M.-J. BRISSET
eus al)onIons un bien vnsic sujet. Pour pein- 10 convenablement l'ouvrier de Paris, il faudrait fnire de chaque inrlier la matière d'un cliapitre séparé : car cha(|ue métier a son es))rit, ses mœurs, son langage, son allure.
11 y a des métiers qui ra|>|)rochenl ceux qui les exercent des art?, de la liltéralure, des sciences, et qui deniaiidcnt plus de goût, de délicatesse, de connaissances ([ue de force physique. Les individus employés et retenus dans cette sphère dMntcUigeuce peuvent-ils être rangés parmi ceux qui, enchaînés pour ainsi dire à la matière, trouvent dans la lutte incessante de Tesprit de rhomme contre son inertie l'emploi et le tarif de leur vigueur musculaire? L'ouvrier mécanicien, le peintre décorateur, le bijoutier, le typographe, par exemple, n*ont que bien peu de rapports avec le terrassier, le carrier, le maçon, le tailleur de pierres. La diflërence du salaire creuse entre ces travailleurs une ligne de démarcation aussi profonde que celle qui résulte de la nature de leur travail journalier et du milieu où il les flxe. Il y a donc sous ce titre générique. l'Ouvrier de Paris, dos classes aussi distinctes entre elles que le sont, dans le monde moral, l'ignorance et Téducalion, et dans le monde physique, Taisance et la misère. Et puis, où trouver Touvricr de Paris dans cette foule toujours croissante d'individus qui accoururent à Paris de tous les points, nous
ne disons pas de la France, mais de l'Ennipt oÛBt, I Tespoir d'y prendre leur part de tout cd argot fit pulence municipale, l'industrie fnrticnlitft, Tiflw des riches de tous les pajs, les besoins d'âne wn mense population, et les prodigalités dn baigCtHl continuellement en circnlatioo ?
Oomment saisir les traits et le caractère de crik pulation douvrien, tribu nomade et l'imprévoyance de la police, qui n'a pas sa < ver les moyens d'établir une juste proporik» < vrage à faire et les bras é employer, laisse se ita dans tous les pays de ce qu*ib ont de gens ia mécontents, aventureux, avides ou dMgléi?! effrayant péle-méle d'individus entassés etji un seul point, sans un lien qui les rfnnisM, wm loi qui les discipline, sans un intérêt géncnl qà in corps de tous ces membres désunis, et leur daaat 1 roonie entre eux et les moyens d*ètre sans troalÉrl monie sociale, l'on trouverait plus bcilemcntsaii men de toutes les populations nationales si éka^ que le type qu'il v-^a de reproduire : rattisan, fi dans la capitale oa depuis longtemps duaîii iW éa quartiers populeux, s'est identifié é sa vie, é ssaa à son air, à ses mœurs, à ses habitodes, et Irmi cédant plus ou moins, on en résistant eonr^ma son influence, ce torrent d*idées conliaires, éTai^ de somptuosité, de misère, d*espénuice,dediBipliH bouillonne et fuit autour de lui... Yùûvtim ds hi un mol.
Restreint dans les limites d*nn cadre élroil, Mhea s'attachera aux traits généraux de reapéeep SMsalsi tir aux particularités des clasaea qm pewraal b dl
L'OUVRIER DE PARIS
er sera pour nous ce qu'il est pour le Dictionnaire: fui existe du produit de quelque métier, celui ivaille de la main. Nous le prendrons dans le de cette vaste chaîne de travailleurs dont les sa- )lus ou moins élevés, et les occupations plus ou artistiques, forment les différents anneaux. C'est •oser par conséquent à Tabri des mauvais conseils liséré et de l'ignorance, et des distractions abru- 18 que le pauvre cherche au cabaret contre cette i préoccupation de chaque jour : c Aurai-je du main? » En consacrant ces quelques l^^nes à l'onlous ne vous attristerons point par la peinture des et des vices qui s'assoient trop souvent aux dersgrés de l'échelle industrielle... défauts qu'il faa* îut-étre moins attribuer à la corruption qu'à la ! Quoi qu'il en soit, l'homme qui travaille à Paris, epte une vie concentrée, laborieuse, régulière, au de tant de dissipations, d*entraineroents ; au mitant de métiers faciles, dégradants ou illicites, i fait acte de courage, de vertu et de force ; son t honorable comme celui du soldat : et, de même *tiste chargé de représenter le soldat oe choisit
pour son modèle ni le lâche tournant le dos à l'ennemi, ni le déserteur quittant son drapeau, Técrivain, pour peindre l'ouvrier, ne fera point poser devant lui l'ivrogne ou le débauché !
Que de choses renfermées dans ce simple titre : l'Outrt'er ^ Paris I Le travail et Tobscurité, la souffrance et la rétftgnation, les saintes joies de la famille et toutes les angoisses de l'époux et du père, la raison aux prises avec toutes les tentations, toutes les séductions, l'espérance al la i^ieté adoucissant les souffrances du présent, l'économie vt>illant pour les besoins de l'avenir, la bonne conscience charmant les souvenirs du nasse. Tout est li dedans, depuis l'humble mausardo où, semblable à roiseau qui se rapproche du ciel pour s'en faire mieux entendre, il abrite ses douleurs, ses joies, ses craintes, ses espérances, ses amours et son nid, jusqu'à la croix noire semée de larmes blanches, sous laquelle sera doux le sommeil du pauvre ouvrier; car alors il apparu tiendra à ce maître juste et bon qui proportionne, lui, le salaire au travail, aux fatigues de la journée. Et sur cette route pénible qui sépare le point de départ de celui de l'arrivée, quels contrastes é chaque pas! que de su*
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jets d<> réflexion, d'attendrissement, d*indignation ! Dans le chemin, il y a des haltes riantes et des stations bien tristes, soit qu*on pénétre avec lui sous le vert marronnier de la guinguette, où il chôme en famille les bonnes f(Ues du calendrier, soit qu'on raccompagne à l'église paroissiale, où la religion doit bénir et consacrer les phases diverses et les grands événements de sa vie laborieuse; soit, hélas! que, le suivant sous la barricade de nos discordes civiles, on le voie, soldat improvisé et follement armé par des déclamateurs insensés, traduire en balles qui tuent leurs systèmes qui ont la prétention de réformer, d'améliorer et de guérir!
L'enfance de l'ouvrier est bien vite passée, ou, disons mieux, l'ouvrier n*a pas d'enfance. Comme cette déesse de l'antiquité, sortie toute armée pour la guerre du cerveau d'un dieu, l'enfant du pauvre vient au monde tout armé pour le travail. On lui laisse à peine le temps de sortir de ses langes, et la main de Tenfant du riche n'a encore touché qu'un hochet de cristal, que déjà le fils de l'ouvrier a manié l'instrument de fer qui doit aider à payer sa part du pain qui se mange plus vite depuis la venue de cet hôte nouveau dans le pauvre ménage. Hélas ! oui, le premier développement de ses forces physiques est épié plus avidement encore que son premier sourire.
Les Francs, nos ancêtres, ne se réjouissaient de leur paternité que lorsque leur fils commençait à soulever la hache de guerre, c II est en état de se battre I » était le premier cri de joie qui s'élevait auprès d'un berceau. La nécessité de combattre sans cesse, l'impossibilité de vivre sans la victoire, se devinaient dans cette exclamation. Une autre nécessité aussi impérieuse, une lutte aussi incessante, aussi animée, se trahissent dans la satisfaction avec laquelle l'ouvrier s'écrie en parlant de son enfant : c II est en âge de travailler! » Les besoins du travailleur débordent pour ainsi dire dans ce cri... Ces besoins sont si puissants, qu'ils dominent la voix du sentiment le plus énergique du cœur de l'homme, la paternité 1
Si la nécessité devance le développement des forces de l'enfant de l'ouvrier, Tair de Paris hâte prodigieusement les progrés de son esprit. Paris, centre et foyer d'action, d'animation, d'intelligence, a le don d'aviver à son atmosphère hAtive tout ce qui naît et croit dans son sein. Comme les plantes de ses jardins, comme les arbres de ses promenades, l'enfant de Paris devance, par ses développements précoces, les natures robustes, mais brutes de nos campagnes; passions, talents, vices, vertus, tout chez lui croit spontanément, avant l'enseignement, avant l'âge. Il apporte, pour ainsi dire, en naissant, la science du bien et du mal.
L'expérience, autour de lui, se présente partout et toute faite. Spectateur encore insensible des agitations humaines, témoin naïf des scènes variées de la civilisation, son jugement encore neuf, son esprit prompteroent éveillé, saisissent, comprennent, analysent et comparent avec toute leur lucidité, toute leur netteté premières. La vie pratique est devant lui. avec ses dures nécessités, ses enseignements infaillibles; aidé par les solides axiomes et les sévères jugements que prononce, autour de lui, le bon sens populaire, il a vite pénétré le sens de ses instructions. Si Tenfant de Paris n'a pas d'innocence, il a quelque chose de mieux peut-être, il peut, il sait juger les hommes; car il a étudié la vie de l'homme avant qu'elle commençât pour lui. Comme le petit paysan assiste sans cesse au développement des lois matérielles, ainsi Tenfant de Paris assiste au développement des lois morales. L*un sait que le blé produit le blé, que rif raie produit l'ivraie, qu'il fout semer pour recueillir;
l'autre voit que le mal firoduit le nul ; le knaii, ï être; Toisivelé, la misère ; lei passiens, le êtm ruine, le malheur! A chacan d'eux» la aatave a ciété apportent rexpérience. Pour le jeuM lillapÉ est doucement lente et se complète en aea tsfsc ces beaux fruits que Tarbre réserve é sa loîf ; p« risien, c'est un fruit précoce, mûri par ki m| qu*il ne recueille pas sans des dange» iafâk b son jeune cmur ne s'échauffe pas toojotn li^ au souffle desséchant des vices de ce Boaée.LeB exemple, ce précepteur corrompu qui lai pràeii pilant le mal que sa raison condamne, et Tiffé ses faiblesses en les lui montrant cha la M mauvais exemple ne perd pas sa fatale ialicnan jeune âme qu'il stimule sans cesse. U j i, ckafa de Paris é peine devenu jeune homme, éensâ^ trainement, de fougue, de folie» années éc «fil dent presque toujours de sa carrière fatoit.
Mais par bonheur pour lui» à cette nulneiai que ou indirecte que lui donne le menée, Ui jmli quelque courte qu'en MHt U durée» cette éJi^ plus sûre et la plus prompte de toutes» l'élBÉi gii'use. Oui, rapplicalUui des idées retipeamui tien des lois de Tordre eoostitue seule aqmA force par laquelle la société résiste eneaif llmi phismes qu'on invente, é toutes ces ptsôevfA lume, à toutes ces convmUses qu'on esâc, ia griefs qu'on exagère * coups de bélier momm lesquels l'orgueil» U fausse sdeuee etreiyritèi dre viennent frapper la base de celle sidéli Ai Oui, c'est en vain qu'on feraU valoir ks w^ peuvent exister entre l'intérêt partioiliar tf M néral; c'est en vain qu'on se aerrirsît di n^pi lois et de la crainte des punitions» ce esaMk h de plaisirs et de souffrances, de rires et éc ^/tm chesse et d'infortune» de laze et de misèn^afi qu'offre le monde sodal est trop ■fïslfeat.Shi colère et l'envie se aéraient d^é déeWsin ma amalgame d'injustice el d'hjpoaiâê^ il/im fausse philanthropie» de tjruinie léribtfAI menteuse» si les hommes qui mkmâità choses n'étaient pas des chrétiens! Cfemlini tiens, vous dis-je» à leur insn pcuifci.mil héroïques sentiments de patience» de riiMsk surance placée ailleurs qu'eux dMam AhM sont-ils descendus dans leurs ccenn» rf ai M croix? ils les ont sucés svec le lait de iHiiÉ généralement chrétiennes ; ils n'ontpHséfMB dans l'église, et ce moment d'adonliae a nlp velopperle germe religieux en leansnaLM en aide i la croissance de cette hjaapsflliîi baptême de leurs enfknts» et le coBid dslMp et les prières de leurs jeunes filles qui. ittaW viennent, le jour de la première eoaHnuBk^df 1er devant eux, et Tair qui leur ^partaisfli cloche, lointaine bénédiction qui plMSSBrkvli et leur crie en passant avec les mmmm de éàu frel roaisespére! » Oui» tousi ciété a été tellement pieds jusqu'à U télé»
délire faire tombw les croix dû bftn dmlariR rer les livres saints sur reutel... In snis (An retrouveront dans son eeeun
Ah I si l'œuvre de resprii dit mal prifi^^ forts de ses adeptea partenaleiit i l«r ist» ém centrait les hommes eecsbiés s<Mit h HMafl situation, ou, ou ins» contJôutUtiMtf Uii^ contrastes que m < imcrieu leul i l%Mlri
int imprégnée de chriAria te» qv^eUapeaiéhamM ' 1m croix dn Un dmlHAl
I/OUVRIEU DE PARIS.
.^iilcrôls d'une vie qui serait pour eux le lemps et Tuni- /^rcrs; si Ton faisait de celle vie rélroitc enceinte où Cloutes leurs espérances doivent se renfermer, où doivent ^'arrêter toutes leurs spéculations et tous leurs intérêts, "^u'il forait iieau voir ces académies de sciences mo- ^talcs dont vous êtes si flers venir leur parler, â ceux *ijuî n'ont rien, du respect à la propriété, de Tinlérêt ^«i|U*ils ont à maintenir celle situation dont ils se trouvent ■"«t mal! « Nous trouvions, répondraient-ils alors avec KL ^«quelque raison, nous trouvions d».'s dédommagements et ^des compensations, quand des idées de v( rtu, de soumismejh sion« de sacrifice se liaient à des convictions religieuses, ■riF«|uand nous croyions compter dans nos actions avec le m Sr ï)«eu qui a fait de la pauvreté et des larmes, de la rési- BiSii finalion et de la patience, un moyen d'o!)tenir d'éternelles itj ^récompenses... Mais quels devoirs nous enchaînent à vos ^30 lois, hommes sortis, comme nous, d'une terre insensible, K;, pour y rentrer avec nous, et vous y perdre à jamais? ■ta Ces lois n*ont été imaginées que pour rendre votre usur- K. « ^tion plus tranquille! Descendez de votre haute fortune, ncUez-vous à notre niveau, présenlez-nous, du moins, nn paitage moins inégal, et faites- nous comprendre enfin, en nous communiquant les douceurs de la propriété, Timportance qu'il y a à maintenir ses droits! »
Voilà, sans Tefletdc la morale religieuse, voilà quelles seraient les exigences des classes pauvres; voilà ce qui ftisail écrire les lignes suivantes à Tun des philosophes qui ont le plus concouru au grand mouvement social de 89:
« Ce n'est pas un catéchisme politique qu'il faut desc tiner à l'instruction du peuple, ce n'est pas un cours c d'enseignement fondé sur les rapports de l'intérêt perc sonnebavec l'intérêt public qui peut convenir à la c mesure de son intelligence; et quand une pareille docc trine serait aussi juste qu'elle me parait susceptible de c contradiction, on ne pourrait jamais en rendre les princ cipes assez distincts pour la mettre à l'usage de ces enc fants d'ouvriers dont l'éducation ne dure qu'un moc ment. La morale religieuse, par son action rapide, se c trouve exactement appropriée à la situation singulière c du plus grand nombre des hommes du peuple... La c morale religieuse est la seule qui puisse persuader c avec célérité, parce qu'elle émeut en même temps € qu'elle éclaire, parce que, seule, clic a le moyen de c rendre sensible tout ce qu'elle recommande, parce c qu'elle parle au nom d'un Ditu, et qu'il est aisé d'insc pirer du respect pour celui dont la puissance éclate € de toutes parts aux yeux des simples et des habiles, c aux yeux des enfants et des hommes faits... »
Il fut un temps où de vieilles coutumes, de vénérables institutions qui, remontant dans la nuit des siècles, se rattachaient aux premiers et généreux efforts de nos aïeux pour s'affranchir du joug féodal, venaient se joindre â ces enseignements religieux et à l'autorité du père de famille, et atténuaient, pour le jeune ouvrier, les dangers de la première fougue, des premiers enivTements de la vie. Alors l'émulation, l'ordre, l'obéissance, la discipline indispensables dans toute grande réunion d'hommes régnaient dans l'atelier; alors cette surabondance de force, de courage et d'énergie dont nos travailleurs ne savent plus que faire, trouvait à se dépenser ailleurs que dans les estaminets, les billards, l'amphithéâtre du mélodrame, ailleurs que dans les distractions plus coupables et plus dangereuses des coalitions et des attroupements. Chaque ouvrier avait devant lui, en effet, on but auquel il ne pouvait atteindre qu'après de longs et durs efforts. Dans ce temps-là, il y avait une aristocratie pour le travail, la bonne conduite et rhablleté :
ait
Sac
c'était la maîtrise, cette pairie des arts et métiers, cette magistrature conservatrice, intelligente, courageuse et fidèle des statuts, règlements et privilèges qui gouvernaient et protégeaient ces grandes et respectables corporations d'ouvriers que l'on commence à regretter. T.haque corporation, hiérarchie de l'atelier, reflet de Tautre hiérarchie sociale, avait ses degrés â franchir. Une grande dislance séparait l'apjjrenti du compagnon, une plus grande distance s'élargissait entre le compagnon et le maître... Certes, il faut envisager les institutions du point de vue moderne : ce n'est point le rétablissement des abus (|ue consacrait l'cdil de 1581 , donlon pourraildemander le rélahlissemenl. (]es privilèges accordés aux HK de maîlrcs, privilèges si énormes, qu'ils tendaient à établir uiiesorlc d'iiérédilé dans la maîtrise, celle multiplicité de frais et de formalités de réception, la longueur de l'apprentissage, la servitude prolongée des compagnons, tout Cria méritait bien d'être frappé par la réforme de 1770; mais avec ces abus se trouvaient d'excellentes mesures d'ordre, de sûreté et d'organisation, et, comme le disait dernièrement M. Arago, c'était là cc(|u'il fallait dégager de ces codes obscurs rédigés par l'intérêt particulier, souvent au pn>judice de l'intérêt général, et adoptés sans examen dans des temps d'ignorance. En affranchissant l'exercice du commerce et des professions des gênes que les anciens statuts leur imposaient, en assurant aux talents et d l'industrie cette sage liberté qui doit exciter Témulation, sans introduire la fraude et la licence, il fallait conserver les règles qui assuraient la discipline intérieure, le bon ordre, et donnaient une garantie à la tranquillité publique. Eh bien, la police des jurandes remplissait admirablement ce but. Et voyez ({uel démenti le temps et Texpérience ont donné aux paroles du ministre (]ui porta ce grand coup à l'antique constitution de l'industrie française! Turgot, dans son exposé des motifs, comme Ton dirait aujourd'hui , a écrit les phrases qui suivent : « Nous ne serons point arrêtée dans c cet acte de justice par la crainte qu'une foule d'artifl sans usent delà liberté rendue à tous pour exircer des fl métiers qu'ils ignorent. F^ous ne craindrons pas non c plus que l'afOuence subite d'une multitude d'ouvriers c nouveaux ruine les anciens et occasionne au commerce c une secousse dangereuse. Dans les lieux où le cornfl mcrce est le plus libre, le nombre des marchands et fl des ouvriers de tout genre est toujours limité, et néceS" fl sairemeni proportionné au besoin, c'est-à-dire â la f consommation. • 0 réformateurs, que vous êtes bien toujours les mêmes! c'est justement ce que vous ne craignez pas qui arrive, et ce que vous posez comme neces$iié sur le papier est précisément ce qui devient une impossibilité par l'expérience.
L'hérédité dans la plupart des fonctions publiques était, à tort ou à raison, l'une des bases de l'ancienne société française, et il n'est pas étonnant qu'on ait cherché à l'établir jusque dans l'atelier : c'était la loi de l'unité qui prévalait dans ses tentatives. Ces hommes qui entouraient la maîtrise d'épreuves et de difficultés telles, qu'elle nVtait al»ordable que pour les enfants demaitres, étaient conséquents avec tout ce qui se faisait autour d'eux; ceux qui organiseront le travail, quand on voudra bien y songer, mériteraient- ils cet éloge, si, en présence de ce principe d'élection et de repnfsentation de tous les intérêts, principe qui domine Tordre politique actuel, ils oubliaient cet article XVllI des anciens stiluts :
fl Lesdits corps et communautés seront représentés < par des députés au nombre de vingt-quatre pour les « corps et communautés qui seront composés de moins fl de trois cents maîtres, et de trente-six pour ceux qui
i;OLVI*.IEK PE PARIS.
c seront composés d*an plus grand nombre ; Sesdîls c députés seront présidés par des gardes on fjndics « et leurs adjoints, et pourront seuls s'assembler et dé- € libérer sur les aflaires qui intéresseront les droits des « corps et communautés; les délibérations qni seront fl prises dans lesdites assemblées obligeront tont le « corps, et ne pourront néanmoins être exécutées qu*a- « prés avoir été homologuées par le lieutenant général fl de police. Lesdits députés seront choisis dans les « asi'emblées qui se tiendront tous les ans... •
Suivent les mesures d'ordre et de sûreté publique qui doivent présider i ces réunions : elles sont empreintes à h fois d*une grande>agesse et d'une grande libéralité... Nous en recomman(JUis le souvenir au lé.jislateur quand U temps sera venu où Ton admettra le travail dans cette ericeiiite, oi'i lot ou tard doivent être représentés et disc'it's, en présence des intérêts de tous, les intérêts de chaque classe de la société.
Dans Tahsence de cette émulation conservatrice, de ce bon entourage de surveillance, d'amitié, de conseils, d'encouragements et de patronages que les jurandes créaient à Touvrier, il y a maintenant le tambour qui parle plus h.'iul que les mauvais conseils des passions, il y a le commamlcmcnt du sous-fjfOcicr instructeur qui réduit au silence le murmure des sens éveillés. Eh, mon Dieu, oui, la société, qui ne reconnaît plus que le fait, qui a déclaré ses lois athées, la société n'a plus que la conscription ponr apporter quelque diversion à cette efTervescence dangereuse que nous signalions à l'instant ; la discipline militaire est l'unique contre-poids qu'elle ait trouvé pour balancer cette licence pleine d'attraits et de périls, où, trop souvent, se perd le jeune ouvrier.
Parler des modiGcations que le service militaire vient apporter dans les idées, dans les habitudes de Touvrier. c'est aborder une exception, nous le reconnaissons, et nous souhaitons que cette exception ne devienne pas. avant peu, une généralité. Le vœu contraire, nous le savons, s'est formulé naguère en assez de discours, de cris et de chants. Il ne manque pas de ces philanthropes qui, li bout de voie pour faire vivre et occuper ce surcroit dipopulation que la paix nous a fait et que l'industrie enlève traîtreusement à l'agriculture, invoquent la guerre â leur aide, braves gens tout prêts â répondre aux prétentions de ceux qui veulent vivre en travaillant : « Allez mourir en combattant! • Quoi qu'ils fassent ou disent, nous soutenons que ce n'est pas résoudre une difUculté que de la trancher avec le sabre, ce brutal, cet inhumain, ce rétrograde instrument qui, trop longtemps, a décimé, appauvri et arriéré la France. Suspendre une question dans le sang, c'est, selon nous, l'ajournement le plus déraisonnable, le moins philosophique qu'on puisse adopter; et nous rejioussons cette fm de non -recevoir au nom de l'humanité, des lumières du siècle et de la prospérité de notre pays!
Tel qu'il se paye, à l'heure où nous écrivons ces lignes, l'impôt du sang, tout en retardant l'ouvrier dans le perfectionnement de son métier, produit quelques bous effets sur lui. Le jeune homme de l'atelier se discipline, se régularise au régiment, il y contracte l'habitude d'une tenue propre et décente. Il trouve dans les écoles régimentaires le moyen d'achever cette première éducation commencée à la mutuelle ou chez les frères, comme il disait avant d'être sorti de sa coquille de gamin II joint alors à l'expérience que Paris lui a donnée celte autre expérience qu'apportent les voyages. Il s'attache à sa patrie par les sacrifices qu'il lui fait, par la comparaison qu'il établit entre elle et les autres pays qu'il a visites; enfln il reviendra, une fois son temps^flni.
ayanlmfroi pi — ffr lit tergiefcn
on des 1 nu m is œ ces «lires qv k nm^
brillent s fin ] u F inee, qvUs se bummIi tenoy, •, i io, Alfevr o« Haatru.
Le Toiia nv v « belle prorisioe et m«
glorieux à garder et de beaux rmls à faire, ci £■ sa pipe de troupier qa*il cuïoUm à la bvkéBJ donins. lui qui, jadis, ne pooTait parier qae ési prises sans gloire de rémeote, lai qui n'avait n à taille que do haut de ramphîihéilre de MM. Fna le voila revenu, roanier de Paris, chanuat ne poète du peuple :
Ris et dunte, chante et ris.
Prends tes ganU et eoen le Miii la boone vide oa nuide.
Reviens dans ton pays* Reviens, Jean de Paris.
Aind fait Jean. Place dans Tatelier auhrFÎB: toujours bon cœur; mais le shako et le soleil fUi ont mûri sa tête. Ancien soldat et sorti de ces wk i missions dont le dur enchainement constitac ce ^i nomme la servitude militAirey il apprécie Umikfâ la liberté, de cette liberté qni n'a pins d'aalRSoto que les deux grandes conditions de rexbteocedel'ha social : le travail et rassqjeltissenieBt au loâi. i^ avoir été si complètement sonmis aux indifatai, i| rait doux de ne plus être assujetti qu'an detiii I cette rude étude d'obéissance passive i loas Isfnfc et de respect à tous leurs insignes» le soldil, mkt\ vie civile, aura retenu du moins qu'il n'y a m Ai miliant dans les nisoonables égards qu'os dÉiaidi fiTcnts grades que la fortune on le mérike m àib dans la société, cet antre régiment qui, a^ia hdiscipline, ne peut pourtant marcher sans ckL
En retraçant en peu de mots les quafils^re acquiert sous le drapeau , nous STont iafifM « fi manque le plus souvent au jeune oamrèhm, quand ce dur apprentissage lui a fait défaat Criknr gie sans application, ce bouillonnemest éi h ynai activée par les théâtres, par les lirres et kfjnm» celte grande histoire de l'empereur dont il s'itlâ v religion , de l'empereur qui fit une antra épii fa celle de la révolution, et bien plus popelwr.arl éleva le peuple au niveau des rois* deipriHidh grands, tandis que Tautre ne songe qu^i nhnMfSM au niveau du peuple; cette glorificalioa éafanfe ces apothéoses de l'insurrection heureuse, lilniîi prudentes qu'on dirait émanées de la pafifia fq^ provocateurs; les souvenirs d*un passé qi*M^ traîtreusement, les misères du présent qu'on «Mi les promesses de l'avenir dont on vent hller ïwM ment, comme si les violences ne devaient p» ai un avorlement; tout concourt à donner aixîemn| des métiers une allure bruyante, désordoeaée, qi va pas du tout avec ce calme . oes eûgenep «Taïki travail et de soumission que rindos^rie .^fiani^ A elle a besoin pour faire Iruclifltf ses dorts Ali des capitaux. L'argent est prudent, H s^ékigMéai pêtes... L'Italie est le seul pays oâ Ton temples et des villes dans le Toisinage des y
La casquette de travers , portant la OMMilacta tablier aussi fièrement qa*un sapeur, el la ri^ marteau aussi noblement qu*nn i^mbnnr mwai ■ â pomme d'argent, l'ouvrier marfshen iraiiic ses pères allaient au combat. An nilien da am ai lions de l'atelier, il a une oreille n« dedinsnsvp
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L'OUVRIER l'E PARIS.
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des commentaires dont ses voisins accompagnent tel «rticle du journal , tel passage de la brochure où ses griefs sont exposés; il a une oreille au dehors pour entendre si le tambour ne passe pas, rappelant les soutiens de Tordre pour dissiper quelque prétention nouvelle de l'atelier contre la boutique. Viclime de la concurrence, cette vaste lutte où la victoire reste à celui qui sait produire le plus et au meilleur marché possible; viclime de cet excès de production, de ce défaut d'absorption qu'amènent les mouvements politiques, et que sa turbulence aggrave encore; car, dans ces tristes crises, son mécontentement est à la fois eflet et cause , il fait de tout un ■ujet de murmure , de récrimination et d'hostilité , il semble vouloir mettre en action ce vers, qui serait coupable du crime de lése-société , s'il n'était sorti de la plume de celui qu'on est convenu d'appeler le bon homme, ce vers terrible :
Notre ennemi, c'est notre maître I
Oui, pour l'ouvrier de nos jours, le maître est un ennemi dont il faut se délier par-dessus Kmt. Celui qui marchande le prix de son temps et de ses sueurs , et sert
d'intermédiaire entre lui et le fabricant , autre ennemi qu'il voue à la haine de tous. Ceux-là consontent à travailler à la tâche et non à la journée , nouveaux ennemis qu'il parle d'assujettir à une régie commune ! Ses délassements et ses plaisirs se ressentent de cette humeur taquine et guerroyante : la guinguette et le cabaret sont devenus des rendez-vous où Ton cabale , où l'on forme des plans de coalition ! ses cris sont des menaces; ses chants, des appels à la guerre et à la révolte... Et pourtant on ne peut s'empAclier d'appliquer aux ouvriers de nos jours ces paroles de Voltaire, en parlant des gentilshommes de son temps : « Ces fous sont remplis de valeur et desprit. » Quand on cause avec eux, on est étonné de cette facilité de conception avec laquelle ils saisissent tous les sujets qui touchent de prés ou de loin à leur état. Semblez-vous douter qu'ils vous aient compris, ils appellent le dessin à leur aide, et en quatre ou cinq traits de craie on de pierre noire ils tous ont tracé sur lu muraille les différents objets dont vous leur parlez, bien mieux entendus que vous n'eussiez pu les exprimer vous-même. Leur intelligence , on le sait , se restreint avec peine pour ne pas franchir le but qui leur est indiqué. Aller de Tavant est le caractère de leur
L'OUVRIER DE PARIS
esprit. Ce besoin d'action et de mouvement, ce pas de charge continuel qui vibre à leurs oreilles, les jette sur les questions les plus ardues de Torganisation et de Ta* mélioration sociale , comme il poussait leurs pères contre les murs de la Bastille et, plus tard, sur les redoutes de la 51oscowa... Ou et quand s'arrêtera cette grande impulsion? â quelle sagesse sera-t-il donné de prononcer cette grande pnrole : Tu n'iras pat plus loin! Quelle main touchera â cette cage étroite ou se débattent ces aigles sans espace autour d'eux et sans air pour leurs ailes, et osera à la fois élever ses barreaux assez pour qu'on ne craigne pas de s'y briser la tète, et leur donner une solidité telle, qu'il n'y ait pas de risque pour eux au moindre efTort , au moindre mouvement des générations dans la voie du progrés?
Nous espérons que le bon sens populaire prévaudra sur l'impatience , sur les mauvais conseils de ceux qui voudraient exploiter cette fatigue de la souffrance et cet empressement qu'elle éprouve â chercher, à embrasser, conte que coûte , les moyens d'arriver à un meilleur sort. La violence, la précipitation, enlèvent à la meilleure cause son caraclcre de justice , de raison , et c'est avoir doublement droit que de faire valoir son droit avec sagesse, douceur et modération : pourquoi n*en serait* il pas ainsi de nos ouvriers? Chacun de ces individus, dont la réunion turbulente effraye le gouvernement et la propriété, et tient en haleine la police, a dans le cœur toutes les qualités qui font le bon citoyen , l'utile travailleur. Qu'un événement imprévu, une impérieuse nécessité vienne mettre en action tons ces éléments de fraternité , de dévouement , de charité et de patience , et vous verrez ce que peut le travail ennobli par la constante idée de l'accomplissement d'un devoir !
Celui-là, en recevant la bénédiction de son père mourant, a recueilli avec ferveur, avec amour, le legs du pauvre ouvrier : la charge d'une mère devenue infirme. Depuis lors, il est devenu l'honneur, l'exemple de l'atelier où il travaille. Le souvenir de la promesse faite à son père Texalte et le fortifie sans cesse. Il comprend mnintenant et goule dans toute sa douceur la volupté d'un devoir rempli avec dévouement, avec amour. Toute la semaine , il a travaillé avec courage , avec assiduité, et le dimanche appartient à sa mère. Lorsqu'un rayon de soleil vient égayer le jour du repos , il promène doucement la pauvre femme aveugle ; il la mène respirer l'air des champs ou des bois, et sentir les parfums des fleurs, qui ne peuvent plus charmer sa vue. Il a suivi, maintes fois, ces sentiers, entraînant sur les frais gazons de fringantes et rieuses filles; alors son pas était léger, ses sens émus, sa voix sonore ; aujourd'hui, calme et recueilli, il écoute , plein d'une sainte émotion , les conseils trop longt- mps ouljliés de sa mère, il rêve un avenir calme, tran<(uille et doux où les pieuses voluptés du cœur s'unissent aux joies de la famille.
Telui-ci s'est constitué Tappui, le soutien, le mentor d'uni» jeune sœur, le seul bien que ses parents lui aient laissp av« c l'exemple de leur bonie et honorable vie. Il a rt'formé sa conduite pour avoir le droit de surveiller le trésor (|ui lui a clé confié. Des leçons de morale, de sagesse, viendraient mal et perdraient leur poids après une visite au cabaret et une station à la guinguette; en disant â sa sœur : a Sois sage, modeste, rangée ! » il veut pouvoir parler avec aplomb, il ne veut pas rougir: il ne veut pas, surtout, entendre sa conscience lui crier : Oses-tu conseiller les vertus que tu pratiques si mal? Je connais un jeune ouvrier qui , dans cette position , a poussé ses délicates et paternelles alternions ju.squ'à l'épurement de son langage ; il a banni tous ces mots sans façon qu'ac-
cneîlle l'atelier, « quand m CMMniaiHlk, puritanisme : c Vous n'atci im» cowm Mi,«| à élever, leur < l-il ; il m fast pv^h entende cela : je I le men détail eDa fiv ^^
pense pas mal < nere moi ! m |
Parmi les causes qui décident d wiBfiaBigli vrier dans ses f^éoéreuses réiolotioH ditaili| bonne condaite, il s'en est poim de phs famM ajoalons-Ift, de plus généraleaeBl ▼îdariMip^ entrée en ménage. Le mariage est, porMi^ crise morale qui détermine d'une manière innail bonne ou mauvaise direction de sa vie. Os ei^ndl effet , l'insouciance ou la paresse dans la Jassitai ne demandant an travail qne la aatisfadisa àmp près besoins; en &ce du peu dlmportaesifl^ ce résultat, et de l'effenreseenoe de son l|ièlBÉ|
de folie, son début d'application et fa s'excuser â la rigueur : il ne lait lert qu'à Isia^ tout. Hais quand l'eiisteDce d'une iennt,lilM| d'une famille, dépendent de aa conduite i FH plus d'excuse pour faire passer les mauvaise habitude et de dangerense i laisse encore aller, c'en est faill Le i reste tel, étant époui et père, eel un Ucb, i cœur... et qne Dieu prenne aons sa gank si j et ses pauvres petite enflints! liais noB,p jours heurense, saluteire et sainte ert TÎd jeune femme installée en tout bien et en Math le modeste logis du jeune ounier. Akl Te se plaise â parer u cheminée de la I qu'elle y apporte arec ses frsôs symbole d'innocence el de pureté eut jours meilleurs qui, par elle, sa son! 1 effet, la jeune femme, an foyer de Te sée do poésie, d'amour, de réliginB, qmmSi sa vie. Qu'il y en a, de ces âmes énergiqBnfihri tude avait assombries, que le doutnaïak W^fi valent froissées et endolories In prespirilifcisifc et l'injustice du sort, qui lui ont éà la gsoufea terrible maladie, dont le dernier accès 01 h ai Elle est ici l'encouragement, rédair dlmfiirfB^ tendait quelque génie inconnu pour faire Muta tion qui doit immorteliser un nom dam IhIMb l'industrie; elle est pour celui*U l'a douceur, la joie, la patience qui lut i presque pour tous, le bon sens, sans 1 n'est qu'nne maladie ; In résignation,' smsbiÉI souffrance est le désespoir; l'ordre, samhiHiii pas de présent; l'économie, aans bqueDsla'^ai d'avenir !
Li mansarde de l'ounler a reçu la llladB|a|h quel soudain changement la propreté^ leeaanp^i ont opéré dans cet intérieur naguère ai Irimibi ces pauvres meubles se sont ranimés et sTâpasd sous l'encaustique et la drel un jqjeni papivnn bouquets de roses sur la muraille amrdoisaJMi son humide nudité , et la croisée ans fikm afl brillantes s'ouvre gracieusement derriâe M à blanc et propret, pour donner accès é cet ifrHi court sur les toits de Paris, dédaignant da pMrsi resses aux étages inférieurs , conuae s'fl m ftii et le compagnon exclusif du psuvre! Aeritoariri rayons du soleil levant viennent, chaque jaur,»— front pur de la matinale ouvrière, qui InmBi^m tant, prés des rosiers en Oeurs dont aan Jemi i pris soin de parer sa fenêtre. Die chante mqn reille au bruit du dehors , car, de li, Vm eMl être le marteau qui fkippe le fer dn
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att celai où il traraille. Assise prés de là, et réjouie Stile tniche toîi. rajennie et toucliée par les soins » douce jeane femme, une rieille matrone, qu'elle ■M aussi sa mère depuis qu'elle est entrée de moitié Im Joies, dans les peines, dans les affections de nrier» U contemple en silence; elle commence a ra qu'elle aimera bien celle qui lui a pris pourtant ^leore part des affections de son ûls. Pauvre mère! m reproche d'être une charge pour le ménage labo* ■• tandis que ses enfants l'assurent sans cesse, en KMDt leurs mains dans les siennes, que sa présence <• WÊT leur humble toit les bénédictions du ciel. ■ «ffel, le mari ne sait plus ce que c'est qu un cbô* «t, et l'ouvrage abonde an logis pour la ménagère Iligente qui trouve moyen d'allier le soin de son mo- « intérieur avec son état de couturière. Viennent ■to des hôtes nouveaui , ils seront bien reçus ! La Mfiiito jeune femme cache dans un coin de son ar- W9 de noyer un petit trésor destiné aux événements vimii. Bientôt on puise à cette réserve de l'éconoi : an petit enfant va venir, il faut songer a la layette. Miiix soins , nouveaux embarras ; mais grande joie rie pauvre ménage. Que seront les douleurs pour la biO forte et courageuse qui a sous les yeux les efforts ÉUiens, les fatigues sans relâche de celui qui n'a ftt bal, son bonheur; et qu'une récompense, son Mr. Cet amour est bien puissant; il la soutiendra dans Ptde épreuve qui va être pour elle son jour de combat le victoire ; il lui fera trouver, au milieu de ses lari, 00 sourire d'encouragement pour le cœur que bou- Vn le spectacle dé ses souffrances.
int quelle douceur cet homme si nide au travail lui dignera ses soins ! quelle garde-malade s'acquitterait ■i bien de sa tAche , et qu'il fait beau , ensuite , voir iBtins aussi dures que le fer qu'elles remuent s'adouot devenir tremblantes , plus tremblantes que les iot de la jeune mère elle-même autour des langes du nreau-né. 11 le herce, il le calme avec une tendresse Iment touchante; pour l'endormir, sa voix semble ir désappris ces refrains bachiques dont elle faisait ;nére tonner les échos de la barrière. Tous ces refrains lemels qu'il entendit jadis sont revenus dans sa meure, revêtus d'un charme, d'une poésie qu'ils n'eurent lais pour lui; il les répète à demi-voix, il les internpt pour regarder, pour baiser encore le front blanc Mir de l'ange que le ciel lui envoie. Auprès du lit de [eune mère , près du berceau du petit enfant , le dur railleur est devenu une femme tendre, attentive, emissée.
Iprés cela , le naturel reprend le dessus : on ne peut ttendrir ni roucouler toujours, et l'on rirait de nous, Doas faisions d'un forgeron ou d'un charpentier de la I de rOursineun langoureux pasteur du Ligoon; mais t moments où l'âme prend le dessus sur ces natures p énergiques pour ne pas être un peu grossières sont it communs qu'on ne pense dans le ménage de l'arli- I, et c*est bien en parlant de sa femme que les Espa- Dis pourraient dire : c La lune de miel, pour elle, a is de quatre quartiers. »
Cette influence qae la compagne du travailleur aciert sur lui de plus en plus, il ne cherche point à s'y isiraire ; il s'en trouve trop bien : elle est comme la ovidence, on s'y soumet en la bénissant. Lie samedi» ir de paye, il lui apporte régulièrement le gain de la naine... Qeureuse la ménagère quand, sur cette petite nme qu'il jette en riant dans son tablier, elle lorgne coin de l'œil la pièce qui ira grossir le sac destiné â caisse d'épargne !
On a vu des ouvriers moins sûrs d'eux-mêmes emmener leurs femmes avec eux ce jour-lé, pour se soustraire aux tentations, et ne pas vouloir toucher é ce salaire qu'ils avaient si bien gagné. Ceux qui, cédant à une mauvaise habitude, se laissent entraîner au cabaret, ne résistent guère aux instances, et même aux chaudes algarades avec lesquelles leurs femmes, quelquefois, viennent les y relancer. On en a vu qui, un instant avant, déjà poussés par un petit coup, parlaient de tout démolir, les bancs, le cabaret, le cabaretier lui-même, cl jusqu'au sergent de ville, se radoucir tout à coup â la voix de la hardie ménagère se hasardant n leur recherche, et fller, les mains dans les poches , comme s'ils fussent entrés là par le plus grand des hasards.
Par malheur cette sévérité, cette économie, cet ordre de la femme de l'ouvrier s'humanisent trop généralement en face des plaisirs du dimanche. Malgré tous les conseils du bon sens et de la raison, le dimanche est, pour le ménage de l'artisan de Paris, le jour où se dépense le superflu qu'il a pris sur le nécessaire du reste de la semaine. Leur prévoyance, quoi qu'on fasse, ne s'étend pas au delà de huit jours, et ils semblent ne connaître d'autre avenir que le dimanche.
Dans h belle saison, il faut bien suivre ces émigrations en masse des quartiers populeux dans la direction des barrières. On comprend à merveille le besoin qu'ont ces braves gens, retenus toute la semaine dans le méphitisme de leur grande cité, de respirer un air plus pur sur les coteaux de Belleville ou de Ménilmontant, et d'impr^ner leurs poumons de ce bon vent frais qui suit le cours de la Seine, le long des quais de Belleville, du Jardin des Plantes ou du Gros-Caillou. Ce vent, cet air, cet exercice, leur communiquent une force, une vivacité nouvelles, et augmentent leurs dispositions au travail ; mais ces excursions aboutissent presque toujours à la guinguette, et leur but immanquable est la table sous la tonnelle, la table où le civet de lapin, où le vin de Suresne et de Brie, dont on l'arrose largement, coûtent plus cher que ne coûterait le diner plus sain apprêté par la ménagère. Qu'y faire? telles sont leurs habitudes, tels sont leurs plaisirs, sixnune iunt mores; et, tout en blâmant cette occasion de dépenses revenant â jour fixe, et absorbant le plus clair du gain de l'ouvrier, il faut bien reconnaître que ces plaisirs pris en famille n'ont rien de choquant pour les bonnes mœurs. Lorsqu'au dessert le cornet à pistons et le flageolet qui fredonnent joyeuse* ment sous la charmille viennent conseiller on galop conjugal ou nne contredanse qui rappelle les amours, le garde municipal, cerbère dressé contre l'immorale cachucha, peut laisser dormir la surveillance que lui commande sa consigne pudibonde. L'ouvrier trouverait mauvais que le vice impudemment déhanché vint se poser devant sa compagne ou sa fille comme devant des prostituées.
Combien ces plaisirs de la guinguette de la banlieue, tout coûteux qu'ils soient, ne sont-ils pas préférables aux délassements fiévreax et malsains de la ville? Quelle différence de ces joyeuses distractions prises sous le tilleul ou le marronnier, avec ces longues séances au roilieu de l'air chaud et malsain des théâtres, où le mélodrame, imposteur, braillard et convulsif, pour quelques rares leçons de morale applicables é la position de l'ouvrier, dépose dans son esprit et laisse dans sa mémoire Texpression barbare de mille sentimenta exagérés, de mille sensations pénibles, de mille émotions dangereuses.
Vous ries, vous, homme de salon ou de journal, de tous ces fous stupides qui n'expriment la passion que le poignard ou le poison é la main; tous hausses les
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épaules i cette situation forcée; vous réduisez i leur juste valeur toutes ces exagérations, tous' ces mensonges historiques, écrits et dialogues en mauvais français! Dans Rohert-Macaire, vous n*avcz vu que le talent et le caprice d*un acteur qui, las de faire trembler, a voulu faire rire ; vous ne voyez dans tout cela que des mots d'auteur, comme dit U portière de Henri Monnier; mais, à côté de vous, on t [t:M !e tout au sérieux ; on s*est fait une idée de la société, de Thisloire, des prêtres, des rois, des riches, des nobles, d'après les tableaux de cet indigne musée, et Dieu sait sous quels traits ils y ligurçnt le plus souvent ! Tandis que vous pouffez de rire aux extravagances de Frederick -Lemaitre sous Us haillons /du bandit, ne vous arrêtant toujours qu*au côté artistique de ce tour de force dramatique, à côté de vous, Ton allait au fond de ces plaisanteries et de ces rires, et Ton en tirait des conséquences. On se demandait si le crime qui inspirait de si bonnes farces, et avait, à ce point, le talent d'égayer le bourgeois, était aussi réprchcnsible, aussi punissable qu'on voulait le faire croire, et si la société, après avoir battu des mains au meurtre des bons gendarmes précipités du cintre dans le trou du soufllour, n*élait pas la plus grande folle du monde de payer si ctier pour en entretenir sur les grandes routes, et faire arrêter des hommes aussi drôles que Bertrand et son compère ! Il y a dans l'histoire littéraire d'autrefois un inconcevable trait d'insouciance, de folie et d'oubli; c'est la cour faisant le succès de FigarOj et, le visage tout couvert des crachats du Majo imprudent, criant bravo â ses épigraromes. De notre temps, l'on a vu quelque chose de plus inconcevable encore, car il n'y a là ni l'esprit étincelant, ni la verve, ni la gaieté qui pouvaient excuser l'engouement des grands pour le héros de Beaumarchais, l'on a vu les salons et les comptoirs incessamment menacés par les Figaros du bagne, venir en foule, a la face du peuple, battre des mains aux gentillesses de leur type cynique, et lui dresser un piédestal entouré de gendarmes bafoués et soufOetés ! •
' C'est tout cela, ce sont cm ces parodies do crii le, ces iirenif'qinm^ ces exemples du moode^ c*esl Uml erii ^ crier tout à Theure en ¥07301 k 1 au milieu de tant de causes de pas encore tombée parce qae le i quelque chose de sa durée ; elle se qu'elle a été chrétienne, parce qa'dkroti le travailleur, plus que tout autre bcbIr ciélé, doit être chrétien ; car le trifaB a é par le Christ; par lui, la grande parok k] céc contre l'homAie aux premiers jotnéii venue un cri de grâce et de salot. Diea nd vaille pour vivre sur terre ! » Le Christ lit pour vivre avec moi dans le ciel. »
Qui obéit plus â ces ordres que reeiriv?
11 n'y a pas un baltemeot dans wm m droit, pas une affection dans son âmeéévM l'écho de ce commandement suprêBe!...Ti travaille pour soutenir sa TÎeillesse; ta vn femme, travaille -pour tes jeunes amosn! 1 funts, travaille pour qu*il y ait du boDhearn berceau ! Ainsi, la famille est pour roavrii sant encouragement à l'ordre de la Proiide se rapproche sans cesse, par la seule impc bon cœur et de son bon sens» des loissaiots que Dieu donna à Thomme pour loi faire peines de ce monde, et lui assurer la l'autre.
S'il en est ainsi, que les lois des hm\ aussi s'occuper un peu detf'rooyeift d'asv liorer ces existences si utiles et poortnt Qu'elles les mettent à Tabri des masrais agitateurs, en réalisant ce que leurs rêvei 1 ble et de raisonnable. En les protégeutcsBl elles les sauveront de bien des snggestioosc bien des tentations acharnées contre knrrq le nôtre I
LE DIPLOMATE
MB Ll eOMTI
DE LARIVALLIÈRE FRAUENDORFF
I D élèfe des hommes pour la diplomatie comme pour Téglise; c'est-à-dire qu'on en élève pour le mensonge comme pour la vérité, pour parler comme pour se taire, pour rendre les voies droites comme pour faire entrer dans les voies tortueuses; un Dmate bien dressé doit pouvoir flatter les gens qu'il rise» affirmer ce qu*i] sait être faux, et se monravi de ce qui le désespère. Non que la fausseté véritablement plus nécessaire pour négocier les des affaires qu'elle ne Test pour traiter les petites, ; par la raison qu'un diplomate, soigneux de sa rétion, craindrait d*encourir le mépris public s'il aflit de la droiture.
I dissimulation diplomatique est d'invention italienne, it être profitable aussi longtemps qu'elle ne fut pas içonnée ; maintenant elle est inutile. Quand tout le de trompe, il n'y a plus personne à tromper, et dés une loyauté éclairée conduirait très*certainement IX au but que l'astuce diplomatique ne peut le faire, sjà depuis longtemps les plus rasés parmi les diplo- » s'en sont avisés, et, ne pouvant être francs par na* , tâchent au moins de le paraître; mais c'est difSparce que la vérité ne se joue point : elle est ce qui et non ce qu'on voudrait qui fût. Si Tactenr fait il* m sur son théâtre» c'est par la raison qa'oo o'a nul
intérêt à lui contester son naturel, qu'on se eomplatt tu contraire à lui en trouver; sur le théâtre politique, il en est autrement : le spectateur étant en scène, l'effet d'op« tique disparait, il juge la pièce avec le sentiment que l'action peut également se dénouer à son avantage on à son préjudice, et dès lors il y regarde de prés avant de croire ce qu on loi dit.
Deux choses sont à distinguer dans un diplomate mis en action : l'automate, qui fort ordinairement se ressemble chex eux tous, et l'homme qui diffère suivant sa capacité politique. Cependant l'un enveloppe parfois l'antre assez parfaitement pour que des gens médiocres puis* sent acquérir et conserver longtemps des réputations d'habileté. Dans le choix qui se fait d'un homme pour représenter un Etat, il y a du prestige : l'intérêt qu'on avait à le bien choisir, et le grand nombre des concurrents auxquels il a dû être préféré, l'entourent d'une auréole, et toute Excellence qui débarque dans une cour se présentant d'ordinaire convenablement, il n'y a d'à* bord rien à dire sur son compte. On attend donc qu'elle parle pour la juger; si le nouveau venu est silencieux, on dit : c C'est de la réserve, de la prudence ; pour le juger, attendons qu'il agisse. » C'est ce qu'un homme médiocre fait toujours le plus tard qu'il peut; mais enfin le jour arrive où la machine doit forcément se mettre en mouvement. Si ce jour-là TExcellence lait une maladresse, une chose visiblement nuisible aux intérêts qu'elle a été envoyée pour défendre, croyei-vous qu'on va tout de suite en conclure que c'est un homme inetpable? Point du tout, c Quelle finesse! se dit-on; qici adroit détour ! Comme il sait cacker son jeu ! Cest on komme d'une haute apadtél » n loi ftul amoiiceler
^s.— Imp. dt ÉDonAED Blot, ra« St-Loiiit,4S«
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I^élises sur bè lises pour amener à reconnailre que ce n'est qu'un imbécile brocanlé. — Toile est la force du presligc dont un plénipotentiaire nouveau se trouve tout nnturellrment entouré. En politique, les gens d'esprit prêtent beaucoup aux sols, mais ceux-ci ne savent pas en prolitcr. Ce qu'il y a d'hommes inférieurs chargés de défendre à l'élrangcr les intérêts dos nations est incalculable: et, ce qui serait encore moins facile à apprécier, c'est le préjudice qui en résulte pour les peuples.
Quand vous voyez un diplomate gourmé, commencez par soupçonner r|ue c'est un homme médiocre; s'il est remarquablement silencieux, forliliozvous dans cette opinion; et, s'il a pour habilu-le de changer inopinémont la conversation, domourez-en convaincu : c«? n'est qu'un nlhléte sans force qui lAolic de déguiser sa faiblesse. Un homme capable et bien pénétré de sa situation est naturel dans sa pose, franc dans son air, fécond dans ses discours, et, sans chercher à en imposer ni aux yeux ni à Tosprit, reste dans ses habitudes et répond à tout, parce qu'il est bien certain de pouvoir le faire couvonablement sans trahir ses secrets et sans laisser pénétrer ses sentiments. Un diplomate médiocre rolléchit avant de vous souhaiter le bonjour, hésite avant de vous toucher la main, de sorte qu'il est visible pour tout observateur que ses discours sont le fruit d'une délibération mentale, que chacune de ses paroles a été pesée avant de sortir de sa bouche : il est par consé(|uent sans naturel, et sans naturel on ne persuade point. Un véritable homme d'Etat e<t gracieux, poli, d'humeur égale, sans préoccupation apparente, et cause volontiers, parce qu'il sait très-parfaitement bien que pas un mot inconvenant ne sortira de sa bouche; parce qu'il sait aussi qu'en diplomatie la conviction n'est que l'accessoire, que le principal est l'action. Les intérêts politiques sont peu complexes, ils se réduisent à des avantages ou des préjudices, qui toujours s'apprécient faciloment : on ne ])rouve point à un cabinet ce qui est contraire à ses intérêts, mais avec de l'adresse on parvient a le lui faire faire.
I! y a des diplomates de tous les calibres; jamais une collection plus complote n'en fut réunie que celle qui se (il voir à Vienne en 1814 : les grands talents s'y trouvaient tous assemblés, et tous étaient accompagnés de leurs meilleures doublures. La représentation se donnait au profit des souverains, qui avaient senti la nécessité de la rendre imposante pour obtenir l'applaudissement des peuples. Rien n'avait été épargné pour y parvenir : la se trouvaient maigcant, dansant» et surtout blaguant ensemble, des diplomates de tous les pays, gens d'habitudes copiées les unes sur les autres, de manières uniformes et de courtoisie semblable; chiches de franchise, prodigues de salutations, et tous chamarrés à qui mieux mieux. L'observateur avait alors l'espèce entière sous les yeux; il put en apprécier les classes, et voici ce que généralement on remarqua.
Le diplomate russe, toujours plus avisé ({ue les autres, sait mieux qu'aucun d'eux se mettre en situation. Il est Grec, cela suflit pour Taire comprendre qu'il n'est pas gauche à tromper : il sait toutes les langues, parle sur tous les tons, pénètre tous les détours, et s'ajuste avec chaque opinion. Le diplomate russe excelle à être galant, joue avec adresse, mange et boit â volonté, semble ne s'occuper de rien, et n'en fait pas moins bien son affaire. Si le ministre avec lequel il négocie subit dans son intérieur une influence de famille, le diplomate russe devient l'ami de la maison. Possédez vous des papiers qu'il lui serait favorable de connaître, il cause avec votre secrétaire, voire même avec votre laquais, si cela devient néces?aire, et, sans que vous puissiez vous le fi-
gurer possible, TOtre correspoadiDtt l'itiwK Saint-Pctersbuiirg. Après quoi ses divovi.» vous le font croire ignorant de tout ce ^«d ^ reux de tout ce que vous Toolei. Vos cocreis siens ; il se bat volontiers pour vous en foonirL car le courage ne lui fait pas plus faote qjc /a: est aussi prodigue de Tun que de l'iatre jc<3 où le but qu'il se proposait est atteiol; mais, rrivé, tout change. la médaille se retoaraecoB^.il a été Grec pour réussir, il devient fta^si ; de son succès. Aucun des raffinements del: -: ne lui a fait faute pour parvenir â vous iroa:-tôt que vous êtes duftc, il rentre dans shilic sans pudeur de sa supercherie, et se croit ?i« de ruses pour ne pns craindre qu'une aatre / mette en garde contre luh
Ce qu'il y a de moins semblable an diplorj: c'est le diplomate autrichien. Celui-ci, n<=. moins lustig^ mais aussi chamarré que riBln. i science et n'a pas autant d*instinct : il bute apprendre à être fin ; eu Russie, la fine» vîni lurollement. Aussi les diplomates que Ikiif torsbourg sont-ils ordinairement plus leaut^ que le cabinet de Vieune fait entrer dans li dc lance un gentilhomme autrichien dans lesafiiir^ il n'est pas fils de premier ministre, qs'a^ fait vieillir sur les diplômes de la chaocellffif dressé d l'étiquette, et profondément imba ii niai des cours. Alors, grave dans sa dénircft^ dans ses politesses, avare de mots, chiche dt |« l'expédie en pays étranger. — Les instmctioai ploma le autrichien surpassent toujours ea ToJi dos ministres des autres pays, parce que lec Vienne, peu accoutumé à compter sur et pat d'intelligence de la pari de ses plénipolraliùn d'inimaginables précautions pour guider Inr ! Un diplomate autrichien trouve dans ses iutn nom des personnes auxquelles il devra soariR,^ à qui il de\'ra faire froide mine, de Tami ^1 choisir, de la femme qu*il faudra aimer; cL ar points, il agit avec une ponclualité si coipbt mission en devient facile jusqu'au jour oé ili« mencer à négocier : jour terrible pour oa i^ trichien, qui redoute toujours qu'un iMMl| son point. L'Excellence trouve dans ses ivki discours qu'elle doit prononcer, quelqwiifi faire, quelques finesses à essayer, et des tel fabrique viennoise, que tant bien qne ma à d'employer.
Le diplomate autrichien est toujours* W probité, d'une probité parfois si sévcR. fil par devenir embarrassant pour sa eov, aafi a suivre les instructions qui lui ont été dsaiM pas cet inconvénient.
Le diplomate prussien, allemand comme rn a, lui aussi, de la patience: mais il est ^ i nant. Le Prussien peut élre bon comaMlsail mes, mais ce n*est fuis sa disposition b ahsh dans les affaires comme sur le chaap de hâàÊi à guerroyer, et le fait toujours aveclaevcë Ses compatriotes de la Germanie le qnaliirflli du Nord, et Ton sait tout ce qu'il y a ii ««I maliques dans les hommes auxquels oi h li bler. Spirituellement parlant, le diplomate fn pose généralement bien dans une ■finfliîiB pensée, il prend d'abord set avantages, Mvsi ensuite par ses manières; il ce pêaèHe pvl dignité, s'exagère son importance, elaaaéel
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kuUés. Le diplomate prussien a de Vesprit aule le russe, peut-être sans en avoir la flexibilité : e quand il ne faudrait que parer les coups que ersaire cherche à lui porter. Sa susceptibilité est et sn roideur extrême; il se croit toujours au le Frédéric, ot depuis lors pour la Prusse, comme eaucoup d*autres Etats, bien des choses ont ... Un fait qu'il faut cependant reconnaître. c*est diplomatie de In Prusse a sauvé cette monarchie lysant, par une politique adroite, les effets de la e Napoléon» et cela jusqu'au moment où les déde Russie sont venus rendre vaine cette anti))aest de tous les cabinets de l'Europe celui qui a i adroitement flatté, le plus inhumainement int le plus profitablement attrapé Tempcreur. C*éjeu, la diplomatie ne peut guère servir qu'à cet EnGn, le diplomate prussien a les coudées plus s que Tautrichien. Son cabinet, jusqu'ici moins que celui de Vienne, laisse plus de liberté é ses et c'est avec raison : le plénipotentiaire pruse manquant ni d'esprit ni d'adresse, sait mieux udre les hommes et s'ajuster avec les nécessités ps.
Les diplomates existent bien aussi enilalie, dans l'Allemagne et dans le Nord, mais tous se ressemblent; car les diplomates forment à eux seuls une classe distincte d'hommes cosmopolites, obéissant à une force centripète et dont la sphère d'action est toujours hors de leur pays. Pour en voir le menu, il faut se rendre à Francfort-surle-Mein, et tâcher d'assister à Tune des séances de cette diéle germanique qui fut créée pour faire croire aux peuples qu'ils sont libres, aux princes qu'ils sont souverains, et qui ne persuade ni les uns ni les autres.
Quant au diplomate anglais, il a son caractère à lui et ses formes particulières; tout à la fois grand seigneur e marchand, il est insolent et avide ; rarement l'instruction lui fait faute, il unit et concilie même fort ordinairement les connaissances d'un homme d*Etat avec le savoir d'un boutiquier ; le droit n'est que secondaire pour un diplomate anglais, le commerce passe auparavant; pour lui, les traités ne sont obligatoires qu'aussi longtemps qti'ils profitent, l'alliance vaut ce qu'elle rapporte; la balance politique de l'Europe est celle de son intérêt, et toujours le platean qui l'emporte est celui qui doit charger des marchandises. Si l'instruction ne manque pas tu diplomate anglais, rarrogance ne lui manque
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pas Don plus. Sa marche est unifornie : d'abord il essaye d'exiger ce qu'il est envoyé pour demander ; s'il réussit, SCS prétentions n'ont plus de mesure ; quand on lui résiste, il marchande, il entreprend de mettre de l'or à la place des arguments ; enCn, si rien de tout cela ne produit son cITct, ce qui est fort ordinaire, parce que les prétentions de l'Angleterre sont toujours injustes et vexatoires, alors il menace. Longtemps cette conduite lui a réussi, parce que John Bull avait alors de l'argent pour soudoyer des coalitions ; à présent que sa bourse est à sec, on se moque de ses menaces, on en rit chaque fois qu'il ne peut appeler à son aide ni le vol ni la dévastation, car là est à présent toute la force de l'Angleterre.
Du reste, la représentation du diplomate anglais est ordinairement belle, sa capacité grande, et ses ressources sont nombreuses. Tout à la fois mandataire du cabinet de Saint-James et de la bourse de Londres, deux puissances dont les prétentions n'ont de commun que leur énormilé, il doit souvent concilier deux intérêts fort opposés : celui de la cour et celui du marché; pour y parvenir, il négocie peu, menace beaucoup, intrigue consirablcmcnt, et finit par acheter quelqucrois jusqu'à des souverains en Europe tout aussi bien que dans l'Inde.
Quoique le sentiment des convenances se soit fort énioussè chez les Français, il est pourtant vrni de dire que c'est encore la nation où, le plus généralement, un homme s'ajusie sans effort avec la situation dans laquelle il se trouve placé. Aussi voyons-nous les diplomates de cette nation, quoique souvent improvisés par In faveur ministérielle, quoique pris dans toutes les classes de la société, revenir sans trop d'encombre des pays où on les a envoyés : à la vérité, ils n'ont rien fait dans l'intérêt du pays, mais ils ont joué la comédie diplomatique au milieu de talents exercés, sans pourtant prêter au ridicule : n'est-ce donc rien? Rarement l'adresse leur manque, mais la science et la pratique font souvent défaut : on le sent, et, pour ne point le laisser voir, on se donue de l'importance; d'où il résulte, comme on l'a souvent remarqué, que rien ne surpasse la gloriole d'un attaclié français, si ce n'est celle du secrétaire d'une ambassade de rr.'ince, laquelle est pourtant inférieure à l'importance du ministre résident. Les moins prétentieux sont ordinairement ceux d'entre les ambassadeurs qui ont le bon esprit de faire effort pour rehausser leur illustration par de l'urbî^iiité,
La nature du diplomate français a nécciisairemenl dii varier avec les régimes, et sous ce rapport encore nous avons merveilleusement été servis par la légèreté de noire caractère : lorsque, avant la Révolution, on annonçait quelque part un ambassadeur français, c'était Zéphire qu'on s'attendait a voir entrer : nul antre ne i'égnlniten bonnes manières, en élégance, en prodigalité. Plus tard, quand vinrent les jours où nous prenions la licence pour la liberté, peu de Torquatus furent envoyés dans les cours étrangères : les canons surtout étaient alors chargés de négocier; mais le temps marcha, Bonaparte fut consul, et quoiqu'il employait bien lui aussi de ces négociateurs de bronze, il rassembla pourtant les chaînons diplomatiques (|ue le régime de la terreur avait brisés : alors ce ne fut plus Zépliire, ce fut Mars que dans les cours on vit arriver comme pour annoncer à l'Europe que les temps allaient changer. Us changiTcnt en effet : le consul Bonaparte devint l'empereur Napoléon, et par lui la tilchc fut rendue facile aux diploma'cs français : ce ne furent plus des propositions, ce furent des ordres qu'ils curent û porter, et les cabinets ne tardèrent point à se convaincre que ce genre de négociation est celui où, plus
particnUérement, ezeelloit Ict autres mœurs : depois Ion les voies suivies par tonles les aMra p Français, qui dans tons les teapsnii'] situation, négocie maiDlenaiit, aa lieide
Il est reconnu que les peuples lova V] positif quand ils négocient, tandis^ la |a|h lesquels l'imagination prédonioe, et la h^îi de ce nombre, ne répugnent point i é la réalité, colorent leors soccés ~ caractère : le Russe, en mission, y veut, et veut tout ce qui peut le l'AutrichicD, peu confiant dans sa une patience que rien ne sanrait entreprend toujours d'escamotôs de l'acheter; pendant que le Français, iré de son aflaire, impatient de la iàf, mmi franc et plus désintéretté qne diploBulieBic^ résout folontiers A reœroir pea, apà mil beaucoup, chaque fois qn*il loi est pooîlliMi sa réussite uue importance pins gnide ^lAi véritablement :. le Français uit Tait de kimk\ aux moindres objets, de la ftlenr aux fias féMà et de s'illusionner sur les effets. teaai|ki,ai sion coûteuse s'achemine^^lle vers l'Asicii^ on, ravir à TADgleterre et à li Basâernianif longue main ces denz puissances csncotnikl c'est chose dont personne ne donle, dkolnii çoit déjà les félicitations. Un jour moan^n ment ministre, secrétaire et attaches. Qa'oliii du schah? ils en ont obtenu qaelqici «folai des sous-officiers, et pour des moines la i«iÉi église... Ailleurs, cela fierait ponfl(erdenii,lri France, chei ce peuple autrefoit û riev, c'tfi ces fort imporlant, une réosslte dont la d|tai a bon droit, se glorifier. Le Français liLn comme au dedans, de la politique légère «^ cellente, quand elle roumit l'occasioaéeaa
Ceci explique comment en France oa jKm lement à se dbpenser des études apfvaiaiB les diplomates des autres nations : dhci Ma point l'habileté, ce n*est point rezpcriesR vent de la faveur qui pousse aux l^atiaai; ) ve-t-il que les cours étrangères Toient nn apparaître des courtisans , des oflEcicn, à seurs ou des bourgeois reTétos du fcasôi tique, suivant que la bise a sonllé ssr k l'armée, les écoles ou la ville. Aucas im les études qui partout ailleurs sontjagéaii blés pour négocier les intérêts des enpins, i tous s'en tirent, non pas avec avanlagt psvl mais sans ridicule pour eux-raémes, tant cri, flexibilité du caractère national, et tint ait bé narchie qui peut, sans seulement paraHreal marque, satisfaire à d'aussi nombreuses et fi les prodigalités. Cependant bien grande e* que la diplomatie exerce sur la prospcriléfi chie : sa mission est de voir en tout bbjs a profiler, ce qui peut nuire é la nation qa'eBi de favoriser l'un, d'entraver rautre, de cria nouvelles au commerce, et des débonda i La diplomatie donne forme aux alaoes fâ leur naissance, et de son adresse rnmii à rie peuvent résulter la paix et la gosm. Cm semblent guère se douter bon nombie da français; leur vanité les lance dans lacni de parti les soutient, et, pour y rutter, 3i ' dissimulent au dehors beaucoup de rhoiMa, a
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grands inconvénients et coûteront bien
outé des ministres, en chaque cour, est ; on connaît le moyen de le distraire des que c*est â sa vanité qu'il sacriÛe infiniw intérêts de son pays. Souvent on res l'étranger la mission d'un diplomate une honorable déportation, et l'on pense e Paris, plus intéressé à le laisser au dce revenir, sacrifiera beaucoup à celle nê- ; on sépare, à tort sans doute, mais il est t fait, les intérêts du Irùnc de ceux du lis, et Ton se demande «lors de la défense riistre résident est chargé. Ces inconvépartout aux légations dt»s autres pays un sur celle de France.
> étranj^ers, généralement pris dans la le, semblent coulés dans le même moule: m corps droit dont Vépine dorsale est ermc, la lêle levée, un être chamarré de •mentbnbillc; c*est sous cette forme que mpte voir arriver un diplomate, quand X qui viennent de France rompent eux trmilé; jamais ils ne se ressemblent : un )Idat, un autre jour c'est un législateur; es professeurs, littérateurs, auteurs, toubrt respectables sans doute, mais dont re inimaginablement, quoique leur coume : tous, admirateurs de la France, ils iages du pays où ils résident, et rien ne : étrangers; enfin le diplomate français ^ent que ce n'est pas un intérêt de parti, national, qu'il est chargé de défendre; que , que c'est son souverain qu'il a mission enfin qu'un homme d'Etat estimable ne ni se laisser tromper. Il va sans dire qu'il ^euses exceptions dont vous faites nécesî, ô diplomates qui lisez cet article ! nent français, comme celui de la Russie, ents secrets, et cette foule de mystérieux (barrasse à tel point voyageurs et diplo- Français, comme tout Russe, est suspect linistre et ensuite au gouvernement du yager ; mieux vaudrait ne choisir que des les et auxquels on pât complètement se •rceler ainsi sa confiance. On rend le bien ire aux diplomates français, en en faisant suspects, en les forçant à rougir devant ;nts auprès desquels ils sont accrédités; la moitié des faits, ignorant les volontés r gouvernement, ils ne peuvent jamais négocier, jamais défendre avec sécurité s ; toutes ces supercheries sont une arme des premiers ministres étrangers, qui ne is de s'en servir : ils révèlent au résident aire â son insu, et le font, par ce moyen, lérêt de leur pays au préjudice de la t manigances indignes d'une large polilid'esprits étroits et ne peuvent avoir que es funestes.
:ore qu'il n'existe plus de préséance dis- & prête plus a rire que les calculs minunilé fait faire aux diplomates partout où il *éunis. Les quartiers, le titre, le pas et rpétuellement mis dans la balance. < Mes , disait à Dresde un envoyé dii iJanovre. exaspcralion difficile a décrire, on m'a nce I croiriez-vous qu'on m'a refusé l'ex-
cellence! oh! venget-moi, TengezTotre tmi, jurez- moi de n'en point donner ta premier ministre ! » Ce serment fut fait sans que personne eût envie de rire ! C'est une nature à part que celle des diplomates, une nature de convention.
Il faut croire que les diplomates improvisés dont la France abonde maintenant ne se font {las une idée bien précise de la position franche qu'il est indispensable d'avoir dans une cour pour y négocier avec avantage; sans cela les verrait-on se laisser dominer par la fureur d'anoblissement qui semble les posséder tous? ce ne sont pas des titres, c'est du talent qu'il faut pour bien faire les affaires d'un pays. L'Angleterre, la llollande, et souvent même les Elats despotiques, sont représentés, dans les petites comme dans les grandes cours, par des hommes qu*anoblit leur capacité, qui n'ont de titres qu'à la considération publique, et qui n'en sont pas moins respectés chaque fois qu'ils le méritent personnellement. Avant que les préséances fussent invariablement réglées par les traités qui ont fondé le droit public actuel de l'Europe, il se rencontrait des circonstances où les diplomates résidant dans une cour pouvaient avoir à compter entre eux; mais ce n'est plus possible, el maintenant personne n'y sonjre, â moins qu'un nouveau débarqué no vienne donner l'éveil aux prétentions nobiliaires; ce qui ne saurait manquer d'arriver toutes les fois qu'on apprend qu'un envoyé de France a senti le besoin de se faire titrer pour se rendre présentable.
Alors on se demande qu'est-ce que c'était donc que cet homme-là? doù sort-il? et l'on écrit pour s'en informer: après quoi on glose sur son compte, cl l'ineffaçable ridicule se répand provisoirement à pleines mains sur s.1 personne. L'un dit: « Sa noblesse durera longtemps, elle est toute neuve; » l'autre prouve (|ue son titre ne vaiit rien, par la raison que la loi française, qui permet à tout le monde d'en prendre, défend d'en recevoir, et n'autorise personne à en donner. « C'est un titre de contrebaudo, dit un troisième, il devra le déposer à la frontière en retournant chez lui. j> Le résultat de tout ce caquetage diplomatique est qu'on croit au nouveau venu une bassesse d'origine qu'il n'a point, qu'on lui reconnaît une petitesse d'esprit dont sa nouvelle prétention témoigne, et que son titre devient un sobriquet. Ces vaniteux babillages restent ignorés du nouveau baron, parce qu'on est poli et qu'on sait dissimuler dans les cours; mais ils ne le sont pas du gouvernement auprès duquel celte excellence réside, et il en résulte que la considération lui échappe, que l'intimité lui est refusée, que le ridicule le gagne, et que rirn de profitable à son souverain ne peut plus être négocié par lui. Voilé ce que produit au cabinet français la manie qu'il contracte d'affubler d'estimables citoyens de titres que n'osent avouer en France ni ceux qui les donnent ni ceux qui les reçoivent, et que l'étranger place infiniment au-dessous de la qualification de sir et d'honorable que portent en tous pays la plupart des diplomates anglais : ceux-ci se font estimer en prouvant qu'ils s'estiment eux-mêmes, et au lieu d'eng iger la lutte de vanité entre les di; tomates résidant a la même cour, ils se lient avec les autres envoyés, gagnent la confiance du gouvernement auprès duquel ils sont accrédités, et rendent facile la défense des intérêts de leur patrie; pendant que nos comtes et nos barons de fraîche date sacrifient notre commerce et notre consi-iiration à l'orgueilleuse satisfaction de s'enteudre qualifiîf par des gens qui se moquent d'eux.
Le Français est de tous les peuples celni dont la tète est généralement la moins politique ; tant d'autres avantages lui sont accordés par la nature, qu'il peut bien s'a*
LE DIPLOMATE
Touer fnible de ce côlc-ln : on ne remarque pas non plus assez en France que l*esprit de noire temps, cet esprit qui rend la pan^Ie {tins féconde que substantielle, excellent dans une chamlrc, est détestable dans un cabinet, par la rai^ion qu'on nVlourdlt point des ministres d'Etat, de longue main accoutumés aui affaires, aussi facilement que des léj^islatiiirs qui n*cn cntendecl parler qu'une fois par an : ces derniers sentent que leur savoir n'est pas en harmonie avec lo désir qu'ils ont de rendre leur patrie licurouse, et sont l)ien aises qu'on leur indique le moyen d'y ]tarvenir. Avec eux la faconde est de mise; elle ne saurait l'élrc dans une néi^^ocialion politique où chacun connaît parfailenicnl son affaire, sait ce qu'il veut obtenir et ce qu'il peut concéder, où tout se réduit en réalité à un honorable marché qu'il faut débattre et conclure. L'es)irit ne nuit à rien assurément ; une facile élocution sert en toute occasion, c'est encore certain ; mais un sens droit et un langage clair suffisent pour conduire à bien la plus épineuse des négociations diplomatiques. Un bon négi»cialeur doit viser à conquérir et non pas à filouter ses succès : il peut s'ingéniir à créer des nécessités à son atlvcrsaire. et doit habilement profiter des avantages que celui-ci lui laisse prendre. Tout ce qui peut contribuer à pousser son antau'onîste dans les voies où il a intérêt à le faire entrer est de franc jeu; mais c'est de la finesse et non de la fourberie qu'il faut à celui qui négocie des intérêts aussi sacrés que le sont ceux d'une monarchie : mieux vaut pour lui faire croire â sa parole que la faire admirer.
La diplomatie, d'ailleurs, n'est plus ce qu'elle a été pondant longtemps; les souverains l'ont dédoublée, ils s'en réservent maintenant la meilleure part, le menu seul reste aux ministres. C'était toujours par trucheman qu'un monanjuc s'entretenait auln fois avec un autre; ils ne se voyaient jamais. C'était le bon temps pour les diplomates, alors ils savaient tout; tandis que de nos jours le roi qu'ils servent leur fait des cachotteries, ne leur dit que ce qu'il » st impossible de leur caciier. Les souverains d"â présent courent la poste, et se piquent de le faire niieux que leurs sujets; il ne faut plus un Camp du
Drap'd'Or pour eomdtmrt kt gmfa An: i çon, cmperean et ras m féuisseat itm » < bains, el traitent lé de lenrt plu chm itto! que la diplomatie connMsfe le fond 4erkiA. d'exceptions qu'ans lieu oà le cM Nfil le trop étroit pour tout contenir» force cttieln qui surabonde dans la télé de son preûr&iâ tout ailleurs le sourerain a son quoi a ici. k avec les autres» et ne laisse à ses diplomlcif ners, les yisîtes et les révërenees i faire. Lem devenus pénibles pour les maîtres da nmkn plus sans peine ce que Frédéric appelait le ns» Instruits par le passé» inquiets dapréscsté^ Tavenir, ceux qui sont maintenant à la ïtaap lent à se mettre en sûreté, et n'y panioiss jours. Si les rois n'aTaient encore i se déicr^ fidèles sujets, ils seraient certains de te tirs fi peuples ne sont pas si diables quils ea oit fû range avec eux chaque fois que quelque intrisa pas l'instrument de ses ambitieux projets. Cet certitude qa*est née la déflance qu'ont à fiim verains, et l'accord qui s'établit entre cna de la diplomatie. Talleyrand» ce diplomate fir» ses contemporains font profond, en atleB4i8l i toire le fasse superficiel, est le fondateur d'n roueries diplomatiques dont tout mooar^ p droit s*épouvaoter : ils ont appris de loi qia toute sa confiance on peut se livrer soî-a^w. péril dans un abandon complet; et depuis knil«i réserves : les cabinets ne sont plus cbaijésfi! des promesses qu'on n'a pas la volonté de leur.! ser les protocoles qu'on ne veut pomt %ipa; >î vent encore choisir ceux des ambassadean fii vent que parader, c*est parce que des ageabasi les affaires, quand les souverains ne 1» kâft mêmes.
^ De nos jours, le rôle de la diplomatie ert ta tapis, de peloter en attendant partie : n mH trigant lui a fait perdre la moitié de sa ki^i un ministre ambitieux, et le reste lui senin.
LE GNIAFFE
rt:
ri'TUrS BOREL
e fînialTc arrive , le crnialTe mailre, le irninlTc nossêdanl un rUlilissomoiilol Irop ir('îiiôr.'ilriiR'iil ri'imn- (lu , et trop à la |)orl/'O (le limt le niomle.
poiirtjiir nous nniis y i^ appesanlissions beaucoup, (le nVsl pas de cet enfoui du sié- ,>,..;-.- ^iç^ bon Itcleur. que lous avons à renlrelenir; lu le connais de re>le ce lébitant vulî^airo qui pirle à In Iroisicnic personne, qui 3U : « Mon>icur veut-il ses bottes plus carrées? Que souhaite madame? Oinirai-je un siéjçc à monsieur?... » ^Biolure servile et bîitardc . polie par son frollemenl aux ^onnôtes gens qu'elle chausse; épine dorsale llexible et docile; bouche assouplie, faile nu mensonge et profes- ^satïi le mot flalleurî.,. Non, non, ce n'est pas là Tobjel ^e notre choix ; ce n*csl pas là notre héros, ce n*esl pas ^à notre Ulysse... Notre Priam à nous, c'est le gnialTe ^lA cœur noble, à IMmc élevée cl ombrageuse, qui, en
C*rt .*ul, m'^liMir lo commissaire, qu'a k'romencé par (l'ràtU'- a Taconnetf ani'icn vandcville.)
dépit de toutes les siivnos de la corruplion, s'est maintenu dans l'indépendance la plus absolue et la plus primitive!
Celui-ci, que désormais nous appellerons, pour le dîslinguor du gnialTe de commune espèce, gnialTe pur sang ou an;:ora , a la fierté de l'iuunme qui a la conscience d'une vie sans pour et dune inlellijrencc consommée.
(]elui-ci, c'est rhi)mme qui se dit : Je n'ai pas de reproches il me faire.
Sa contenance est froide, sa parole laconique; sa voix rauque prati.|uée dans les cordes les |)lus basses.
Celui-ci s'en va grave et l'irîl baissé, cl ce maintien modeste, lorsqu'il se rend .i la boutique du mailre (car, il fini bien le dire, celle gnmde "^mc travaille h façon), lui permet de supposer que les jambes qui marchent autour do lui ont des tîntes dont le regard est flxé sur la belle ouvrage qu'il rapporte, .\ussi dans chaque bourdonnement croit-il reconnaître un amateur étonné qui le pour* suit cl s'agite pour contempler le chef-d'œuvre enveloppé si habilement dans son mouchoir, pour contempler toute la splendeur et Icuite la perfection de sa déforme. — 0 déforme! (la déforme, c'est le luslre que le gniafic ajoute à la besogne lorsqu'elle est terminée) que de mal
LE GNIAFFE
tu donnes au pauvre ouvrier!... Déforme si belle, ai polie, si flatteuse à voir!... semelle que Fart même a cambrée! talons si robustes et si sveltes! empeignes au gracieux contour, je vous salue! Et moi aussi, je suis amant de voe charmes; et moi aussi je m*attelle à votre char I
Nous ne pousserons pas plus avant nos savantes investigations sur le gniafle pur sang, sur ce passereau solitaire, sur cet onagre indompté, sans parler un peu de son costume ; de peur que la France ne suppose qu*à l'instar des gymnosophisles il n*en a pas, qu*il est tout visage, ce qui serait injuste et préjudiciable à son honneur. Si fait,pardieu, notre homme est mis, parfaitement mis, au contraire! et, pour peu que vous y teniez, j*en puis faire une monographie qui enfoncerait les inventaires de M. Honoré de Balzac ou le testament de l'empereur. — Redingote brune ou vert perroquet, manches démesurées, parements envahissants, collet petit et bas, formant balcon par derrière; revers fripés et recroquevilles comme un morceau de parchemin jeté au feu; la dernière boutonnière giganlesifue : c*cst la seule dont il se serve, ce qui fait remonter sa redingote de telle façon, qu'elle stimule par devant un formidable estomac.
(Chapeau en tromblon évasé ou gueule d'espiogole, vulgairement dît à ballon.
Col de chemise sciant les oreilles et enveloppant sa tôle osseuse comme un cornet de papier enveloppe un bouquet.
Au travail ou en dcmi-toilclte. son pantalon n'est que de colonnade. Les fonds en sont de peau et des mieux empreints; les genoux marquent, et le bas qui bat par derrière forme , comme le collet de sa capote , le pied d'éléphant. Puis , pour les grands dimanches et le bal , cl dans le coin le plus discret de l'armoire, des bas bleus, des escarpins, opus suumy et un pantalon de nankin des Indes de Rouen; puis encore quelquefois une véritable cravate brodée au coin : don précieux de son épouse encore timide finncée. Il la recul vers 1812, celte cravate adorée , et comme il s'en orne encore vers 1840, hélas! elle n'est plus d'un tissu très-compacte ni d'une éclatante fraîcheur.
Lors de l'apogée de sa passion, amor, amoft forlis es sicut mou I il se fit tatouer, par sentiment. Au bras gnuche, brille sur son grand extenseur un cœur enflammé avec le chiffre d'Olympe et d'Onésîme, deux 00 côte à co'e. Olympe, de son côté, a deux mains qui se souhaitent le bonjour, et deux pigeons qu'une trop vive tendresse emporte hors des limites du devoir.
Sur son bras droit ou sa poitrine plane aussi un aigle et le petit chapeau. Mais n'allez pas croire que ce fui au temps des pros))érités impériales que le gniaffe se lit buriner ce symbole. Jamais le gniuffc pur sang n'a salué le soleil levant; jamais tyran dans sa pompe n'a trouvé grâce devant lui : c'est au malheur qu'il donna une larme.
Le dimanche encore, j'allais l'oublier, quand sa situation pécuniaire peut le lui permetlre , le gniaffe se recouvre assez volonlicrs les mains afin de compléter sa transformation et do dissimuler son pouce détérioré par le tranchet. Le tranchet, pôrilleuseot perfide lame! kriss, kangiar, yalngnn du gninffe, dont il lui faut faire le plus fréquent usage pour diviser cl scinder !... arme terrible, instrument fatal toujours de moitié dans .ses projets, qu'il s'agisse d'une infidèle à punir, d'une hotte à faire ou à porter; cas bien rare loulofois, car le gniaffe n'a qu'une passion exlrémo , celle de se regarder comme une intelligence colossale.
Au scplicme dans les combles, à cinq ou six cents pieds
au-desios do nWeitt de U mer. on plaiAt étkn buée, au hant d'an eacilicr rapide cl Makcte^ marche Qsée par le temps, edojr rmm. puàtt de choses, est une espèce de casse«oa dûat du^ est marqué par quelque déirilas. duqie ftSv y gueuU sans nom , mais non pas sans odeur, oà da^ taire, commeledénonciateur dans les gueules dcW palais du doge» Tient déposer son secret, le pl« i à côté, tout au Tond d*an étroit corridor est «il» i tuaire, Vaposenio du gniafle. Une lucarne d*i r pelé chien-assis éclaire mystérieusement ctt i plonge à trois pieds de lé sur un mur. Le \]ik^ appenUs; les solives sont apparentes, les pin^ à l'oere , ou couvertes de papier é dix sons W r' désassorti, déchiré, et laissant voir çâ et li les i.î tentures qui se svecédêrent et rormeoi c&e épaisse par alluvion. Ces nombreux vestiges. ^ ne sont pas sans quelque curiosité eslkctico-(o on y suit pas â pas les périodes et les subverûx riées de ces derniers temps, ici c^esl on leoé ir. golflères ou de houlettes ornées de rama«e$ rae moutons bleus; U , des faisceaux de licteur ç? du bonnet phrygien, ou une montagne, ecUt Vautre, avec un marais coassant à ses pieds.
Pour siège, il a des chaises réduites à r«iit ii ret : le dos scié, la paille remplacée par oa mec cuir, creusé en timbale par la pesanteur spédS^C' corpulence, épousant étroitement ses forma d. comme la cuirasse de Renaud chez Annide. C; bois peint, une commode à ventre , une hori-xe vc rgne : l'hiver , un poêle de tôle où j'oo pea: bouillir l'eau nécessaire au ménage et coire lu ; (vulgairement ratatouilles), complètent l'aiDe:^
Quant a l'hydrogène qu*oa respire en ce rëa, ; être un Gay-Lussac, il est facile de recoaniânfa: lange d'oignon, de poix, de cuir, et de ptuenê nations que je ne saurais nommer, le Kool ukias un excès de calorique arliflciel et humaio.
Nous avons vu notre gnialTe épris d'une Ohsppii l'avons vu orné d'une épouse , honni soit ^ n pense!... Olympe était l'épouse prochaine: Fc^m c'est Olympe passée. Le gniaffe est sévère sorlliii il a des principes , il tient aux formes , et sail ni qu'on doit après un amour éprouvé. Dans le wâ asile dont nous faisions tout â Kheure raaiofâe.i là qu'avec Olympe il coule des jours sîbob sm sai du moins égaux. Olympe était bonleuse ; il la chm rendant de l'ouvrage, l'aima et la fit pasMrsBsin U bordeuse, que quelquefois, dans le métier el|va on appelle cAamurr^uie , n'a d'ordinaire qae m i sa jeunesse et sa fleur, mais pour cela clk a'aitf moins l'objet des plus tendres recherches. Le géA| sang a le cœur trop bon gaulois pour jamus rieiè à une femme. Une dot à ses yeux est un Uffratai mariage d'argent, une lâcheté. Il ne comprMl|flq cœur, que l'union de la faim avec la soîTI
Dans son intimité avec madame son épMae,li| angora n'a pas les habitudes grossières da |u échoppe que nous aurons é peindre an peu itasl ne bat pas sa femme, et jamais l'étole da sÉit (le tire-pied) ne s'est transformée dans ses ■ une odieuse férule. De soa côté. Olympe wA les distances; et ce n'est pas elle qui jaoM : juvque-lâ de l'appeler pouilfeicx, de la voix oaè Hentre-t-il aviné : aux ré^irimandM de sa t. contente de répondre avec éloquence et dTs
ban : c Songez à qui vous parles, madame!
L'épouse doit obéissance et soumissîoB â 11
Et'
LE GNIAFFE
tkmiine est son maître comme deux et deux font
^^qoatre!... » Ordinairement, au bout de chaque tirade
^semblable ou équivalente, il fait un carambolagf* , un
hm pas et une chute. Mais, bientôt redressé sur une ou
]p!iisieur8 pattes, plus glorieux et plus interminable que
^Jamiis. il reprend et pour longtemps sa | ériode.
5 N. B. Le g iaffe angora laisse en défaut le plus saint
:Conimandement : il ne croît pas et ne multiplie point;
cVrt encore un signe dislinclif qui le sépare du vulgaire
^-■aquel il abandonne ce (rtstesoin.
* Le gniaffe possède d'accoutumance un apprenti ou un ^ aemainier, qu'il domine de tuiitp la hauteur de son ex- ^périence et de soi génie. L*apprenti . personne n*en Ignore; quant au semainier, c*est un jeune ou vieux garçon, ou plutôt un crétin, qui n*a pas assez d*intelligeoce pour faire un soulier à lai tout seul, el se met à la •emaine pour coudre et faire le moins malin de Toutrage. Il y en a ordinairement deux dans la boutique du maître , employés aux basses fonctions, aux raccommodages et à la peinture et dêcoi atinn de la besogne achevée. Là, le semainier prend la qu^liÛcatioa de gorret (corruption dérisoire du mot correct, nom que porte dans plusieurs industries le chef drg compagnons chargés des épures), et se divise en deux classes tranchées, \i gorret
a ta pdte et le gorret coupeur. Le gorret à la pâte, qne nous avons choisi pour l'un de nos types et que &1. Heis* sonier, ce jeune peintre du plus bel avenir, a reproduit avec une vérité rare, appartient à une herhque de boueux, c'est-à-dire à une boutique de bottier.
Soit gorret ou apprenti, celui-ci a une vénération et une crédulité sans bornes à Tégard et au service de sou maître.
Il écoute.
Il acquiesce.
De son côté, le gniaffe ne fera pas une lisse sans It passera sa galerie. « Regarde-moi ça, > dit-il. Et, dans ce regarde-moi ça ! il y a tout un monde de satisfaction et de noble orgueil.
Entouré de tous ses ustensiles, devant sa veilloire, petite table basse et carrée, chargée d'ossements façonnés en outils, d'alênes, de clous, de sébiles; à sa gauche son compagnon et le baquet de science (baquet plein d'eau pour détremper le gros cuir); à droite son marteau, ses tenailles et la corbeille i mettre les soies et le fil, appe» lée caillebotin; le soir, éclairé mélancoliquement par un rayon pâle et lunaire qne lui renvoie le globe de cristal interposé entre lui et sa chandelle, et qui s'épanouit sur sa couture comme un baiser de Phœbé lor le
LE GNIAFFE
H D*est-il connu dans le voisinage que sous le nom de |lére Manlius ou de Bajazel, mais il s'en fait honneur !
Gravissons un instant sur la colline populaire où le peuple souverain vient le dimanche et le lundi déposer c^ sa misère et son sceptre. Bravons un instant Todeur du •' Un d'alun el de campêche, le parfum douteux des gibe- ■^ lottes, les griiicenienls des rebecs, et pénétrons sans pâlir dans la cohue des tavernes. Là nous retrouverons encore, si Dieu nous est en aide, réservé, mystérieux et su- Mime, notre héros, dont le cœur saigne à la vue de la Jeunesse moderne el de sa danse dégénérée. Oh ! si quel- ^nefois encore il se mêle aussi lui-même à un (piadrille, croyez-le bien, c'est moins pour faire vis-à-vis à madame son épouse ou se livrer au plaisir que pour donner .■ane leçon aux petits éventés du jour, et faire une croisade en faveur de la muse Terpsi-shore, comme il dit.
annonce la pastourelle Oh ! voyez comme il se
ille avant de partir, comme il dessine et creuse fondement chaque pas, comme il sculpte chaque fiel... Que de grâces, que d'érudition î rien n'est lis : pas de basque, jetés battus, ronds de jambes, balancé, entrechat, ailes de pigeon... Oh! tenez, regardez ^oinme il arrondit amoureusement la parabole d'un geste gracieux pour offrir la main à sa danseuse ! On dirait ^dirait M. de Pongerville) une nymphe émue se penchant "pour cueillir un lis dans un vallon!...
Le bal où le gniaffe sait briller de tant d'éclat est ortfnairement un bal de noces où des relations honorables l'ont appelée, et le plus souvent il a lieu, comme ' iD ce cas, a la barrière, a la Gardb meure, ou ad Coq . aâEDi.
Après le gniaffe angora, mystérieux fantôme toujours 'eateloppé d'ombre et de solitude, dont nous avons esaayé (peut-être les premiers) de soulever un coin du voile dont il recouvre et sa vie, et son labeur, et sa face Hiorose, vient immédiatement une autre figure, non ■loiDs typique, mais plus connue, plus rebattue, plus YBlgaire. plus exploitée, plus exploitable. Au lieu d'une vie à l'écart et ténébreuse, c'est le plein soleil que cet antre recherche; c'est la foule, c'est le passage, c'est le aable mouvant! Le carreleur (cordonnier rustique et am. bolant), qui prend des goûts sédentaires, le semainier aur ses vieux jours; le gniaffe vulgaire, mais hors d'âge at décrépit, fournissent le plus souvent le sujet en question, j'entends le gniafle à échoppe, le savetier.
Celui-ci, pareil à l'hirondelle de bon présage, suspend aoD nid à toutes les murailles, el il n'est pas de rue, de bord de chemin, d'impasse, dévoie, d'arche, d'égout, de redent, de recoin, d'allée, d'entrée de cave, de porte condamnée, où il ne soit.
Mais, tandis que Progné ambitionne les hauts toits, les créneaux, la tourelle, l'aigle les pics pour son aire ; que la giroilée inonde le chaperon de ses parfums et de tes fieurs lui, humble hysope, timide fumeterre, psm» yre vergiss'tnein nicht, il veut le pied du mur; il ha* bite à l'ombre de la borne et se mire dans le ruisseau. Et
Iuel ruisseau ! ô mon Dieu ! que n'est-ce au moins celui ela prairie?
L'échoppe dans laquelle se loge ce porte-balle partenu, ou cette royauté délabrée, se compose communement d'une boite dont l'un des côtés et le fond sont for» mes par la localité. Une porte latérale y donne accès: eu hiver, un chftssb de serre^chaude, garni de vitres de papier et de quelques carreaux de verre, clôt la devanture. La taille de l'édifice est au-dessous de l'humaine; le pignon à hauteur d'estomac; et, si par hasard, accompagnant du geste sa parole, cet homme Toulait dire avec feu, j'entends feu M. de Mirabeau ou feu M. Chasse*
Bœuf de Volney : c Les grands ne sont grands qne parce que nous sommes a genoux ; levons-nous, que sontils ?» ou avec le bonhomme Richard : « Un manant sur ses pieds vaut mieux qu'un gentilhomme à genoux! » comme M. Victor Hugo, qui, selon notre ami Théophile Gautier, crève les plafonds de son crâne géant, il se briserait la tête en passant au travers, et prendrait sa maison a son cou, comme dit Paillasse.
Là dedans, tantôt, chaste Susanne entre les deux vieil-
I rds. le savetier trône solitairement entre deux baquets de science; tantôt, heureux époux, il dit à sa douce compagne : <c Madame, sede ad dextrismeis » Quelquefois encore, le commerce, elle est si bonne, qu'il ne peut tout faire par ses mains; qu'il devient un grand producteur; qu'il se voit obligé d^exploiter son semblable y la classe la plus nom^'reuse et la plus pauvre, de boire la sueur de Vouvrier, de s*engraisser de la substance du peuple, et alors son auvent se remplit d'hommes à ses gages, de un à trois, rangés à la suile l'un de l'autre, en front de bandiere, comme des marguillers d'honneur sur leur banc.
La légende qui avertit le bon passant de ce qui se consomme dans l'intérieur de cette hutte ne le cède en rien à l'ambitieux langage du maître du logis. On y lit pompeusement, non pas Courtin ou l'Empeigne, savetier, mais AU Soduer miiioN, a la Botte fleubie, Courtin confectionne en vieux et en neuf; ou bien encore : Lacombe et son épouse est cordonnier.
Sur la surface intime de la porte se trouvent collés d'ordinaire le juif ferrant et sa romance, d'où vient, dit-on, la phrase proverbiale des vieilles gouvernantes :
II est sage comme une image collée à la porte d'un «avetier; car le juif errant, Isaac Laquédem, le vrai, celui qui passa à Bruxelles en Brabant en 1772, avant l'invention des cigares à quatre sous, non pas celui de M. Quinet, est une illustration du corps. Avant d'user des souliers, ce grand criminel en faisait, el l'on voit aux livres saints que ce fut du fond de son échoppe qu'il dit au Fils de l'homme ce qu'un aimable Marseillais répond é qui lui demande sa route.
C'est encore chez le gniaffe à échoppe qne se retrouvent , dans toute leur virginité , les plus antiques traditions orales ou autres. C'est lui qui porte encore imperturbablement la queue en salsifis ; c'est lui qui s'enveloppe encore du tablier de peau de l'artisan gothique s'attachant sur l'os sacrum à l'aide d'une agrafe de cuivre en forme de cœur : ce qui fait dire aux mauvais plaisants qu'il n'a pas le cœur au ventre. Toujours en manches de chemise et les bras nus , il est chauve ou il grisonne. Son nex procombant sert de monture à des besicles de baleine ; et ce palefroi, sans cesse aux prises avec un picotin de tabac, laisse fluer un bistre épais, dont souvent une goutte se suspend comme la goutte d'eau & l'extrémité de la stalactite.
En butte aux plaisanteries générales, la pensée seule de cet homme éveille le sourire ; mais c'est surtout le plastron des gamins. Buffbn l'a dit : < Dieu a fait le hanneton et le iavetiet pour les délices de l'enfance. « Il n'est sorte de mauvaises charges que le polisson ne pratique à son égard. Â-t-il des vitres de papier, il passera la tète au travers de l'une pour demander l'heure; il tournera doucement la clef laissée à la serrure et ira la planter un peu plus loin .. Ici, ô Delille, ô toi, grand Voiuire. que ne me prétes-vous quelqu'une de vos admirables circonlocutions t.. . puis il reviendra, et cognant au châssb, il en préviendra gracieusement le père l'Emr peigne.
Que sab-je encore, il y en aurait, de ces firedaines,da
LE GNIAFFE
quoi faire un recueil plus gros que le cliou >^«1ossal ou que les œuvres de Jouy.
II n*était pas rare autrefois de trouver une échoppebâlic sur quatre roulettes. Mais ce genre de construction a clé peu à peu tout â fait abandonné. Il prêtait trop à Tcspiêglcrie. Soit donné, par exemple, que le père Courlin cul son échoppe dans la rue Basse : «i la faveur des ombres de la nuit, des farceurs s*y attelaient et la trainaicnt jusque rue des Singes ou de Tllomme-Armé. Et le lendemain, quand le père Courtin revenait à sa place accoutumée... plus d'établissement, pas plus que sur la main! cl le père Courtin demeurait confondu. — Tel fut, ou du moins tel dut être jadis, ô sanglante catastrophe.' Tétonncmenl des laitières de la banlieue d'IIerculanum, quand, arrivant le matin pour vendre leur lail à la ville, elles ne retrouvèrent plus leurs pratiques el ne virent partout que néant!...
A ))ro)ios du père Courlin el de ses nombreuses calamités, il n'y a pas bien longtemps encore, c'était, je crois, dans les derniers jours de la monarchie, que dans une petite ville du Midi se passa rexccllente aventure suivante, qu*il nous serait bien difficile de ne pas vous redire comme on nous l'a contée.
Le président *** avait pour vis-d-vis , adossée sur le mur d*en face , une échoppe et son propriétaire inclusivement.
Un jour que madame 1i présidente K^ynl* nard, et que M. le président miDatail averti M le silence du cabinet, an arrêt fulminaït, fK< fulgurique! le savetier, son voisin, de soi éà,i machinalement et d'an accent méridiOBil IM il nable rengaine, ainsi conçue :
Et quelqaelbit par hasard.
Un petit morceau de bûre (benn);
Et quelquefois par hasard.
Un petit morceau de lard.
avec un da capo éternel et indéfini.
N'oublions {las que la scène se beau pays de Gascogne.
Quoique tout entier aux idées paient , M. le président ne pouvait d'arriver jus(|u*à son oreille; et ce chut k I traversait; Tab-sence de la rime eo ard Tékâ que fois que le gniaffe en venait d dire fov fois hûre, il souffrait; comme un loa Cm. es! rail le tympan, et pour miliger le nallmtc « Attendu qu*il est temps enfin que la aadi un terrible exemple!... Attends qoedepw tives, qui ne tendent rien moins q[«^ nm trône et la pudeur!. • a il ajotttdt ealie sas
LE GXIAFFE.
^^Tf ivec hnsard : < Un petit moiccnu de lard. » —
2 *^ftt bien , mon ami , on en mettra du lard... > rcpre-
^ avec douceur madame la présidente. Elle croyait
^ «Spoui préoccupé du ci«nard qu'elle plumait.
y^,^ Mvetier allait toujours son (rain, sans laisser arri-
— «lavantai^e la rime désirée. M. de *", de plus en plus
^fc son insu mrme. s'impnlienlait : «De lard!... de
i-^cX -••• » n pétait-il avec colère. Enfin, irrité à un tel
S n ^ P&r celte éternrlle scie (c'est aiuNi que se nomment
^^orc vulgairement ros sortes de caâencrs suspendues ,
S S" ilortense de notre ami Alphonse Knrr, que Dieu
^^1^'pr). tellement emporté hors de lui-même, qu'où-
ixKVit tout à coup son caractère, sa besogne si solen-
• "S 1 ^ et si lugubre, il se lève, s'élance sur son fusil de
«B^fsc qui se trouvait prés de là . et, se penchant à la
c^s^ce, couche enjoué notre inexorable chanteur.
^K Oc lard ! d«> lard ! grcdin ! le diras-tu ?. .. > lui crie-
■ •«.• — «Kh! mons'eur, je dis comme je sa:s ! je ne 2 j a TDais entendue autrement, que voulez-vous !... Mais ^p-«-A ce, je vous en prie, ne me tuez pas ! » Disant cela, y»fiiLmTre gnialfe, les mains jointes, s'était jeté à deux
t> m^ "v-anl tant de candeur et de bonhomie, M. le prési- > C: «^est«i désarmé. Depuis ii avoua que, si cet homme ^^ «m i t mis fin à sa cadence, infailliblement il 1 eut tué. k* c* Ss retournons à notre objet, et disons vite notre '«■» î «r mot.
^ « ■ sud le gnialTe pur sang est devenu vieux, incapable ^ »~<:^p pauvre, il finit le plus souvent par la loge. Et
■ ' =-*■ » vient-on demander à Olympe Tétage de quelque •^ *. ^lire, il répond par une forêt de phrases majeslueu-
'" » <DU par une brusquerie tout à fait ditns le goûi spar-
^^^ ; et tandis que l'étranijer assommé monltî l'escalier
*"ir»armott«nt entre ses dents : « Veille brute, vieux
^^"*^*3:i '. . » lui, de son côté, se drape, enchanté de son
^^"^^ langage, et se dit à part soi : « Certes, voilà un
^^*^ sieur qui emporte de moi , à coup sûr, une gr.inde
r^'^^Tiion ; qui doit dire: ce suisse n'est pas un homme
*"^ ^ fçairc. un concierge-né. C'est une grande imelligofico,
^^^'^loppée encore par une éJucalicui soignée, subtile,
^'^'"^ncipesque, mais déplacée par le destin et le malheur. »
Puis, enfin, un jour il se meurt, mais lrès-ht:ureux,
t^"^^ în de lui-même et de ses idées, au fond, tout au fond
^^^ son antre! Il se meurt stoïquement, songeant avec
^H tiol regret amer, le lendemain, les maîtres cordonniers
^^ fi Paris vont se dire : « llélas! l'habile cordonnier Oné-
^îme Chopinrinl a cessé de vivre!!! »
Biais il ne songe pas. le pauvre infatué, le pau\Te diable, heureux, mille fois heureux pour lui !... que le titi nàu quatrième dira aussi, car tout panégyrique a son re- 'Xcrs : « Ohé!... ohé!... ohé!... le père (^hopinard qui a lait sa crivaison! Enfoncé le père Uiopinard! »
Au moyen âge, les cordonniers se partageaient en plusieurs classes distinctes : il y avait les cordouaniers, les bazaniers. les savaliors ou savetoiiiors, et les sueurs de vieil (nos savetiers pro|»rcmcnt dits'. De nos j«»urs encore, la profession se divise en diverses et nombreuses Citégories; mais, dans l'échelle des gniafl'es maîtres ou arrivés, le podophile occupe le premier rang. Le podophile, c'est le cordonnier du progrès, le cordon nierrtranre, jeune France, lion, nco-chrcticn, artistique, palingénésique, annoncé dans les feuilles, célébré par la réclame, rôle antarctique du cordonnier «le faubourg, ce gentilhomme a horreur du cuir et du clou, et c'est à lui que nous devons le soulier ou escarpin retourné à l'usage des gens de la haute (grand monde), la hoitc sans couture ou entièrement cousue de soie, (t le soulier de bal; du poids de deux onces, faii d'épidcrme de sylphide ou
de satin étiolé. Les pins estimées de ces dernières chaussures doivent laisser pied nu leur porteur â la premicie ou à la seconde contredanse, ou tout au moins dans le plus fort du ballet. — Aux petits commis, aux provinciaux que Vœil de son ouvrage a attirés chez lui, et qui lui font le reproche que ses bottes, quoique trés<:licres, no durent presque rien, le podophile répond: «Vous êtes dans une erreur complète, messieurs; mes bottes ne vous chaussent-elles pas à ravir? mais vous voulez aller à pied avec ma marchandise, et dans la me ! cela, messieurs, ne se peut pas. Si ce sont des souliers pour marcher (|ue vous souhaitez, je vous demande bien pardon, je n'en fais pas. »
Comme nous l'avons vu, le bottier est appelé boueux par ironie; mais celui-ci, en revanche, traite le cordonnier pour femme de chiUonnier. Le chiffonnier, d'une propreté exemplaire et féminine, est en général d*une constitution médiocre, tandis que le boueux, solide, robuste et sale, prati(|uanl un métier des plus durs, est au contraire une espèce d'Alcide, armé comme un Titan d'une barre de fer en guise d'astic, et d'un formidable épieu pour forcer le bas de l'embouchoir sur l'avantpied.
On donne de six â neuf francs de façon a l'ouvrier pour les bottes ordinaires. Pour les souliers de femme, le chiffonnier n çoit la somme de neuf a trente-cinq sous. Alalgré Texiguité de ce prix, il en est qui arrivent, par une habileté prodigieuse, à se faire encore de fort bonnes journées. Ati Conservatoire des Arts et Métiers, on voit une paire de souliers de maroquin, dont le talon est à couche-point avec une piqûre élégante, et à coté de laquelle on lit : a Le nommé André *** est parti de Pans, le C du mois d'août 1822, à deux heures et demie du matin, pour Saint-Germain-en-Laye, où il a fait une paire de souliers; de là, il est allé â Versailles, où il en a fait une deuxième paire; la troisième a été faite à Sèvres, et, en arrivant à Paris, il a fait la quatrième paire au marche Saint-Martin. A huit heures du soir, il est allé jouer la coméilie, et delà â la société où il axait habitude de se rendre dans la .soirée. En travaillant pendant dix heures, il a confectionné quatre paires de souliers de femme d'une manière élégante, et qui laissent peu de chose à désirer; on assure que dans une semaine il a pu aller jusqu'à soixante et onze. » Mais il faut avouer qu'on rencontrerait peu d'ouvriers aussi actifs que celui dont il est ici question.
Quant aux souliers vernis, pantoufles et autres chaussures légères, cela se fait à la grande façon, c'est-àdire en gros et chez des fabricants livrés absolument à ce genre et en position de fournir les débitants. 11 y a aussi des cordonniers à la grande façon q«ii ne travaillent que pour la province et la pacotille. Ceux-ci confectionnent et expédient dans les deux mondes des chaussures dites baraqucttcs, composées en général d'un peu de cuir et de beaucoup de papier. Il en est du reste de même de toutes les marchandises destinées aux Amériques: c'est toujours assez bon, dit-on, pour des sauvages; et Ton envoie â New- York ou â Cuba des copeaux pour da vermicelle, ou des manches d balai pour des fusils de munition.
Un Rionsicur, haut employé, fort connu dans la capitale, et qui mérite de l'être à tous égards, avait, il y a quei(|ue cmps, un billet de cinq mille francs â toucher chez un gniaffe du faubourg Saint-BIarceau. Il s'y rend, mais ne croyant guère qu'il put être payé.
Arrivé rue de l'Epéede-Bois, il cogne à Thuîs d'une masure horrible et délabrée.
~ Le gniaffe se présente, c Que souhaite monsieur?!
LE GNIAFFE
Il hésite, il regarde autour de lui, et, voyant tant de misère» il ifose lâcher le mot de sa mission.
Apres un long iiilervallr, après qu'il eut tourné vingt fois et sa langue et aulour du pot, le gnialTe, comprenant son embarras, lui dit : « Je vois ce que monsieur désire; monsieur vient pour toucher le montant d'un petit effet?
— En effet, monsieur.
— De cinq mille?
— De cinq mille.
— Bien, monsieur, je vais vous satisfaire. » rrcniier étonnemenl du bourircois.
Le gniaffe passe dans une pièce voisine, ouvre un bnliiil, puis, revenant : « Monsieur veut-il être payé en Lilbls, en argent ou en or/... sauf le change, bien entendu. Je suis ù sa disposition. ]>
D( uxième élonnemont du bourgeois.
« En... en. . en... Monsieur, comme il vous plaira... Tenez, si vous voulez, moitié argent et moitié papier. »
Et I:i chose fut faite aussitôt à son gré.
Troisième étonnemenl du bourgeois.
Lequel dit alors au gnialfe : « Vous m'excuserez, monsieur, si j'ai montré d abord quelque embarras; mais, soit dit sans vous offenser, je ne pensais pas, monsieur, qu'un homme de votre profession pût être à même de faire l'appoint d'une aussi forte somme.
— Ah ! mon cher monsieur, quelle est votre innocence!... croyez bien que je ne suis en aucune manière blessé ; mais revenez de votre prévention : il y a, sachezle bien, beaucoup de gens de mon état riches, parfaitemcnlrichcs. Au métier que je f.«is, voyez- vous, monsieur, quand il plaît à Dieu, on gagne un argent fou. Nous achetons les vieilles chaussures qu'on jette à la borne, les savates, les lanières, les vieux chapeaux, le vieux papier a sucre ou à chandelle... Tenez, voyez, nous n'en manquons pas!... (11 lui fit visiter alors toute la maison, qui en était comble du haut en bas; de la cave au grenier ce n'était que chiffons et SAvates)-, nous dépeçons tout ça;
nous le npprèlons et i i nison des chnnm k tille, qui sont expédiées avec an gnod béMiaita colonies, dans les Indes.. • ¥oili« BOMkv.lcB que je suis ! »
Eu voilà bien long sur un sujel bien Medlia rier Dieu veuille que le lecteur lasséKiécnip achevant ce bavardage : c Cali§m flMciaUBfl on disait autrefois à ceux qui étaient le^iam sornettes, faisant allu^ûon au soulier iÎBHHt f emptreur. — MaMmin avait huit picétéakaL
Nous avons préféré pour le titre de eetarWil gniaffe à tout autre, parce que c'est le tÊÊémmti surtout que nous nous sommes propesé éa fmàn aus^ii parce que le mot gniaffe, comme Isitttfi grefië sur l'argot, nous a semblé plus popsUret expressif. L*étymologie d'ailleurs en tA hrilBie: que la plus grande partie du jargon des Telcon.a est d'origine hellénique, et rient dn mot gm 7 cardeMF ou peigneur. et dérisoireroent rackaraip formé de ^âcp». racler (anglais : fo yww, rao^ â-dire racleur ou ralisscur de vieux cnir.