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rchevéque de Paris, à Taumônier da roi, aux capis des gardes, pour introduire dans celte enceinte, (onr mieux dire dans cette cour, toutes sortes de lalisles imberbes, de petits écrivains dont le nom & faire, de célébrités douteuses auxquelles elle avait K les gloires les plus incontestables ; — nous étions 5UZ Dous-mêmcs de nous trouver en pareille compa-
Dous nous faisions humbles et petits autant qu il en nous ; car. malgré notre renommée de pamphlés sans vergogne, nous avions cependant le sentiment ^rtaines convenances oubliées depuis le jour où la ulion de juillet, ce triomphe soudain de la parole, 5 ou parlée, nous eût habitués à traiter d'égal à égal toutes le puissances de la terre. Oh ! que celle grande f devait être changée en vingt- quatre heures, pour roir chez elle, et presque en tète à tôle, des enfants 'es de la petite presse, des va-nu-pleds. des bélîtres ne nous. Cependant elle était affable, accorte, soue comme elle ne Tavait jamais été ; elle nous priait 'cndre un siège, mais d'un regard si timide, d'un I si poli, elle devant qui les plus hauts personnages «aient debout! Qu'a-t-clle donc fait, cette femme, ■e va-t-elle faire? Vous l'avez enfin devii é : elle a
une Nouvelle, et elle va nous la lire; elle vent nouflrage, et elle Fimplore; elle ne nous aurait pas ti notre salut il y a huit jours, et c*est elle mainte-
qui la première nous salue. Allons, ferme! vau- B-nous dans ses fauteuils pendant qu*elle est assise sur abourel; elle va lire, prélons-lui une oreille distraite, itons de no!re triomphe inespéré. La pauvre grande e! Elle avait en elTet arrangé, dans un coin de son eau oisif, un petit conte assez joli, assez nouveau;
avait inventé un petit héros dont on ne s'était pas i depuis longtemps ; elle avait appelé à son aide louortes de petites périodes, de jolis agencements, et un bre sufQsant de charmantes phrases éparses dans son I : en un mot, elle avait composé un élégant et puéliquetis de paroles brillantes qui ne ressemblait en au style ordinaire. Nous autres cependant, qui étions
ce temps-là déjeunes gaillnnis ne doutant de rien, r conséquent des gens très-mal élevés, nous faisions lins efforts pour deviner le mérite de ces pages écrivec tant de politesse et d'élégance; cette politesse cl ! élégance nous échapi aient entièrement, et, en coqence, nous restions insensibles à ce redet colore du '^eau monde, à celle fine fleur de la grande conversa- , a ces ingénieux détails, à ces tours heureux dont le et n'clail pas venu jusqu'à nous : si bien que ces trois •es de lecture nous parurent trois morlcllcs heures, lame, nous voyant si réservés et si froids, élait au «poir; de temps à aulre, elle regnnlait nos visages, interrogeait nos regards, clic êlail au supplice; jaj je n'ai entendu lire avec une càlinerie plus charité, avec une grâce plus parfaite ; et il fallait être, en t, de bien grands Bohémiens ou d'incorrigibles libéi, et des jeunes Frances bien iiidomplés pour ne pas
vaincus par tant de bonnes et belles grâces. Quand îcture fut achevée, nous autres féroces qui admirions » temps-là Bug-Jargal et les Alesséniennes^ nous Touvâmes pas un compliment, pas un sourire; nous irdions celte illustre dame comme on regarde un aniinconnu. C'est en vain, qu'autour d'elle, se pressaient Iques-uns des ami.s dévoués de son génie, ses amis ious les jours, lui disant qu'elle avait été touchante, son œuvre était bien inventée, que son héros était sistible, et qu'elle écrivait mieux que personne... ces les louanges, tombées de si haut, touchaient fort peu are génie, elle n'en voulait qu'à nos sourires ; mais
dans ce temps-là nous étions autant de Urutus en bonnet blanc qui aurions rougi de flatter {^pouvoir/ Quelle nuit elle passa! Quelles humiliations pour ce rare esprit, quelle affreuse révolution dans cette femme si bien posée et entourée de tant de respects et de tant d'homma^ ges! A dater de ce jour funeste, toute la vie de cette femme fut changée : l'ordre sévère qui régnait dans sa maison Ht place au laisser-aller littéraire, le pire de tous; on ne vit plus entrer chez elle que des libraires, des imprimeurs, des correcteurs d'épreuves, des saule ruisseaux coiffés du bonnet de papier, et qui entraient chez elle, sans même ôler leur bonnet; en un mot, toute la race écrivante et éditante envahit bientôt celle maison sérieuse et grave; c'étaient, toute la journée, des allées et des venues sans fin; on apportait et l'on rapporLiit incessamment toutes sortes de carres de papier recouvert^ d'abominables ratures, on se battait pour une préposition, on se déchirait pour un participe; à la fin, ce livre célèbre vil le jour !... Que de bruit pour rien ! cela se composait d'un mince volume in octavo. où toute la .science des blancs, des culs-dc-lampes et des tôles de chapitres, avait été répandue à profusion.
Hélas! cependant, c'en est fait à tout jamais, celle femme d'un si cxci lient renom et dont si peu de gens avaient approché jusqu'alors, maintenant elle ne s'appartient plus, son nom n'est plus à elle. Elle appartient au premier venu qui la voudra tenir sous, sa critique mal peignée, qui la voudra interroger, le chapeau sur la tête et l'injure à la bouche. Ce rare esprit dont on disait tant de merveilles, voici maintenant qu'il court les rues, confondu avec tout l'esprit qui court les rues. C'en est fait, le prestige est tombé : prestige do goût, d'élégance, de poésie souveraine, de prose éloquente : ^- ce n'est que cela ! se dit-on de toules parts. Dans le salon même de cette dame, on s'amuse tout bas du chef-d'œuvre noovcllemenl publié à ses frais; dans son antichambre, son livre est soumis à la plus insolente des criti(|ues, la critique de l'antichambre; gronde-t-elle un valet de pied? \ le valet de pied, en se couchant, se fait des papillotes avec le livre de sa maîtresse, et, le matin, il a bien soin de ne pas ôler ses papillotes, pour que sa maîtresse hir* miliéc puisse voir ce que devient son livre. Eu même temps, les bourgeois du dehors, race indifférente et ignorante, vont à leurs affaires de chaque jour, comme si la princesse de *** n'avait pas imprimé un roman nouveau. Au contraire, rien n'est changé à récouomie des choses, on monte sa garde, on vend et l'on achète, on lit toujours les aventures de Waller Scott, on ne pense pas au roman de noire princesse. Déjà, d'humble qu'il était et courbé jusqu'à terre, l'éditeur devient insolent; il n'a presque rien vendu de ce livre, et il triomphe de cet éclicc; le libraire, lui aussi, est un pléliéien, et .ses sympathies sont plébéiennes. Un instant il a été chiirnié d'é- Ire le complice littéraire d'une princesse, mais il préfère cent fois à la princesse, dont le livre ne se vend pas, le plus petit roman de M.Paul de Koek. — « Madame, dit-il à son auteur, vous êtes trop Hère, il faut agir, il faut qu'on parle de votre livre, allez rendre vos devoirs à une prin* cesse qu'il faut mèna^'cr ; cette princesse, c'est la ciilique. > Et voilà, en effet, après bien des pleurs silencieux, la pauvre femme qui fait atteler sa voiture sans armoiries, qui fait mettre ses gens en habit noir, et qui s'en va humblement, de porte en porte, cherchant la critique daoi tous les nids où elle perche. Pour quelques uns qui furent pleins de réserve, de politesse et de respects, combien d'autres qui se rencontrèrent sans pudeur et s^ns pitiél Pour celui-ci, bien élevé, élégant et simple, combien ce- ;' lui-là était rude et r^ucl!' Je vous laisse à penser que
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d'afTronts à dévorer dans ces trois à quatre journées de ba^«ie>«es lufiaies. Il fallait .irriv<;r sou livre h la ni'iin, et le ^lus couvent q<iéter hunjbîeiiirnl la bi^n^eillnnce d'un malotru 'jui fumait sa [»i\if. entre ^a m:iilies>e en haîil'ins et un chien galeux: il fi liait {M'ijétrer, au hasanj, dans les mai'U'ins sans iiorlier, somln- all<}o, escilier fiitide, mia«^mes chargé'» île jie-le. On rrapii-'ilt h mufiorte au hasard, une voix aigre criait: tntrcz! et celte femme, alliée â des maisons souveraines, avait |ieino â «'a<.seoir sur quelque escahcau vcimo'ilu; elle ^e \oyriil obl'jjée d'embrasser d'horribh'S enfanU l«jul b irboiiilîi's dtr beurre rance : elle disait elle-même son nom tout Ikin: « Je suis la princesse de ***, et voici mon livre, soyez indii'<,'ent, monsieur; » ou bien el;e arrivait nu milieu d'un d«'jeun«fr animé, bruyant, et on la priiit d»? s*as<»joir et ou lui faisait raconter sou hi>loirc litlénire Tri<'le métier, métier funest*.'! A celte mendicité de la louan;,'*; publique, une femme, quelle qu'elle soit, perd tout >on lustre et tout son charme; voilà pourquoi il f:tut vouloir pour les fi'mmes, non pas l'éclat it le bruil de re>prit. mais, au contraire sa douce ob>curilé et son favorable silence. Ceci fait, la pauvre femme, écrasée de falii^nieelde boute, rentrait chez elle, et peu s'en fallait qu'elle ne saluât M. ^on concierge. Heureuse encore quand, en retour de ses salutations et de ses humbles piitres, elle ne trouvait pas, le lendemain, û son réveil, .sur les dentelles de son lit. quelques chiffons de papier im|>rimé tout rempli <Ios plus affreux quolibets, des plus cruelles c< usures, des plus perverses déclamations. N'élail-ellc pas eu effet imc princesse? n'était-elle pas la dernit're descendante d'une illustre maison? n'était-elle pas une femme aimée et entourée de tous? Que de raisons pour être insultée! aussi le fut-elle et sans cesse; aussi, depuis ce jour, celle considér.ilion conquise â force de pro!)ilé, de bonne gnlce et de bon goût, s*est-elle évanouie comme une fumée. Autant l'Age mûr de cette femme avait élé grave, heureux et respecté, autant sa vieillesse parut frivole ; vous pouvez m'rn croire, elle a bien pleuré ce fatal désir de gloire littéraire, ce méchant petit volume de prose imprimée, dont la gloire l'avait mvalée si bas; — elle est morte sans que sa mort ait causé d'autre sensation que celle-ci: Voilà enfin un écrivain de moins! Triste exemple, mais utile exemple de l'inévitable danger qui attend toutes les femmes assez faibles pour oublier â ce point-là l'exemple qu'i lies doivent donner, non pas du côté de l'éducation portique, mais du côté de la modestie, de la gravité et t' \ bon sens.
Il est d'autres misères moins éclatantes peut-être, mais non moins tristes; car cette passion littéraire, à force d'avoir fait des victimes parmi les femmes, a pénétré également dans le bas- fond de la société, dans son milieu et dans ses hauteurs. Vous avez vu tout à l'heure la prosliiuée et Pempoisonneusc, l'IIciTiette Wilson, la Marie Capelle, en \\n mot la femme llotric par la pro»litulion ou par le bourreau, chercher une dernière palpitation de volupté, ou bien un dernier vol d'argent et de scinda le dans les livres sortis de leurs griffes ; vous avez vu la gramle dame aspirer aux œuvres lilléraires; regardez maintenant, non pas à Paris, mais dans la province, dans une province reculée, si vous voulez, sur les bords de quelque douce et limpide rivière, celte jolie jeune lille de seize à dix-huit ans, qui rêve tout le long du jour: elle est bien née, elle a été élevée avec toutes sortes de soins et de tendresses; son père esl un honnête bourfie»>is, franc et loyal, qui a été cpielque peu un soldat l'e Teuipereur; sa mère est une bonne ménagère, active, «Vouonie et rivée à son devoir; l'un et l'antre ils n'ont que celte enfant, et pour ne pas voir pAlir celle douce
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Ggure, pour ne |»as btijnicr c«» !
pour que celle enrint soil kiaicase & i et la mère TabaDdonncot i te» évaaat ' jour qui !ie lève e*l, p*>ar 1* jesa- rê»-^^. ar .ol cl oi>ivc journée de chlleaax ck L*|ip* r.-i 4*| lit à ellc-mênie lâ-hiaot da&« U ns^M, * C'imme elle a lu, fiar lias:.r^i, ica» Ua . '-*s s ii «I tombés sous la maÎD, la paaire esluiC u£ Àr. ^«I f;Tahds mois poétiques de U Un^se s» «?i« m piition, Vidcal, l'aria l'awÊomr, lukfm^ u wu >urtoul, la mélancolie, cette drçoe stor^^M l.I causé tant d'adulures et de ^Qicid-s, H.cs ufe.4L ratlirail des tristesses qui Toa» aiLoui: i ^-j^^ b'cn que, de gaie lé de cœur, U j<:faiie i.!re ^^ i. : el!e pleure sur sod ÎM^Iemeiit, »&r 'a *< qu'elle mène; elle trouve, sans &c fa >:^. ««^ père est un ruslre» que m ni^rr a les uià^^ mœurs d'une mercf^naire ; ce toit boor^A» '.i i lui pèse ; les causeries et les rires de i«i }<... d'enfance lui sont devenues insapf<ort»»4 :h^,i elle vil seule, tout ce qui n*e»t pas eile-i la gêne: elle n'a qu'une joie, c'est d'écnR. — f^* donc. Elle compose son premier petit nmm it elle arr.tngc à sa guise un bel Lug^foe, u jokJ elle l'aime aujourd'hui, le lendemaia elle Tsan. *« suivant elle lui écrit, mais non plus ea ^ntL^i écrit en vers. 0 surprise ! la Totlâ, en c£tL m a la rime et la césure; la voilâ qui hisse 4» i sur leurs douze pieds; la toîU qui brise km. nj juste, qui commande même â la i que fait cette jeune Glle ont beancoop des c la poésie, cela est sonore, harmonieux, oda sri ni de gr.ice ni d'éclat. Vous penset si Ttl cette enfant est immense, si sa joie est ÎBcnifsUc.*^ n'e>t pas toute prête à se dire : Moi aissî, jc «i grand homme! Elle reste immobile dejacém première élégie, comme une autre fille de «b^r rail agitée de bonheur sous le premier biisffèra adoré. De ces deux jeunes filles, l'one akaa |vfe{ poésie, l'autre séduite par an amant, oeIkfKji|i le plus, c'est la première; la poésie est hci redoutable, son amour est on lâuz sont d'abominables morsures ; la jeone Wk ^l'a que son amant ne risque, à tont prendre, fvai renommée et sa vertu ; la jeune fiUa qai s'a celte poésie sans frein et sans nom, nos jours, risque à la fois les quaUtés les plu f de son âme, les penchants les plus rares dei les dons naturels les plus charmants. Vhùmmtfà» une fille peut, â tout prendre, répoanrdUi l'honneur; il adopte TcDrant. il veille lar lad (|ui se sont fiés â sa probité et i son poésie, fatal amaul, qui ne tient jamais ms | épouse adultère qui ne reconnaît ~ de son crime, feu perfide qui brute flamme, elle amène avec elle le nui, le désespoir, presque toujours la ûcn;!! très-fort pour les supporter sans en èln hrii^i assauts du démon poétique. Voila | pauvre jeune fille ne peut pas savoir. DItMml même sur rinstinct qui la pousse, die as n quelle déception elle est le jouet, die se dk ié la pauvre enfant : C'est lé du moins n chrihi amour! Qélas ! elle ne devine pas qna oMH i de faiseur d élégies n*est, à loat i mille tromperies de l'amoar el des \
Oui, certes, je le répète. Bien raie, mieux vaut Teufant qui obéit SbnBHl II
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me année, qui s'émancipe avec celui qu*ellc aime, qui ippuîe sur un bras forme cl loyal, qui porte Tamour ureux dans son sourire, dans son gpsle et dans son jard, mieux vaut renfant heureuse et bondissante sous (transports naturels de sou cœur, que celle autre une fille pensive, courbée avant V^'J^e, versant des curs sans motif, poussant des soupirs sans objet; nialureuse créature qu'abandonnent le sommeil vi l'appé- , qui ne trouve de joie et de repos nulle pari, et qui perd, non pas pour niellre au monde un bel enfant i*ellcaime rt i\m la venge par ses caresses du mépris de la trahison de son pcre, mais pour accoucher bonusement de quelque roman avorté, de quelque poème forme, embryon mutilé, conçu sans plaisir, enfanté ns gémissements et sans douleurs. Uélas ! nous avons us les yettx toutes sortes de tristes exemples de cette ostîtulion de la pensée. N'avez-vous donc pas vu pas* r, un jour d'hiver, par une neige froide qui tombait à flîls flocons grisAlres, suivie de deux ou trois hommes, li ne portaient pas le deuil, le corps exténué de celle luvrc fille dont vous ne savez déjà plus le nom? Elle issi, elle avait abandonné sa calme province, son hume famille, l'église où elle allait entendre la messe le manche, les amitiés faciles qui lui étaient tendues de utes parts; elle élail arrivée à Paris, dans la rotonde une diligence, que dis-je? portée sur un poëme. A jîne entrée dans le gouffre, soudain toutes les portes étaient ouvertes devant la jeune inspirée ; autour d'elle Staienl pressés les oisifs des salons parisiens ; on vouit Tapplaudir, on voulait Tentendre, on voulait la voir; le alors, pleine de confiance et d'espoir, elle avait obéi mieux du monde d cet enthousiasme, elle s'était conîe, rinnocenteî à ce délire; elle s'était dit que tous ces *DS-là qui l'appelaient: Mon pocle! ne l.iisseraient pas ourir de faim Irur poète, et pendant tout un effroyable ver elle avait supporté, sans se plaindre, la plus épouintable misère. Quel contraste! Elle passait sa journée ms un grenier ouvert à tous les vents, elle passait ses lits dans les plus riches salons du grand monde parien; elle manquait de pain chez elle, elle n'avait pas i bouillon, et chez les autres elle vivait d*orgeat, de seuils et de glaces ; Targenl avec lequel elle eût acheté le bonne robe de laine qui l'eût réchauffée lui servait payer des robes de gaze qui laissaient a nu ses bras et s tpaules. Ainsi se passa ce pnmier hiver; vint le îutemps. Comme le beau monde savait déjà tous les îaux airs de ce pauvre oiseau chanteur, le monde l'eut en vite oubliée; toutes les portes se nf« rmêrenl sou- [in sur cette pauvre muse (jui n'amusait plus personne; I avait reçu le poète avec j-Me, on eut peur de la jeune le qui n'avait plus une ro!)e à metlre, ni un vers noujûu à réciter. La mode l'avait acceptée, la mode la reta, et alors elle fut obligée, pour vivre, d'enseigner la *ammaire dans les loges des portiers; elle avait fui loin 5 la vie bourgeoise, elle tombait dans les mœurs abcles; des L-rands seigneurs qui l'appelaient leur amie, le était tonibre entre les mains des dames de la halle, li la payaient pour élever leurs demoiselles; elle était ;nue pour faire le poème épique (pii manque à la France, le faisait des bouquets à Chloris, pour les Chloris des archands de nouveautés. Cependant son âme s'était brile, son cœur s'était dt'chiré, ses yeux n'avaient plus que »8 larmes, sa poitrine n'avait (dus que du sang, l'horrîe maigreur s'était étendue peu à peu sur cette jeune le si riante... elle mourut à son second hiver. Elle ourut sans avoir eu d'autre aumône que l'aumône tyalede M. de Chiteaubriand, qui accompagna son cerleil jusqu'à la fosse commune, où reposent tant de
poêles. Certes, on ne dira pas que ce soit là encore une histoire inventée à plaisir.
Mais revenons à notre jeune fille de tout à l'heure. Nous l'avons laissée dans le premier enivrement poi'-iîque; ses vers sont là, devant elle, tout nouvellement éclos de sa tcte, de son cœur; elle se regarde, elle se trouve belle et grande, elle ressemble à l'enfant qui s'est blessé en jouant avec le sabre de sou oncle le capitaine, et qui ne pleure pas cependant, parce qu'il a joué avec un vrai sabre. En môme temps, dans la petite ville qu'elle habite, parmi tous les amis de son père, le bruit se répand qu'un poêle leur est né. Le père, faible et bon, la mère, ignorante et dévouée, partagent les premiers l'enthousiasme général; à l'instant même l'enfant n'est plus une enfant, c'est une femme, que dis-je? c'est un poète. Soudain, on l'entoure d'admirations et d'éloges, on répète ses bons mots, on apprend par cœur ses poésies fugitives. L'Académie du lieu, ces iristes boutiques de l'espiit du dernier ordre, où toutes sortes de bravos grns peu lettrés s'amusent à parodier les quatre ou cinq hommes d'élite de l'Académie française, l'Académie du lieu n'at-elle pas la cruauté de couronner cet enfant en plein public? Le Journal des Débats du département n'a-t-il pas hâte d'imprimer ces beaux vers, faute dp domaines à vendre ou de maisons à louer? C'en est fait, le viol est consommé, viol public, authentique incontestable; voilà à tout jamais une fille perdue. Arrive cependant le jour de sa majorité ; comme elle est belle, recherchée et assez riche, d'honnêtes partis se présentent : le conseiller de préfecture demande sa main, le fabricant de tapis la réclame pour son fils; plus d'un bon gentilhomme retiré dans son château serait heureux et fier d'en faire une comtesse ou tout au moins une baronne; mais elle, un poète, un poète lauréat, se marier à ces gens-là, rester enfouie dans une province, vivre de la vie heureuse et calme des honnêtes gens qui Pentourenl, fi donc! autant dire à l'aigle : Tu vas habiter la basse-cour. AiuMÎ elle attend, dans son orgueil, d'abord des maris impossibles et ensuite des maris qui ne veulent plus venir, jusqu'à ce qu'enfin, un beau matin, arrive dans la petite ville en question quelque comédien ambulant et chauve, quelque peintre barbu et mal peigné, quelque artiste mélancolique qui fuit le monde et ses créanciers. Aussitôt voilà notre muse qui s'exalte elle-même, la voilà qui se passionne pour cet être incompris ; son âme a trouvé enfin le frère de son âme. Le peintre fait son portrait, le comédien déclame devant elle son rôle le plus infernal; le poète incompris répand en silence des larmes qu'il a soin de laisser voir; à tous ces soupirants, elle ré|)ond, mouillée de larmes, par des vers brisés comme son âme; dans ces vers, elle leur dit : Je t'aime, quittons la ville, fuyons au désert; et la voilà partie pour ne plus revenir, la voilà qui se jette à corps perdu dans le vagabondage poétique. Son père meurt de chagrin et de honte, la mère de famille suit le père au tombeau; elle, alors, en bonne fille, elle rime une tendre élégie sur la mort de son père, elle écrit en vers l'épitaphe de sa mère, (lie vend à vil prix l'humble héritage qui fai.<uiit vivre toute la famille, trop heureuse encore si elle est épousée par cet artiste fatal qui s'est attaché à sa vie. Comment cela finit- il? Demandez-le à M. le ministre de l'intérieur; cela finit, et c'est la plus heureuse fin, par un secours annuel et précaire de six cents livres, contre lequel les puritains de la chambre des députés se débattent avec grand fracas tous les ans, au retour du budget.
Ce sont là, sans nul doute, des tableaux bien sombres, mais vous pouvez être sûrs qu'ils sont vrais. Voulei-vous maintenant que nous passions dans une atmosphère plus
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à riieurc pour les homincs , « fini par se porter sur les fcfhmcs; comme elles ont eu ie malheur d'apprendre à lire Irës-couramment; comme elles savent toutes Tor- Ihopnraplic, à riienrc qu*il est; comme elles n'ont plug rien à coudre ou à broder, (Jles ont eu le temps de se livrer à toutes sortes d*abominables lectures; elles ont profité, elles aussi, de ces bribiîsde prose et de vers qui sont dans Tair, plus facile à trouver que l'eau des bornes-rontaincs qui ne coule (|u*â certaines heures du jour; jusqu'à ce qu'enîin ces mômes femmes, qui n'avaient plus pour s'occuper le travail de Tatelit r ou la médisance du salon , se sont dit , un beau jour : « Mais pourquoi donc ne scrions-notis pa«, nous aussi, des hommes de lettres? Pourquoi n'aurions-nous pas notre part de gloire et d'argent dans Tcfl'royable consommation d'esprit qui se dépense chaque matin? » En même temps elles calculaient les salaires des écrivains de l'autre sexe : « Eu voilà, disaient-elles, qui n'ont guère plus d'esprit que nous (et elles avaient raison), voilà des gens qui ont moins d'âme et de cœur, à coup sur; dont le tact est moins fin et moins déiié que le nôlre, et qui gagnent, bon an mal an, cinq à six mille francs à écrire des journaux ou des livres; qui donc nous empêcherait de gagner cent francs par mois tout au moins? Le soleil et les journaux se lèvent chaque matin pour tout le monde. » Ainsi disant, elles se sont mises à l'ccuvrc, elles ont fait des journaux, des r'^mans, des nouvelles, des comodies, de petits vers; elles ont entrepris tout ce qui concerne Lîur rliii nouveau, et vraiment, pour être justes, toutes tes choses faites par de? femmes, tout ce futile courant de I.i prose et de la poésie d.^ cha(|ue jour, n'étaient pas filns mal tournées, pas plus mal éciites, ]»as plus molles et dilVuses ((uc les inventions des grands écrivains masculins de ce tcnips-ci.
Ainsi est née la corporation des femmes de lettres; bîeniôL à force de haniiesses, elles ont trouvé qu'il était plus facile d'écrire nn livre que déjouer du piano ou de tenir le comptoir d'un café; elles ont trouvé surtout que cela était plus amusant. (Juoi donc, se poser en victime de la société, se monircr à tout venant comme le martyr persiicuté du maria;:e; criera l'injustice touies les fois qn l s'îigit des lois faites par les hommes; demander incosaniinent pourquoi donc les femmes n'auraient pas le droit d'étro membres de la Chambre des députés, lieutenants-colonels, gérants de journaux et curés de Sainl- Sulpice ou de Saint-lloch? Passer en revue avec un soin minutieux toutes les phases de l'adultère, et s'arranger si bien que les lecteurs puissent dire ; Voilà un auteur plein de son sujet! c'était là sans contredit une occupation décevante, un aimable débouché à l'oisiveté, un métier facile et commode. Pauvres femmes , encore une fois, elles ne voy..ient donc pas qu'elles allaient tomber incessamment dans tontes les déceptions de la vie littéraire, qu'elles allaient remplacer le calme et la paix intérieius par tontes les agitations féroces de l'amour-propropre; elles ne voyaient donc pas que si toute femme venue en ce monde peut, à force d'esprit et de passion mal comprimés, suflire pendant vingt-quatre heures à celte vie exceptionnelle de la littérature, il n'y en a pas une seule qui en ait pour un mois de ce triste métier-là dans le y.nlre? — ^noi , disent-elles en triomphe, je g.igne vin;;t francs par jour à écrire, qu'avez vous de plus à me demander? Mais, malheureuse ! ces vingt francs p.ir jour tu les gagneras à peine pendant un mois à écrire les pins abominables invectives contre la grammi.ire et le sens commun... ; tu aurais gagné cinquante sous tonte ta vie, à coudre des chemises cl à raccommoder dos bas.
Je ne sais pas si Je ponrral jamais toim doon? i idée complète de la vie que ménenl ces tristes oviti hors de caste , ég»\emeni abandonnépi dab)n. !><><: des hommes; c'est un tableau lamentable : jevai-cff dant essayer de le îracer de mon mieux , loni m i-. lissant les couleurs un peu Irnp crues <!e mon «aj'L
Le bas- bleu , ou si vuui; aimez mieux la femn^ de ' très (car cette sorte de bas littéraire prend m^n^ nuances, depuis le bleu de ciel limpide el clair*?bas de soie tout neuf, jusqu'au pros bleu qui d^;«i! jaune verdfitre sur un bas de laine suintant i, Ii f»: de lettres , disons-nous , est la plupart du lerr.pi vieille fille ou une femme nbando méc par sno nri . même une femme qui a abandonné son mari (ar b-'<T pour le prosaïsme, car, notez-le bien, dan* la x'w \ i raire, le mari c'est la prose, le ménage c'est b [r; deux ou trois enfants à élever c*est la prose, on i • père infirme, une vieille mère qni vous tend le^ Lrn. loyer à payer, un dîner â préparer, prose, pr.we d i jours prose. Donc, la femme de lettres vit seule, eilt niche partout où elle peut, ne s'inquiétant gOTed^ l tes les petites délicatesses , de toute^^ les petites «a^i fluités dont les autres femmes ont si grand besoia Q:\ porte au génie d'habiter un bt'l appcrtemeatdsa^i belle maison, ou bien une mansarde dans un taai^' faut au génie une chambre en désordre, du beurre ri» du bœuf froid sur une tradu* tion de la Dirine fm^ du Dante ; du fromage de Brie enveloppé daos ie Ck Ilarold de Byron. Le génie aime le péle-méled: fc« choses : les plumes el la brosse à dents, le pd^c! pain de chaque jour. Allons » et plus nous seroascj VI rt( s de poussière, entourées de toiles d'araipé». fi notre lit sera défait, plus nous aurons de verve et i"* thousiasme. La femme de génie ne respire â Vmt^ dans ces détails excetUriques , elle n'est beuicaie f dans ce désordre, elle foule aux pieds toutccqiti'i pas la poésie comme elle en sait faire. La voBiteî stallée chez elle; elle a du pai ier, elle a une plane 4 < l'encre, c'en est assex pour être grande et gloMi Maintenant que fera-l*elle? ilieu merci, elle ntUfht peine décrire. Que demande le public à l'hêtre ^ est? le public demande des drames; elle fien anèm elle ira chercher dans le moyen âge quelque sanfUd histoire comme l'histoire de la tour de Nesie, diectut sera les empoisonnements sur les coups de poipwij ne sont que bahuts , lances de Tolède, ptrehMssè vieux âges. La pHimc gronde et s'agite sonslcséo^^ cette triste créature, le s^ng coule comme rcKif;d en oublie le manger, elle en oublie ledonrir. mm elle oublie dainier quelque cho<e on qwely'aa. ij elle se figure le parterre attentif, la foule ptaéei haletante, l'émeute aux portes du Ihélire, dlaïa^i les couronnes, el le caissier qui la vient salacr chp mois avec ses droits d'auteurs. Voilà qoi va kict; m drame est fait, aussitôt elle s'affuble d'an hwarifiM seux, d'une robe trouée , d'un manteau coolevéa raille, el elle arrive toute haletante dans Icscamini Théâtre- Français, c Voulez- vous de mon dnae? i« crie-t-elle, lisez-le, c'est nnc fortune; ju m ri pour M. Li{;ier, pour BI. Bcnuvallct. pour BriH selle Rachel, pour mademoiselle Brohaa, fm% thalie, pour mademoiselle Judith, pour ttwlIeM^ ce sera d'un grand effet, à coup vàr. LeBffnvirt représente une tempête; le second acte m wrfi au troisième acte, passe un troupean de kclBtf^ taureaux mugissants; au quatrième acte, la Mnt ses fureurs, et enfin vous verres que de ImKiiqH mon héroïne, que de cheveux elle l'anichtdiMlk
LE BAS-BLEU
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ches mains; prenez mon drame, j'ai là une lettre du ministre de rinlcrieur; je suis la femme d'un ancien mililairo, mais je cache mon nom, car c'est le nom d'un vaillant homme. » Ainsi elle parle. Le TliéAîre-Français la renvoie aux calendes dramatiques , n)ai.s sans la dccouraîîer. Elle va du môme pas à l'Ainhigu , à la G:i:lê , au thôAlre delà Porle-Saint-Marlîn; on la Toil dans tous les corridors arrêter le premier qui pas<e comme ftT.iit une mère d'actrice sans emploi. A la voir se giiNScr d.ms les coulisses on la prendrait pour l'ombre de quoique lady Macbeth en haillons. Martyre de l'art dranialique, elle subit toutes les humiliantes conlilions de celle r.if^e qui la posst'de. Le souffleur l'ôvilc comme l.i pc>lo, lo jeune premier s'enfuit à lirc-d'aile, la jeune premi.MC l'appelle ma ftonne/ et lui envoie chercher ses billets doux chez le concierge; ainsi elle roule d'abîme en abîme, elle et son drame; à la fin, quelque directeur pitoyable, dans un moment d'oisiveté et de dé>e><p >ir, accepte riufAme nnnuscrit. a C'est bon. dit-il, repassez dans un mois. » Huit jours après elle est chez cet homme, « Et mon drame! — Repassez dans deux mois, » lui dit il. Trois jours après , elle esl chez cet howiwc. « Et mon drame! mon drame! » On cherche le ^rnme. « Qu'en a-t-on fait? où est-il? — Il est perdu! — Quoi, perdu ! ah ! vous Pavez fait lire à vos auteurs; ah ! vous m'avez volé mou idée. Où esl le commissaire, où esl le juge, où sont les gendarmes, où sont toutes les forces de la France? un drame pareil ! Monsioiir le juge, écoutez plutôt, j» Elle se met à réciter d'i^e voix cassée :
a Angélina, toi mon rêve idéal, toi le murmure transparent et perlé de mes nuits d'été, toi la sainte extase de
ma jeunesse, où es-tu, mon Angélina adnrée? » Le
juge de paix , impatienté , condamne le directenr négUgent à payer 25 francs de dommage ou à rendre le manuscrit dans la quinzaine.
« Ah ! dit-elle, j'ai gagné ma cause. » Elle rentre chez elle triomphante; on entend dans l'escalier les mots sacramentels:
« Angélina , mon rêve idéal , Tcxtase poétique de mes beaux jours!... »
Au bout de la quinzaine, la dame , fière et superbe, revient chi^z le directeur : a Mes 25 francs, lui dit-elle, ou mon drame? — Voici votre drame , » lui dit l'autre. Et la malheureuse entreprend un nouveau chef-d'œuvre le lendemain.
Sa voisine, en littérature s'entend, est une petite femme proprette, dont la robe noire est sans reproche; ses cheveux sont bien nets et biens lisses; elle a des manches passées à l'empois; elle n'a pas de mouchoir de poche, parce qu'elle ne se mouche jamais: seulement, aux moments d'enthousiasmes, votis entendez i\p. petit renillement qui veut dire : ce Voilà l'inspiration ! » Cette dame n'est pas jolie, m.iis elle ne l'a jamais été ; elle est née à quarante ans, et elle y reste tant bien que mal ; elle esl sèche, roide, étroite des épaules : c'est une planche dépravée qui écrit et qui pense. Notre petite dame est hautaine et fière, elle regarde les comédiens comme des pas grandchose, et les comédiennes comme bien peu. Elle a reçu des princi|»es sévères dans sa jeunesse, et elle les met à profit; aus-i a-t-elle entrepris le roman d'éducation, à l'exemple de cette vertueuse madame de Genlis. Adèle et Théodore est pour cette petite dame le chef-d'(Euvre du genre ; ses romans sont presque tous des romans par lettres : Félicie à Julie , Ernest à Prosper, Félicie raconte à Julie le sexe des plantes , les amours de l'éléphant , l'accouplement des animaux , la Reproduction des poissons et autres mystères de la nature. C'est un sujet tout nouveau que notre auteur a
trouvé là. Ernest raconte à Prosper ses premières dettes, son premier duel, son premier cheval, sa première grisette : c'est le roman de mœurs uni au roman d'histoire naturelle, c'est un plat d'épinards au réséda et anx oignons, c'est une salade au coquelicot saturé d'ail. a (!ela produira un bon effet, dit la dame a son éditeur; grAce à mon livre, les jeunes filles seront initiées à tous les mystères de la généralîon, et les jeunes gens à tous 1: s dangers qui les attendent dans les hôtels garnis de la rue Saint-Jacques et dans les bois de Montmorency. » L'éditeur (jui écoule la dame esl un homme chauve, légèrement bossu, (|ui a eu quelques démêlés avec la justice dans sajrunesse, et qui a entrepris le roman d'éducation parce qu'il n'avait pas assez de fonds pour publier le roman échevelé. Cet éditeur a les mains peu lavées, il so" t l'eau -de -vie et le tabac ; il sort évidemment de l'estaminet voisin. « Ma chère dame, dit-il «l'un air rogne, je n'ai pas grande idée de votre histoire de la génération ; son^Tz à me gazer tout cela. Et combien me vendrez-vous celte drogue ? » A ce mot de drogue, la femme pince ses lèvres jusqu'au sang, elle se frapperait la poitrine si elle en avait une. « Monsieur, dit-elle d'un air imposant, je vous avertis qu* vous n'aurez pas ce nouveau volume à moins di' 100 francs et 10 francs pour ma femme de ménage , c'est à prendre ou à laisser. » Là-dessus un déliai s'enirage, l'homme se lève el fiiil semblant de quitter la place, il se rassied ; à la fin on tombe d'accord. La femme de ménage aura 5 francs au prochain volume, ce volume se paiera ainsi qu'il suit : 75 francs en trois payements. « Ayez soin seulement, dit l'éditeur, de parler du roi de Prusse dans votre livre; j'ai une petite lithographie de Frédéric II qui fera bien au frontispice. Pour les culs-de-lampe, vous les connaissez, une tète de mort, des abeilles, des oranges et une lyre. Cela fera un joli petit ouvrage pour le jour de l'an. Quant au litre, il faut appeler notre livre : — cherchons plutôt : les Vcillêea de famille, les Soirées du printemps , Heures d'automne , Fleurs de l'hiver?.,. J'y suis : Fleurs de l'hiver, y» En effet, à trois mois de là, dans une boutique borgne, entre un serin, un moineau franc el un chat affamé, vous voyez apparaîtr» cette affiche flamboyante : flc Les Fleurs de l'hiver , ou Félicité et Julie, oa Ernest flc et Prosper, entretiens familiers à l'usage des jeunes « personnes du grand monde, sur la betanique, lazoolo- « gie, la physiologie, la végétation, la génération des « plantes, les estaminets , les parties à âne et le jeu de « billard , orné de vignettes et culs-de-lampe , par nos a premiers artistes; par madame la vicomtesse Clémena line-Octavie de Saint- Wladimir. Ouvrage dédie à Sa « Majesté l'impératrice de toutes les Russies. Chez Soi- « fard, éditeur. — Pi ix : 1 fr. 75 c. ; cartonné, 2 fr. 50 c.; « par la poste, 3 fr. »
Six mois après la mise en vente de ce fameux livre, l'éditeur Soifard apporte à son auteur un compte ainsi conçu :
Doit madame Clémentine, etc., auteur des Fleurs de l'hiver, à Soifard, libraire-édîleur, pour vingt-six heures de corrections 72 francs.
Ci -joint 3 francs pour solde. . . 3 .
Total. ... 75 francs.
Et c*est encore un livre à commencer.
Oh! oh! quelle est celle-là qui passe? Elle a une robe couleur de chair elle exhale une immense odeur de patchouli et de musc; elle marche fièrement, crânement, carrément ; elle regarde en pitié la pauvre espèce
LE BAS-BLEU
humaine. Je le crois bien, c*esl le ccléhrc auteur, vous «avez, de ce livre qu'on s'arrache : Histoire de Vinfaniicide, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: Ce livre a paru enveloppé dune couverture noire entourée de téles de morts; le frontispice représente des ruisseaux chinois qui roulent des enfants chinois. En voilé une d'horreur! Et cependant, qui le croirait? ceci est récrilurerie d*une femme qui aime à l'adoration ses trois enfants, car elle a trois enfants ; c*est pour leur donner du pain et une bonne éducation qu'elle a écrit cette histoire des infanticides! — L'éditeur a dû gagner bien de l'argent avec celte femme, monsieur; mais aussi lui a-t-il commandé pour Thivcr prochain le Kecpsake des femmes enceintes, orné de gravures, toujours enf reirises par les plus grands artistes de Londres et de Paris.
Ou suis-je? Où me conduisez-vous? Je vous en prie, ne me laissez pas seul ! J'aperçois dans le coin de cette chambre de garçon, où toutes sortes de j« unes gens fument et causent comme on crie, une grande fille, jeune encore, à l'nir honnête, au regard intellii^enl, et (|ui cependant fait peine a voir, tant il y a d«'j i de dégradation et de souflrance sur cette noble physionomie. A coup sûr, cette jeune personne n'est pas encore descendue bien avant dans le vice: au contraire, au froncement de son sourcil, à Tagilation de son sein, au frémissement de sa main droite, on devine que c< ttc malheureuse enfant est bien née, qu'elle était faite pour la vie réguli Te et calme. Quand elle s'est enfoncée dans ce nuage de fumée et de tabac, son nom s'e4 murmuré tout bas, et, chose étrange! chose pénible à direl il se trouve que ce noui-lii est un des grands noms de notre histoire. Ce nom se rattache à des batailles gagnées, «i des lois discutées en plein sénat, a toutes sortes de souvenirs de fortune, d'élégance et de pouvoir. Ohl la malheureuse, que fait-elle donc en ce lieu, qui est un mauvais lieu pour elle/ Pourquoi donc vient-elle affronter des discours de mousjuetaires pris de vin? Pourquoi vient-elle, délicate et jolie comme elle l'est, s*<xposer à cette Acre fumée qui soulève le cœur? Mon Dieu! c'est tout simple, cette jeune fille veut écrire un roman échevelé, elle veut savoir comment sont faits des hommes qui jurent, qui boivent et qui racontent toutes sortes d'obscénités; elle n'est pas fâchée de voir de près la prostituée de la borne, d'entendre l'argot délirant de la rue du Helder, de savoir ce que cache cette gaze transparente et cette robe froissée/ Ainsi la malheureuse enfant tue à plaisir, dans le fol intérêt d'un ignoble roman à écrire, ses jeimi'S el honnêtes années; elle accepte la contemplation du vice, comme si déjà ce n'était plus le vice; elle se perd sans joie, sans prolil, sans honneur, sans amour; elle se perd de la plus triste façon dont puisse se perdre une femme, car elle n'a pour sa part que la vapeur de ce vin. que la fumée de ce tabac, que le bruit eUVonlé de ces baisers, et tous ces sacrilices, toutes ces misères, toutes ces hontes viriiinales, pour aboutir d qnel(|(ie rJcit affreux, où rien ne doit se montrer de cette jeune nile anéantie, peitlue, indignement gaspillée, à rpii la littérature et la poésie ôtent même la retenue et j le b )n sens. Ainsi donc, ni son esprit, ni sa bonne j grâce, ni sa belle humeur, ni sa gentillesse, ni son limpide regard, ni cet air de bonne maison qui ne l'abandonne même pas dans les repaires où elle passe sa vie à cliulirr son art^ ne sauraient la protéger contre cette abominable manie. Je l'ai entendue, moi qui vous parle, réciter d'une voix pleine d'harmonie el de douceur, avec le regard des anj^es dans le ciel, une affreuse histoire où il s'agissait de la fille d'un grand seigneur enlevée par
le Talel du boarroan. et ee Takl et enfanta cette jeune flUe sur U même piilloiiDe4i de laquelle la tête de sod père tcwûI 4e ruSe honte et exécration sur cetla passioD lUlcnire qn p à de pareils excès des âmes bien nées! *» liais, heureuse enfant ! si en effet le pain toos effet vous voulez Toir de près tontes sortes ëe et de plaies hideuses» s'il vons fiant Unidi9 i mains des ulcères et des postules, faites dooc et aurait fait votre jeune aicnle en pareil cas : entra les hôpitaux, entrez dans les prisons, ailes desui la Pitié, â la Chariié, à IHéUl-Dieu, votre fi gloire chaste el pure dans ces champs de la doelei la maladie et de la mort. — C'en est fiiit, sanrtïtri pauvreté et votre abandon, cooTres les morts de la ceul, laves les cadavres qui rivent enoose, vecnaU lamentations, les blasphèmes et les soupirs qni s' lent de toutes ces pourritures, et soudain nm i toutes ces înlaroies se changer en louanges. Ce f l'opprobre de la femme de lettres dericndri h j éternelle de la sœur de charité.
'..vv.Q. je suis â raconter, j*ai une airin In que j4 (lis bien souvent, et que voici :
Nuus étions un jour réunis dans le loyer d'aï Ù royal, autour d'une table recouverte d*nn lapis va nous représentions un comité de lecture : Mire | dent était bien le meilleur et le plus simple dn breux poêles épiques qu'ait eus U France : il a'ipi Parcevalde Gr^ndma|^on. C'était quelque jovs m Uêvolution de juillet, c'cst-i-dire en momcM k dévot de l'histoire moderne. Tout à coup mmsm entrer, sans être annoncée, une jeune CoMBcde ans à peine, fort jolie, mignonne, un peu den^ la joue, ce qui ajoutait de l'éclat à son tÔÊlHéi vacité à son regard. Madame était vêtue eaadjpii elle avait la guimpe blanche comme Bci|i, n i noire était d'une Gne étamine, sa chanssan éait i prochable; ce qu'il y avait de plus reaarifaïUi^ son costume, c'était à sa ceinture un magaifiiBtni en corail, et autour de son cou un large rakai Ua quel était suspendue une massive croîs dtf. T«i> de notre étonnemeut, chacun se rq^ardait psar um nom de celte énigme? L'énigme prit place. cBtlii gant comme pour montrer la blanebcur kàÊtà main, elle nous honora tous d*un petit n§màdk coquet, puis elle se mit A lire, d'i une comédie intitulée : r.4eorloii. A ce libt sortant d'une bouche sacrée, nous ne ( lus belle les uns les autres : notre homme s'il en fut, dit à la dame : c Ceilaa Jrf#l je connais deux beaux sonnets qui portent la wêêê^ tre. » La dime. ainsi encouragée, coMfBfsnfcW U s'agissait en effet d'un arortement. Dna JMife était enceinte, et, au milieu des des encouragements de la soubrette, des père de famille, le pauvre petit enfant qa'dUa|Ml dans son sein était ballotté d'une él
C'était dans toute cette comédie chaque personnage apportait dans ee sqal-li miM de rire et son bon mot. La lecture daia dm Imb* milieu de l'épouvante générale, tant nous marina^; le sens moral de cette femme était UêbêL MbK que pas une seule fois la rongeur ne ■ealalaBM que sa voix ne se troubla pas, non plnsfasM^H el qu'enfin Blolicre lui-même n'élûl fas ft»AWjj quand il lisait cliex Nin de i*Bnclos, esfHfemlW phe, les trois premiers des du Tarft^. llH>^ cependant, nous n'osions pat imcRumfiacM M
LE BAS-BLEU
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\sft b.is-bîf( cz riioninic «le lettres.
dans sa Icclurc; nous la trouvions bien assez mnlhcu-
' rcuse sans lui faire encore l'alfronl public d'une inler-
ruplion. A la fin, donc, l'hcroïiie de celle jolie comédie
avorte, lanl Lien que mal, cll'r^ met son enTint dans un
lM)caU cil»» épouse le jeune homme qui l'aime el qui ne
se doule de rien. Crci dit, la clnnoinesse se relire eu
pliant son manuscrit, et ell»^ va alteudre, dans une salle
Voisine, la accision du connlé de lecture. Nous autres
cependant, nous les ju;;es de cette nlTreiise plaisanterie,
qti'allions-nous devenir? Notre véuêrahU' prôsideul. à
bon droit épouvanté, se voilait la lijxure. Je fus cîiaru'é
cl^nllcr dire à ce bas-bleu, je me trompe, à ce Tordon-
A*lcn, que sa piôce était refusée. Alors vous auriez vu des
^iol»>res, des indignations, des désespoirs, des rages! --
-^illc ne voulait pas quitter l» théâtre, elle voulait cire
<^ «née à Tinstaut même; elle appelait Tarchevéque de
X\iris et tous les saints à son secours : il fallut i'empor-
"^er de vive force. Moi, qui naguère m'étais vu enfermé
^Saii'i un fiacre avec une liîuine, j'entends une lionne du
•^Jar lin des Plantes, une bèlc au poil fauve cl aux dents
aiguisées, je m'étais senti plus à Taise avec celle lionne
qu'avec celle cbanoinesse. Ses cris, ses larmes, son
costume étrange, altroupaieul les passants ; on aurait dit
quelque enb^vemenl du siècle passé, si la re:igicuse
n'eût pas crié si haut. A la fin, j'atteignis la porte du
couvent : la d:ime descendit en se débattant; une jeune sœur, dont je vois encore la figure sereine et douce, vint nous ouvrir la porte grillée, a Ah ! sainte M»tc de Dieu! s'écrii-l-elb», qu'a-l-(ui f,iit .i notre mèreabbesse? — Ma s(pur, lui dis je, on n'a fait aucun mal à votre niére abbesse; c'est elle-même <|ui a fait une comédie, que voici, et que je vous prie de remettre à son directeur. »
T<'lle esl celle véridique histoire, dont plusieurs ont été les lém >ins; mais n'esl-ci* pas que Ton reste eflrayé qtiand on voit à quels excès peut conduire cette passion nouvelle dos belles-lettres, si cruellement introduite dans les mœurs el les habitudes des fimmes de ce temps?
Silenctî! Cydali<e n'est pas ch«zelle elle s'est renfermée dans son oratoyre où elle lit saint Augustin. Madame n'a pas dormi de la nuit, lanl elle a rêvé à cette éternelle question du bien et du mal; elle a passé tour d tour du bon principe au mauvais principe, où elle est encore. Que faites-vous, Cydalise? Ne redoutez-vous donc pas cette pâleur, ces yeux Ullus. ces cheveux en désordre? Que va dire votre amant, quand il vous verra ainsi défaite? Que vont penser votre confesseur cl voire ma/i, qui vous aime tant, qui a fait dire une messe à voUre iotcntion à Saint-Rock? Ayez soin de votre santé, Cydalise, elle est chère à ces trois personnes. Mais Cydalise De
LE BAS-BLEU
veut rîpn enlendro, elle est tout enliérc à son zôlc el a la charilê. Vous n'avoz donc pas lu son grand livre, publié avanl-liior? Comme elle y proche la vertu, la charilé chrétienne, la fidélité a ses devoirs! La vertu, voilà pour son amant; la charité, voilà pour son confesseur; la fidélité, voilà pour son mari. Aussi ci'S trois prrsonnes en une seule ne se ti-nnont pas d'aise; elles sautent de joie» elli*s lisent entre elles ce livre sacré ; Tabbé loue Cydalise dans son journal et dans sa chaire; le mari s'écrie qu'il est le plus heureux des hommes; ramant, qui a ses entrées à la c»ur, s'en va tout droit à l'iuslilut, où il réclame le prix de vertu pour Cydalise : « Elle seule en est dijine, elle seule s'est montrée femme forte el grand écrivain. Av« c son livre, elle changera la f.ice du monde. — Couronnez Cydalîsc, dit Tamant, je vous en prie. — Couronnez Cydalise, dit le ninri. il le faut. — Je veux que l'on couronne Cydalise! » s'éc:ie le prAlre. Cependant la foule s'assemble aux portes de l'Institut, on aUend avec inipalience la fétc annoncée. Silence et attention, le président de la docte assemblée prend la parole : il proclame les proirrés de 1 art el de la verlu jiour l'année 18... Il déclare qu'à sa connaissance la société française se régéufre, (jue la morale commence à plamr sur celte France si !ongt< mps abandonnée, que la philosophie matérialiste s'enluit chaque jour loin des vastes domaines qu'elle avait conquis; il crache à la face de DiJcrol el de Voltaire. « Car nous vivons, uiessieurs. >ous un roi trés-ch-clicn; l'aulel s'est relevé à l'abri du trône; le descendant de saint Louis nous donne à tous l'exemple qu'il faut suivre; marchons sans crainte dans celle voie immense de la royauté el de la croyance. » Ainsi il parle. Du roi Irès-chélien à M. de Montyon, la transition est facile; dans une prosopopée brûlante, l'orateur appelle à son aide le fondateur des prix de vertu : il arrive, l'éclair dans les yeux, la paix sur le vi>age les mains remplies de bienfaits! Venez à lui, vous tous qui avez la conscience Irancpii'.le, l'âme honnête tt le c«i'ur puri ArriiTe l'adulléreî arrière le parjure el l'hypocrite I « Messieurs, ne l'oublions jamais, nous sommes ici les apôtres de la verlu elde la bienfiisance. d Ainsi il parle pendant une heure; jamais saint Paul, parlant aux Corinthiens, n'a été plus rempli d'éloquence véhémente et de chaleureuse conviction. Vous ])ensez bien qu'à ce discours toute l'assemblée esl émue : les hommes se frappent la poitrine en disant leur mea culpa; les femmes versenl des larmes de sang sur les petils crimes qu'elles ont pu commettre; ce n'e<t plus une ass m Idée littéraire, c'esl une assi^mblée religieuse. Il s'aiiil bien d'un discours académique, il s'agit d'un sermon I — Le silence redouble, on va nommer i'heureux vainqueur dans celle joute de toutes les qualités mondes; déjà on le cherche des yeux el de TAme : où est-il? où secr.che-l-il?Ah! si seulement nous pouvions loucher de nos l»'vres le bord de son manteau! Enfin donc, et d'une voix nette et claire, le président de cette docte réunion, qui remonte au cardinal de Richelieu, qui a compté Bossuel el Fénelon dans son sein, déc'are, nu nom de l'honneur ï l de la verlu, au nom de Monlyon lui-même, que le prix de verlu app^rlienl... à Cydalise! Vous jugez de l'étonnemenl général. Cydalise/ Ellemême! Qui? Cydalise? — Cydalise, el pas une autre! Regardez plutôt. Au fond de l'assemblée, Cydalise se levé; la tète haute, elle traverse fièrement celle multitude él>ahie, elle monte d*un pas ferme sur le théâtre de sa verlu. el là, elle reçoit le prix Monlyon de la main à la main. Elle se couronne elle-même, comme fit Bonaparte à Milan pour la couronne de fer; puis elle revient à sa place, non pas sans saluer d'un petit regard Cill in et
railleur les trois compaznon^ de m réc.-iTr,|.f r ** verlu : son amant, sou Cfinfesspur, et enfin « : puîs<:ance inaltérable de la jîlrâre et d^'^ if-rinr^ j'avoup, pour ma part, que de l'>us les b-'i-L.*:» tinenl sur cette terre, le pire de ton-^, à n.:in ^< le bas-bleu qui s'enf<rme ainsi dans le« hnz»^ renls de la vertu. Que ces femmes dont j^ \^r. dans leurs livres et dans leur \\e, a^ec \ry mauvaises, qu'elles rêvent toutes <orlc-& d':n possibles, qn elles riment des coupltMs do m ou qu'elles écrivent de lamenlaliles tra?*Slie?. p porte, après tout : ce sc^.des chefs- d'oeuvre bcul et qui meoreot conÉine les feoillci dj » rcur ; c'est ub amas de papier mÎds forint H ^ qui s'en va ou va le ^pier iin|irimê, nâ vi de rose. Ces femmes*là ne perdent qu'elles-» sont les parias de Tespril, les diiffMiDiers di ■ tcraire. 11 est mi qo^^ chemin fusant. tWa \ pru la langue fï^çaise; mais, éh fln de eoBj malheureuse et sainte langue française» ce I«^ gueil d'une nation comme la nôtre, i qune n'est- elle. pas livrée, à quelles^ migres? Q^tk donc uo insufteur de plus on de muins? Qqe c homme ou une femme qui Hnsultr*, la Unpi pas moins outragée; mais, après toat, quauJ gue est bien faite, elle est pins forte qu'on w \ instant accablée sous les périodes ci»nval>iie> seurs d'éloquence, sous le papotage oiseux ér^ de romans, sous le roucoulement de ce^ vieill*!relles cdentécs, qui célébn-nl des amours qq'ei pas senties, soudain la langue bondit etserrlni une reine insultée; e'.le se dégage de ces obsctv rages; arrêtée un instiot, elle re}»rend sostm cieux littéraires, i côté de Pascal, de Radaeti suel.
Non, ce n'est pas encore 1.î le grand nul fwli mes écrivent au lieu de coudre, qu'elles kssn poésie au lieu de faire des chemises, qnVllei^fifl bas bleus quand elles devraient en tricoter 4e M couleurs, quelle^ oublient leur enfant qmak.r, mari qui esl malade, pour pleurer snr le «t ie ou de Werther, liais voules vous savoir oie4 le, mal? Il est dans le mensonge, dans l'IiTpoav^. les fausses déclamations ! Où est le gnoi uique la prostituée écrive des livres de veria, tt<f femme sans loi et sans mœnrs se fasse riaslitBlrti jeunes filles et des honnêtes femmes. Hais, en* le danger n'est-il pas le même quand ce laua^i pocrite vient de l'homme? Le Cistaeu S<aefa| semhlet-il donc le bienvenu â célébrer h ai*i^ blique et les vertus antiques? — Q«e cetrilhaf un grand malheur pour le* écrivains disnmd je ne le nierai pas, â coup sûr; mais, à loal pmji scandale n'est pas le même. Salloate peat iafai* du fond de .son égoîsme et de ses riees, ttefiif^ el une admirable apologie du Tien Calôa; kM ton lui-même, pris de vin, reste le m«îlititNHl â sa censure impitoyable la ville étcradle; aâihli qui enseigne, la femme qui dit, cowif HolM l'Evangile : c Lais.sez venir à moi les pclibeÉMi faut qu'elle soit chasie de sa pcnoua. iM^ soit pure comme la morale qu'elle dAlte. |hII tends sortir de certaines lioaches lonUM lii| saints cantiques d'actions de grâces cl ds i ^ pentir. il me semble que j'entends le C chanter les louanges des saints. Non, j rendrez supportable cet ainreu vieux chiffons, cette nai
LE BAS-BLEU
raie, ce pôle-mêle de faux cheveux, de fausses dents ■^ prédicnlions chrétiennes. Madame, qui venez pour s prêcher, essuyez auparavant le blanc de C'Tusc et :mtû de votre visage; allez déposer au pied de l'autel
fausses hanches et vos fausses dents ; lavez-vous des Isa la tète, lavez-vous, munda te, et, quand vous se- "•in peu moins immonde, peut-être écoulerons-nous Kdotage vertueux et pelé dans lequel vos amants se fe plaisent si fort.
oiis croyez que la matière est épuisée? Oh! que non m' j'ai là bien d*autres portraits qui me viennent en ^, je n'ai qu'à les écrire; mais ils sont si vulgaires,
peut-être me trouverez- vous trivial. Par exemple,
àites-vous donc de cette femme éhontée, sans es- » sans style et sans pudeur, qui, après avoir été Aant vingt ans la maîtresse avinée de la grande armée, ^ un beau jour par regarder des pieds à la tête Tabo- 9kh\e décrépitude qui s*est étendue sur ses vieux ^lires? La malheureuse, la voilà telle que Font faite tœ et la vieillesse; elle se fait peur à elle-même,
Qst immonde : ses yeux ne tiennent plus dans leur
orbite enQammé, ses cheve ".x sont partis, chassés par l'eau-de-vie qui brûle; sa voix enrouée ne peut même plus prononcer les jurons d^autrefois; ses pieds la portent à peine, la misère est là qui frappe à la porte de son grenier, la misère sans respect, cette vengeance de Dieu quand il veut nous faire croire à Tenfer. Eh bien ! cette femme perdue, souillée, vineuse, oh! ditfs-moî, que devient-elle quand, une fois à bout de toutes choses, il se trouve qu'elle a épuisé toutes sortes de malversations, de vices, de parjures, d'obscénités? — Eh! que voulezvous qu'elle devienne? Elle devient une femme de lettres. Elle envoie acheter à crédit une bouteille de ce venin qu'on appelle de l'encre, une douzaine de ces poignards qu'on appelle des plumes, et aussitôt elle se met à l'œuvre. Que vn-t-elle faire, la malheureuse? Eh! que voulez-vous qu'elle fasse, sinon continuer avec d'autres outils .«on ancien métier d'abominations et de souillitres? Que voulez-vous qu'elle fasse, sinon jeter çà et li dans mille pages obscènes les baisers et les coups de bâton en* tassés sur son corps, la fange et la honte entassées dans son Ame? Ce qu'elle a tendu toute sa tie dans les boa«
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d lirs ou dans les tavernes, elle le vendra encore dans ses livres; elle vendra Thouneur, non pas le sien, qui n'a jamais vécu, mais l'honneur de quiconque l'a approchée, même de loin, mais la bonne renommée de quiconque s*est souillé rien qu*â toucher son jupon. Avec autant de soin que les autres créatures humaines, quand elles approchent de la tombe, se mettent à oublier les cgaremrnts de leur vie, avec autant de soins et de scrupules cello-In se met «i se rappeler les crimes, les prodigalités et les folies insensées de sa jeunesse et de son âge mûr; elle remonte à sa quinzième année pour retrouver derri'Tc la borne un vil morceau de fleurs fanées; elleramassf", un â un. tous les lambeaux de sa vie, elle les entasse dans sa hotte, nu, si vous aimez mieux, dans son livre; elle n'oublie rien, ni les nappes tachées de vin, ni les fragments d'épée tachés de sançr, ni les vieux os mnpés dans les festins, ni les manteaux déchirés dans Torgie. ni los pores de famille qu\'lle a ruinés, ni les miTcs qu elle a réduites au désespoir, ni les jeunes g«Mis morts |»our elle, ni les pauvres femmes que son exemple a perdues. A la porto des hôtelleries et des tavernes, eLe compte le nombn? de ses amants; â la porte des hôpitaux, elle compte le nombre de ses victimes. Ne la dérangez pas! ne la di'rangex- pas ! Elle est en train de foub r une dernière fois, à ses pieds, le courng-*, la beauté, la jeuncs.<;c. l'innocence, Tor des riches, l'amour des pauvres, la pudeur des vierges, le repos des femmes mariées. Ne la di-rangez pas! Elle est en train d'entaNser dans une viuglniiie de bloci in-8^ toutes les impuretés, toutes les infainiis de sa vie, non pas certes pour mettre le feu à ce bùctur d'immondices, nnis. au contraire, pour revt ndre à beaux deniers comptants tout cet abominable ramassis. Ainsi, pour me servir d'une énergique exprosion de l'apôtre, cette femmo revient â son vomissement et elle le mange. Elle n'a pis d'autre caisse d'épargne que celle-là, la malheureuse. La maU heureuse! voilà comme elle compose ses Mémoires, voil.i avec quels matériaux elle élève cette obscène el imprenable ciiadeile de ses crimes passés. Cette insulte publi>iue d l'honneur d'une nation se continue pendant trois ou quatre années; après quoi, n'ayant plus rien â dévorer, il faut bien que cette misérable meure de faim, faute d'une inf:imie à mettre .^ous la dent. Mais» chose étrange! aussitôt qu'elle est morte, et uniquement parce qu\'lle A donné cet impérissable scandale, cette femme, dont on jette le oiduvre aux gémonies, prend sa place, et une phce im|tjrtinte djns li biuliothcque nationale. Li. ♦Ile e>t rt-présentée par ses livres au milieu de cet immense conirr s de> plus nobles et des plus chastes esprits. L*h:s'.oir«r littéraire est forcée d'enregistrer le nom de cette demoiselle dans ses annales; le bibliographe, tout en détournant la tête, est obligé d'inscrire le titre de ses livres: cette femme vivra par le vice tout comme la femme lauréat de tout à l'heuri.' vivra par la vertu.
11 y a encore, en fiit de bas-bleu, le ba<-b!eu économiste et prêdic.;nt. la fiinnie qui veut ri. m placer le prêtre dans la société moderne, la femme qui s'occupe de l'avenir de^ MKiétés, celle qui visite les prisons, le< malades, les hôpi*aux. portant sous s.^n bras, non pas un morceau de pain, mais un ]'etil livre. Les malheureux, plongés dans les misères de la prison, sans feu, sans pain, s;ins consolation, accroupis dans ces s*-»m Ire s corridors où rien ne vient, sinon le bruit de clefs el le bl.isphèi e, voient soudain arriver une femme dans ie faiioste préau: ils courent à eile les bras tendus et resprance dans le cœur : • 0 mi sœur! que vous venez bien à propos pour panser les blessures de notre Ame cl les blessure> de notre corps; sans doJte vous avez vu no:rc
femme et nos enf^Dts qni Doas plevM. oMè nous apportes quelqae nonvelle àm Mm, m vous êtes bonne el bieoTeiiUale rwi la < charité, qui nous aimaient tant < soyez la bienvenue, ma sœar! • •»
soeur d'un air gnwe, je viens ici bob fa% fom i soler, mais pour yous écbirer: je n'ai pH m soulager vos misères, mais bifn poar les e dans un livre que je tiens en fiartie donUe. J*a les deux continents. j*aî vigile Innles les pri^ei rope, et je viens de bien loin p^ar toii« dir» ne serez moralises que par le systenr cellii père qu'avant peu l'on tous bîlin des pris neuves, où chacun de tous aara »a petite ctea petit jardin ; ayez donc patience et confiance i philanthropie. En attendant, lisez ce« pctîb j'ai composés tnul exprés pour Totre êdneiliûa Ceci dit, notre philanthrope conazne dins la bum toutes sortes d'observations curiefl«<s : de France sont bien ferniécs, — les prisoe mal nourris et mal vêtus. — on ne (ail r^s moraliser, — nécessité de modiC-rr le %vAem lia ire, — et autres balivernes insapportakk dames colportent d'un bout dn monde a fa Dieu î une larme séchée dans les veox d'as p ble, une consolation versée dans une Ime et j peu de cliarilc, tout simplement comnc I'cm vangile. vaudraient cent fois mieux qneksétaa philanthropiques de ces affreux bas-bkis, fàm des sermons pour les hôpiftans et pour lufrim comme d'autres composent des pièces de m romans.
Mais en voici bien d'ane antre eoalev. Mi reille! Â coup sftr, il se passe qnelqaediKA dans le fauboarg Saint-Germain: il a'ctf fvhil res du soir encore, et déjà celte noUc BMifM voyez se dessiner lourdement â Tsagle ^hntî barricadée â l'inlérieur ; dans celle ■MMëka rie politique et lilléFaire est la Irûfciaw^ soir, que peut-il donc se passer oe soir? Afàisf ques rares voitures ont pu pénétrer comm a oM contre le mur. et enveloppés dans Icv ■hmi.jh passer les plus grands seigneurs de la pmni:! Chateaubriand, le premier, lirappe un [ i ceUe porte rebelle, et il faut que M. da ( dise son nom avac! t"^ !*? -, — ^^ '-' "^
Certes, si celte tii,u*iJu-U d t:
Iranlable de la CdtHiié ei de 1 bon .
que conspiration C4dj<:£. Soi qui y>p mon rôle d'auditeur dant celle teil^ étions sept â huit înriics i cHIe fiêiti traversé une longue tuile d'afpaste:
et â la 6n nous avons été introdutU d vére tout rempli de livres et de mé'&^i la maison était, comme je rou» )« dis, ait 4a| des dames de la oior de France; ctk a'Ml qu'une entant qoajid rémigrftibD Tcspicti i ensanglantée; elle ét^ît rete«ne 4 ~ France; elle aussn elle avait ^ elle l'avait accom|i]ic r^r t'cspril, { gnité personnelle JttM^u'i présent ] noble dame était iD>iiit|(uliîé, «He tti égal sang-froid â r^ifiiour eli rambîti^e. Im eux-mêmes renlotmîmi de Itum rr^peliit le roi Louis HYlll m atiii peur : « if f I sait-ii, les femmes ^m n*mi pas de o^ f était la femme qvi. ce «nir4i. a%atl (m princes du sang, mt ^mbas^f on, aos f
LE BAS-BLEU
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de Paris, à raumônier du roi, aux capiles, pour introduire dans cette enceinte, IX dire dans cette cour, toutes sortes de iberbes, de petits écrivains dont le nom i célébrités douteuses auxquelles elle avait es les plus incontestables ; — nous étions nêmes de nous trouver en pareille compais faisions humbles et petits autant qu il car, malgré noire renommée de pamphléfçpgne, nous avions cependant le sentiment onvenances oubliées depuis le jour où la juillet, ce triomphe soudain de la parole, e, nous eût habitués «i traiter d*égal é égal puissances de la terre. Oh ! que cette grande tre changée en vingt-quatre heures, pour elle, et presque en tète à tête, des enfants lelite presse, des va-nu-pieds. des bélîtres uependant elle était affable, accorte, souîlle ne l'avait jamais été ; elle nous priait
siège, mais d'un regard si timide, d'un ille devant qui les plus hauts personnages bout! Qu*a-l-clle donc fait, cette femme, le faire? Vous l'avez enfin deviné: elle a relie, et elle va nous la lire; elle veut not elle rimplore ; elle ne nous aurait pas lut il y a huit jours, et c'est elle mainte- *emiére nous salue. Allons, ferme ! vaus ses fauteuils pendant qu'elle est assise sur Ile va lire, prélons-lui une oreille distraite, )!re triomphe inespéré. La pauvre grande ait en effet arrange, dans un coin de son un petit conte assez joli, assez nouveau; mlé un petit héros dont on ne s'était pas )ngtemps ; elle avait appelé à son aide touetites périodes, de jolis agencements, et un int de charmantes phrases éparses dans son not, elle avait composé un élégant et puéî paroles brillantes qui ne ressemblait en rdinaire. Nuus autres cependant, qui étions •lu déjeunes gaillanls ne doutant de rien, ent des gens trés-mal élevés, nous faisions s pour deviner le mérite de ces pages écrire politesse et d'élégance; cette politesse cl nous échappaient entièrement, et, en cons restions insensibles à ce reflet coloré du le, à celte fine fleur de la grande conversaénieux détails, à ces tours heureux dont le •as venu jusqu'à nous : si bien que ces trois ure nous parurent trois morlclles heures. 5 voyant si réservés cl si froids, clail au temps à autre, elle regardait nos visages, lit nos regards, elle était au supplice; jaitendu lire avec une càlinerie plus charne grâce plus parfaite ; et il fallait être, en grands Bohémiens ou d'incorrigibles libé^ îunes Frances bien indomptés pour ne pas tir tant de bonnes et belles grâces. Quand achevée, nous autres féroces qui admirions \ Bug-Jargal et les Messénicnnes^ nous pas un compliment, pas un sourire; nous le illustre dame comme on regarde un ani- Teslen vain, qu'autour d'elle, .se pressaient des amis dévoués de son génie, ses amis urs. lui disant qu'elle avait été touchante, ë était bien inventée, que son héros était qu'elle écrivait mieux que personne... ces es, tombées de si haut, touchaient fort peu
elle n'en voulait qu'à nos sourires ; mais
dans ce temps-là nous étions autant de Brutus en bonnet blanc qui aurions rougi de flatter 2ej70urotr/ Quelle nuit elle passa! Quelles humiliations pour ce rare esprit, quelle affreuse révolution dans celte femme si bien posée et entourée de tant de respects et de tant d'homma^ ges! Â dater de ce jour funeste, toute la vie de cette femme fut changée : l'ordre sévère qui régnait dans sa maison fit place au laisser-aller littéraire, le pire de tous; on ne vit plus entrer chez elle que des libraires, des imprimeurs, des correcteurs d'épreuves, des saule ruisseaux coiffés du bonnet de papier, et qui entraient chez elle, sans même ôter leur bonnet; en un mot, toute la race écrivante et éditante envahit bientôl celte maison sérieuse et grave; c'étaient, toute la journée, des allées et des venues sans fin; on apportait et l'on rapportait inces.samment toutes sortes de carrés de papier recouverts d'abominables ratures, on se battait pour une préposition, on se déchirait pour un participe; à la fin, ce livre célèbre vit le jour !... Que de bruit pour rien ! cela se composait d'un mince volume in octavo. où toute la science des blancs, des culs-de-lampcs et des tôles de chapitres, avait été répandue à profusion.
UélasI cependant, c'en est fait à tout jamais, cette femme d'un si excellent renom et dont si peu de gens avaient approché jusqu'alors, maintenant elle ne s'appartient plus, son nom n'est plus à elle. Elle appartient au premier venu qui la voudra tenir .sous sa critique mal peignée, qui la voudra interroger, le chapeau sur la léle et l'injure à la bouche. Ce rare es|)rit dont on disait tant de merveilles, voici maintenant qu'il court les rues, confondu avec tout l'esprit qui court les rues. C'en est fait, le prestige est tombé : prestige de goût, d'élégance, de poésie souveraine, de prose éloquente : -— ce n'est que cela ! se dit-on de toutes parts. Dans le salon même de cette dame, on s'amuse tout bas du chef-d'œuvre nouvellement publié à ses frais; dans son antichambre, son livre est soumis à la plus insolente des critiques, la critique de l'antichambre; gronde-t-elle un valet de pied? le valet de pied, en se couchant, se fait des papillotes avec le livre de sa maîtresse, et, le malin, il a bien soin de ne pas ôter ses papillotes, pour que sa maîtresse hi.** miliée puisse voir ce que devient son livre. En même temps, les bourgeois du dehors, race indifférente et ignorante, vont à leurs affaires de chaque jour, comme si la princesse de *** n'avait pas im))rimé un roman nou/eau. Au contraire, rien n'est changé à réconomie des choses, on monte sa garde, on vend et l'on achète, on lit toujours les aventures de VValler Scott, on ne pense pas au roman de notre princesse. Déjà, d'humble qu'il était et courbé jusqu'à terre, l'éditeur devient insolent; il n'a presque rien vendu de ce livre, et il triomphe de cet échec; le libraire, lui aussi, est un plébéien, et ses synipaihics sont plébéiennes. Un instant il a été charmé d'être le complice lilléraire d'une princesse, mais il préfère cent fois à la princesse, dont le livre ne se vend pas, le plus petit roman de M.Paul de Kock. — « Madame, dit-il i son auteur, vous êtes trop iiére, il faut agir, il faut qu'on parle de votre livre, allez rendre vos devoirs à une princesse qu'il faut ména^'er ; celle princesse, c'est la critique. 9 Et x-oilà, eu effet, après bien des pleurs silencieux, la pauvre femme qui fait atteler sa voiture sans armoiries, qui fait mettre ses gens en habit noir, et qui s'en va hum* bicment, de porte en porte, cherchant la critique dans tous les nids où elle perche. Pour quelques uns qui fureol pleins de réserve, de politesse et de respect^, couibien d'autres qui se rencontrèrent sans pudeur et s^rns pitiél Pour celui-ci, bien élevé, élégant et simple, combien celui-là était rude et e"<vicl !' Je vous laisse a penser que
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■'ttis . ■• TïT»-- ' ms « i^iM I quatre journées de
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