LE PHRÉNOLOGISTE
EUGÈNE BARESTE
e type, du plirdnolojrislc ou du cranologislo, ((uoiijuc assez commun aujourd'hui, ne remonte pas à une 1res- lin ulc nnliquilc. On peut même dire que ledix-neuxit'me siècle , le nôtre, lui n donne naissance.
Voici comment.
A la fin du siècle dcrnitT, siècle de proleslaïs. une sccle composée de quelques homirdis, enlliousiastcs, se formait en Autriche ;ne : c'était celle des élevés de Gnll , des ameux cours professe à Vienne sur le déi circonvolutions du cerveau.
les sectaires prirent le titre de phrénolo-
ine du type qui fait 1c sujet de cet article, contradictoires ayant circulé û Paris sur la : SCS adeptes . les propriétaires de TAthé- *ent, en 1807, leur salle à la disposition isles. Gall s'y rendit la même année, et y ui lui amena bien des partisans, mais qui {si un grand noml)re d'ennemis. Bonaparte Ole de ces derniers ; et il ne voulut jamais phrénologie comme une science , attendu dit un jour au célèbre Cuvier que Bonat à tout, non parce qu'il avait du génie, i de sa fermeté , de son courage et de son
t Tcmpereur lui garda longtemps rancune station phrénologique, car le docteur Ant ses Mamoires , nous raconte à ce sujet peu connue, que nous allons donner en
land, dit le docteur Anlomarchit avait fait
nu envoi de livres dans lequel se trouvait une cassette renfermant un buste en phUrc dont la léte était couverte de divisions, de chiffres, qui se rapportaient au système de Gall.
« — Voilà, docteur, qui est de votre domaine : prenez, éludiez cela, vous m'en rendrez compte.
« Je mo mis â l'œuvre, mais les divisions étaient inexactes, les chiffres mal placés. Je ne les avais pas rétablis, que Napoléon me fit appeler. Je le trouvai a«i milieu de volumes épnrs. lisant l'olybc. Il ne me dit rien d'abord, continua de parcourir l'ouvrage qu'il avait dans les mains, le jeta, vint à moi, me regarda fixement, et, me prenant par les oreilles :
< — Eh bien ! dottoraccio di capo di Corso, vous avez vu la cassette ?
a — Oui, sire.
« ~ Médité le système de Gall?
« — A peu prés.
« — Saisi?
« — Je le croîs.
« — Vous êtes à môme d'en rendre compte?
« — Votre majesté en jugcrQ.
ff — De connaître mes goûts, d'apprécier mes qualités en tàlantma tête?
c — Et même sans la toucher. ( L'empereur se mit & rire.
c — Eh bien! nous en causerons plus tard, quand nous n'aurons rien de mieux à faire, j»
On voit, d'après ce récit, que Napoléon, â la fin de sa carrière , estimait fort peu la phrénologie et les phrénologîstes.
Du temps de TEmpire, on attaquait ou l'on défendait la phrénologie par intérêt , par goût , par système, et non par conviction. Seulement, ceux qui croyaient avoir une \ grande intelligence, d'après la topographie de Gall, soutenaient ce philosophe; ceux, au contraire, qui ne pouvaient parvenir à trouver sur leur front les lK>fsei de la poésie, de la musique, du jugement, de la bravoure ou
LE PIIRÊXOLOGISTE.
de Imite auïrc raciiUé qu'ils pcnsaieiit po?^séderi iournaicnl en ritlkule la pîir^nologîe tt ses pmî^^ans.
Les gens du monde s'tilant empares de celte seience, OD s« faisait a lors un devoir d'inviter des phrénûlogistes 4
ceriarnes soirées nrislocraliques.
Un jour, M. le baron de C..., liommed'un espTÎl asseï tnédiocre, et qui èùïhII converti à la phrénûîojïîe, parce qiiVlnijt cbiuve depuis longues années, el apnt par con- ^éipunit le devant de la lète dcgnrni de cheveu x , il crovaiL posséder k front d*un homme de tjénîe. H- le Won de Cm ilisons-nous. invita Call a une soirée où il devait, diîîail'il, se trouver quelrpies antai^oriii^tos dîstinîîues. Le phrcnnln^lîtle, rcdoulant ptu les combalUïiU de salon, £c rendit n llnvitntion de ion noLle ami.
Un dc^ invités, plus jeune que les autres cl mis avec une certaine r4?cherche, alltraU depuis* quelques inslftntB l*atlcnlîon du phrénolofjiste : il êtiiit du moyenne lAÎlle, mardiîutr causait avec une grande aisance, et ne faisait que I tre, avec tes dénies, de Gall et de sa doctrine»
— Comment, dîsiiil-il d*uH air fort gai et en se Ualnn* ç.int d*unc façon toute (îrocieuse, comment peut-on croire qu'un homme, tel snvant qu'il snll, puis^sc lire sur h lèle d'un autre ses goùls, ses penchants» s«i senlitncnts!...
— Cela est pouitanl» monsieur, dit le docteur Gall en rinlerronipant tout a coup; et, sans me croire un tireur d'Horoscope, ajouta -t-il, je puî*^, sî vou» le désirez, faire quelques applicilion^ de ma science sur votre léle»
— A merveilie! s*t*rna le t^ïTon de C.»., enchanté demeltr* la phréoologie a répreuve sur un noble AUc* maudiju'il ne counaiîvsjiil pas encore très- bien.
L'iLutagonii^le parut ln'siter ; mais, les jolies dames qui Tenlou raient Tayant prié de leur donner ce plaisir, il cëdii.
Le phrénologrste promena à phi^^ieurs reprises ses lon^^ïï dot|;ts osseux sur ton le la surfaco du er^^ne^ s'arrêta, rcrummença de nonveau^ mesura mentalement les dilTérenls lolics du cerveau, compara les parties les plus si.-iihante.>s, et se mit à rèlï<ihlrv
— Eh hieul docteur? dit brusquement l'individu împa lien Le de cette lente opéra ttiui.
— VA\ ïiien ! monsieur, repartit Gall, il est heureux que vous sm'ei né noble et rkhut et que vous n'^ivez jani.iis connu ni Jos horreurs de la misère, ni les àOuiTr^ncesde la Diim.
Tons les visages ulaient pAIcs. Un silence effrafant remuait au milieu de cetltî assemblée, tout â l'heure bî grtir, si joyeuse, si auîuiéo.
— Ptmrquoïctla.' lîlarrofjamment le noble Allemand. Le ]ihivnnloj;isle po>ia sou înde\ sur ks tcmporjux.
— farce que vous avez là deux orgairrs pins développts .1 eux i>i^nU que lon^ les autres réunis,
— Kt quels sont-ils?
— Ce sont ceux de la dcstrucHrilé et de Vacquisiviléj que le vnlf^atre iip]>elle im|iri>[>rviuenl organes du nirur- Ire el du vol, rêpdndil Cil! iPunc voîi grave et assurée.
Le uohlr Alkmand tressaillît,
— ^ C'esteliarniaut [ rliârmnol! s'écnalc haron de U,.i en riant il perdre haleine; mais celte fois, rcf^ril il lors- If poslèrieiire de 11 llte,i|«li qu'il se fut un peu C4!]uë, le docteur se trompe ou la I bauir«. Aussi A l'Age lit |ihrèjio1oi;ie est eu di^fauL 1 jeu ne et hcllc, qui In^
Gall ne répondit Hen et p^ssa dans un autre s^lon. Les yolis cafaoti. dames, fort contentes dVchapinrr aux invésti^:illons du I^ phréDologkl* m
phrénologiiU , se mirent à commenter celte avenlure; hopHa) de f^ris «m êê et le noble Allemand, très-soucîeu?t, se retira deux heu- nuiison d'aUénéi * -^ ot re^ j^lui^ tut qu'il ifavait coutume de le faire. tes médediii
Huit Jours a|in!s cette soirée, 5L le baron de G.,, an- strient dt» piur nonçait avec cllVui au docteur G idl que lo [irélendu prince Celui 4|iil m
icdBei
allcinand était on eitëbrt d'élre saisi sur le
Celte «Decdûte, du temps, lit gietd k«ï.«iB phréaolï^iKta.
D.ms les drmîérei iomo bro de ces sectaires aBpNi la névoliilion de 1S3^, m nicrenl le projet de ■« féuàr 4 aCiidciTiîe. — Des honnefCo; ftOI. firoussaif, Fosnti, antres, se m trcal A kir l^le Sociéié phrénnïo^t^'ft ^m.
de tout le ntoodep eicepié premeDl dits.
Une foîji le Socîélé cnastîlw.
Tingi-quatre francs dau a p tie. Ce seul titre de ncep te doctrine de Gatl, el Vm fm lii Société phréocilo^tque, — h — arrétcrcnt les pragns Ath vnncfic {lugmentérent le mmk de^ faux phrénologisl^,
A cette époque, ces trancheDts. qu'un ^faiil ou an auteur iprre le s Ils ne Tojaîent , o'i logie. Suiirant em, la considérés comme des Çiiient toujours, l tandis que les lur la léte!...
Maïs comme le diffm qui sait el celui (|ut m (miRibres de la Sociétl| li doctrine de Gall se membres de II Socîélé)i|êîiiM et la compromettaient liiDJ«n.Ctd tervit à établir ^s dcai tffo^^ pUrt-nologHie savant dcelH^ail
On voii que nous sfkm lîivt.g de faire connaître à am ktSemmÊ de phrénologistes du passe.
loglc des df^ux types bife di^me ; — du savant et det
Nous allons commencer â-diredii moins coainiiiD.
LfC phrénolngiïte satanl cd qndquerois membre de J'I d'honneur ou président de II On en a vu cependaal ^oi même associés à la
Il peut avoir quareale«ia| d'une taille moyenne et vert de mres a dcsif^nés ^iis les uonTs Maliîé, ht€QliËéel itfMI'd.
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LE PIIRÉTtOLOGISTE.
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