‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 232 sur 269 · MARCHANDE DE FRITURE · texte numérisé non relu

MARCHANDE DE FRITURE

JOSEPH HAINZER

uand vous traversez la place de Grève, le quai des Tournelle?»

le pont au Change ou le ponl Neuf, tous Kcnlez venir à votre odorat un certain parfum de rissolé qui vous enveloppe et vous poursuitd'unemaniére plus ou moins agréable , suivant la *ition de votre estomac, Télat de votre bourse et la ^tibilité de vos organes. Si vous êtes de ceux pour ^café Anglais et Véry agrandissent chaque jour, -^^nouvelles conquêtes, le domaine de la science cu- *» je TOUS conseille de passer vite; mais si votre ^Ise étoile a fait de vous un de ces pauvres diables •Ment le matin de leur gîte sans avoir la certitude •ilTOÎr rentrer à la lin de la journée, et qui ne sauappliquer le mot menu â leur repas autrement î^nsson acception quallGcativc, ohl alors, arrêtci- «t que votre iigure s*épanouisse : vous vous troudYant la ressource du malheureux affamé, le resit des bourses prolétaires, devant la marchande de

Tandis que Chevet étale fastueusement, derrière ses vitraux, le savoureux saumon, la truite délicate, l'appétissante salicoque, le pâté de foie gras, et tout ce qui peut éveiller la sensualité du riche, la marchande de friture se tient modestement sur le pavé, avec ses mets de forme et de qualité peu séduisantes, n*ayant d*autre auxiliaire que Timpitoyable faim à laquelle les anciens auraient dû refuser la vue, Todorat et le goût, comme ils ont refusé la vue à Tamour. Marchande des rues, elle n*a d'autre cri que le frémissement de sa poêle, d'autre enseigne que le nuage de vapeur épaisse qui lui tient lieu d*auréole. Elle n*atlire le chaland ni par la grâce de son sourire, ni par la coquetterie de sa mise. Ses cheveux gris, dont un mouchoir trop étroit laisse échapper les mèches roides et inégales, ses yeux éraillés, ses mains osseuses et noires, son jupon, assemblage d'étoffes et de couleurs discordantes, ses larges pieds chaussés de sabots ou de souliers découpés dans une vieille paire de bottes, composent un de ces ensembles grotesques que nos peintres parviennent à rendre si réjouissants dans leurs caricatures. Elle porte un éventaire sur lequel, d*un côté, s*éléve une pyramide de morceaux de pain, de Tautre, figure un réchaud surmonté d*ane poêle où le feu grésille un pêle-mêle de saucisses, de boudins, de côtelettes de porc, et de tranches de lard. Alléchés par le fumet de ce ragoût qa*appéte leur estomac en

LA MARr.HAM)E DE FNTURE.

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souITrance, on voit s'approcner tour é tour le maçon, le manœuvre, le terrassier, qui n*ont pu trouver à louer leur journée, et le iiiXj ce lazzato/M de Paris, qui vit heureux s*i) a de quoi payer son restaurant rn plein vent et sa pince d*am|ihithpâtre é la Gaité. Chacun de ces consommateurs, en échange des deux ou trois gros sous qui se prélassent à l'aise dans ses vastes pocKes, se saisit d'un morceau dopnin sur lequel il étale avec complaisance soit le boudin, soit la cô eletto, et va s'asseoir sur la borne ou sur le parapet, pour se livrer à rim[iortant>> op'Talion de la mastication, avec autant de recueillement que le ferait un gastronome assb aux tables de Véfour ou de Lemardeiny.

Vous renconlrerpz quelquefois de ces marchandes de frîturo, K\\\\ soûl établies à poste flxe dans les marchés ou aux barrières : celles-ci, outre la po^le classique, ont un ^ril sur lequel noircissent quatre ou cinq petits poissons d'une odeur plus que douteuse.

Vous les verrri encore aux Champs-Elysées, quand vient l'anniversaire des journées de Juillet. Mais alors elles sont, comme elles disent, requinquées; elles ont, SOUK une tonte de toile, trois ou quatre tibles longues, entourées de bancs; le soufllet communique au feu de

leurs fourneaux une activité fffahiiJH leur poêle, presqae aasdlAC viiée ^ w^ peine â Tavidité des conviTei ioitcli' tromper rimpatience, au mofeo 4*n fÊS qui a le triple avantage de leadre Fili* de constituer une seconde soaree de léak mentcr la consommation en aigrivairilfi A côté de l'espèce qne je viaidiiM une autre qne l'on trouve partout, et M est inflniment pins norotHrenie; je icn | marchande de pommes de terre frîtos.GA blie, elle a boatiqae ; mab qjveQe M| coin de porte qnelqaefob, le fias nvri échoppe, trois pieds carréi enla, dm inj trouver la place du foamean, de \m^ iivi des pommes de terre et de b mar^nlt^ aussi que, comparée é la dêbitinlede larfi cisse!(, la marchande de pommea de Mii progrés; il y a dans aoe chose de moins dégnenDlé; sa avenante; sa vi'k a des inlexki tient à ce qne s dienis ment à la c malhenreesêi ^ f^^

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