est admit. Lie fwM ,

LE CHICARD

lemcnt mal vus. Du reste, les lettres que s adresse vous mettent, en quelques cnlenila saison nous permettrait à peine de raplitement au^courant de vos devoirs, ntre à ce bal le plus curieux pt^le-mêle de laies, de contrastes déguises, les télés les de publicistes, enchevèlrces avec ce que la st les ateliers produisent de plus échevelc. numéro d'ordre, plus de catégories, de con- : est nivelé, fondu dans Timmeuse tourbillon » et des quadrilles. Sans nommer aucun 11 nous suffise de dire que les gens les mieux eDt régulièrement aux bals Ghicard; c*est le tradition, un article de foi, un pèlerinage tant on y trouve chaque année de nouvelles Imbroglios imprévus, de physionomies iné-

tment décrire l'ensemble de cette réunion ique qui ferait pâlir les nuits les plus véniorgies les plus seizième siècle? Imaginez des voix, de cris, de chants ; des épithèt&s qui ne des traits d*un bout de la salle à Tautre, \, des trépignements, nn Pandémonium con-

tinu de figures tour i tour rouges, violettes, blanches, jaunes, tatouées; et les quadrilles où Ton ne distingue qu un seul costume, une flamme qui s*élance, tournoie et voltige; une iolie, un éclat de rire qui dure une nuit, une réunion que Milton aurait assurément annexée à soi enfer, quelque chose de surhumain, de démoniaque^ dont aucune phrase ne saurait donner une idée, un tableau qu'il faut renoncer à peindre, car la parole ne reproduit ni le reflet volcanique du vin de Champagne, ni les rayons d'or et d'azur du punch enflammé : une ronde du sabbat, voilà le bal Ghicard.

Mais les grands personnages, les publicistes, les nipins écbevelés, le^; littérateurs, les commis, les clercs de notaire, tout cela ne forme que la moitié d'un bal; Tautrn moitié, et la plus belle, où Ghicard va-t-il la prendre? Quelles sont les femmes assez Grecques, assez Pompadour, assez humanitaires, pour être constamment à la hauteur de cette chorégraphie, de cette passion, de cette littérature? Ges femmes ne sont ni des bacchantes de la Thrao', ni des marquises des petits soupers, ni des sectatrices métaphysiques de l'attraction passionnée; elles n'ont jamais entendu parler des bacchanalei, et ne lisent jamais iil Gréblllon fils ni madame Gatli de

LE CHICABD.

Gamûnd. Vo«s dcraandei dans quel lieu Ghicard prend ses diiTiscuî^es : partout et un lie part. 11 les elioîsîl tantôt dans les Tïiflgasîns de U Wn^^n» lanlôl au comptoir des eares» lanlôl d&ns les boudoirs d*ime foule de rues c^ue 50 11 s pourrions citer^ tûnlôt dans la rue elle-même, tanlût dans ces salons où » au Heu de faire de !*esprit, on fait de Vamoiir; partout enfin ou Ton choisit ses passions d'un mois, ses maîtresses d'un jour, ses pbiiiLrs d'uu moment Ces éléments ïii diver^^enta en apparence . ce tle foule barioliîe s'or^ianisc, se groupe, se pare, et, lorsqne la nuit solennelle pïil arrivée , H sort do toule cctln confusion In plus îrrèsislilile de toutes les arislocralies, colle de la beauté.

Quelques jours avant la fête, Jupitcr-Cliicard fait sa tournée avce Mercure, M ue ^e dépiliie ni en crgne, ni en tnureau , ni en ptuie d'or; Il porte uo paletot comme tous les nitsrtcls, et ij p*''n**tre d.ms les mansardes, dan** les magasins, dans tes boudiûr^, dans; les ateliers, parîout nu il croit trouver une joli*' f*?muic. La il se livre a un examen approfondi, nous croyons même qnHl prend des note^. el« si le résultat de ^Câ observations est favomlile, il iii^erit uu nom de plus sur son carnet d*invi talions. C'e-it M<^rcure ijtii srrl do secrétaire. U ne suffit pas d\ivoîr été ad nu se une fois à ce bal pour en faire kmjours partie : malheur à celles dont Tmil aura perdu son delat depuis Tannée dernîi're , dont la taille srra moins svelte, le pied moins h-gur, les lèvres moins souriantes- elles disparaîlrout immédialtmenlde la liste des élues. Jupiter n'enteud pas raillrrie là-dessus j soyt'Ztou» jour> helle;:, et il vonsiuviicra toujours, Dansuu certain monLli\ une iuvitaiion nu bal Chieard est considérée couime on brevet . un s*i n srrt comme d'un diplôme de joli^^ femme. Au caruavnl dernier» quatre femmes s'asphy^irrru^ de douleur de n'avoir pas été jugées dignes de pén^lrer daos le sauctu^iire.

Àss^y de géucraiitês! maiuteuant penélrons dans les dét'*;is, cl voyons ce f[uil y a an foiul de buiïes ces joies, la jçluire de llbicard est încon testa hlo. Etudions les hases sur lesquelles repose sa puissance, l\ est temps du nous rapprocher du monarque Avançons sant crainte, et tikbons di; ne pas iHre éblouis par les rayons deranrèole divine, incessu paiuU Deus. Cbicard marche comme un Ûji u,

11 s'avance h léte recouverte d'un casque dn carton vert- brome surmonté d'un plumet roufîe, ^ raulîiîuité et la ganlc natîonab\ — Comment laissenon'i-noiis pasiier ce casque sans nous arri^ler un moment devant Juî ? est- il, dans tous les musi'es d'artillerie , dans toutes les collections Dusommcrard chez tous tes marchands de hricsi-hrac, un monument pins saint, nue relique plus nu^uiile? ï*ors même t[u'on. nous monlnrait ce casque i^u'Éuée tient si drdicatemcnt sur ses fçenoui lorsqu'il raconte se^ iufortuues â Uidon, nous ne serions pas .^aisi d'une vénéra lion plus grande- ?ïavez-vous ce que c'est que le casque en carton de Chirard? C*est un des plus lîrands 5.uccés de l'époque, une des plus grandes popularités de la littrralure , c>>t THurore du romantisme * le cas!|ue enQii avec Icipiel M. Mjrly jouait le Soliiairel tiettê (dume qui lloUi: au milieu du bal s'est emiri>ee sous les lemptMes du >lont-Sauva{(c , elle s'est inclinée tremblante devant la vî eri^e du mooastèrc, elle a fri^^sonné quand les échos delà chapelle répétèrent : An a thé me ! anafhémr! Ce casque a eu trois cents représentations; et maiiLtenantp fout bosselé qu'il a été dans vingt Pavies carnavalesques, il ombrage encore glorieusement te front d'un héros. Quand Chieard sera mori, son casque sera arbeté par un Anglais, plus cher que le petit chapeau du grand Ûomme. Maintenant passons au reste du costume

deChloird* Poar JQfttQMfp, iil cters de Molière» cette ptvtîi le « la haute comédie ; let paeiakM imi la Louis Xllf, homni ^e iadSrvlni HarioD Deldrioe; un tricot féiëri l^ede k nudité iadl^pemil^i i al cacbent dans dei botteté retcn,!

taire et de l'Empire. Poar 1 Opéra-Comique, il porte uh i gants de cheval ter comme leia i c^est un résumé Kistorti|ue , fous sentex que voue ^tea cii| fêté de notre époque. Ce guise de cemturoxi , ce^ cette écaille d'UuUre , dl rubaii rouïïe eptt une patte ( sont une dériaîoo, un coup de) en a pour toutes tes époques, fmt toutes les gloires. La i>^te de l rancienno tragédie , peut-être uei mnéemoiselle Rachel et cootrele^i bes insultent au niojfeu âge, fe»|Éàl républicaines et împèrsale« nmalg^ame pliilo^ophique. cei | toîre, celte défroque qui jours ; inclinez-voits devint uoU le dieu de la parodie l

VoiU Jupiter. Clhercitoiif à blonde Junou; peut-être eâ-clié < ricre quelque oua^e des innombrilkil époux! La voici ? au Heu de plcuv.

pasi quels gestes! quelle loumnill revemlruse a la toilette ; oout { être poli , car vraiment c'est à to«t Hlid ressemble. Voyex celte robe fiM |«iip pour elle , ces £ii]x cheveox qui j

lenfirme IMii

ces airs u«' j^ne Sfle î la Ritt i ce sourire qui provoqua aa i vous pû'i entendu quelquefois i et purée d*un luxe doute ux, dk^ paroles tncomprehen tibias, k

rïNl

LE CmCARD.

sot si difficile sar la beanté a choisi une le? Rassurei-voas , ceci est encore on rthe, une allégorie; c'est un homme »lit le rôle de la femme de Jupiter. Ceci iphane.

Jupiter dansant, face à face. Maintenant en revue. De nos jours, les dieux sont lessibles , et les dt^esses aussi. Le prcà nous, c'est Mercure, l'infortuné!

li depuis la guerre de Troie ! Les ailes t ses mains sont tombées, son teint s'est a grossi; il porte un petit chapeau à la anchettes en dentelles, comme les malince, une chemise en batiste, dérobée â )lus illustres spécialités du genre; son lierre est rapiécé d'un côlé par des assipar d'innombrables promesses d'actions.

i chalands d'une toîx chevrotante : «Qui le houille , des mines d*or, des mines uvc des inondations et de la police corauvre Mercure, quel rliangomenl ! lu as 3r ton nom et de l'appeler le banquier ussi, comme Jupiter, tu es une parodie! nliôre mylhologie. Mercure cumule ses lesd*Apollon; quand tous les dieux sont qui charme leurs loisirs en chantant irolle; pendant qu'ils sablent Tambroile nectar de Cognac, Floumann improaux hommes à célébrer le vin, qu*il t les belles , qu'il appelle tout simpleeinite en hexamètres plus ou moins jarmes de la Vénus Chicardc, sortie un u vin de Champagne; il dit les douleurs Doursutvant une bergère; il enseigne 3mphe d'un domino rebelle, sans le iT. Mercure , Apollon , Floumann, conix-arts, s'il n'apprend plus des pas noues de la Thessalie, c'est loi qui rédige :ard , il est chorégraphe comme Coraly 3s pas, au lieu de faire bâiller TOpéra, e sur les ailes du carnaval. Avant un

an, tout les premiers sujets de M. Duponchel en vien« dront, de cachucha en cachucha, à demander des pa» nouveaux au seul maître de ballets de notre époque de sauteurs. Quelquefois Apollon consent à livrer ses inspirations aux simples mortels : Achard , Chaudes-Aiguës , Levassor, ont souvent chanlé ses vers populaires au milieu des éclats de rire de toute une salle. Le cœur du titi n*a pour lui aucun secret, Floumann pourrait aborder le Vaudeville; il serait au moins un frère Cogniard s'il n'était dioa.

OMuse! qui me guides dans ce labyrinthe olympien, Taije bien entendu? Cet homme revêtu d'un justaucorps et d'une culotte courte de paillasse , avec une pudique ceinture de duvet d'oie , c'est le vainqueur du monstre de Némée et de plusieurs hydres célèbres ! Hercule en gant» jaunes, coiffé du chapeau d'Arlequin, et portant sur un diadème en carton, hérissé de viles plumes d'oie, celte inscription : çovage sivilizé; c'est vraiment à ne pas y croire, malgré ses sandales romaines, malgré sa peau de tigre en guise de dépouille de lion. Hercule, qu'as-tu fait de ta massue? Passons, me dit la Muse» c'est encore une parodie.

U y a peut-être dans le çovage une attaque indirecte contre la colonisation d'Alger; c'est une épigramme contre la fusion de l'Orient cl de l'Occident, un coup de boutoir donné au saint- simonisme.

Hercule traîne après lui un gros homme vêtu d'ui simple maillot couleur de chair, la face rubiconde, les yeux éteints, h démarche vacillante. Cet homme, ou plutôt ce ventre, c'est* Silène. BacchiM, en effet, ne pouvait pas faire partie de cette mythologie; Bacchus est un dieu trop prude, trop gentilhomme, trop feuille de vigne pour présider les modernes bacchanales. Bacchus, c'est l'ivresse généreuse qui fait naître les ardents désirs, les vives reparties, les sentimentales ardeurs; Silène, c'est l'étourdissement qui rend le corps paresseux, les lèvres bégayantes, l'esprit pantagruélique : l'un est le nectar qui transporte aux cieux; l'autre est le vin qui attache é la terre. Bacchus, accablé de lassitude, s'endort sous quelque bosqoet fleuri, où les nymphes émues Tiennent

LE CHICAED.

le conlempler ; Silène Irébuche au coîn d*uïie borne, on £*endorl Hitre deiii brocs qu'il i ¥id»'s. Don Juan,^ Richelieu, Cîi^anoiTft, tous têiïx qui ont tccu pour Jouir invotniaïent BjccHus ; niijniird*hui le Pc^se de la gaieté frauçaise est Fane de Sil*'ne,

Vaîci enfin Dalocfmrâ et Pétrin, le Cornus elle Mo* mus lié rplie nivllniln-rie, Rnlnrliiird a ctè dêjiî déifié au Palars-l\oyali il a nçu Tapollièose du vaudeville, ii

^i^'uiuc

porte un Wn-germi et de^i pnh[.i1nn!i de grosse cavalerie, !it£ rcîns sont nnioiiiv;; d'iitie cêîiilurc rouge, et sa t^le est fiurmoïïtec d'ui. ffiUn? grii qui Iraliît les nnmLrenscs »iéîiaveulurcs liathi^ues de son proprîélaîro* H participe

à Ift rolf Lep* itr« «iné H iii fiit le c« de I^Caf^^dMI

lésddla ÎOQ. tl liuK tt yi|

époques; ii^ qoe detmiiibi une donble pamaie.

fialochard représeote waiim k m| t'efii l'oUTrier spirituel, il à la barrière. C'est la radot t dti titi. Il rsil de Tes^i^tt moque de tout, et pniicIpttlflHAI dessus de lui; c'e^t qd dci|~ pomme de FAmbigiit UDeéêsj des baU m&squés. Balncliird ta à la manière de RabelaU.

que pour &e M&ûier. Ba.^..* dît balocher, comme on dit i sif^nîfi cation trè^-éteadue : €"101 à la vie en gépéraU c'e^tqii c*e^t Tactlvïté de la parease, 1 verre dans la tête* flenri IV \ Balocbnrd, et le roi Iteoéki la plus élevée. Sôun la 1 tait paSf on ne coiiiialsii«lt qvel une révolu lion pour le prûJMW.1 SOjullIa tS5Ô, enmènieCçBfi^ll et la chahut*

Quant à Péirim^ iioai àmmmi dieu : c'est un tymliole^ il fia térlalise tc>ut; e'e&l la conrosiai^i c'est le prient fuît masgne.

Ainsi donc, tous !e TOjei, UMl i sentiment mortl d'un «lècle ae ni^J chn^e qui émane de la ma^cst a ta i toujours ses divertiatrineiits ead cbants, une Irçon: sies Kf npilUes* ■ I Dons toutes ces personnilkalîaai Iv*^ venons de décrire, ne voret^rMtfni l'histoire de noire 9ioeptJcî»e? Lai n** &l plus un délasaeineot onfiv' comédie aristoph.inî{|ue que k | que, se joue â lui-ror-me, et i f mêle sans en coropreodre la i

LE CmCARD.

foici arrivés au room( ni le plus intêrcsi solennité carnavalcsi|ue. I/orchcstre a lal, et quel orchestre! dix pistolets solo/ I caisses, trois cymbales, douze cornets à lions et une cloche. Au premier coup de ce ce branle-bas, de ce tocsin, la foule s'est fait-elle au milieu du tourbillon de pouslèventses pas? quelle danse exécute t-elle? ^nde, la pavano, la i^avotte, la Tarandole, ) de nos pércs? Est-ce le poëme «''pinue adcrcs ont donné le nom de pas? Est-ce la e espèce d'ode à Priape que Ton danse en ieu de la chanter ?

int une danse, c'est encore une parodie; mour, de la grâce, de Tancienne politesse dmirez jusqu'où peut aller chez nous Tarrisionl parodie de la volupté; tout est récomédie licencieuse qu'on nomme la chaflgures sont remplacées par des scènes ; las, ou agit; le drame de Tamour est retoutes ses péripéties; tout ce qui peut contre deviner le dénoùmmt est mis en œur à la vérité de sa pantomime, le danseur, eur, appelle ses muscles d son secours ; il iisloque, il trépigne, tous ses mouvements outes ses contomons sont des emblèmes; i ont indiqué, les yeux achèvent de le dire;

I les lianches et les reins ont aussi leurs figures de rhétorique, leur éloquence. Eiïrayant assembhge de cris stridents, de rires ctmvulsifs, de dissonances gutturales, d'inimaginables contorsions. Danse bruyante, effrénée, satani(|ue, avec ses battements de mains, ses évolutions de br.is. ses frémissements de hnnches, ses tressaillements de reins, ses trépignements de pieds, ses nltaifues du geste et de la voix; elle saute, glisse, se plie, se courbe, se cabre ; dévergondée, furieuse, la sueur au front, l'œil en feu, le délire au visage. Telle est cette danse que nous venons d'indiquer, mais dont nulle plume ne peut retracer l'insolence lascive, la brutalité poétique, le dévergondage spirituel ; le vers de Pétrone ne serait pas assez Inrge pour la contenir, elle effrayerait même la verve de Piron.

Autour des danseurs circule la foule de ceux qui n'ont pu prendre place aux quadrilles, foule animée qui parle de tout et >urtout d'amour; les protestations et les railleries s'entre-choquent, un calembour coupe court à une déclaration, un serment se déguise sous un coq-à-râne. — Donnez-moi votre adresse. — Je suis retenue jusqu'i la douzième. — Je vous prendrai i la sortie du bal — Va pour le petit verre.

Et toutes ces femmes dont nous parlions tout é Thenre, comme elles sont vives, folles, charmantes, pleines de laisser-aller ! comme elles sont heureuses» les unes de pouvoir être canailles i leur aise, les autres de cesser de

mi

LE CniCAIUK

rétre nn marnent? Qu'importe d*aiUeiirfi le caractère de

leur gaîelc, pourvu qu'elles soient lielles et gracieuses ! Ls gf^ce et la benuté, voUii laul F esprit des femmes»

Mais \uid que toute cette passion geslîculée, toute celte ardeur apiirodisinqiie, ont besoin de repos. 11 faut qu^m plaiMr ^ouKi^^e d*un autre plaisiir. Le moment de se metlrc â lîiblc est arrivé : hommes et femmes fien- Bent prrrtJre place autour du festin. Ce u'esl point le jjouper de la llci^euce, ce n*est pas non plus tout ù fait l'orgïe du Bafï-Empire; le geste se modère, l*allure des eoi^viv^es devient plustU'^ceute; les flcnrs, Un lustres, les me! s, les vins, les femmes, tout cela c'est de la poésie, et tout Ci'h c^l rè|i^indu â foi.'^on dans h g.ilerle du festin. La [fala literie frauraîse. j 'antique »erve qui commence ù. ^i\h\ihh et quj Onit â Di.''ran|^ert reprennent le dessus. Tniii 11-! monile sent le besoin de devenir spirituel; on ouliUe le dêver^E>n(lai;e du b.il: le clinmpagne arrive, ce vin naliotml pnr excellence, ce nectar de li saillie» cette amlirmsie du calembour, cet liippocrene du propos grivois. LVflcrvcsceuce passée fait phce â uuo elTerscscenec plus douce, et le Traneais se trouve loul entier devant une chanson,

!l Y a des gens qui disent que la France est une citadelle, runi!! soutenons que la Trance est un vaste caveau moderne. D.ins D t KcureusL [ms, tout le monde nait chinsonnieri le Chicard plu?^ que tout autre; de mâme que [a danse, il a révolution né le couplet; son lyrisme ne ressentble ni â celui d'Anacrêon» ni à celui de Parny, ni a celui de Piron. encore moi os à celui de Désaugier^ ; son couplet est vif, sans cepciuUut tomber dans la barcarolle; il est mélancolique, sans empii-ier sur ta ballade; il peut se chanter n deux ou trois voii» avec ou san^accompnjfnemeul de guitare, et ccpeiÉdinl ce n'e.^t poiot une nocturne. La chanson du ^'^icard est tour à tour triïite, gaie, senlinieutale^ gr^releuse, c'est une espèce de e^ef^MtchnuLéc, urieprtrodte de touLeslespoi'sieset de tous les étalH de lime, un canlîque dérisoire en Thonneur du Tamour. Nous conufiissons de ces chansons qui commencent comme un Kcrf de Schubert, et qui finissent par la rida, iïdf 11,1, Le Chicard imiirovise lonjtiurs il n*ccrit jamais ce qu*il improvise; voit;! pourquoi tout le monde ne cnnnnit sa verve que par rriigments; on retient les vers et on ouhlie la chanson. Les imprîm-'rîes les plus clanilestines d'Avignon n'ont point encore pu imprimer k recueil des Vt-ndangrs de Bourgogne : voilà cep en* dant comment se perdent les moubMqtcnts tes plus impor* tints di> la littérature nationnle.

Le Chicnrd vient do livrer snn denier couplet a us convives, lie refrain a élcclrtsé toutes iies lêles; le Champagne a dé pu se sou volcan dans c ha vie cerveau; tous ces vésuves di'niandent une issue. Ici rfus rentrons complètement dans te Îîas-Empire. On se tbtTche on st* fuit, comme diins Virgile chaque bomnê^c est un berf^er qui court après une Ualatêc^ Aglae, ^«landa^ mesdames de Saint- Victor, de Lourencey, de Wftmont, mademoiselle Lise, madnmi- Viiulrin, ûjles, le m mes giilanles^ frisettes, diinies de comptoir^ tout cela ^sl mêlé, confondu, démocralisé p^r le délire. C'est le moment on les bacchantes de ThvflC'' coupaient des hninmes en morrenux. Malheur à l'Orphée de Torche^lrc; si on le porte en triomphe, il est perdu. Mais TOrphee a conservé son sang-fruid, les ^nm d*vicurierit plus lents, on supprime la cloche, on renonce â la po'Mre fulminante. Le bal tout entier reprend h.ileine. Aiors surgit un autre danger : le chef d^nrchcHtre est en suretê, mais h morale est en péril; d'illicites ardeurs sont nées au contact de tous CCS èpidcrmes; queh^ues bergt*res faciles ont toléré dc.s familiarités in discret eSj quelques couples hardis pren-

nent des

soot sur le pomi defiîre 1 teindre les laslret; Il &e esquirer si à tio sonp d'oïl itl datait de aoof i* te fa do | eapsDleSy la cloche soniic. loi écbtent comme nn feu d*tttii& | reprend tout i coup le mains, soudflîn le daose i une djDse, c'est âne 4 an leurbll Jonne ; les nus t autres toDl tout C€la I la Vmr, les cheYeiis flotteet, l»i une mer en démence^ qd i turnale Antique, une mfi L'orch^lre rottle comme I réi, et à chiqae édet de oommeoce |}las ardente. pUêi jusque ce que la toIx de IN tcriuédiaire du cadrmii« ^ é « Vous 0*1 ret pas plus loia. »

Quelquefois, au milieu dsi Tonlp tes corsa f^es craquât, ta ] malheur à celle qui Tondrait i réparer le d^astre de n Udûmtf serait sur elle coiDme pieds. Qqî songe d*ailleimiaii ment? Qulm porte ce que lei | livrer aux regards d^appas t un peu plus ou un peu moietdel r.iîreï d'ailleurs, tous i s'en apercevoir^ il ii*f a fuére^l sur qui cei sortes de clmei UMtâ pression, et tout garde mamc^ f*!

Vendangfi de Beurg^ygne scraîi i au violon* Laisser donc pasav ott I retient plus, ces tiras dont netkf) tours, on ne songe ptas a loolM m seulement loaies ces femniei n I veille, se demanderont d'oà TÎeaIli| la maigreur de leurs brvs; etleii a pu lei^ vieillir ainsi en un toita se sont livrée» pendant toute nnt i derne qui s'appelle le gttop eUevi

Il faut un but é toos ces i ' rection â toutes ces ardeo». Ce I c'est rapothéose de CMcard. Hilleml cette proposition de la venu de sacrîtler véritaUemeatélai nohu dem hmc ùUa feHL Cfst n^ curé ces doux loisirs, et ils saveol f Chicard. On se querelle, on le I à qui aurt l'hunnenr de cnnliibavi diviDité* Les femmes baisent k bMtlil très cherchent à arracher une i voici qui jettent des 11 eur& défait Mil nathéuées de la Grèce. Le i se déroule comme un serpent. J Alsaciennes, débardenre» nian|nil«| piidour, bergères, gardes françiiMitl datouses, défilent devaet le ffita 4 qui ne compte plnm que da en Toutes les poitriae!( hurieat le i est impassible. L'oi^e a ] car il c^tlecamaral I divine», il r^ît le rois même il daigne Il Tuit une gambade, et c*cst

LE CmCARO.

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relie figure; il parle, et le Yocabulaire e nn bon mot de |ilus.

le Jupiter ait disparu, laisserons-nous uer encore une fois ce casque si atlen* iaque de Marty? L'homme qui portail iste encore. Parfois on le voit errer u malheur dans les corridors les plus de la Gaité ou de TAnibigu. Des hautes lier il jette un coup d'œil dédaigneux orsioiis du drame moderne, qui arrat là quelques larmes furtives à l'audilie ces temps glorieux du Solitaire, s les queues n'étaient pas inventées, isait beaucoup de billets au bureau, encore sa chevelure, et lançaient des omme un tonnerre retentissait sa voix, iche résonnaient ses pas sous les voûtes ilas! comme ont fini ces beaux jours!

u couvent, Elodie, la colombe des rui- ? d'Unterwald, est devenue portière, et imant ombrage le front de Chicnrd? Cefier, et il a raison de Tétre, car jamais pure que la sienne. Aujourd hui Ton ck. Bocage; mais on dit toujours mouest grande la vénération que ce nom est que d'avoir été toute sa vie inno- , chevaleresque et persécuté! Marty ieur admis par la postérité.

i carton qui furent une visière, M. Guilt s'inclina devant eux après la première Solitaire, et leur dit : a Soldats, je suis Ces débris augustes, Chicard les porte me il porterait le chapeau à plumes ^ le jour où, sur les bords du Rhin, il e sa grandeur qui l'altachait au rivage, le est nécessaire au costume du Dieu.

!ndant de son habit gorge de pigeon.

»int celui avec lequel Ghicard a fait sa iiion, comnip on pourrait le croire à evcnus trop courts comme ses man-

ches ; c*est le frac avec lequel Jupiter, jeune encore, jouait le Ci-devant jeune homme chez Doyen. Gomme tous les grands hommes, Ghicard a commencé par jouer la comédie bourgeoise. 11 y avait chez lui l'étolTe d'un grand acteur. Si Ton n'eût pas contrarié sa vocation, peut-être fût-il devenu un Rachel I

Saluons, nous aussi, le dieu qui passe ; c*est peutêtre pour la dernière fois que nous l'apercevons dans toute sa gloire. Ghicard est arrivé à ce haut sommet où les plus fortes natures ne peuvent se dcfcudrc du vertige. 11 se croit assez puissant pour méconnaître son origine populaire; il tourne depuis quelque temps d'une façon déplorable à Taristocratie ; il fait l'homme célèbre, l'artiste, le lion. On le voit en gants jaunes à toutes les premières représentations, et Ton nous a assuré qu'il s'était montré en simple habit noir au bal de la Renaissance. Geci ressemble furieusement à Napoléon répudiant Joséphine. Ghicard, sans son costume, n'est pas de taille à résister aux ambitions qui fermentent autour de lui; ses maréchaux conspirent, ils sont las de la gloire de ieur chef; si l'empereur du carnaval n'y prend garde, l'année prochaine il sera détrôné: la restauration des Turcs de la branche aînée est imminente. Talleyrand- Balochard aspire à la régence; en ce moment encore Ghicard règne dans ses Tuileries ; dans un an il aura peutêtre la Chaumière pour bainte-Uèlène ! Ghicard s'en va!

Alais n'attristons pas la fête des pasteurs, comme dit Duprez dans Guillaume-TclL Le cortège continue sa marche; on dirait une de ces processions fantastiques inventées par le roi René, le premier chorégraphe de son siècle ; ce sont bien In les groupes chimériques, les costumes fallacieux, les silhouettes bizarres dessinés par ce pitoyable souverain, qui eût fait de nos jours un si grand directeur d'Opéra. Floumann vocifère quelquesuns des refrains qu'il vient d'improviser, et que nous serons vraisemblablement obligés de subir plus tard, chantés par Levassor dans les entr'actes de quelque représentation é bénéfice; Balochard appelle la pantomime la plus incongrue au secours de ses lazzi; Silène bat joyeusement la mesure sur son ventre; autour du pavois

LE CHICARD

le Çovac^e el Pétrin rempH^^sent Teinploi de corybantes. Une |)3flie de l'immorLalité de Chicard »;emb)e èire des- C€Qdue sur Unr front ; Us marcheat, eux «usfli, ceints d'une aurèok ju?:qu'â ce qm le jour qui commence a pnrâllre vienne le« «nrrAcher à leurs rèv^R cl Ipur faire expier kur dcUté d^un momsut. Ainsi que Pmméthée, ils ont ^'oulu ravir la flunime céleste, et ils expient leur t< ntative mseofiée, comme celui quits ont imttù. Leur Caucase, cY%t un romploirf une étude de notaire, ou un bure*^(u de^ contributions ïndin ctes Quant aux femmesi qui font l'ornem^ul de ces orgies, comm^nL vous dire cv qu^elles devieniiE'tit? ii Tiudrait pour cela vou!i con* dnire dans trop d'endroits ou vous n'aller pas s^û^ doute, ni uou» non plus.

Une chose Lrès*im|>ortJ!iite, fielon nous, dont U faut en fiuissant féliritcr Clùcard, c^e^tt d'avoir tué panr jamais la descente de la CottrîiUe. Si quehpie cbo&e sentait le vulgaire, Tépicier, le iTtros^peeLiff c'e^t sans contredit cHte sulennitêp qui n'était, en définitive, qu'une débauche de Deburcau, uue orgie de farine. C'est en vain que r^risiarratic mtidiirnf a voulu ressuNciler cette triste cérémonie : Chicard n ri^fu^^- de la prendre soun sa pro^ tcdiou. La descente de la GuurLille était aiu^i nomméu parce qu il fallait, pour en fitire pnrlie, grovir une di!!^ plus rudc^ montées qui soient au mtnide. Les provinciaux rt les étrangers tcinaient cette solennité dans la plus gtiiiide vénération. C'était un article de foi, dons hs déj^firlC' uients. de croire q»'\ï s f passait des choses munsLrueuse.^, CSC nlriques, impossibles, bab]flouieujieâ. Dans I imiiginaiîon des oncles^, la descente de la Court! lie faiîiait k digue pendant des mystères d'Isi^. Beauroup de Parisiens, les Russes surtout qui venaient visiter k capitale, partageaient cette erreur dépkrabk. Le Russe de distinction qui Tient à Paris pour l'imuser croit que les cho-

ses se

il m Die i|Qi um \m wmi di ;or€ av«c l'tiHhrt kkim

gtnnns setgoeors voitàwil Les bof a rds 0'ont m éi| la Cou ni lie le nier&dîlbi comme s'ils aUaïeiilàlD|ei:| une ronled^ounieni lent leur jeter <ie Ul res, et la Russie Quand leii choses ne w | fiacres à ta i^uiie \ei^ 1 mept une côte escarpëtl n'étail-il pas ainsi ; que c'est resacle el I ans nu ne descend pli bieuldl on n'ira phui] Ghjcard, on ne peut 1 son lit.

Vous venes d*a tante du caroatal maïntenanl A quoi cente« et vous savez «uc^ a \ deveoue. La difcadenceta^ sir. Ces déta^Kemcnts 1 lancfilJe. Pour nom. U si hb< lir au crépuscule d'ans k 1 avec attendrissement, id lis h ét.ige, U tampe detajcnae&i n^ant l*aube, pour que m m d'elle à son réi-eil ; ou k lu homme wm étmudre, âpre» i On a tH-au faire et lieiii£ff,ai ritâbte qui iaiA$e aprôiiUai

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TABLE DES MATIÈRES

C0ITEHDE8

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