FRÉDÉRIC SOULIÉ
Avant de faire le portrait de rindividu. essayons de donner une description de l*endroît où on le trouve, du cadre où il pose, ou, si vousTaîmez mieux, de la contrée où il régne. La maison de santé est presque toujours logée dars quelque vieil hôtel dont les vastes appartements du rez-dechaussée sont afTeclés au service commun , au grand et au petit salon, à la salle a manger, au parloir, etc.
Les étages supérieurs fisés en une foule de petits appartements qui sont ( aux malades de première qualité. Ceux du second (Ont casernes dans les chambres que Ton a pratioas les combles, ou dans celles qu*on a créées, au de quelques cloisons, dans les bâtiments destinés is aux écuries et aux remises. Comme la maison é parle toujours, dans ses prospectus, de Tair pur f respire, elle a toujours un jardin d*une aua (tendue. Ce jardin eil d'ordinaire livré à l'entre* c'est-à-dire que moyennant une somme de cent par an, il y a un jardinier qui se charge de le rade le labourer et de le fournir de fleurs, d'où il
résulte nécessairement que l'herbe pousse dans les allées, et que rien ne pousse dans les plates-bandes. G*'pendaiit, c'est M seulement que se trouve l'air pur qui fait le plus grand mérite de cette demeore, car l'on ne peut guère s'imaginer l'air qu'on respire à l'inté* rieur. Grâce aux nécessités de l'exploitation, qui font à la fois d'une maison de santé une succursale d'hô* pital et une annexe de restaurant, il s'y forme une atmosphère pharmaceutique et culinaire, chargée d'exhalaisons d'élher et de jnatelote. de quinine et de choux farcis, de graine de lin et de haricot de mouton; espèce de gaz gras et nauséabond qui donne k la fois des étouffements et des envies de vomir.
C'est là que vit pèle-méle la population la plus diverse et la plus changeante, car la maison de santé n'est pas seulement, comme nous avons dit, une succursale d'hôpital, une annexe de restaurant, c'est aussi une dépendance de prison. C'est en cela que la maison de santé diffère essentiellement de la pension bourgeoise. Celle-ci n'est, â tout prendre, qu'un fac-similé incomplet de la petite ville ; la maison de santé est un résumé de la société tout entière. L'une ne renferme guère que la sotlise et le ridicule, et l'autre y joint le crime et le vice. Vous allez voir comment.
Par une tolérance dont nous ne voulons point (aire la critique, mais qui existe, il y a un certain nombre de condamnés qui obtiennent, sous prétexte de maladie, la permission de subir leur châtiment dans une maison de santé. Cette tolérance a été appliquée d'abord aux écnvains politiques, et en ce cas elle semble presque juste, oa tout aa moins possible â expliquer. Dans nos «ftœors.
Vii.>Iaip. d« Éd«Mi4 BM, m SaiM-Low. 44
SI
LA MAITRESSE DE BIAISON DE SAKTE.
*(iomme qui commet un délit moral ne SAurait être assimiUi à celui qui a matériellement fait uo acte coupable. Noire délicatesse répugne à voir dans la même prison un puhlicistc et un escroc, un poëte et un voleur. La loi n*a pas fait de difTérence, l'administration en a reconnu une, elle a eu raison sans doute; mais malheureusement dans liotre pays Tabus est toujours près de Tusage, et peu à peu la tolérance dont j'ai parlé s*est étendue aux banqueroutiers, aux fau>s.-iires, etc.; de façon qu'il y a des criminels dont les uns pourrissent dans des cellules inipures. et dont les autres se gobergent dans les salons de la maison de santé. Si Ton veut me permettre de raconter une visite que je Gs dans une maison de ce genre, on jugera pcut-Alrc mieux de Tensemble de cette population, sur laquelle règne la maîtresse du lieu, et peutêtre aussi le portrait de ce que doit être la souveraine d'un pareil monde se trouvera-t-il à moitié dessiné par Tesquisse des .sujets sur lesquels elle étend son empire. J'étais invité â dîner dans une maison de santé, par un de mes amis, que des passants y avaient transporté â la suite d'un accident, et qui s'y était installé pour s'y faire guérir, car il n'avait point de famille à Paris. Je me rendis de bonne heure à l'invitation. C'était en été, et la plupart des liabitants de la maison se promenaient d;tos le jardin. Auprès d'une plate- bande où j'avais cueilli une rose thé d'une pAleur charmante et d'un parfum délicat, j'aperçus deux hommes que leur entretien semblait absorlier complètement; l'un jeune encore et malade, mais habillé avec une recherche et une élégance particulières. On voyait que c'était un étranger. L'autre, au contrain*, râblé, rubicond, muscoleux. suant la saffté et la vignoiir, mais d'une allure grossière et brute, était vêtu connue un ouvrier endimanché. Je demandai à mon ami quels étaient ces deux hommes qui causaient si frateriicilemcnt, quoiqu'ils parussent de nature si différente, a Le ]iremier, me répondit-il est un baron all^-mand, cnornîément riche, et qui est venu se faire traiter ici pour une inalddie de peau reconnue incurable. Le second est un nmilre maçon détenu sous prévention de faillite frauduleuse. Ce sont U des pratiques excellentes, le baron p:iynnt Irés-cher parce qu'il est riche, et le maçon parce qu'il est coupable; l'un vivant dans l'espoir d'une guérison qu'on lui promet toujours pour le mois prochain, l'antre vivant dans la crainte d'être â tout moment retourné à la Force, et flattant de ses écus volés l'influence occulte de la directrice de la maison, qui le sauve de cet le (xtrémité. t/intimité de ces deux hommes, qui vous : emb!c un problème insoluble, s'explique ici tout naluroUonient. Le maître maçon seul s'est trouvé la peau asi soz rude et assez calleuse pour toucher la peau gabuse du baron allemand, lui seul ose entrer dans sa chambre ; et braver la pestilence de l'air qu'on y respire. Du resl»', j tous deux en combattent l'impureté par un exercice con- I tiuu de la pipe et une prodigieuse absorption de bière, et cela à l'enconlre des ordonnances du médecin.
— Et la maîtresse de la maison ne s'oppose pas â cette dérogation aux lois sanitaires qui doivent être plus despotiques ici que partout ailleurs?
— né'merépliquamonami,oùseraitalorslebénéficede l'entreprise, si les malades se guérissaient? Chaque bouteille de bière exige, le lendemain, un pot de pommade pour frictionner le baron ; et je vous jure qu'on le frictionne, non-seulement pour ce qu'il boit, mais pour ce que boit le maçon.
— .Mais le malheureux en mourra.
— On l'en empêchera bien. La maladie de peau est connue pour ses excellents produits. C'est le \Tai fonds des maisons de santé ; on n'en guérit jamais, mais on
n'eD meurt qae lré>-Urd ; âne maladie de pcai que une rente visigére pour la naÎMMi, cl. s ploile, CD se (^rde bien de la laiucr aller u n'y a pas dp maladej^los «oigne que le fanm.
A quelques pas de li, je pas me GooTaiBot avait des amitiés dans cette scntinet Q j anit Iiaines profondes; et j'appris en m^me teopi ■ trouvait des malades el des prévenus, il j ani condamnés- Une femme aliominablemeiit salc,i grasse beauté, passa prés d'un homme flsct i et d'une recherche excessire. Tous deux <« b» regard de haine et de mépris, qne tous den i comme on va voir. L& femme sale était ace k» publicaioe, que son mari avait Ciit coùâiUM qu'il croyait que le ménage est tout à fart oc cbi chique où il ne doit j avoir qu'un souvenio. a femme y voulait un sénat compoi^ë de tfHis l^ . de boutique, à larges épaules, et lenr bi^i^it ; aux affaires une part trop intime el en même is publique.
Le monsieur était nn vicomte de 1 asda rr^ qui les bourgeois du jury avaient lait payer. ^ ■ tention de cinq ans, son trop grand amoor psvlsji filles au-dessous de qninie ans.
La haine de ces deux êtres Tun pour l'irincvp sée aux dernières limites. La forte et fi^smai chère, pour qui son crime n'était qu'an eiema étendu de sa constitution républicaine, euavai quel de vicomte et son incapacité â aboricf h pa dans toute sa puissance, en bee d'uMpoumi comme elle, savait au moins ce qu'elle fAû,efi sultaitâ la nature parl'abominalAeeirrapliMiBil trissait des êtres incapables de se défendre «pub pables de céder. De son câté.le vicomleseinÉÉè que cette volumineuse et lourde boacberedisii» contact grossier ce joli petit crime privilqKii^ri lui. ne devait appartenir qu'au kmma à ma qui consiste à tromper son mari. Da reiie.HÉ avaient trouvé, chacun pour rasire, aae èamâ qui peignait é la fois ce qu'ils élaiât H b iM qu'ils s'inspiraient. La bouchère appelait kiai € Vieux Gontrafatio! » Le vicomte appefailflBiM c La tranche de bœuf adultère I s ToHécaeiM avaient trouvé un asile dans cette ■sboL tafri par qui? comment? Ceci est nn des ■]■!■■ iri sons de santé.
J'avoue que ces deux rencontres m'aviial#M un commencement de mal an cœur, qui m'^pt fait inventer un prétexte pour me retirer antf Mi si je n'avais été ramené â des idées iMiBi MM jeune homme qui m'aborda en s'éciiaat:tpi vous, mon cher, est-ce que vous dinesancMA cas, je vais fanre frapper du cbampigMt cM la maison. — Vous, ^t à quel litre?^ A!A!ij| en riant aux éclats, t /imme malade* — AtKiM épanouie ! Vous êtes lonc nn malade bMgmiM pardieu, je suis plulHun malade imagiai. Wd c'est. Un juif me prTte vingt mille kmt»; cw qu'il me donne cent lOuis en écos, el db-î||lA cents francs en savon de Windsor, ai Immfliiil en pains é cacheter, eu serins, en nffltmiil^^ que, etc., etc., etc. L'échéanee fenne; bdribal suivit. Je lui proposai un anamcmiai, il hAaI vengeai. Il m'avait prêté en aavenalaipdM^ je le payai en prison. Hab eomme OÎchys*»» nable séjour, je me tt ivai, le lenJamshdfW atteint d'une maladie cnroniqnedn Ma. Jiftsfl4 sous peine de mort» é laire F - - --^
LA MAITRESSE DE MAISON DE SAKTÉ
W^, é me livrer à toutes sortes de distractions ; et comme Un loi a dît au créancier : « Tu emprisonneras ton débiteur, » mais non pas: « Tu le tueras, » j*ai été transféré «lins cette maison de sanlé, où je me soigne le plus que (^ peux, en attendant ma guérison déGnitive, qui arrii^^ra dans deux ans, car voilà trois ans de traitement H;iie je fais de mon mieux, sans que ma maladie ail di- ItoiDué d'intensité. C'est pour quoi nous allons boire de t^ tisane de Champagne.... à la sanlé de mon juif. A lout k rbeure. Je vais à l'ofûce. >
Il nous quitta en riant, et trouva sur son passage un ame chauve d qui il se mit à chanter à tue-téte :
Préfet, je veux de tes cheveux.
L'homme ainsi interpellé se redressa comme un aspic, %| courut sus à celui qui Tavait interpellé, jusqu'à ce taie, fatigué de le poursuivre à travers toutes les giouoirités du jardin, que Tautre lui faisait parcourir en lui ^Bbantant toujours, Préfet, je veux de teê cheveux, le ^Mlheureux tomba sur un banc où il se mit à frotter sa ^lièle chauve avec uo morceau de flanelle grasse et une
fï*énésîe extraordinaire. C'était un ex-préfet de l'Empire, qui, devenu trop pressant dans ses hommages â une belle dame, s'était vu enlever son faux toupet au moment le ' plus animé de l'attaque. L'éclat de rire que fit naître cet accidej^, et qui défendit la dame beaucoup mieux que ses fureurs, avait si profondément blessé la prétention belliqueuse du préfet, qu'il en avait perdu le peu de bon sens demeuré jusque-là sous sa perruque. Il en était devenu fou, et sa folie consi.stait à croire qu'il avait inventé une pommade pour faire pousser les cheveux. C'est pour cela qu'il se frottait si furieusement le crâne.
Enfin l'heure du diuer arriva. Nous étions à peu prés vingt-cinq à table. Le diner me parut convenable, mais l'aspect de la table fuX plus puissant que mon appétit. J'avais en face de moi une pulmonaire, espèce de cadavre ambulant qui avait été accueilli é son entrée par un murmure dont le sens voulait dire : c Tiens! elle n'est pas encore morte; c'est drôle! » Un peu plus loin, un manchot, que j'avais d'abord pris pour un militaire, mais qui n était autre qu'un scrofuleux à qui l'on avait coupé le bras, lequel bru, i ce que j'appris, avait été euterré tu pied du rosier où j'avais cueilli cette charmante rose
LA MAITRESSE DE BIAISON DE SANTt.
hé que j*avais à ma boutonnière. Il me sembla que j*avais le bras de cet homme pendu à mon habil; j'arrachai celle délicieuse fleur avec un mouvemenl de dégoût et d'horreur, et je renonçai à dîner.
Cependant j'admirais avec quelle tranquillité d'estomac tous ces gens mangeaient et buvaient, et j'eus bientôt l'occasion d'apprécier avec quelle tranquillité d'esprit ils prennent certains événements. Dans cette circonstance, je reconnus que l'hoiîme physique et l'homme moral n'a que des jongleries dans le cœur et dans I'cnIomac. En effet, au beau milieu d'un dindon que découpait la maîtresse de la maison, un domestique de chambre, sorte de garçon de cuisine et d'apolhicairerie, entra et dit lotit haut :
— Madame, madame B"* du second est à toute extrémité, et elle demande un confesseur.
— Bien, répondit la maîtresse en fendant une aile en six, faites venir aussi le viatique, car je crois qu'elle n'ira pas jusqu'au dessert. »
Après ceci, é quoi personne ne flt attention, on parla immédiatement de littérature légère. Je laissai la conversation s'engager entre un richard condamné à mort pour catarrhe, et un professeur d'anglais condamné i la détention pour faux. L'un fut soutenu dans ses opinions classiques et morales par un ancien croupier de Tortoni, qui avait ouvert une maison de jeu clandestine ; et l'autre fut secondé dans son admiration pour le genre romantique par un hydropique qui prétendait avoir le ventre de Falstafl'. Ce fut alors que je pus observer la maîtresse du lieu. A ce moment de la journée, elle devait avoir, et elle avait quelque chose de la maîtresse de pension. Ainsi la même adresse â distribuer un plat, la même surveillance de l'œil sur la consommation libre des hors* d'œuvre, la même colère quand un indiscret osait revenir deux fois au même mets. Mais la dextérité humoriste et souple de la maîtresse de pension bourgeoise était remplacée ici par une sécheresse d'autorité que ma présence seule empêchait de se montrer dans toute sa rigueur. On voyait toujours surgir derrière les paroles de cette femme, comme une ombre menaç^inte, ou le médecin, lorsqu'elle arrêtait l'appétit des malades, ou le préfet de police, lorsqu'elle calmait Tavidité des condamnés. Toulefois, quelques-uns comme le baron et l'Anglais, mangeaient à volonté, cela ne pouvant que leur faire du mal, cl la pharmacie de la maison rattrapant au cenluplc ce que la cuisine pouvait y perdre.
Eniin, ce diuerse lerniina, et la chose qui me frappa le plus quand on eut quille la table, ce fut l'étrange fusion qui s'opéra dans le salon. Oulre les personnes dont j'ai parlé, il y avait dans celle maison des pensionnaires valides et des malades souffretoux, gens de bon monde et de probité. Je pensais qu ils allaient se réfugier dans un coin. A ma grande surprise, il s'établit une conversation générale dont personne n'était exclu. Deux jeunes filles qui demeuraient dans cette maison près de leurs mères inlirmes, des femmes élégantes qui venaient y voir leurs frères ou leurs parents, faisaient cercle avec la bouchère et le vicomte, cl, pendant un moment, la maison de santé disparut pour faire place à une réunion gaie, animée, brillante. On y parlait modes, spectacles, concerts. On y faisait des calembours, de bons mots, tandis que l'on mourait au-dessus de notre tête. Moi seul y pensai peut-être ; mon ami m'assura que le lendemain je n'y aurais plus pensé.
Le repas fini, je me Gs présenter, et je causai longtemps avec cette régente d'un empire si singulièrement composé. Elle me fil peur. Elle n'est plus jeune, mais a dû être fort belle; elle est rude, mais elle a un choix
d'expressioDf tim ditUngnéei . A k voir chez elle, on lai trouvenit de TespriU cl« où elle l'a pris; mais à côté de U sonrce oi dk It fi^ cet esprit devient presque un cjoîtme einyui lai je n'ai entendu parler de toutes les iafirmitéietèiM les crimes humains arec une prédsion d isMuié. Le juge le plus accoutumé â l'aspect da TÎee, knéin qui pénétre dans les hôpitaux, n'ont chacu qi'otii lié de cette afTrease expérience de rhonnM. fê k toute foi et toute fcensibilité. Il me semblait qv m femme dût être faîte de bois et de fer. Eh blea' ^ il y a au fond de tout cela une portion d'ine^i» vécu i l'ossification générale : cette fcmne ôt c elle aime avec passion. Je cherchai qni [araik le préféré. < Jamais, me dit mon ami, il l'csfttÉi cette maison; elle n'est pas asses maladroite povi montrer dans cet affreux déshabillé de son eut; Am que le charme fuirait à la seconde visite. Dt re^i mari ou an amant ne fendent que remhairiwi.fii avait ici nn homme qui eût le droit de s'isttryrfa les querelles qni s'y engendrent, il loi badnii ans employer la violence personnelle pour BMltre biii citrants â la raison, ou répondre â des prafncrtwp peuvent partir d'hommes dont on ne peil la tém \a femme, au contraire, protégée par sa pnlaÉil^ blesse, est toujours en droit d'appeler Îb mâtàê avec lesquels personne ne se sonde dr k onafl^ pour les maladies qui Tont jusqu'à la farev,a«lh domestiques; pour les antres, c'est le CMMBiiè police. Grâce à ces moyens, chaeaa se BâiHtia place, sûr d'y être remis par nne fiBreeoimiHldll supérieures.
Toutefois, la maîtresse de flMison de smiîièi»! tus que l'on chercherait vainement dans kmtÊà:M une discrétion i toute épreure. Ici ont paaémifrii les ait jamais vues, bien des jeunes fiUcsiltainm dont l'arrivée était suivie de la venoe d'ans amÉB.1 y a eu dans ce genre des romans entien cmIîi laili murs de cette maison, et certes les tresse de maison de sanlé vaudraient rhi mme qui croit le plus savoir dans ci mmk
A ce propos, je demanderai la permisans è une rencontre dont le secret me fut réfâilH nés après cette première visite, nn joor éiti,mi donne dos bals dans les maisons de s»li
Le jour ou je dînai, la nuit était font à ùàdmi je sortis. Chaillot est désert de b contrai au milieu de la rue une voitnre ée^ et dont le postillon avait quitté les cheniL k chai, craignant qu'il ne fût arrîré quel^i qu'une voix de femme, sortie de cette avec un accent de prière :
a Mon Dieu, monsieur, pourriei-Toas isdi^i tillon la maison de santé da doclenr H...? Ci reux est ivre et s'en va frappante loalesIcifBia
La personne qui m'avait ainsi parié l'ità hors de celte voiture, et la lumière de la hHH vait éclairé son visage de maniérS'à ce qsejtfaa combien elle était belle. Cette femmeavaittaia dans l'accent de sa voix , quelque chose dafif.' sans doute l'empêcha de voir avec qaeUs cwirfjl regardais; mais, du moment qu'elle s'eaipuyl ~ retira dans la voiture et se voila le vîngs. Xi la voilure jusqu'à la maison d'on je sortM^^J* mis de m'informer de cette <»émi parlai â mon ami.
Il ne l'avait point v et i ta ifail fv 1er. Personne , dans la s , as M
tfj^fl
LA MAITRESSE DE MAISON DE SANTE
pensionnaire ou d*une malade arrivée en chaise de poste* Je supposai que celle étrangère n'avait pas trouvé chez la docteur ce qu'elle y cherchait, et s'était adressée dlieurs.
Le jour du bal vint enûn, et dans cette maison d'înfilides et de condamnes , où la maladie régnait à tous les étages, où la honte semblait devoir fermer les portes quand ce n'était pas la douleur, ce fut un luxe, du bruit, fb des fleurs, des diamants , des femmes qui riaient et dan- ^ nient nu son d'un orchestre joyeux. Une seule figure ^^1 nppelaitla mort au milieu de celle fêle bruyante. C'était ^ celle d'une jeune poitrinaire, qui. â force d'instances, ^k trait obtenu de se placer dans un coin du salon. Là, imt|t mobile, attentive, respirant un air qui devait lui briller pu la poitrine, elle regardait danser d'un œil ardent d'autres jeunes filles pleines de fraîcheur et de sève. Ses lèvres, convulsivement agitées , suivaient les mesures ra* Lpides du galop;... elle tressaillait d'une joie désolée, lorsque la danse animée emportait tous ces flots de femaaes en légers tourbillons; ses doigts, crispéii sur les ^ hns de son fauteuil, essayaient de la soulever. Un mo- '; aient elle se tint presque debout, et je crus qu'elle allait ~ mêler sa figure cadavéreuse n celle course emportée et {'fouge de pltisir. Mais la force lui manqua, et elle letomba à sa place.
Il né faut pas crofre que ce monde qui dansait ainsi |M se fût pas aperçu de la présence de cette mourante : "^ chacun la savait l'i, chacun l'avait remarquée. Mais par ^ VU admirable instinct d'égoisme, personne n'en parlant '"Xé personne, tout le monde .«semblait l'ignorer, et l'on '^'^'■'avait pas besoin de donner à la pitié une seule minute J ée cette nuit vouée au plaisir. Moi-même je voulus me ^jjjstraire de celte pensée, et je ne sais ce qui me prit de ^^ iemander â mon ami des nouvelles de notre préfet. Je ^JfWiconlrai bien.
#^ c Silence, me dit mon ami, sa folie a pris un carac- •■Tlére furieux, et ce matin il s'est tué d'un coup de cou- ^Ctoau. Ne parlez pas de cela, ça jetterait du froid dans le ^ Itl... Il est là, il deux pas, dans un petit salon... Les §t^. ftmmes sont si ridicules! elles auraient peur, et j'avoue r^' ipie je ne voudrais pas manquer le galop que m*a promis H-* la femme du général belge R*^*, la belle-sœur du docteur, r> nae femme charmante ; elle est arrivée ce malin d'Angleterre , et n'a pas voulu manquer le bal ce soir, car elle . jrepart demain pour Bruxelles.
Je demeurai à ma place. Le galop passa à plusieurs iRc^is devant moi. J'étais tellement préoccupé de ce bal, à ^«e^téde ce cadavre, que je ne voyais personne ; un couple ^IpBas rapide que les autres me heurta asseï fortement,
et j'entendis un rire suave et doni glisser en même temps dans l'air. Je levai les yeux , et je vis mon ami emportant une femme d'une élégance et d'une souplesse merveilleuse. Elle repassa devant moi, je la reconnus. Cependant je n'o^i me fier à un premier coup d'œil. Lorsqu'elle fut assise, je me plaçai prés d'elle; elle m'aperçut et devint pftle. J'allais aborder mon ami qui venait à moi, lorsqu'elle me dit avec un sourire plein de bonne grdce.
• N'esl-ce pas vous, monsieur, qui m*avez invitée pour la première contredanse? »
Je m'empressai de lui répondre qu'elle ne se trompait pas. Nous dansâmes ensemble ; pendant une figure elle se tourna vers moi, et tout en arrangeant les plis d'un fichu de blonde, elle me dit a voix basse, comme si elle m'eût parlé de sa robe :
c Si vous dites un mot, je suis perdue... Point de questions sur mon compte... Li-bas, au coin de la fenêtre, cet homme à cheveux blancs à qui je souris en ce moment, c'est mon mari; et s'il soupçonnait que je suis entrée ici il y a trois semaines , quand il me croyait à Londres, il me tuerait. »
Elle ne put continuer, c'était son tour de figurer; elle s'élança, la joie sur le front, le sourire sur les lèvres, et je ne m'étonnii point de voir mon ami danser gaiement prés d'un cadavre, quand cetle femme se montrait si légère avec une telle terreur dans l'âme.
Quand elle revint , je la rassurai ; elle me remercia comme si je lui avais ramassé son éventail.
Le bal dura jusqu'au matin. Je me retirai vers six heures, et pourtant je ne fus chez moi que beaucoup plus tard. Cela vint de ce que, dans l'avenue de la maison, la voilure qui précédait la mienne, et où se trouvait la belle madame R***, accrocha le corbillard qui venait pour enterrer l'ex-préfet. On fut plus d'une heure à dégager ces deux voilures Tune de l'autre ; et comme les deux cochers se disputaient, celui du corbillard dit à son camarade :
c C'était à toi de faire attention, anima] ; je ne courais pas risque comme toi de faire changer mon monde de voilure.
— Taisez-vous î s'écria madame R**' avec épouvante.
— Laissez donc, la petite dame, dit le cocher en sifflant ses chevaux pour les faire avancer, vous y viendres tôt ou tard. Je sais le chemin, et je ne chercherai pas l'adresse cette fois-ci. »
* Je regardai le drôle, celait le postillon de Chaillot devenu cocher de corbillard.
cï <î*WWt'-'
LE TAILLEUR
noGi':n de beâuvoir
M. JOcioAni. -~ Conmeiit, mmluMt ■*«! yriMMM» rivé?
LE LAQDAis. — Hoo, noBsleor.
M. iouBDAm. — Ce maadit talllear mt btl Ma maàt, poor un joor oà J'tl tant d'alTalras; J'avage! Q» h ta quanaine paisse iemr bien fort le fcomtaiietyfctfa diable le Uillenr! la peste éuwflè le taillrar! S ^kmk malnteuant, ce taiilear détestable, ee cfclem de feil«^« trartrc de ulileor !...
Non père a llioniieiir d*afolr le prcaiff leine en se faisant prendre la mesaie 4*im
entrât moins d'élofTe.
{le Ram
ucl est ce pauvre hère, aussi maigre que la latte d'Arloquiu, jr.unc et malailif à faire trembler, dont la poitrine rentrée décrit un arceau, dont les jambes jrrêles forment un X?
Tn bouquet de barbe taill('>e en pointe à la façon de celle de Don Quichotte ijrisonne sur son menton, des lunettes de magicien ou d'alchimiste pincent son nez. Il laisse tomber de joie se s ciseaux en vous voyant tourm-r le coin de sa rue et monter ses (|uatre étages. Vous sonnez â sa porte, et il vous reçoit avec les façons les plus humbles, vous ofranl la meilleure chaise de chez lui. Il n'a pas de valet,
il n*a que sa femme» sorte de OgurechiBotefii la tète â vos moindres ordres, et dont le senti ty|»é commence au premier de Tan pourfÉrili :^ylvestre. A vous voir monter ches ce( hoBBeliiîa plus haut palier de la maison» vivant daBseatofii^ ])hîtique, entre un perroquet déplumé et nt kmm^ sent la cuisine, un provincial croirait qoeiavli|i^ tez quelque aumône; vous sortes eependii^ il 1 «i reconduit, son bonnet de soie noire iiaMM dant vingt ou trente marches. Serail-ce n est trop modeste; an propriétaire? il svi loge; un auteur? cela pourrait être. Lefcs kijfl^d regardez cet écriteaa : il tous dira aoa aiiiv.
r/est un tailleur.
Et ce monsieur en frac noir molleaant parti coussins de cet élégant cabriolet, ayial wm aiviv^ vrée à côté de lui, et qai i ' "
LE TAILLEUR
erier gare par les rues les plus difficiles? Son harnais est dans le dernier goût: son cheval lui a été vendu par Crémieiix; il a acheté ce nègre, parce <|u*un nègre dans un équipage est de très-bon air. Les mues de son char TOUS frôlent en passant, il nian(|ue de vous écraser. C Quel est c<'t insolent? i> demandez-vous au commission- Diire du coin, qui le connaît. Il répond :
« C*esl un tailleur. »
Dans i*êtal de tailleur on est le favori ou le pla<:tron de la fortune On habite des salons ou une nmiisnrde; on a une loge aux Bouffes, ou Ton végète. Uu tailleur du nom de neblet vient de faire construire une fort belle maison en pierres de taille, rue de Richelieu, à deux pas du monununt de Molière; la façade porte son nom. Un autre tailleur, qui sans doute avait lu Chatterton, s*est suicidé rue du Pol-de-Fer pour avoir manqué un habit de garde national.
Au temps où nous vivons, tout le monde i'hahUle, à très-peu d'exceptions près: mais ce qu'il y a d'infmiment triste pour les tailleurs, c*est que tout le monde s'habille de même. L'habit noir est devenu la charte universelle; il fera le tour du globe. C'cnI à rAn.îlelerre que nos malheureux drapiers doivent cette révoUilion. L'habit de Franklin et son grand chapeau de quaker ont porté, vers la fin du dix-huitième siècle, le premier coup é la soie et au volours. Autrefois, dans une maison bien r^Iée, le valet de chambre d'un gr.md seigneur devait prendre soin d'habits tellement miraculeux, que les plus beaux coffres en laque et en bois de rose ne paraissaient pas trop magnitiquespour les renfermer. La confusion des rangs n'avait pas encore amené celle du costume; les
I rinces étaient vêtus comme devaient l'être les princes, les ourgeois portaient Thabit de la bourgeoisie. Les artistes, poêles, musiciens ou peintres, avaient non-seulement des Ordres qui les distinguaient et les classaient dans le monde; mais encore on les reconnaissait à la seule couleur ou à la coupe de leur vêtement. La condition du tailleur sous les siècles précédents semble plus lucrative au premier abord; ils taillaient en grand dans la soie et le velours, ils étaient à la fuis marchands de bas, rulianîers, cordonniers, etc., ils se chargeaient de tous les détails d'une toilette. La scène huitième du Bourgeois gentilhomme mentionne expressément les bas de soie et les souliers envoyés par le maître tailleur à M. Jourdain ^ Atteints dans leur industrie sous les premiers régnes, par la publication des lois somptuaires, les tailleurs ne se vengèrent que trop de cet édit par la suite : Tampleur des étoffes, les broderies, les fourrures, coûtaient de bons écus tournois à nos ancêtres. Le plus beau temps des tailleurs dut être celui des Valois, de Louis XHl et de Louis XIV. Les modes d'Italie < t d'Espagne servaient de prétexte à l'cxag.Talion du luxe, il est ▼rai; mais, il faut le reconnaître aussi, les tailleurs, à cette époque, étaient de véritables artistes. Ils existaient en corporation, ils se communiquaient des dessins et des idées. Les peintres, on ne peut le nier, avaient alors sur
^ M. J0URIAI5. -r- Ah! vous voîlà. Je m'allais mettre en colère contre vous,
1.B MAÎTKE TAiLLEDB. — Je n'ai pu vcuîr plus tôt, et j'ai mû 9ingt garçons uprès voire hnbit.
M. jocRDAix. — > Vous m'avez enwyéde* bat de toit st étroitt, que j'ai eu toutes les peines du moude à les nietlre; et il y a déjà lieux mailles de rompues Vous m'avez aussi fait faire det eouUert qui me blessent furieusement... La perruque et les plumes sont-elles comme il faut?
UB liAirnE TAiLLECR. — Toul est bien.
(Le Bourgeoit gentilhomme, acte II, scène vm.)
les modes une influence plus marquée qu'ils ne la possèdent aujourd'hui que tout le monde se ressemble. De* puis les gravures de Callot jusiju'aux toiles de Boucher, quelle vaste biirarrure, quelle friperie de costumes î Alors le tailleur pouvait sVcrier â bon droit : Etegopictor! Il répandait le dessin et les flnirs de la broderie sur lo costume; il était chargé d exécuter les pompeux habits inventés depuis les fêtes de François l" jusqu'aux carrousels de la princesse d'Klide. (Juellc gloire pour lui de voir son œuvre applaudie à l'égal d'une œuvre de Molière, dans ces admirables quadrilles de Versailles, où il ne s'agissait de rien moins que de reiirésenler Thalestris, reine des Amazones, venant au camp d'Alexandre avec sa suite! Le dauphin, surchargé de pierreries, d'or massif et de dentelles, faisait Alexandre; madame la duchesse de B)urbon représentait Thalcstris. Les Amazones de cette fêle guerrière, toutes distinguées par leur rang, leur esprit et leur beauté, toutes portant des noms aussi illustres que C(ux des Choiseul, des d'Eslrées, des la Fare, des d'IIaufort, des d'ilumières, passaient el repassaient dans ces jeux galants et magniG(|ucs comme autant de constellations royales. Los diamants plcuvaient à leurs cheveux, à leurs robes; quand elles couraient la bague, c'était à éblouir, à vous donner le vertige! Imaginez-vous pendant ce temps le tailleur de la cour* caché dans l'ombre de quelque charmille, comme un auteur qui se cacherait dans la coulisse, suivant du regard chacun de ces héros qu'il a vêtus, chacun de ces princes qui lui a coûté tant de veilles! Il tremble, il frémit à chaque volte décrite par les chevaux, à chaque froissement impétueux des cavaliers; la sueur inonde sou front, il croit voir l'habit de M. le Prince se déchirer, le pourpoint guerrier de mademoiselle d llumicres craquer insidieusement. Il lui faut les éloges d'un Coudé ou duroi lui-même pour se remettre ; sans cela le digne homme se frapperait peut-être de ses ciseaux comme Vatel de son épée.
Î^Iais aujourd'hui, bon Dieu ! que représente un homme qui s'intitule : Tailleur de la cour et des princes? Aujourd'hui ()u'il n'y a plus de maison du Roi, et que les tailleurs ne portent plus l'épée; aujourd'hui (ce ({ui est plus grave) que le premier des princes s'habille comme le premier des bourgeois, que veut dire ce mot : TaiUcur de la cour? il y en a par centaines et par milliers; il y en a jusque dans la banlieue, aux Baiignollcs et â Belleville. Il suffit d'un homme qui a fait six g Icts de bal â quelque prince, pour que le prince lui donne ce titre ( n guise de rentes, d'honneurs, et de louche à la cour En général, ce sont de tristes ouvriers que tous ces tailleiirs | en tilre, fussent-ils protégés par \v^ maisons «le Frar.ce, ' d'Allemagne ou de Nassau. On ne saurait rien voir de plus maussadement habillé que tous les gens de la cour, depuis les précepteurs des princes jusqu'aux commis, depuis*les ministres eux-mêmes jusqu'à leurs laquais. D'où vient ceci, et n'y aurait-il point (|uclquc llalterie indirecte dans cette humilité princièrc qui s'est rctranciiée
* Il y en avait six couchés sur l'état de la Maison du Roi, aux gages de cent vingt livres chacun. Mais le premier d'eux tous travaillait seul pour let habitt de Sa M.ijesté. Il était qualifié valet de chambre du Roi, et devait, pendant qu'on habillait Sa Majesté, se trouver à son lever. Quand lu Roi prenait uu ) habit neuf, pour cette première fois, le tailleur présentait les chausses do Sa Majesté.
Outre SCS gages ordinaires de cent vingt livres, il avait cent cinquante livres de récompense par quartier, payOcs au trésor royal, et encore six ct^nts livres à la lin de l'innée, payées pur le trésorier de l'argenterie, et bouche à la cour toute Tanmie.
LE TAILLEUR
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^' Bidault, il inonde Paris de circulaires super- M lettres apprennent aux pratiques du tailleur 1 coupeur Ta quitté. G*est là un rude coup porté istriel : le fameux *** ferme son magasin et marie à an artiste.
I les établissements de tailleurs un peu haut pla- ▼a sans dire que le tailleur ne vient jamais chez ï moins que ce ne soit pour toucher sa note) ; nde il vous envoie un de ses garçons avec des àèhoiiir. Le babil de ce garçon vous étourdit; les |0*il fait défller sous vos yeux ont tous les cou > 6 l'arc-en-ciel, vous finissez par en prendre un I ami sensé vous dégoûte le soir même. Une des I les plus curieuses de ce commerce nomade, I que les tailleurs appellent le pantalon de demi- Ce pantalon peut aller, disent-ils, d*avril en ocor, en avril il est trop froid, en été trop chaud, ^urtf on porte du drap. Il fait le pendant du gilet tlin, autre glu à laquelle se laissent prendre les • de la loquacité du tailleur. Un dandy de Paris, te lève qu*i trois heures, comptait hier devant ingtpdnq gilets du matin dans son armoire ; ils tous pareils, i peu de chose près, à ceux du soir.
A Paris, où tout se rencontre, il y a des tailleurs honnêtes, qui prétendent vendre à moitié prix ce que leurs confrères vendent le double. Ainsi en est-il des tailleurs du Palais-Royal et des divers passages de Paris. Mais ne faut-il pas que ces honorables industriels payent leurs loyers, et ces loyers ne sont-ils pas plus chers que partout ailleurs? Les tailleurs des passages ont presque tous à leur porte un mannequin habillé, a Tinstar des tailleurs de Londres ; ils ont de plus qu'eux des robes de chambre ébouriffantes, dont la plus grande partie est en soie de Lyon, et qu'ils vendent i très-haut prix, et des gilets d'or et d'argent, qui plaisent aux beaux de Carpentras. C*est au Palais-Royal que rayonne aussi sous la vitre du bijoutier le complément indispen* sable des habits militaires ou diplomatiques, les croix, les ordres étrangers, les rubans de francs-maçons. Un secrétaire de légation, qui ne brillait pas par le choix et rélégance de ses vêtements (chose asseï rare, il faut le reconnaître dans le corps diplomatique), reçut dernièrement la croix d*honneur sans l'avoir sollicitée. • C'esi pùur hahiUer ce pauvre B..,, » dit son ministre.
Un de nos littérateurs les plus distingués avait trouve bon de nourrir ches lui par humanité un jeune homme.
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MB eueàQ goaTcme toot. Le Uilleir h ùk td acicw : « i/ea an èon. c'est n hom r»W; > ccU signifie : il est solvable. CtûK yt en babillera nudcmoîselle Georges, à en f!cvëe M« Ibrnieii cl de Taunage : naëewi m ferait es effet â elle seule la farUne in Lm tribabtioos d'ao Uilleur de théâlre. k 1 fffnîrre refcésentatioo. ne uonicBt k r Bi'.bfQreiix ressemblent ans martm ii fn c>ss. Le dirrcteor, rantenr, l'acteor, le Isi ■vâci<B. sont svr son dos Le magaria te ^Mt Q est le chef, éproave aa boalerm fta*: les récrininatîons plenTeot sur loL l Lnovfe fu asscx de lés â sa robe; elle ea ii le aMBln Civori de mademoiselle Mars. D cm^ d'ail de !lapoléon pour safBre à toÊL; M il ctt icMé d*abdi loer.
I ■mole vne pièce de tbcAlic4i d« lakat de 6«rarm oa de JInhi par les «ntean •■ les direetears lean tm ftm tamfUis imnaent da tracé des castani rimscnt fae Icmn ndkatioBs aoieat sahio:!
» dxtîon fcl^we pc« gnscaone et ■tfmn.
t^setaiBear da th«Jli«daBs aa loge, leMiri n:-T« if|w'ielHiM, cl ini demaaiema frïaâer ade. c Dcat hicaftmple.BflanEV.r
^-Kt: f» de craix. pas de beeloat a nèàp ■«a'.**r— TOTB ae semaB» vojci fcaiaBai i?iSa,inas,raHfe«daBs salifBe;ici«i în^*i ivft drfcMii 4c laiicOe. phfKèii ^TOS. f wipaBwais fl ranemblat par iiàa iea nlfe. Le ffiioBB va se feier.^Bairai
LE TAILLEUR
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e tailleur observe leurs moindres égrallgnures ! nir sa longue table comme autant de blessés, ts encore de Todeur nauséabonde du bal public, nvîennent peut-être, ces pauvres habits (si tant I aient une âme!), des charmants et joyeux seiai s'agitaient jadis si complaisamment dans leur courant du Golysée au jeu de la Reine, et du jeu »ne aux soupers de madame d*OIonne. Leurs » détachées jonchent le sol, ils ver^ent au pied nr des larmes de perles. Ces pauvres habits de passeront demain peut-être dans la valise d*un amoureux, d*uu chicardisie^ ou d'un sallimees robes de duchesses serviront aux Glles acroi avalent des épées ! Ainsi va le monde, et le a livre du monde se cache peut-être chez le ^«lumter, où dorment tant de souvenirs perdus a gloires éteintes.
liotenant que nous vous avons parlé du taillmt ff le roi de tous les tailleurs selon nous, aurons*
nous le courage de reporter n«3 yeux sur trois types plus modestes, mais que Ton ne nous pardonnerait pas d*avoir oubliés dans notre série? Nous voulons parler du tailleur ambulant, du tailleur d^éiudiant et du tailleur-portier.
Si le tailleur d'un homme à la mode fait souvent crédit à son client, s*il accepte humblement les conditions de ce Don Juan nouveau comme un autre M. Dimanche, que sera-ce, bon Dieu ! du tailleur ambulant, qui col« porte avec lui sa marchandise? Il vous cède un habit pour un vieux manteau ou pour des bottes trouées. L*e!beuf et le bouracan deviennent pour lui un prétexte d'échanges lucratifs; il voiture sur son dos son fil, ses ciseaux et ses aiguilles. Etablissant son échoppe au coin du village, il raccommode les habits de la commune; met des morceaux au sacristain et aux enfants de chœur à bon compte; évite avec soin la gendarmerie, qui loi demanderait sa patente, et retourne gaiement chex lui en montant sur le marchepied des diligences.