‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 177 sur 269 · LU · texte numérisé non relu

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*Tateur. Il croit au développement des masfqiues , au déplisscmcnt des circonvolutions ^ rinnéité des facultés et au perfectionne- »êcc humaine par Péducation.

i fond le grand ouvrage de Gall et de Spur- 1 n'tUnnie et la physiologie du cerveau. Il ^s Observations du fondateur de la phréno- ^osttbilité de reconnaitre les facultés mo' actuelles de Vhomme et des animaux, et il

donner une suite au Traite de l'éducation ssciple de Gnll. Il a déjà public d'excellents s fonctions du système nerveux, sur Talic- «3 et sur les autres maladies du cerveau. ^Dgiste savant va peu dans le monde; et ^st invité partout. Mais comme il ne veut

sa science un instrument de plaisir, une dmancie à l'usage des oisifs ennuyés, il reste S site les collèges, les hôpitaux, les prisons, ossements publics, en un mot, où il peut

faits, et observer quelques-uns de ces phés» exceptionnels, que la nature se plnit à ^Ur de nous, comme pour nous apprendre ■i^oonspccls dans les jugements que nous

Le phrénologiste savant fait des cours de phrénologie toute l'année, soit â l'Ecole de médecine, soit à TAthcnée Royal , au Musée phrénologique ou au palais de la rue de FAbbaye. Il donne des consultations chez lui une ou deux fois par semaine , va tous les mois rendre compte de ses observations à la Société phrénologique , et prononce tous les ans un superbe discours à Tllôtel de Ville Nous avons besoin d*ajoutor que ces discours ne sont pas toujours superbes , ni prononces par des phrénologistes savants.

Autrefois il faisait partie du comité de rédaction de Tancien Journal de la phrénologie, édité par Bailliére; mais, depuis que ce savant recueil n'existe plus, il écrit des brochures sur l'appréciation phn'uologique des tètes de nos contemporains illustres ; si illustres il y a !

Quand le crAne d'un grand criminel roule sur l'échafaud, c*es't a lui qu'on l'apporte pour le décrire, pour le faire mouler, et surtout pour mettre à découvert la prétendue bosse du crime, qui n*y existe bien, suivant les uns, qu'autant qu'elle D*y existe pas. — Ce mot est d'un phrénologiste.

Voici un fait qui prouvera comment ces messieurs pra« tiquent la science de Gall et de Spurzheîm.

Il y a cinq oa six ans, nos lecteurs doivent se le rap-

LE PnPiÉNOLOGISre*

peîer» on découvrîlâ Paris, rue de Vaugîrard, uo squelette de femme, La cour voulant savoir si ce sc(tielelle étaU rêeDement celui de la femme qnt avait clé , disaiton , asssfïsinêe par les nommés Ba&tlen et Hobert* on pensa à la pbrénolop;ieî et, mn$ autre préamlule, OQ envoya â M, Dumoulirr (Tun des ptt ré nolo^i ^testes ptm habile;}) une lettre du procureur du roi , qui lut enjoU gnaît de se rendre à la cour d*as>lses. M, Dumoutîcr mon le dans un Gacre qui raLtend^iîl li sa porte, et arrive au Prvlais. On riotroduit dans la salle des témoioE, et 1^ on !ui préîiénte un sqnelcUe i

— EiamiDezlaléLe de cet individu, lu! dil-on, et donnez-no us les diUsib les plus drcoustanciés sur sa ?ie.

Le phrénologisle se met â Vœuvreî palpe ce crâne 4 demi rongé et prêt â tomber en ponssim; et au boot d'une heure, ses observaiions ëlanlc0Qsigii4e»'par écrit» il les remet au juge d'instruction.

— Alais TOUS êtes un sorcier i lui dit cclui^cî après aroir pris connaissance du rapport.

— Pourquoi donc? demanda te disciple de Gall d'un air salisfiiit.

— Parce que les observations que tous venez de me donner se rapportent eotièrement aui renseignements que j'ai fait prendre sur les goûts, les défauLs^ les habl^ tudes de celte malheureuse femme, victime de sa crédulité et de son avarice...

Le lendemnin, les journaux de Paris parlaient de cette aventure comme d'uu prodige.

Le phrénologîste savant vit três-TÎeux : la Société phrêjiologiqne ignore pourquoi. Nous pensons, nous, que, phrénologiqurmait parlant, cela dépend du développe* ment harntonieux de toutes les facultés de son cerveau, Copendant il meurt; et un jour, en vous réveillant, voui lîseï dans votre journal, a la suite des faits rfirefi :

« Encore une perte pour la i^cienceï,.. M. un tel, médecin en chef de tel hôpital et ciMcbre phrénologisie, est mort hier soir. Son convoi aura lieu demain à telle église. Ses nombreux amis sont priés de considérer cet avis comme une invitation. »

Passons maintenant au t^ffie «ss ex commun du phrciiologiste non sa vaut.

Celui-ci, que nour appellerons tout simplement le pbrénologi^te , attendit qu'il se fait ainsi nommer dans le momie, est tout ce qu*on veut : médt^cin, pharmacien, négociant en vins ou en sucre, homme de lettres , instituteur de campagne, marchand de bougies, avocat ou artiste. 11 est de plus électeur et jurt^. quelquefois éiîgible et député, rapporteur du conseil de discipline delà garde nationale, membre delà Sociëtc p tiré oologi que et presque toujours actionnaire du nouveau journal la PhrénolofU, lequel ne paraît jamais.

Physiquement parlant, le phrcnologîsle est gros et court, s'il nVst pas sec et maigre. Sa tête présente invariablement ces deux formes bien di^^ti notes : — ou celle du coco en largeur , — ou celle du pain de sucre en hauteur. Le front du pbrénoloyiste, quoique légèrement dé* primé, est entièrement dégarni de cheveui..* et bleuâtre aux eitrémiics supérieures; — ces messieurs se font de tré^s-beaux fronts â Taide du rasoir

L'âge du phrcnologisle est un problème pour bien des gens. Si celui qui se donne ce titre a été converti par ÙaU, il esit cb^mve, et alors il approche de la soixan* taine. St, au contraire, il est devenu phrénologîste en suivant les cours du palais abbatial ou de TancienneSo- Hé té †dttiifâlion , il a de vingt «cinq à quarante ans et porte des lunettes.

Le phrénologiste de Paris ou de la provîncet — carîa

province io^ rail wam avants t — iH Le pêlelM, ki meol îocoi ni

Ce If fie naturalistes, c«tli êm comme les anlresdiiH dres^D finiillet flM i BtrijbafMl, genre «Kl raocs ei U a^nlilB [ laÎDçs ei i'hDÎle d«e«fai.ll i OQ d^empaîlleiir d'oisctin; coofirlef âe li^es de iMtti •I qal ee soot bonnes â i

des inéeooms et à I OQ eenliito ées tétei tf ee te iléifr lrÉ«4<raaUe i to^l^ «H^TOf ait on I

iTnIftiBi

ou moins

n'étant point i leur plaça lu comprise du paUîc çl i phyisionomte éltmoge* — ^ Il | il a vocal, qui,

rexoellenie evAnMtfai dt 1 leur de professioii; — «t «rfÉl de lettres, Tub des gentei I01 rable classe. Ce demlw a | de Manuels et A'tftidci vhi ^noili pu- Mais I

Une aiiirQlarilé ai e*esl la manière avee 1 pliréûolûfisie. ffe crojei fm\ dans aés allures au ctmMia mk nologisle ! il est ofeicmievl ( marcher eutreineiktfMievAl les ruée le nés «q tut, foi' Ion Uelielé de iMiae, Vm \ ses sur eai-mémem»

voir deux mains toDfoei, 1 pbrénologistes oal les WÊÊm 1 courant el obsemnl loet i la I f ielUards les plus damm modes et de lin|r»ie% < mandant tréft^pollineiil la ] quelqu^mi. «* Cra est ■■ |«t Si TOUS aves le «Mlieerdai Dologtsies, et ifoe par n wmaAi rencoDtries soit ta ial, m T en f ous abonlaal, «a Uee di 1 ôtera votre chapeia ^ v<mb| Si par une lootUe i renseîguemeiils car lûMi en donnera mille q«i tawi question.

H r a peu de teaps, n dii mtnes prétendit a?eir ^ unetâtei '

sur lequel se trooie lai mabqud lîil le ^^

troQfèreoi sur les 1 ,

nue tête remplie déiMM^ cM^ faîtes à coups de laaee eldil Le mhsk% pitrénoln|l<» 1 reiar**" *^^iqaelqe léliiti'

LE PHRËNOLOGISTE.

Ei-

^ atiil entendu dire au célèbre 6rous<:aîs Peonfonnatîons les plus opposées étaient m fitttache Bellin couronné par TAcadémic ^Iplfé six personnes et trois chiens, et de E;|riâft9. condamné à mort par la cour d*as- JnMrt le savant, il fait venir du Musée : épreuves moulées sur nature de ces ^.et^te fiant aux élî(|uettcs qu'elles por- " f ^liniontrer clairement à son auditoire ,' quoique ayant ks parties latérales tît TalTreux org^'Hie di* destruction, n d*ane organisation contraire, étiit i^iilli homme bienveillant et dévoué.

ni'pÉOli étaient à peine prononcés , que ses vrin éelat de rire : — Ils avaient changé les

^fts cela aux observations cranologiques pies de Gain %l phréoologiste savant que nous avons ana- Snenl repousse le célibat, — et en agissant ^Bséqaent avec lui-même, puisqu'il croit à ' aux manifestations du cervelet — le type kms disséquons en ce moment est parfnitch dapremiiT. Il plaide la cause du mariage, iHs il se met en devoir de chercher une d*est alors que nous le plaignons, le pauvre '! Giril n'admet pas comme Gall la sainteté benllés que Dieu a données à Tespèce huoertesl II a horreur de certaines bosses, et 11 ses précautions pour que cet organe fatal »pp6 Jamais. Il palpe la tête, il observe la

de toutes les jeunes filles, innocentes et

liai présente; et c'est lorsqu'il consent à

existence avec l'une d'elles qu'on peut

Eson, que malgré sa science il est certain...

erien.

quelques années de mariage, il se voit pcre petits garçons qui ne lui ressemblent point. te que cela lui fait? 11 est père 1 II est heui pourra palper à son aise la tète de ses en*

Le phrénologiste a nn cabinet de travail dans lequel il se ^rde bien de travailler. Ce cabinet, fort propre du reste, et décoré avec luxe, est orné d'un bureau couvert de papier blanc, de brochures et de livres non coupés ; d'une magnifique bibliothèque renfermant des ouvrages de phrénologie et de physiognomonie superbement reliés, mais vierges dans toute l'acception du mot ; de consoles en bois doré sur lesquelles sont placés les plâtres topographies dé Gall et de Spurzheim, les têtes moulées sur nature des assassins célèbres, des grands hommes politiques et des voleurs distingués; enfin de tableaux synoptiques, de portraits, d'un divan, et d'un piano criard cl toujours faux : — car ces messieurs sont rarement musiciens.

En général, le phrénologiste ne se mêle pas de politique. II se rappelle bien avoir été autrefois d'un parti ou d'une doctrine quelconques ; mais, depuis qu'il fait partie de la Société phrénologique, il a rompu avec ses anciens collègues, et maintenant il regarde la phrénologie comme sa charte et son Dieu.

Il lit indiflëremment le Journal des Débats et le National: mais, quand ces journaux osent dire que Lacenaire. Avril ou Soufilard n'ont pas la bosse du crime, il envoie aux gérants de ces feuilles — qu'il méprise intérieurement — une réclamation qu'on n'insère jamais.

Le bonheur du phrénologiste, c'est de suivre toute sa vie dis cours de phrénologie qu'il ne comprend pas; d'assister régulièrement et d'applaudir de même aux séances de la Société phrénologique et de l'Hôtel de Ville; de payer a l'avance et par trimestre ses vingtquatre francs de cotisation; d'élever en serre chaude des insectes inoffensifs à l'usage de la phrénologie comparée; et enfin de rechercher si, d'après les bosses de la tôle du lézard, ce reptile n'est pas, comme l'a dit Alphonse Karr, l'ennemi au lieu d'être l'ami de l'homme.

Après avoir ainsi vécu, il meurt en léguant â ses collègues sa biographie» que personne ne veut lire, et au Musée phrénologique sa tête, qui ne reçoit jamais les honneurs du moulage.

Moureux phrénologiste, que la terre te soit légère !

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LA MODISTE

MADEMOISELLE MARIâ D*ANSPACH

[l ' GFt dîï îieures : Paris s'éveille, les magiisLiis f^ont ouv*.Tls . Quelques (ïromcncurs longent le boulevard pour res[rirer l'air du malin et i&ecûucr l'engnurdissement du fonmicîl : des commis se rctidcnl n teur^ LureAUi ; des Te m 111 es d'extérieur modeste, des jciiues gens en Im- !iît du malin TonUu bain ou en reviennent j de dlligenli cclilialaires entrt-nl dans les cafés pour déjeuner et lire leurs jonrnaui. Si, parniUous ces individus d'asjiect différent, vous voyez jiîisscr une jeune fille a ta Ion mure dégagée et libre, qui marcbe vite, est nu^e avec plus de cotiueltmc que de bon goût, jetle un coupd'*nil en ri eu jt surtout ceijni rt'iiloare, et fkréte, chemin faisant, l'oreille aux i^Mlanls jjrojios dei^ jeunes gens qui b suivent ou s'arrêtent sur son passage , — c'est U mudisle* Suivez-la vous- m unie un instant, et vous In verrez se rendre à un magasïin ou les demoiidlei de venti l'ont déjà devancée pour faire leur brillant étalage.

L'êtaliigej cette cbose si fuliïe tt si simple en af pu* renée, Q^i pourt.inl une S]U"CÎali1é qui eîtige autant de snvoîr i]ne de bon goût : il dounean magasin ce cachet d'élégance qui ébloull cl attire. L*artîci vous fait devînt r bien plus qu'il ne vous montre^ on dirait d'un livre dont le titre éveille la cnjiosîté. 11 faut que d'une disposition pavante res^^ortcnl ta forme el la conteur des ravissants cUnpeaui ap|orlés de Tulelicr, i:i frais cl si jolis qu'on croirait qu'ils se sont FaiNsans être touches. Regardez : réloiïe nVsl j^as fnji séo» le rul>an n'a pas un pli, le bnilanl du salin n'a rien perdu de son lustre. Eh hienJ mettez ce vert û côté de ce bien, el vous vcrrei qnci hor^

rîble coqI ces. Taries Itti ftUis : qmt le «t 1 bleu, hubileniCDl TM^pr&dkk. itl " hie barinoDÎcui. Pkcti àdHéà h modeste empala de peilt dft J orne Vèïé^ul cbepem de fclMi^ de dentelle et ces manboeb^p a odté de Vhmmhk hm$in^i lettes; le Oeur eimét de f de grâce euprcK de VâlgnÊtBi de perles de oe Uirb^D rosée au-dessus des dénrs dt] sons les barb^ flattantes de ni — Prestigieux elîet de gr>od «tl

Un antre talenl de 11 é ^ au premier rang tas cÉos cher comme un Ir&or h petites curieuses des ii pas de copier. Car îd»

professions^ la jalousie feiH i s «approprier le saocés ett hsl vale. Quelquefois eœ dans un établi tsemeel pin eii des modèles. Cette sorte in quelque dinger poat daSteur, TOtre noe eip seuls résultats de celle j

La demoiselle de feaie 1 1 aux eiigeac^ ée «m ift,dna I mîrables. Vous k j rciaé» quand elle i des omteflit piles, et ûlt | de mn intérêt de pnodr fort embarruide; mr, i

LA MODISTE

« Grâce aux mille séductions de sa faconde le, les formes vieillies, les couleurs passées disparaissent ainsi des armoires où elles gifedonnées, et c*est toujours comme en lui fuic:e qu*on Ten débarrasse.

i^iseilesde vente sont prises, en {général, parmi pérîmentées et les plus capables de roprésrn- QDt une maîtresse de maison : c'est le balail-

Spons à la jeune fille que nous avons aperçue I re. Mademoiselle Julia entre dans le magasin. 2tUc brune à l'air mutin : elle tst frisée comme t qui va au bal, porte une robe de soie rayée, K.re français, des bottines vernies et des £;:ants

«si à la fois en négligé et en toilette. Sa robe ^ peignoir, et son cou s'entoure d'une chaîne ^^osseur remarquable; son col s^arni de den- ^ sur sa poitrine par une énorme broche à laittachée une seconde petite chaîne qui suspend frtte. Blademoiselle Julia a quelquefois des atttierfs, des migraines, des spasmes qui se calidle des sels renfermés dans cette cassolette.

3)as croire, avec ses malignes compagnes, que dire voir toutes ses richesses qu'elle. se charge

ainsi d'un maga.sîn d'orfèvrerie.— Or mademoiselle Julia gagne trente francs par mois.

Julia monte dans l'atelier où se trouvent réunies douze ou quinze jeunes Glles qui causent entre elles en formant plusieurs groupes; car ce que disent celles-ci ne doit pas être entendu par celles-là. Ce sont les appré' teusex, ainsi appelées parce que leur lâche est de préparer les élômenls de travail pour la première demoiselle. La plus habile d'entre elles prend le titre de seconde.

Au dernier échelon de la hiérarchie .des modistes se trouvent les trotteuses. — Ce sont de pauvres petites filles qui font, chargées d'un énorme carton, les commissions d(> la maison, et payent ainsi leur apprentie sage par une sorte de domesticité.

L'arrivée de la nouvelle venue suspend les conversations, a Vous venez bien tard, Julia! dit la première demoiselle ; la patronne se fâchera. — Est-ce ma faute si je ne puis m'cveiller plus tôt? répond-cllc dédaigneusement... — Bonjour, Mariette; tu n'es jamais en relard, toi : je ne sais comment tu fais. — Oh! pour Marielte, c'est bien diOerenl, reprend une autre, elle est comme l'alouette ; dès que le jour paraît, elle chante et tra» vaille. — Aussi, j*ai déjà quelques pratiques, et ce matin j'ai fait un chapeau pour la fille de ma propriétaire ;

Pari!. — Imprimerie df Edouanl Blot, ru« 8alDl-Looi% ff

U MODISTE

je l'ai fait loul enlîerp j*y gîi|îne dîi fmnci! — Pauvre Blnrtelle .' dit JuUa d'un ton de pîtîé in su lu n te. — Quel air de proti ction [ Est-ce parc« que ma robe» tu lieu d'éirc de soie comme h vôtre» n'est qu'en motisselîne de laîne ^ deux francs l'anueV j'aime autant ma chère, être pauvre comme je le suis que riche comme fûus J'étes* » Juli^, sariH répandre, 6te tranquîUemenl son cUAle et roo chapeau, qu'elle suspend â un clou ^VkT la muraille, en rompn^niu dos chdlcs et des chapeaui des autres demoiseltes % en sorte que Ton pourrait se croire cliei un loueur de coslnmcs en Irmps de carna?al, ou chez une marchande à la toilette. Tout le mon4e est arrivé. G*eHt le moment du déjeunerp que Von trouve toujours mauvais, mais que Ton n'a guère le temps de cri* tiquer; car ces demoiselles viennent presque tussîtdt s'a^^scoir eu deui (îles autour d'un long comptoir, sarde hauts tahouret^ï, la premim demoiselle >î leur tète.

llisons un mol de la première demoiselle. Ellô est ordinairement la moinf; jeune et la plus prétentienie; elle commande en soitvoralnc, parle volontiers de son talent, et pi;ne de huit cents à trois mille francs. Plus elle est payée, plus elle h.iussc sou prn|ire mérilei Elle se croit réellemenl arlistt" ; car, si elle imprunte au peîn* ire ses modèlciip le peîjilra, à son tour, ne lui pr^nd-il |»is les iïien!ï pour emhcUîr ses tableaux? F^e ries pas de son enthousiasme ; la modiste aime son état. En oiïct, quel nlu^ agréabh^ travail que d^avoir sans cesse entre les i..ains, sous \eA yeux, le velmtrs, la sole, des fleurs et des plumes? Ausïtl, que de rêves n'ont pas fait faire ces i^raclcux (hapeaux à la jeune G lie qui ie pique les doigts et se ratifie en se hâtautp parce que, dans une heure, voire capnre de coipiullerir aura changé t Ce qui l'ennuie surtout, c'est de corriger. Parce qu'elle n'aura pas roiisifii à rendre jniinc une vieille, jolie une laide, on inaudrl son muvre. « Je voulais un chapeau comme celui de madame de..., et celuî-ci ue lui ressemble en rtciii i Observer que mad-iore de,., a vingt ans, qu^elle est jo< ]ii\ et que celle qui parle en a cinquante bleu cofii|ïlés. Ouede patience il faut, que de sang-froid surtout pour nn pas répondre à celtu femme : et l^h[s, madame, je ne puis ch.inger vos traita, mol, ni reudre A votre Hnt ce qu'il a perdu ! » U maJistc se tait : elle se rappelle i propos que CjIIc femme achète le droit d'être ridicule impunément, H faut que vous sachiez eu revanche qu'être belle et disltnguée, c'est une recommandation aui yeux de la moiliî*te. On se surpassera alors, car cette Jolie létc j^arcra volrc ch^tpeau comme elle en sera parée» Mais usalheur a la femme osscï malavisée pour oser se lîvrrr :'i la rntii|ne des Œuvres de la modiste; on défait avec riitîo l't refrut m dépit du hon guût ce qui va »"lre trouvé eh:uinrint :'i force de ridicule. Pour quelques-uneis, cV^t une pri)f;Lua1li»n de leur donner ce qui est bleu; ellc>^ iroiïveul mimii le bizarre et l'eilravagant. Cellesli kuilcut [\ r*iriginalllé.

I/h»uredu travail abonné; la première demoiselle ili^lrilme :'i chacune de srs élèves la tdche de la jfiurnéc. .l/ouvra!Te terminé, elle le reprend pour j metlre laderïii re nii.iu, le f^içoiine^ remliellit, et lui donne ce je ue yi]^ qiicii ipii constitue la perfection, c Voila, iulia, UA

chinpe:m i^ * vnus; c'est une tête de soixante numéros.

— Ahî quelle hiïvrcur! ce ne |ienl être que pour im© .Allemande : p-ossc tiHe, pramh pieds, grandes mains... Tolal : jolie femme de CarUruhe. » l^n disnni cela, elle j<4te un rv^,ivâ malicieux 'i nue jz rosse blonde placée vi^-ii-vis d'elle. Thomassine esit Àlïemande. et ne sait pasuninotde franchi Is, Kile regarde avec étoniicmenl M s cauhiradcs qui rient aux éclats. « C'est mal , mademoiselle Julia, de vous moquer d'une étrangère, re-

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Gemot eidtenne mi ère demoiielle ne paît ^« a N'aveX'foi» pes renirqiié/i uue blonde â Ti des de modei oui une bîttiÉt 1 une demoiMlk «Kt jelae, fi i meut, le Cytcoititiserd^likil,^!

ser, ou I peu prés, p»

alors elle prend se va il 1er lei inlrei, el née... 1 il lolletie. Ne fai^fel sente, loiifet, par tuiaid, Af ' sonne dan« le tnagisîn? QÎiMàl flsamment représentée par II < ausjiî ne 8*f iiionire>t-elle |iên^ bttuellement madame ne fi cher, m elle ne reçoit que 1 petites enU'ées* Le soir, die fi 1 res an bal ou au speciede. F que quelquerots, pari licîtude toute maternelle â Tm employées, aaïqnellet eUai mesure qui profile en mtetlHiiil caisse, lis bonnes mteend cellent rapport pour earla tueni établîssemeots, tes t gent fort avant dans It mil. m

En ce momeot entre ne l faut un turban ponr une sairê net pour un dîner cbei j un bai à la cour. — ToU miére demoiselle; elle fn poupée. Ce n'ea plna le | plus le tare on rarabe : Ha 1 qu*el1e innove, alors «Mai ses doigu tout œ qv'^e I et sa volonté. Le peiii leaiiai coquet, nn morcean ée jalousies ISèmiainea, il blés prés de la hmmm a ce faible annllaire, serai première d^mniselle eail erii.4 demande ;, i 1 ï af«s^«

LA MODISTE

ISl

d'auKsi joli ; ma marchande de mode d6 lira un pareil, je veux la changer pour la »rgiieil est doucement caressé â l'idée que aura qu'elle est Tauteur de ce chef-d*œut QD nouveau courage dans Tespoir d'une aient distingué, puis, avant de se séparer ^ient d'achever, elle l'essaye, a Pourquoi »vr moi! » dît-elle tout bas. Elle le donne »Tter en poussant un gros soupir; car il ne I, & elle, de porter des choses aussi

■ première demoiselle n*est pas toujours veuse dans ses créations , mais toutes les montrent pas non plus aussi dirTiciles... •it de jolies choses, dit Mariette, je re- ^ de ne pas être née riche. Oh ! pourquoi ^s plus au temps ou les seigneurs aimaient ties et se plaisaient à en faire de grandes te mariaient ensuite. Nos seigneurs, à /dandys qui viennent nous regarder «i ira- : du magasin , nous écrivent de fort belles B nous épousent pas. Tenez, c'était autreps, les hommes avaient plus d'esprit, plus 3t plus d'argent... »

rait soulève pnrmi quelques-unes un murcation, louable sans doute; mais peut-être ni l'a fait naître est-il plus excusable, au le parnit d'abord. Et, en effet, il ne faut uloir à la modiste si elle montre, en génc- Top peu dissimulé pour le culte du veau me et la mode sont deux divinités égalea tes et qui se donnent la main. A la foLs racle de la magicienne aux goûts fanlasrrcs créations, comment la modiste seraitle qu'elle, et comment ne briguerait-elle s k première , quand elle voit ses élus se 'ipeauz brillants qui donnent un éclat irréeaulé et voilent la laideur? N est-ce pas la dont le prestige créateur fait deviner une . où sa présence se révèle, qui grandit et de séduisantes visions Timagination des uc femme devient alors pour l'homme un 3 chose d'iiléal et de parfumé qui émeut )n Ame, et qu'il ailore en lui-même. Et ime, plaire est plus qu'un désir, c'est un e idée Gxc, le besoin de toute sa vie. La itc ainsi : enfint , elle s'essaye n paraître ne à se parer de ses plus beaux habits, et iment au miroir qui réiléchit son image nesure que l'instinct féminin se développe, « plus de facilité cha(|ue page de ce grand iquettcrie, dont l'amour lui révélera plus !ts le< plus merveilleux. Il n'est donc pas la modiste aime le Juxe; car elle est plus personne d'en apprécier tous les avantages, sle, dans la même proportion, une horreur ur la pauvreté. Faible créature, touchant la misère et à l'opulence . c'est un écueil le les futilités brillantes dont elle est enrivalions usent sa moralité. Elle consume »i vie à désirer, et gaspille l'autre à saisir 3 quelque forme qu'il se présente, remontez plus haut dans la vie de la motrouverez encore bien d'autres raison <t de peut-être de l'excuser. Qu'est-ce, en efl'el, de vue moral, que la modiste? une pauvre de sa famille , quand toutefois elle en a une jeune orpheline trop bien élevée pour

être une simple ouvrière, et trop peu instruite pour devenir une sous-maitresse; ou enfin quelque Tille d'artisan, dont la dureté la rebute, et dont la grossièreté contraste péniblement avec l'élégance et la politesse des personnes avec lesquelles ses occupations la mettent ( n rapport journellement. Dites donc à la pauvre enfant de brider son imagination . d'étouffer ses désirs et d'éteindre les bouffées d'ambition qui lui montent au cœur à la vue des riens ébloui-ssants qu'elle façonne elle-même, et qui resplendissent à ses yeux tout le long du jour !

Que si vous me demandez encore comment et pourquoi elle est devenue ce qu'elle est, je vous répondrai qu'elle rst devenue modiste, comme vous êtes peut-être vous-même devenu artiste , comme on devient aujourd'hui homme de lettres , — faute de mieux, parce que cela est commode , n'engage pas l'avenir, et que c'i st parfois un moyen d'arriver à quelque chose , quand on ne meurt pas en chemin de désespoir et de misère. Ce n'est pas une profession , un état , comme disent les grands parents et les négociants ; mais c'est une position assez avantageuse pour attendre, pour épier la fortune et la saisir au passage. On est en évidence ou du moins on croit l'être, et qui sait? les han(|uiers, les milords et les princes russes visitent quel(|uefoîs les ateliers de modes aussi bien que les ateliers de peinture , et s'ils achètent un tableau dans ceux-ci, ils font souvent. choix d'une jolie femme dans ceux-là.

[.a modiste a , parmi beaucoup d'autres inclination^,, l'amour inné de tout ce qui est beau et distingué. Le comme il faut est sa manie, son thème éternel, sa religion, la seule chose sur laquelle elle se montre véritablement inllexible et d'une susceptibilité désespérante. Douter de son talent, de sa vertu , de sa beauté même, c'est une injure , une injustice peut-être qu'elle excusera, pourvu que vous la reconnaissiez, d'ailleurs, pour une femme comme il faut, (îe lilre-ld, elle y tient comme un Itohan à son blason ; c'est sa noblesse à elle , et elle n'hésiterait pas, s'il le fallait, à défendre ses droits ]iar tous les moyens qui sont en son pouvoir. La modiste est donc avant tout, de gré ou de force, à tort ou à raison, une femme comme il faut. Cette expression comiose a peu prés tout son vocabulaire fashionable : elle ne porte que les choses les plus comme il faut, ne fréquente que les jeunes gens comme il faut, et estime sîngulièrc'uent l'air comme \l faut; et, si vous m'en croyez, vous ne la contrarierez pas trop sur la légitimité de ses prétentions. Sa connaissance peut, sous ce rapport, la mener fort loin avec vous..', ne fût-ce qu'au Ranelagh.

Ici nous sommes forcé d'établir, dans l'espèce qne nous avons choisie, des classiflcations nécessaires à l'intelligrnce de ce que nous venons de dire. Nous n'entendons parler que de la modiste parisienne, tel que le progrès nous l'a faite , et telle qu'elle existe en deçà de la rive droite de la Seine et dans les régions élevées du monde élégant. La modiste de province n'est qu'une pâle copie de la modiste de Paris . et la modiste des bas quartiers de la capitale se confond avec la grisi tie, cette plante indigène du pays latin , enracinée dans la terre classique, qui croit et meurt enlacée au bras de l'étudiant.

La différence qui existe entre la grisette et la mo4li8te ne saurait être contestée, bien qu'un élégant écrivain ait malheureusement confondu ces deux types également intéressants. Celte erreur a soulevé de parl/»t d'autre de vives réclamations; grisettes et modistes ont crié à l'hérésie, et Ion ne peut s'emiiêcher de déplorer sincèrement ce désaccord entre les deux pivots intelligents de la fashion. Au point de vue de l'art, la question se résout

U HODISTB.

éfidemmfînt en tiveur de noire modèle : h ^isetle n'est «ju'tine ouvrière, la modiste est un ntXhtM i et nous devons ajouter qu'elle m a même le désordre el riusôuctanee dans se;; hnbltudes , comme dans son intérieur* La ^U sette 9 p part lent fdus p;irtîculîèrement n la classe descou- (nrières. C'est cette jeune fille au sourire provoquanlté la jupe courte et relrous^ée* qui court le nez au vent, coiffée d*un simple bonnet, sur le pave glissant d'ouLrâ* Seine, ou le long àt% trottoirs encombrée des rues marchandes; qui travaille Lïut le long du jaur dans un atelier sûus ta direetinn d'une mâitre^^se ouvrière, ou va, pour son propre crimpte , à h journée , taillant et cousant i domicile les robes de la portière, ou remettanl à neuf les kirdes ûtfi petits ménngcs. Quel rapport, je venis lede-» mande , entre ce travail ;|ri>!;sier« purement manuel , et les ouvrageiï élégants échnppni; de T i m n^i Dation et de la main industrieuse de h modiste? ^tuellc rcs^iemb lance entre cette bonne OUep si acciirte, si pauvre et si gaie, con lrii£f de peu, cùnùmttd^ rien, et ces jolies liabitaotes de UD?{ riches m^pMns que vous rencontrez » safi<i les recouuiiilre, en manchon de m<irtre et en chapeau ûe velours? Celles-là, certes, ne sont pas contenu* de peu, e]hs DC sont souvent contcntei de rien. Vous figurez^ vous, au nûliou d'un de ces èlèj^ant^ salons de modes, riiisi'pnrabla compagnon de b grlïiette, Tétudiant, le vrai et prinutif lut In la ut ilt< la rue de La Harpe ou de Sur^ Louue, h cciM)i!ette sur roreiUc, la pipe â la bouche, el les mains veuve,^ de g-nuts, qn"il a oublié de m élire ou d'acheter?

11 f-'iut le dir«^ , nialcré les ellbrls et le presli||e d'un jidmir.ilile tnU-ut, le>;ji)1i^ anachorètes blancx etrose$de la me Vivieiruc r^Hit-mnt toujour:; ddns le souvt'nir des lialjiiautïi de ci* briUnut niuiriicr. cf>nmie un beiin rcvc, congtiie une poêLiijue violon qu^on regrette ou qu'où Liiine sans y croire,

yuarit ù la marchande df^ modes» celte puissance occulte qui ri'^iie di'SpittiqiK'nTL'Ut sur la \i\i\% ^racicuife et la plus caprineuNemûilii' du i^eure kum.'iin, c'est uncphysioiiomie ^ part, le type d'une clause non encore dêcrile par Jes piiysioloîîisles* Cette espèce b-ltardc participe essentLÊllcmenf Je la simple modiste par ses antécédentg, et

de la

ses je

aci^tCtiinxdfl' M^sB ||i peigtioin de qki nbliorFe 1« lioQ de 11 iDiT Tnndîs que ta gantes, ses mi gne ou fiour les

des romans, pre

le plus quelle fieiit; c*cill voyages en provlEiee, dei vl grinatioDS i Londrai, I Tn

En alteodast , vous qui lai.

qu'ici, ▼eatllet bien les raïmi n est dix heures da totri lif le sigQsI du départ* toates le I soif d*aîr pur et de Uberté. U i rappellent , celles^ï dtas na i celles-là dans une minstrdé, .

Julia i'arrète au second éiigei rence; Mariette s^en retiHiraf !

mère: Pauline a |K>nr nise heu.^ d^ rues fangeases^ ivanl fifori garni/

Elles vont ainsi dans b ni i itïiïèrem. Ut pïî:s enviée ii^-, plus pauvre demain, tand» ^J fnur!« de souAnnce en t'évdlkri i bourgeoise ou même gniidc 4mt:

m mi eommetit. Ce ienl ii| le vent de Tadversité, qm souvenirs à plus d'un haii fortunée qui donna rollenert] pas d'amis. Celui qif féft i plaisir passé, oe t^ " ombre vaporeuse %m l des atnliitkiiis de tente i

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