‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 40 sur 269 · MUT · texte numérisé non relu

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a Révolution (nous |>arloD8 de la première) a eu des conséquences immenses , incalculables. Non • seulement elle a opéré des cban* gements complets dans Tordre politique, moral et social, mais encore, s*il faut en croire ses détracteurs, elle a bouleversé Tordre physique et naturel. Ecoutei quelques-uns de ceux que BI. de Chateaubriand appelle les hommes des anciens jours: si Tatmosphérc est aujourd hui dcplorablement dérangée; si le parapluie est devenu, comme Tamour, « de toutes les saisons; » si le printemps s'ea va, si les petits pois au mois de mai sont rentrés dans le domaine du fantastique, c*est au mouvement de 89 qu*il faut s'en prendre.

Sans nous laisser entraîner dans de semblables exagérations, nous croyons être fondé à dire que la Révolution a exercé en France une influence notable sur la mélomanie. Sous l'ancien régime, on chantait... pour chanter, comme les oiseaux, par un instinct naturel. La preuve que nos pères n'y mettaient, en général, aucun but, aucune préméditation, est dans la profusion des ira de ri de ra, de tra la h, de la fart don daine, la fari don don, de Um iaine ton Um, etc., qui composaient le foud de la plupart des chansons d'alors. Ces refrains ne (Ont* ils pas, sous le rapport signiGcalif, comparables au gaxouillement do rotrie ou du sansonnet?

A cette époque, ce qu'on a appelé depaisle 1 tfur de société était complètement inconn. Ch chantait, sans apprêt, sans façon, le vin, famw é belles, pour sa jubilation personndle. Célùiwmé d'épanouissement de rate plutôt que de gos er.

On entonnait de joyeux reliraint à U saile éattfÊ cela tout naturellement, de même que les eanl coulent au sortir de la mangeoire- Afin de pnliip plaisir, la moyenne des couplets était de qnnii4 sans compter les chorus obligés. On peiA dmfrt c tout unissait par des chansons » i|iii n'ci IM pas.

Sous la République et sons TEmpire» le AmW le Chant du Départ, etc., imprimèrent MiiÉdvi tionaux une direction patriotique et gnemiM. li 4'invasion, et dans les premiers tempe de la litfMV iKrors que le chauvinisme avait tout envahi, f M| les mouchoirs de poche et la vaisselle, «lert qtmé suyait le front avec un peloton de la vieHIa prii avec la jambe d'un Cosaque, que Toa WÊÊ^là^ crème aux pistaches sur le champ de fcilailla d%ii de la Moskowa, le chant, lui aussi, fut vonéàiiaili au grognard, à la gloire, à la vîcfotf» etaoAMk Français. Plus Urd, grâce i Bérangar, il aatmA en moyen d'oppositiou politique. AqMffi%ili^ est devenu généralement ime presque un calcul.

11 est b en entendu que nos pr de même que celles qui font aaivre, i point aux véritables a i» 1

LE UÉLOUAHE.

B à part, mais seulement aux amateurs. Mainne chante plus pour chanter; mais daus le but , de se foire remarquer. C*est à peine si, dans ie province, on a conservé l'usage d'adresser à aux convives Tinvitalion de chanU r quelque même encore la prétention dilettante a fait sr comme trop vulgaire ce qu'on appelait jadis ons de table. Il n'y a plus que des chansons à

lede

joyeux refrain

Qui mette tout le monde en tram, Tout en vidant les verres, Comme faisaient nos pères,

le de langoureuses et plaintives romances, pare la cavatine funèbre chantée par Rachel la par Ninette de la Pie voleuse^ avant de marjpplice. C'est très-réjouissant.

H dîner départemental auquel nous assistions lent, un Duprei de l'endroit jugea à propos de 1 dessert le grand air À$iU héréditaire. Il en»

leva la belliqueuse strette Suivei-moi ! en brandifsant sa fourchette au lieu d*épée.

G*est seulement dans les repas de petites villes, lorsque arrive le moment de chanter & la ronde, qu'on voit se renouveler ces excellentes scènes de comédie, dont le proverbe de Uenri Blonnier, intitulé un Dtner hour' geoiSy nous a offert une peinture si plaisante et si vraie : — le chanteur, faussement modeste, ayant l'air de se défendre, tandis qu'il grille de se faire entendre dans ce qu'il considère comme son triomphe: — un antre se faisant supplier pendant une demi-heure pour finir par dé« tonner un chétif couplet; * puis, les demoiselles, contraintes à chanter par autorité maternelle ou paternelle, ce qui, i quelques variantes prés, s'exécute de la manière suivante :

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