‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 128 sur 269 · LA SOZUR DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA SOZUR DE CHARITÉ

m toujours vêtue avec une cslrème proprelé : une robe de serge noîre eienrpÈe de taches , dans un lieu où il paraît {presque impossiUle de s* en préserver, une guimpe el une cornelte d'une entière blancheur» un tablier moins fin et néanmoins irréprochable, complète son costume, La sœur de charité est inséparable de cette draperie. Quelle ampleur el quelle mesquinerie de formes, quelle largeur dans ces plis, et quelle pauvreté dans cette façoti de robe! Comme elle est éloffêe et mal faite » vnsle et étriquée, somptueuse et monastique ! C'est une robe de pleureuse ou de suppliante, un vêtement de deuil, un costume de veuve, c*est un suaire. On s'est plu â défigurcr k femme pour faire une sœur de charité. Elle a peur de paraître appartenir au monde sous cette enveloppe, les manches de son habit, taillées sur un patrnn chinois, s'inclinent vers la tombe comme le regret* Cet horrible aceoutrcment ne dit rien à la peinture, rien à la italuaire , rien aux passions ; il va droit a Tâme , îl révèle quelque chose de consolant et de fumibre, d'effrayant et de doux ; il se Kpirltualise en une foule de plis qui n'ont rien d'humain. Rarement aus^i on découvre sous ces volutes une de ces Jipres de Rubens pleines de fraîcheur et de vie. La sœur de charité met son visage en hârmonie avec la blancheur mate de sa guimpe ; elle se pkît a unir la forme et le fond, Ce!^ beausc bras arrondis , ces chairs sensuelïes el voluptueuses, ees traits fermes, délicats, colorés par un embonpoint ravissant, expression pantbéistique du christianisme que Rnhens donne a la llelïgion, à k Foi, à l'Espérance, à la Charité, ces admirables réminiscences de k forme païenne, ces in spi râlions charnelles, n'ont rien de commun avec le type réellement chrétien de la sœur de charité* Le christianisme macère le muscle, pâlit le visage, mortîne k chair, amaigrît les traits. La sœur de charité est maigre et fluette jusqu^â trente ans; elle arrive seulement alors à un embonpoint raisonnable et à une dévotion modérée. La sœur de charité est un lambeau de ce vieux monde ebrèlien qui a remplacé par le martyre lent de la souffrance les tortures de la persécution.

Alors k vierge chrétienne faiL place â la femme utile; la sœur est complètement sœur, rompue aui pratiques de rhdpital, vergée dans Thygiéne , dans la médecine, dans la pharmacie , initiée aux opérations, habituée a m décé^, prédisant une convalescence, prévenant une hérésie de régime, el faisant mouvoir l'hôpital â son unisson; conservant un grand fonds de religion , el ralliant avec prudence et circonspection a la philosophie du siècle. Bonne el utile à tous , femme de lé te et d'exécution, accomplissant tout ce qui est bien, fuyaut reicés en tout, vrai modèle d'une hospitalière et d'une femme digne des respects de l'humanité. C'est celle que Ton prend pour lui conlier les misères de Tâme et du corps p pour réciter son In manus , et demander la faveur d'un De profandîi. C'est celle qui perd un enfant dans chaque malade, qui verse une larme sur chaque linceul, et que les mourants regrettent comme une mère el recommandent a Dieu a leur dernier soupir; c'est le dévouement personniûé, c'est la sympaihie en tablier de toile blanche, e*esl tout ce que notre siècle est capable de concevoir de religion.

La sœur de chante est encore le grand interprète du médecin. Veut-on savoir si le makde a eu de la fièvre, el à quelle heure; sll n*a rien omis du programme de k veille» et s'il a usé de celle résignation qui est la première vertu des malades? La sœur sait tout cela beaucoup mieux que le docteur lui -même.

H y a dans chaque hôpital un couvent, lis vivent Tun par TautrCp la prière soutient le dévouement, le dévoue*

ment louUeiil la 9à^ ITat iWi prés du pnrgi b* LonqMli] de la journée, eue redcrjcrtfls^Ai dévotioo , elle rentre dâ» le nèr travail est une prière et b prautti

La sœur de charité ni H i son qui la vil faire proTei rite du cloître el dans le j et hospitaliers. Ellemeart^ ses malades, moissonnée p«i file qu'un fêle olBeieux, une]~ poseauiépîdémies^ Verto saiiM^t sainte sans léffende, elle n'^v*?^ drîer; son nom Cgure tout au | de rbdpital« nom oublié COD il u'eiitte pas de Panthéon.

Il y 1 des sœurs de charilé II kPkié. i IMpital Saînt-LtMij rbôpital Neckn*, aux Enfti En rants- Trouvés. Opfiosîtjoa préhensible : il y a des mèfiti leurs enrants , el de ttniplei I leur des devoirs de la rent sans avoir compris la i

On distinguo an hàpilal d*i celui-ci on laisse respénsee i h ]p' peut y avoir danger de mort, ■ hôpitaux sont les plaies da coif sont les ulcères cbroQic|nes, D liii hospices sont dessertis par i

C'est â Paris qu'existe ee 4|et I le grand t^e de la scear de cka les grands remèdes î et une fQ immense de makdle, de nuscRtfltl faire germer d^ Yertus i la I La province compte aussi di éloge; ici, néanmoins, oa remarque que nous i servation. Bn provinee, il f s i bien élevées, maïs sans fortnsc, fil pour ne pas devenir des justement les plus aptes à ^ri lil qui suivent une rocation oppQtia.1lKl cre âdes malades an détrtm^tdeci' talion que le sort réduit à n'Un 4, IravniL La coDdition de rourrier ck, Il tellement vulgaire^ tellement rail blâmer une femme à) édm^amà mais que penser d'un ordre de T vrier à être délaissé en fivewdci mes qui peuplent les hôpitaiisT U i être la femme la plus noble et hi social, n'a pas besoin d*ètre, daMlafavI détournée d'une autre iêz aux sœurs de ebarilé» qai le suât p«i de soigner les malades.

La tâche de la soettr de ckarîlé, fMr l imposante , n'en oITre pas vertus de la femine el de l'fa C'est â 1t sœur de charité que r«^ propreté si sévère et si reeàtrehéi hôpitaux de province* ^nnmel'WfU'fhî d'admiration. Et en génénl , toM A frii de la srfïur de cbsrîlé se UH i luïe de propreté qu'on ebercberdli

En province, la sceur de cliarîli I Pénétrez dans son dispensaire, ill la richesse de i ' ^îcÎM

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