‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 58 sur 269 · X. ■.•.'.■' ri ■ -.1. i; U*:^l«i · texte numérisé non relu

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B.ji.#:i- ifj^if.i: (l<r^iipp«,iiii«;nif:ijt : Urs loj« rifnl, les am- |<(iiihHMr«ïr rritjrfiiur«:nt «t Mm<rijt. Un cheri:lie la aw-e tif r^iif «vfrjiiiiri: «^Ir^ri^fe, tl Tori ii|>prerid enlin que ciiariiif ri(^'iiraiit »Vtl alloué II poudre distribuée eu se di- 4ari( : « Un f-oup dt- fuiil de plu« ou d*' moins, ça ne paraîtra paa. » Slalheurentement drlte lupt^rbe spéculation avait lenU; la giiriiÎMjn toul enlitre. — Depuis ce jour, \f'i fiuiU Mint dfinnéa tout chargés aux figurants du Gîr-

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• i i'L il it r ^T -olie. il croît na ImOré** -::: -:::i -i- f-rr^^-^^ e ; il $nîten tremUaBl W*'*^ liei: d2Ds \^ n in^ rumnre sans OMle»l*** ver> frt):.:océ pr Tanoiede, rênocioa fc*>* au «eeoJ. css^fue. laoee et boodier s'écMff*' maius et il s érnBonît ; le specude ed wlUBf^ kaÏD, d'abnrd Turieux. ptrdooDe M figvflt * dont M D'b.es.<e tmproTisée ëuil h et il recommence sno entrée ani salle entière, inslniile déjà 4e k Bélaa«|kMl amené cet incident gloneai.

Pour que ficarants. choristes, eonpMMi A" prrdent 1 haliiude de se raDger, BoeUctiiK*^ deux fil**» systéma'tiqneis le long te CHiif qu1ls cessent de réfiandre le froid ^kwftp^ sur l'action dramatiqae, pour qn'ib

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d'automates é celui d*aclenn, il luil OMiMh l*art du décorateur et du nietleor es hîm-

LE FIGURANT

inteoant je tous le dis : il faut plus de talent re un figurant supportable qu'un acteur excelcteur n*a qu'un emploi dans lequel il se retranengagement é la main i et, les juges consulaires lalle puissance humaine n'imposera une ride à l, ou un cheveu blanc A son toupet. Distribuez le marquis i Guiaud, ilfrapprra traditionnelle- SI bedaine et vous dira : « \ entre doré n'a point (.» Le pied de mademoiselle Rachel, si bien par le cothurne de Bfelpoméne, s'est trouvé un ! dans le brodequin de Thalie (vieux style). Mais n on cothurne, casque en cuir ou casque a mêle ou espardille, sabot ou soulier à la poulaine, ne le figurant «it le pied à toutes chaussures» la tête à toutes perruques. Artiste multiforme, I dramatique, le figurant, au contraire, est forcé [^ialité, ou plutôt faute de spécialité, de paraii ou vieux, bossu ou bien fait, borgne on aveuou paysan, sauvage ou civilisé, selon le bon B dernier faiseur de dialogue.

iy superbe Orbassan, c'est toi que je défie 1 »

Ainsi dit îancréde, et il jette son gant sur le théiltre. Orbnscan fait an geste du doigt, son écuyer 8*avance fièrement, se baisse, ramasse le gage du combat et va reprendre sa place. On croit que tout cela n'est rien : s*a« vanrer, se baisser, ramasser, se replacer !... Mais c'est le sublime du métier: que dis-je? c'est le triomphe de l'art ! Il n'est peut-être pas d'acteur consommé qui exécutât ces divers mouvements sans prêter à rire i la multitude.

c Toi, superbe Orbaann, c'est toi que je défie! •

Rien au contraire n*est plus aisé à bien lancer; il ne faut pour cela que de Torgane, de l'œil, de la noblesse, de r-^me, des misères, enfin I J*ai toujours vu é ce vers les débutants les plus médiocres criblés d'applaudissements; d'où l'on doit nécessairement conclure que, contrairement aux habitudes prises, c'est le figurant qui devrait faire fi du comédien, et que, pour le hisser au rang qui lui appartient sur Téchelle dramatique, fl ne lui manque qu'un bon panégyriste.

LA REVENDEUSE A LA TOILEl

ARNOULD FRKMY

'ic femme passe, puis derrirrr elle un jeune homme pnnindalemenl gauche el Imiide ; cette femme est de celles qui méritent d'être âudacieusement escortées et suivies» mais suiviis }^i\ us réflexion d'abord,puis d'instinct, et comme on mil d'uD œil distrait les \ éhfls capricieux de la deëL moisellc ou l'essor fantasque <iM pnpiUvn. Elle ToUige, se cadence en marchant ptiis qii*e}le ne marche; sa Inille souple et sinueuse tient a la fois de la guépâ el de la couleuvre; son pied est mignonnement relié dans un brodequin en maroquin cuivrfl. Si vous voua apprûch^ï d'elle, vous respirez le patchouli fil le musc ; cetit^, en voilà plus qu'il n*en faut pour éblouir, exalter un jeune homme sensible et clerc d'avoué, qui n'a encore risqué prés d'une femme aucune témérité ep plein air : en un mol, ce qu'on est convenu d*ap|»ekr, dans les familles de départements, un bon sujet, eu dans le monde dissolu des nymphes de rniguille et drs tapageurs de la Grande-Chaumière, unjohard.

hUU voici ittie tout à coup ce jiMinc homme métamorphose ^es m(Furs, cl amende la coupe de ses habits ; il devient gant jaune, casse intrépidement l'angle de son fanx col et se permet à la boutonniiTe ru'illet rouge républicain. D'oiî viennent CCS équipées subites de maintien et de costume.' C'est qu'il a rencontré sur un trottoir, et suivi de toutes les fibres de son être, une de ces inconnues parfumées, dont la rencontre devait équivaloir pour lui à une révolution complt'te de vocation et de destinée. Il la revoit et la rencontre sans cesse; elle (lotte et se bilance dans les brillants atomes de son cerveau ; il cara-

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cole avec elle au bois de Boulogne, el IM au dernier ballet de rO|.éra. Tout cebetdi de rélude. et se confond même qaelqMlRi'" d'un jugement en séparation de corps. Ai la ques mois de passion g-^na espoir, ce jeaaeàia et s'étiole; il e»t perdu pour la preoéÉR.i figure, devenue conviilsive el plonkà; <'efl mhgnifique collier moyen âge ; il len feâé villiste, écrivain dramatique, mais ananaiM d'avoué est manqué : tout cela pour aivitf détour d'une rue une impoa»bililé de «i^ inclination musquée ou Taoillée; le mmi^i bien des gens de lettres !

Actuellement la scène change et sep d'un magasin à prix fixe : les éloflls e lent, ruissellent et bouillonneal i Vè ▼antines. cachemires, moaswlioet bn ses foulards chinés, pékineto, gros di 1 jaspés, valenciennes, malinet, noassc" selines-coton.elc.... tout cela chifire, i rabais. Rieu n'a été oublié pour alIoaMrhiil féminines, dénaturer rinnooeoce d^nj implanter les désirs, l'enTie, les monstres de l<i coi|uetterie aux deals ëj rongent et dévorent la jeunesse et n jolie femme.

Un cabas, des cheveux en Rodolphe stationnent derrière les < Que ne pouvez tous percer TeBre jeune madras ! vous verries ce i roiter comme les êtofles quMl reMe; *■■' tour à tour chiné, jaspé, glacé, gaairé. i ^ versé par des désirs griaHle-perle.iesf des volants, des espérances coulcir i de dentelle et d'aiur. Elle soupira ail

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LA REVENDEUSE A LA TOILETTE

paixsance incalculable, banque souveraine, domination cachée, mais irrésisiibU? dans ses effets, enCn créature merveilleuse, incomimi-able et vraiment unique, vous Tavez nommée, recouuue, saluée sans doute : c*est la revendeuse à la toilette !

La plufc jolie femme de la Chaassée-d*Antin est étendue sur sa causeuse; elle souffre et se plaint; elle a, comme beaucoup de femmes de ce quartier fragile et seusuel, des crispations nerveuses et presque autant de créanciers que de nerfs.

c Je n'y suis pour personne, Rosalie, vous entendes, pour personne absolument. >

Cette consigne esta peine donnée a la caraérisle, qu'on sonne à la porte : c Madame Aleiandre. >

Le moyeu d*empôcher madame Alexandre d'entrer? Madame n*a besoin de rien; elle est parfailemrnt assortie, encombrée même, de robes el de châles sinécuristes, qui sommeillent sous les sachets de ses ariiioin-s; n'importe, il n'y a point de force humaine qui paisse empêcher mad.'me Alexandre de dénouer ses cartons, d ou vrir ses coffn's et de chamarr^^r hs fauteuils, les meubles, le lit et les chaises, de dentelles, de fourrures. d«* châles, de rubans, de crêpes de toute espèce. Résistez maintenant, si vous pouvei, à ce coup d'œil prestigieux; voyez cette mantille, voyez ce cachemire et cette garniture! Tout cela est délicieux, d*une fraîcheur parfaite, et n*a jamais été porté.

— Mais, dit la malade, debout devant sa psyché en renfonçant les bouillons de ses cheveux blond-cendré sous un chapeau en gaz*' transparente, c'est que je me trouve pour l'instant tout à fait sans argent...

— Eh ! qu'im|Kirte, ma toute belle, vous savez, entre nous,~un petit bon à deux mois. — t'.ela vous va t-il?... Du reste, ce ch.ipeau vous sied à ravir. — Ne vous occupez de rien. j*ai sur moi du i^apier timbré. — Je baisserai un peu les anglaises. - Et puis, vous savez, le vieux prince de..., qui a la goutte et des chevaux qui vont comme le veut, il vous udore. — Nous disons donc un bon à six semaines, cela m'arrangera mieux.— Mais êtesvous jolie comme cela ! Ah! friponne, la petite N.... de 1 Opéni, en mourra de dépit. » Amour que vous êtes, allez ! voulez-vf»us signer?

Madame Alexandre sort de cette maison pour se rendre dans un entre-sol voisin, chez M. Alphonse, gant jaune, l'un des dîneurs, l'un des débiteurs, veux-je dire, du Cifé de l'aris. Eh quoi! dira-t-on, du pou-de-N»ie rose, de la blonde, des cachemires et des marabouts, chez un habitué du café de Paris ! Patience, lecteur, écoulez cet autre colloque.

— Bonjour, Alexandre, comment te portes-tu, ma petite, ma grosse, ma bonne, ma vieille?...

— Pas trop mal, monsieur Alphonse. Je sors de chez une decesdamei: elle m'a chargé de vous demander ce que vous préféries, d'une pèlerine bordée de grèbe ou de chinchilla?

— Mon Dieu, & te dire vrai, cela m'est ^al... Chinchilla! chinrhilla! on dirait un nom de jument. Ah! à propos... Adieu, au revoir, Alexandre; tu sauras que je n'entre absolument pour rien dans les dépenses de ces dames.

» C'est bien ainsi que madame l'entrnd ; elle m'a seulement chargée de vous demander votre goût: vous avez le goût si excellent! Et puis elle a appris que M. de..., TOUS savez, ce gros blond qui joue si gros jeu, a parlé que ce soir, i rU|»éni, mademoiselle Aoastuie éclipserait toutes les autres femmes.

— En vérité, l'imbécile! Combien cette garniture de chinchilla?

— Vous saTex, ce qu'il «ont plaira, je làfsè avec vous, je ne vous demande qa'Hpciiika..ii mois ou A sii semaines, tl cela fws aimpH sur moi do papi*-r timbré.

Du temps de Turcarel, la rercndeueifakift' pelait madame Jacob oo madime la Risimuidb pelle aujourd'hui madame .Mramdrc.SaaiMiè mais le métier proprement dit est loqovi Iih exige un tact inOni, du macbiavélîsaM tmmm plomb, de bonhomie el de rondeur, de TaiÉBti souplesse, enfin de la haute diplomatie.

On peut bMnier sans doute larefcsdcmibii lui faire son procès au n<im de la morale cliibu il me semble pourtant qoMl y a plasieurs msiM visnger sa profewion. Que fai t -elle après ISM? h d'éminrnLs et incontestables services i ue^^'-^ d'individus, qui, sans elle, ne troavenit crédit, ni fournisseurs, ni toilette, ni avai espèce de Providence â domicile, qni a Un si fûible sans doute, mais qui a aussi na&ti méritoire. Elle vous endette gaiemeat, m même; quelquefois ttns&l elle vous sasve, uv il n'y a guère de fortunes de femmes sasiiaiiu usure.

Ainsi, une revendeuse à la toilette femme â la mode, le matin, chei elle son peignoir, et noy^ dans rafllîclioa : Elle a vu s'envoler hier son trésor ti s*nliment de cinq cents francs par BMiilti à 1.1 toilette entre au milieu desjêrénîaésf^ larmes, ma belle : Toicî de quoi brillir.tfi jourd'hui même votre position. Vous ces. le papier timbré vous fait peur: Alài loue une toilette eompléte; je vous loaiti^k] velours, des bijoux, dm dentelles, psar ■ ~ pour un mois ; abonnes-vous poar ni m quetlerie et d'atours. • Trouves «loaeat arrangeante que celle-lé ! C'est du ^me, de savoir compatir ainsi i quinte os infortunes et aux étoffes fanées d'une jaiê pourquoi tous les métiers n*ont-îls pas km Ressource? pourquoi le peintre on le padiM, ils pas des mêmes privilèges ? Nais le l'usure est déplorable. On escompte at mais on ne prête rien sur une léle de gésir: nasse est eiicore à chercher son MoQt<defiAt

Ne confondons pas cependant la n-teoéiM Iclle avec la marchande à la toilette. Cette ' reste perdue dans IMunombrable et irtilustries ordinaires et nomades; elle fait de la friperie en détail, elle a sieurs femmes du monde, qui satisfont, grtei g ûts de changement; mais c'est là du elle |»arle de sa conscience et de ses crois, de la probité et une patente.

La revendeuse, el1e« n'a rien de toatceli,^) guère la sphon* à|uivoqae des coqaetici i 1 mais, en revanche, la nature équitable là i prêté, si vous voulez, sans intérêt, dn géM. ' éclate dans toutes les actions de sa fie, dans celle de racheter; car la revcndcmt même là une des plus importantes naiH nég(K:e. et. en même temps, ane des plsi priétés qu'elle possède ans yeui de n db son 'aient! Elle vous présenta sir nb [ champignon un objet qnelconqiie, siit n cbîî* A l'entendre, on s*age n'Ilcralt défait In tai< décorent; on 'adinii rtan ânart li

iviBsiFf

\tjiièmM

LE nCURANT.

chefd*aiiaqu€, et dont TOpéra, le plus magnifique des suzerains, rémunère 'is services à raison de mille francs par voix;

Les nauftAintf, ou sujets de la danse, obéissant à un coryphée:

Le» AccissoiRis, chaînons intermédiaires qui unissent Tari au métier, et qui. souvent moins payé> que les choristesy dont ils partagent tous les travaux, se rattrapent sur l'honneur de la l* ttre à porter en scène, ou du coup de pied à recevoir devant le public ;

Les r.oMPABSBs enfin, subdivisés à leur tour en chefi de pelotons, ou chefs de masses, pris dans les casernes de vétéran*; ; et en soldats ou peuple, puisés assez généralement dans les loges des portiers.

Chori>tes, figurants et accessoires, ont un engagement signé et parafé; les comparses n*en ont pas; on les loue au jour le Jour, en plus ou moins grand nombre, selon les besoins de la mise en scène.

A rOpéra comme au Vaudeville, au Théâtre-Français, comme au Cirque-Olympique ils sont pnyés soixantequinze centimes par représentation, et cinquante centimes par répétition. Ce taux ne varie pas avec le cours de la Bourse ; peut-être serait-il juste de lui faire suivre la taxe du pain.

La figurante, personnage infiniment plus dôlicat et plus distingué, offre des variétés semblables et des subdivisions non moins nombreuses. Seulement ce n'est pas dans les corps d'invalides qu'on recrute les paraisseuses, ou femmes qui paraissent, belles et grandes pour la plupart, servant de dames d'honneur aux princesses, pompeusement parées des robrs de velours, ou de satin, dont les premiers snjels ne veulent plus; et les mar chcuses, qui vont et viennent dans les masses du fond, véritibles juives errantes, auxquelles Dieu, dans sa colère contre les filles d Eve, a dit : « Marche! marche ! d et qui s'acquittent de leur mission avec plus de force d'âme qr'Aasvbérus lui-même : car bien souvent, hélas! leur escarcelle est loin de renfermer les cinq billons traditionnels.

La fij^urante, chose étrange, n*est presque jamais la femme du figurant; ses goûts sont plus relevés, les passions de son cceur plus fashionables Jamais, au grand jamais, on ne vit un figurant lancer un soupir téméraire sur la grande coquette, ou la soubrette de la roupe, tandis que bien des figurantes ont amené et retenu â leurs pieds des directeurs, des auteurs, voire môme des comédiens. Cela vient, sans doute, de ce qu'on a souvent vu des rois épouser des b rgeres, et que la sagesse des nations ne dit pas qu'on ait vu des reines épouser des bergers.

Le figurant était la cheville ouvrière de l'art théâtral à son aurore. Le spectacle de l'imitation non parlée fut sans doute le premier qui assembla les hommes pour les divertir.

Le langage cadencé succéda au langage d'action sur les trélaux consacrés au culte de Dacchus. La chorUtie resta quelipie temps souveraine, car elle était suffisante pour faire comprendre d* s ac'M>ns simples et des cérémonies religieuses terminées par de sanglants sacrifice';.

Bientôt les fables se compliquèrent, et dés lors la pantomime, la danse et le chant, ne purent atteindre aux néces<:ités de l'art qui progressait.

Ce fut d'abord de la foule des spectateurs que sortait un personnage pour expliquer l'action représentée. Les figurants étaient encore rois absolus de la scène. Us semblaient la défendre pied é pied contre les envahisscmenU de la raison et du goût. Mais Thés- I

pis parut, et, grâce a lui, Tactear de hasarâ placé par un véritable coinédieo. qui expliqiaf pie le chant, les danset, les gesles; et r ainsi les lacunes laissées dans l'action par les r ces des choristes. Phrynicus vint eosaîte qai deux acteurs â la fois sur le théâtre ; Escfajk e â trois, même é quatre, le nombre det peraxii loguant. Alors, comme cela devait être, l'acre vint le principal, et le chœur, relégué an deeii de la scène, ne fut plus que la |>arUe secooâ représentation dramatique. Le figurant modérai être de là cette jalousie qu il porte gên<*ralemfol dien : c*est une vieille haine de roi détrôné . teur.

Le figurant se releva quelque temps à Robk. que de la corruption, quand les empereurs préia émotions du Cirque à celles des tragédies de Se les plaisir^ de la danse lascive et des chaoK aux tableaux cracieux et aux intrigues intelli| Plaute et de Térence.

Le poète Jodelle donna un coup morti 1 ao français, qui était redevenu un important persoof matique â l'époque où les mystères, les monlit soties, étaient notre unique théâtre Jodelle, qd t duit Sénèque et ^phocle. s'indigna de voirai tion mal entendue soutenir de sa pompe et et flucnce des trivialités et des bouffonnerie^ otém composa sa Cléopdtre. et ce n'est ni parmi leti licrs ni dans le sac du pénitent qu'il va choisir i0 sentants de ses personnages historiques. Stsmif vants, tous membres de la pléiade immortftt; m faire acteurs pour la plus grande gloire de Wdk< triomphe de l'érudition.

Mystères, soties et moralités, sombra M du mauvais goût, vapeurs impures de Vtpmm dissipent au premier rayon de Ton des adro pléiade.

Longtemps encore dans les provinces, dtfsin fants de chœur, ccmfrères et pénitents, nontcrHii tréteaux; mais le théâtre parisien, régénéré psJi n'appellera plus é son aide les marguîllîers.

c Que ferait-il, hélas ! do nés d'un

ÎM voix d'un chantre n'était pas tant é < quand un cardinal importa l'ojtcra en FraMi^hK très d église se firent choristes et niâogcnatdil deux râteliers.

L'opéra enfanta plus tard ropôra-comiqpii llf son tour, donna naissance au vaudeville; elcli|ii! tre chantant recruta ses choristes parmi leicM paroisse.

L'Opéra, métropole dramatique, praid md plus sonores dans le chœur de b cathédrale; M et Saint-Eustache desservent rO|»éra-CoiB^pCi < sale de l'Académie royale de musique» SiMl du Mont et Saint-Jacques-du-lIaut-Pis alioMlMll deville : c'est la peiite Eglise.

Comme on le voit, les choristes soat b ImI qui rattache encore la comédit* sacrée é la tmM fane. C'est par le choriste qu*un diredfwdlil est quelquefois en rapports d'égards cl depflM le curé de sa paroisse; l'un el Taulre toal iwelii tr'aider pour la mise en scène de la ccféa«teld| ou pour l'ordre et la marche du spec'ade. kwlp très chantants, par exemple, on se gaide UM'É répéter les chœurs les jours de tnais dhÉiti

LE FinURAHT.

vj'tr^'V'!»^

•etï<1re é leur pîélé; Ils «icrifleraîent Baal au js athées prétendent que c'est parce que Ta- ^e par le curé est plus forte que celle du di- I croyez rien ; c'est qu'ils aiment mionx en- 'vrif qu*iin air A boire, et un De Profundis ible d'opéra-comique.

Hir de rOpéra composa un jour de Nool \m p lonf» pour la circonstance. L'heure de Toflaît sonner, et tous l«s chnnlres de Nolreencore habillés en diables plus ou moins ime d»* vrais démoMs, ils jur;ii»'nt contre le réjçisscur et loules les autorités de Peudroit. p des maillots roupes et verts qui les rccou- 'acher les griffes, se débarbouiller, au moins vèlir ensuite en simple bourgeois ; tout cela affaire d'un instant... l'amende sacrée était un autre côté, la nuit était noire; le froid ues désertes, la porte de la sacristie ouverte ne; Vaube et le surplis ne recouvriraientussi bien un maillot de coton qu'une culotte irquoi perdre du temps a un ch ngement de lile'/... A peine conçu<s Tilée circule dans Y est accueillie é l'unanimité. Le chœur des

banquettes terminé, la troupe infernale se dirige vers Tescalier, gagne la porte du thê.1lre, s'élance dans la rue, traverse Paris, jette l'épouvante dans une patrouille de la garde civique, qui suppose que l'enfer vomit des émeuti. rs, donne l'idée de h danse macabre à un poète romantique, fait tomber à genoux une virille gourmande qui allait dévotement faire réveillon, et, quelques minutes apn's, Satan, Aslarolh et Belzebuth, plus tranquilles que n'est le diable dans un bénitier, chantaient incognito et sous un habit de lin la naissance du petit Jésus au pied de la sainte crèche.

Nul ne sut rien de cette équipée, ni le directeur ni le curé, et. si je la raconte aujourd'hui, c'est qu'il y a prescription pour les choristes trop coupables, et que les chantres ont reçu l'absolution de leurs confesseurs.

Le choriste, dont le chant en partie double creuse incessamment l'estomac, a besoin de fuire deux bo|if repas.

c Le matin catholique et le soir idolâtre, Il dîne de l'autel et soupe du théâtre. »

8*0 fait des économies poor ses YÎeux jours, il les doit

LE nCURANT.

! i réiat de culoUier, de cartonnier oa de tailleur en chambre, qu'il cumule â la sourdine avec ses deux professions avouées.

Dans les petits théâtres, le choriste, qui travaille sur ; une échelle plus modeste, est souvent réduit â la plus I stricte économie, forcé qu'il est de se fournir de tout ce I qui constitue une toilette de ville et de ce qui relève les ' agréments de sa personne.

Un choriste de vaudeville, interrogé par son régisseur sur ce qu'il n*avait du rouge qu*é sa joue droite, répondit naïvement que, dans la pièce qu'on donnait le soir, il ne montrait que cette jouc-là au public : il était en effet choriste de gauche.

C'est à Taide de pareils procédés économiques que le choriste iroave moyen, avec ses cinq cents francs par année, d'avoir un habit noir pour les rôles d'tnrtiéf, et des g^ints de coton blanc quand il doit représenter un gant-jaune.

Le flgurant-danseur aspire plus généralement, tant qu'il est jeune et vigoureux, à devenir premii r sujet : son orgueil tient alors d'^ celui du Diou de la dame, qui ne voyait que deux ho^ ines dignes de fiartager avec lui le nom de grand. G*est que 1 habitude de la pirouette réblouit, et que l'entrechat l'élève naturellement audessus de son voisin le chanteur. Biais, quand l'âge condamne son jarret à la danse terre à terre, quand le temps a rouillé la girouette, il se résigne à l'emploi de prévôt dans la classe des grands maîtres de l'art chorégraphique, ou bien il ouvre lui-même une classe pour les deux sexes et autres^ dans laquelle il démontre la cachiicha, la pas styrien, la hongroise, et le cancan aux garçons bouchers et aux cuisinières. Depuis peu les coryphées de rOpiTa ont ajouté une nouvelle corde à leur arc : on vient d'en nommer deux experts, assermentés prés les cours et tribunaux. Ce sont eux qui, à une audience de la police correctionnelle, ont fait passer en revue, sous les yeux des magistrats, toutes les danses permises et prohibf'cs.

En vérité, je le dis, le figurant en général mérite plus de célcbiilé qu'il n'en a acquis. Race mixte, à moitié acteur, à moitié décor, tour à tour bète, h'Tos, machine, il revêt dans la même soirée la peau d'un ours ou l'armure d'un guerrier. Vous venez de le voir sous le turban de Mahomet, il va paraître avec le manteau des Templiers.

Au milieu de cette variété de rôles qui le rend vrai cosmopolite, il n'en est pas moins accessible aux fumées do l'orgueil et de l'ambition. Accessoire, il veut passer coaédien ; /îgur ant, il brûle du noble désir de passer accessoire.

Il y a. ou du moins il y avait au théâtre de la Porte- Saint-Mnrtin, un comparse du nom de Fom bonne, qui n'avait pas son pareil pour ouvrir les portes du fond de la scène, pour annoncer avec noblesse : le Roi! la Reine! et qui surtout portait une lettre avec une grâce toute particulière. Flatté, enivré des éloges que sa S|iécia1ilé lui avait attirés, il voulut en obtenir le prix. Saisissant son courage et son chapeau à deu\ main^, il se présenta hardiment dans le cabinet de son direct ur.

— Monsieur, lui dit-il, je ne crois pas remplir ma place aussi bien que mademoiselle Georges, Dieu m'en garde! mais enfin je tiens un emploi indispensable à la satisfaction du public. Je n'exige pas vingt cinq mille francs comme M. Frédérick-Lcmaitre... oh! non pas encore... mais je n'ai que six ceDt> francs par année, et Je viens tous demander une légère augmentation dt...

— Blonsieur Fombonne, répliqua le dir^ lui laisser formuler le GhifFre de ses prêtent sieur Fombonne, je tous eidlnie, je toqs êtes un des artistes les plus nécesxairet i i tation, une de mes solides colonnes; je sais vous valez, et je trouve votre demande de la justice.

(Ici le front de M. Fombonne se redressa, et le pouce de sa main droite se glissèrent A set de son gilet, qu'ils parcoururent comme]) der les profondeurs et savoir s*il pourrait surcroît d'appointements qu*un tel débat i promettre.)

— Ainsi donc, je puis espérer qu'une n de...

— Espérez, monsieur Fombonne, espéra temps sont durs! Mais l'espoir est un graada a toutes les misères.

— Ah ! je comprends, monsieur.

Belle PhiKs. on désespère.

Alors qu'on espère toajoars.

— Vous connaisses votre Molière, bonne... je m'en suis toujours douté à b 1 vous faites vos annonces... Nais vous savei^ là de mauvais vers dont Molière se moque son. Quant â moi, qui n'ai point siyetdei de vous, je vous répète que je vous apprw. que vous n'en doutiez pas, tous ne s«m^ sans avoir reçu la preuve de ma bienTeilMitt estime.

— Monsieur...

— Monsieur Fombonne, tu les receOttOi m'est impossible de vous donner de raogBoMi ie lucre n'est pas l'unique passion de VtiHfk vant vous satisfaire du côté de l'argeat, je vm terai du côté de la vanité. Vous étiez fijroraM dès ce jour vous êtes artiste; vous étiez reJ^fv petit loyer. A partir de ce soir, vous avez m dans le grand ; vous étiez porté sur la feiik i parses, vous émargerez désormais celle 4m ch Allez, et appelez sans crainte M. Frederick :ii rade ; tutoyez mademoiselle Théod«iritte,jcii*i le droit J'espère, monsieur Fombonne, qMi0 reconnaître ce que je fais pour vous.

Et M. Fombonne se retira, heureux et iv fe| croit d'honneurs. Mais, hélas! la aéédb' revers. Les figurants sont pajés la piw'l chaque mois; les acteurs ne le sont qMdi^ M. Fombonne, dont la nouvelle dignité aidW ner le payement , fut obligé de vivie à oH une semaine... Les grandeurs eoùleutl chose.

Si un accessoire veut passer ( son tour, bi ùle du noble désir de [ quelques mots dans une pièce est la [ ses prétentions. Trop heureui qnand, i ans de marches et de contre»marcha<, î i tribution des rôles d*ane pièce feuille de papier sur laquelle «M 1 syllabes fort peu ambitieuses. Que 4 adresse é l'auteur dont le eoop é*aSt \ couvrir son ii »! Que de

gisseur. qui ne 8< pas opposé de lui ! Il n*est plus Igurant, il jaw tmi L'accessoire est la I e de polil ma «hM

LE PICIIRANT.

isr

carrière dramatique. Son nom, inconnu jusraitra sur TafOche, sera imprime sur la bro-

goif d'écumb (personnage parlant), M. (ieorges. àTEUR (personnage parlant). M. François.

iiRT Di V1LLI (personnage parlant), M. Thoulet. T (personnage parlant), M. Narcisse.

i pourrait dire ses sauts, ses gambades, ses s halludnations ! L'épicier que Ton d«''core en ue n'a pas plus de fatuité. Un Ggurant m'a tu premier accessoire qu'on lui distribua, il fut passant devant un soldat en faction, qu'il ne pas les armes.

le figurant a-t-il reçu ce qu'il appelle son le lit, le relit, l'apprend, le récite, le déchante. Qu*une musique ambulante se fasse les syllabes qu'il répète sans cesse suivront le luncal; qii'ua tambour passe, son rôle bat la

Un figurant fut un jour chargé de dire dans une tragédie nouvelle ces simples paroles : Lt roi se meurti Pendant deux mois entiers, il s'éludie a entrer seul sur la scène sans sentir le coude à gauche, à lancer au public avec un accent de douleur de poitrine sou annonce si importante : Le roi se meurt!

La répétition générale arrivée, l'instant de sa réplique

venu, il entre fièrement en scène Le roi se meurt!

s'écrie-t-il; et, après sa sortie, il descend à l'orchestre pour demander à l'auteur s'il est satisfait de son intelligence.

Enivré par Tapprobation qu'il recueille, il rêve déjà des rôles de deux pages, et successivement des confidents, des traîtres, voire même des tyrans... La pente de ^amou^p^opre est encore plus rapide que celle da crime!

Le lendemain, le rideau se lève ; notre figurant, qai n'entrait en scène qu'au cinquième acte, était déjà der» rière la toile de fond , arpentant le théâtre et répétant a Toix basse : Le roi se meurt!

La tragédie allait à merveille, le succès grandissait

LE FIGURANT

d*ACte en acte... on commence le cinquième erQn... plflce n la coulisse... Le figurant entend sa répliiiue... il marche, se présente au public, et du ton le plus lugubre il s'écrie : Le meurt se roi !

0 malheureux lapsus Hnguœ! un éclat de rire succède à rattendrissemenl général ; le pauvre figurant tombe de tout»* la hauteur de ses espérances, et la tra* gédie fait comme le figurant!

Ce fut 1& un soldat qui mourut à sa première !»• taille.

D'autres sont plus heureux, et montent en grade à travers les boulets de la critique et les fusillades du parterre ; car les figurants, comme les conscrits, ontlc bÂton de maréchal dans leur giberne : le difficile est de Ten faire sortir.

Frcdérick-Lemaître a débuté par les combats au sabre chez madame Saqui, et Odry a été figurant-comparse aux Variétés.

Quelquefois les acteurs ont tendu une main bienveillante à leurs modestes camarades. Potier jouait un jour un vaudeville dans lequel un jeune figurant venait lui servir d boire en tablier de garçon de café. Son visage était original ; Potier le n marqua et sourit. Kncouragô par cet accueil, le figurant poussa la hardiesse jusqu*â demander la permission de dire un tout petit mot en scène en débouchaiit la bouteille. Potier y consentit ; le mot porta. Potier permit d*en dire deux le lendemain ; notre audacieux n*y manqua pas : Potier répliqua par une phrase à double entente, qui était dans sa seconde acception un compliment ad hominem. Le figurant ne resta point court ; et, de réplique en réplique, de représentation en représentation, il s'ensuivit qu'au bout de quel(|ues jours l'acteur et le figurant avaient ajouté uue scène au vaudeville.

Ce fut ainsi que le figurant débuta, et préluda aux succès qu'il obtint depuis. Ce figurant, c*est Arnal, que Potier avait deviné.

Li plus curieuse variété du figurant est sans contredit celle du Cirque-Olympique. A ceux dont on a â se plaindre, on di>tribue les rôles de gendarmes que les voleurs rossent toujours pour le plus grand triomphe de la morale ; et, à ceux qu'elle veut punir, la direction inflige les rôles de Russes, d'Anglais et de Prussiens, tous les soirs battus, vaincus, hachés à coups de sabre. Les rôles de Bédouins sont aujourd'hui au nombre des punitions infligées. La conquête de l'Algérie a sauvé le Prussien et l'Anglais de 1 humiliante défaite dans le combat singulier et de l'affront très-peu sanglant du coup de baïonnette dans le bas des reins.

Un soir, on jouait au Cirque-Olympique une pièce d grand spectacle : combats, fusillades, pillage et incendie; en un mot, un mimodrame du bon temps. Les figurants en bon ordre garnissaient les remparts d'une forten^sse. Ravi d'avoir quelques mots d prononcer, leur chef, d'une voix forte et retentissante, donne, tans avoir besoin ^u souffleur, le signal du combat. Tous les mousquets sont en joue, c Peu ! » s'écrie le capitaine... Nos braves lèchent la détente... ô surprise! tous les mousquets ont raté!... même commandement, même obéissance, même désappointement ! Les loges rient, les amphithéâtres murmurent et sifflent. On cherche la cause de cette aventure étrange, et Ton apprend enfln que chaque figurant s'est alloué la poudre distribuée en se dilant : c Uo coup de fusil de plus ou de moins, ça ne paraîtra pas. » Malheureusement cette superbe spéculation aTait tenté la garnison tout entière. — Depuis ce jour, les fusils sont donnés tout chargés aux figuranU du Cirque.

Placés sur le second plan» comparse*, lg« ristesdtftnus les th'^tres BiarcheDi. rhabtca armes avec tout l'aplonrkb coovenable; ma fasse avancer vers la rampe, soudaio leur ên parait, leur aplomb se brûle à la* flamme 4f ils deviennent gauches embarrassés» tremU si de chacun d'eux dépendait le sort de Toa sente. Est-ce vanité? est-ce modestie? Qai lui-ld seul qui peut sonder le fond des oen et celui du figurant en particulier.

C*est pour les menus plaisirs du fij^mnl joue la comédie. Nul ne le dissèque avec a» précision, nul ne connaît mieux le défaut de il décidt* de la valeur des applandlssemenU les coulisses l'dge du jeune-premier, et ne scrupule de trahir les mystères du maillol reuse.

L'iustina théâtral et l'habitude en foat a compétent en matière d^œun*es dramatique directeurs qui, aux ré|iélitioDS géuéraks, lire sur la physionomie des figuraots la « pièces nouvelles.

Oh ! tous les figurants ne sont pas des lu tées de sept heures é onxe heures du soir; se laissent surprendre par les émotions srét le monde a entendu conter l'action de ce vr ble, qui se jeta sur la coupe de Rodognae l'actrice : « Ne buvez pas, elle est emp44soiiii ou fausse, cette exclamation est rangée pan dotes dramatiques.

En voici une moins connue et peut4tit f meut vraie :

Lekain était fort laid de sa personne; bki scène, son âme tout» de feu pasi^ait ^ursmm lumiuait. Le grand tragédien était en rtfm Bordeaux, et il débutait par le rôle de Tmtt cendu sur le thêitre é la fin du diBiièae a mande au régisseur de lui indiquer le fgvnri porter drrricre lui sa lance, son casque et vm

Celui-ci, qu'on lui présente, reçoit les ii de Lekain, et, se retournant aussiCôCfeis ai i marades :

« C'est ça TancrédeT dit-il, avec ce taille... Et c'est |)Our ce gaillard- lé qD*A faire brûler vive I... que diantre! on va Mm c'est le cas de le dire. »

Il en était au début de son analyse dn béni lorsque celui-ci (ce n'était plus Lekain éqâ)t ton le plus noble : c Sui%ei-moi. » Le I tourne, et, voyant devant lui des traits If'vation et de mélancolie, il croit un inslMlii stitution de personne ; il suit en tremblant le hé* tient dans les mains l'armure sans eonleBn.li! vers proiiOncé par Tancréde, Témolioa k W au second, casque. Uince et bouclier 8*é mains et il s'évanouit; le spectade est J kain, d'abord furieux, pardonne an dont sa nt»blesse improvisée était la eanaaUnI et il recommence son entrée aux ap salle entière, instruite' déji de la i amené cet incident glorieux.

Pour que fiiîurants. choristes, eomp«sotf« perdent l'haLliude de se ranger, nnelscliMnd deux files systématiqnes le long des ^"'"1 qu*ils cessent de réfiandre le (iroMdele«tplfî sur l'action dramatique, pour qu'ils ummI i d'automates à celui d*artenrs, il fkut a l'art du décorateur et du metteur m i

LE FIGURANT

lintenant je tous le dix : il faut plus de talent ire on figurant supportable qu*un acteur excel* ictear n*a qu'un emploi dans lequel il se retran* 1 engagement i la main; et, les juges consulaires nulle puissance humaine n'imposera une ride i it, ou un cheveu blanc ^ son toupet. Distribuez de marquis à tiuiaud, il frappera traditionneller sa bedaine et tous dira : « \ entre doré n*a point ».» Le pied de mademoiselle Rachel, si bien par le cothurne de fifelpoméne, 8*est trouvé un é dans le brodequin de Thalie (vieux style). Mais lin ou cothurne, casque en cuir ou casque à mette ou espardille, sabot ou soulier à la poulaine, ^ue le figurant »it le pied à toutes chaussures, la tête à toutes perruques. Artiste multiforme, m dramatique, le figurant, au contraire, est forcé ipécialité, o\\ plutôt faute de spécialité, de paraile ou vieux, bossu ou bien fait, borgne ou aveui ou paysan, sauvage ou civilisé, selon le bon lu dernier faiseur de dialogue.

oi, superbe Orbassan, c'est toi que je défie 1 »

Ainsi dit Tancréde, et il jette son gant sur le théillre. Orbns«an fait un geste du doigt, son écuyer s'avance fièrement, se laisse, ramasse le gage du combat et va reprendre sa place. On croit que tout cela n*est rien : s'avancer, se bnisser, ramasser, se replacer !... Mais c'est le sublime du métier: que dis-je? c'est le triomphe de l'art ! n n'est peut-être pas d'acteuf consommé qui exécuta ces divers mouvements sans prêter i rire i la multitude.

c Toi, superbe Orbassan, c'est toi que je défie t >

Rien au contraire n*est plus aisé à bien lancer: il ne faut pour cela que de i*organe, de l'œil, de la noblesse, de r-'me, des misères, enfin! J*ai toujours vu é ce vers les débutants les plus médiocres criblés d'applaudissements; d'où l'on doit nécessairement conclure que, contrairement aux habitudes prises, c'est le figurant qui devrait faire fi du comédien, et que, pour le hisser an rang qui lui appartient sur l'échelle dramatique, il ne lui manque qu'un bon panégyriste.

LA REVENDEUSE A LA TOILET

ARNOl-LD FRKMY

*icremme passe, puis derrîcri' elle un jeune homme prnvincialemenl gauche el limîde ; celle femme est de celles qui mcrilenl d'élre iiuducieusement escortées et suivies, mnîs suivies s^ins rélIexioD d'abord,puis d'instinct, et comme oo MiU d'un œil disirait les l élans capricieux de la de- . morcelle ou i*essor fantasque 4'i ppilEoo. Elle vollrge, se cadence en marchant plus qiiVlle ne marche; sa taille fiouple et sinueuse tient â la ïùh de la guêpe et dé la couleuvre ; son pied est mignannement relié dans an brodequin en maroquin cui> vré. Si voui ?ou& approches d'elle, vous respirez le patchouli et le musc : certe;^, en voilà plus qu'il n'en faut pour êlilouirt exalter un jeune homme sensible et clerc d*avouéf qui n^a encore ri^ué pr('s d'une femme aucune témérité en plein air; en un mot, ce qu'on est convenu d*ip|^ler, daDs k^ famlllei^ de départements, un bon sujH, et, dans le monde dissolu des nymphes de Taiguille et des tapjigeurs dé la Graade-Chaumiére, un jobard.

MiU voici que tout a coiip cejiïune homme métamorphty^eses mcrurs, et amende k coupe de ses habits; il devient gant jaune, casse intrépidement l'angle de son faux col et se permet â la boutonni<Te TaMllet rouge républicain. D'où viennent ces équipées subites de maintien et de costume/ C'est qu'il a rencontré sur un trottoir, et suivi de toutes les fibres de son être, une de ces inconnues parfumées, dont la rencontre devait équivaloir pour lui à une révolution compl(*te de vocation et de destinée. Il la revoit et la rencontre sans cesse; elle Uotte et se bi- Unce dans les brillants atomes de son cerveau ; il cara-

cole avec elle au bois de Roulogne» eCMita au dernier ballet de TOpéra. Toat celaoïàk de létude, et se confond même qucIqulMi nrl d'un jugement en séparalion de coqs, Aïkrti ques mois de passion s'^ng espoir, ce jeaae ftHV et s'étiole; il e!(t perdu pour la piuuJÉii fc figure, devenue convnlsive el plombei; *t^ magnifique collier moyen âge ; il «en bhN^i villiste, écrivain dramatique, mais i d'avoué est manqué : tout cela po«ir anira détour d'une rue une imposublUlâ de i inclination musquée ou Tanillée; le mm9^ bien des gens de lettres !

Actuellement la scène change eC se| d'un magasin â prix fixe : les élofoeiMf lent, ruissellent et bouillonnent • Tel yantines. cachemires, mousselines bn ses foulards chinés, pékinets» gros i jaspés, valenciennes, nialine», noune' selines-coton.etc.... tout cela chifré, i rabais. Rieu n'a été oublié pour alla féminines, dénaturer l'innooenee d implanter les désirs, TenTie» les H monstres de U coquetterie aux dciU i rongent et dévorent la jeunesse el \" jolie femme.

Un cabas, des cheveux en haadeaiilB^ Rodolphe stationnent derrière les < Que ne pouvez vous percer Te jeune madras ! vous ▼otIci ce roiter comme les étoffes quil tour a tour chiné, jaspé, glacé. |^ versé par des désirs gris-de-perle, des I des volants, des espér ncet eoalear^ de dentelle et d'axur. Elle soupire eli

LA REVENDEDSE A LA TOïLETrE.

puBMnee incitlciibhle, b.mque souveraine, dcjm'mutirtii cjichée, mais irré^iNtîbk dans sei effK», enfin crénlure niermtleiise, incompamble el vraîmem unique, vous Tarei nommée, rêf ouuuer saluée sans doule : c^est li revendf*use à la loïkdel

La pluï^jotk r^mnie de la Chansi^ée -d'An tin e^ît étendue sur sa eau^eu^; elle Rùnïïm el î^e pbtnl; elle a, coTtime beaucoup de femmes de ce quartier fragile et sensuel, ùefi crispatloni nertett&es et presque autaDt de créanciers que de nerfs,

■ Je n'y suis ponr personnel Rosalie, vous entendez» pnur perMinne abï^olument. »

Celte collègue esta (leine donnée â la caméristei qu'on Bonne à la porte : c Mad>ime Aleiandre» »

Le moyeu d'emp<^cher madi'vme Âleiiindre d*entrer? Hadnme n'a besïoin de rien ; elle est parfiitlemrnt a^sor* tic, ericambrée même, de robef; el de chftles !ïi née urîjïtej;, qui fïommeiUent jujuk les «^athetit de se^ arnioiri s; n'importe, il n'y a point de force humaine qui puisse empèchfT m ad 'me Alexandre de dénouer ecs carions, d'où frir seACofn^<ïetde châmArfr 1% f<inteuils, les meuMeg, le lit et les cbaises, de dentelles, de rournire!;, d<< ch.l < les, de rubans, de crêpes de toute «i^péee. Rpsislez maintennut, SI vous pouvest i ce rou[id*œîl prestigieui; voyez cette mantilli\ voyeï ce cachemire et cetttï garniture! Tout cela est drlicieui» d'une fraîcheur parfaite, et n'a jamais été porte.

— llaÎN, dit la malade, debout devant lîa psyché en renfonçant les bouillons de ses rbeveuz blotid-cendré sous un chapeau en gazt' ira nst parente» c^ei^t que je me trouva pour T instant tout â fait san^ arj^ent,.,

— Ëhl qn1m|KU'te, ma toute belle, vous pavez, entre nnns, — un petit bnn à dent moîsp — t'>ela vous va t-ilî«,. Du refile, ce cli.ipeau vous lûed a ravir. ^ Ne vduk occupez de rien, j'aj sur moi du [Hpier timbré, —Je Glisserai un peu les anglaises,- £t puis, vous savet. le vteui prince de..,, qui a la goutte et des chevaui qui vont comme le veut, |1 vous iidnre, — Nous disons donc un bon à sii semaioes, cela m'arrangera mi eus,— Mais êtes ^ vous jolie comme cela ! Ahî friponne, h petite N..,. de l Opérri, en mourra de dépiU ^ Amour que voua êtes, allez! voulêï-vouît signer T

llMilame Âteiajidre sort de cette maison pour se rendre dans un entre-sol voisin, chet Bl, Alphûn^^e, gant jaune., l'un des dîneurs, l'un des débiteurs, veui-Je dire, du Cité de l'aris. £h (jUui! dira-ton, du pouKlc-^^fiie rose, de h binnde. des cachemta*s et dtrs marabouts, chez un habitué du café de Paris 1 Patience» tECleur, écoutez cet autre colloque.

— buujdur, Aleiandr», comment te portes- tu, ma petite, ma j:ro>se, ma bonne, ma vieille?,..

— Pas tn.p mal, monsieur Alphoose. Je sors de chez une Û€€Udamf»; elle m* a chargé de vous demander ce que tm\^ préférjett d'une pÉlenne bordée de grèbe ou de chinchilla T

- Hon Dieu, à te dire vrai, cela m'est é|^aL,, Chinchilla! chimhîllal on dirait un nom de jument, Abî h propos.^. Adieu, au revmr, Aleiandre^ tu sauras que je n'eutre absolument pour rien dans les dépenses de ces dîmes.

— Cest bien ainsi que madame rentrud ; elle m'a seulement chaînée de vous demander votre goot : vous avt;£ le gfïâtst excellent! Et puis elle a appris que M. de..., vous saveE* ce gros blond qui joue ù gros jeu, a parlé que ce soir, a ri>|'éra» mademoîieUe Aiiastwte éclipserait toute* le* autres femmes,

— ' En vérité, rimbédle! Combien cette famiture de ebincbillaT

— Vous «avei, ce qu*i1 vouii plitra,|t eai fM^pil avec vous Je ne vous dem^tode qu'un pelii b«...i^l mois ou à siz semaines, sî celi «om aiTiiifeMi:/il sur mot du papii r limbré.

Du temps do Turcarel, la rereodeiiBe I b i pelait madame Jacob ou madiime la 1 pelle iujaurd hui madame Aki^tndre. Soa Maréi^l maïs le métier proprement dît est loitJMm lei ' ezïgc un tact infini, du machiavéli^ine aMn^ h\ plomb, de bonhomie et de roiideBr, de TaolMitÉil souplesse, enfin de la h^iute diplomatie*

Oji pi'ut blâmer sani doute ta reveodevae è hUtt I lui faire son procès ati mim de U monleetdtkMt [ il nje semble pourtant qu'il y « planeurs naM vTsnger m profession. Que fatt-elle apréi um? i d'éminrnU et ineoolestables serviccït^ à ane c d'individus, qui, sans elle, ne troavenit nalk pil crêditf ni fournisseurs, ni toilette^ ni avances. \ espèce de Providence â donnîcile, qui a Lible sans doute, mais qui a iii»i son tJàî niériiorn>. Elle vous endette giienaent, vu» i même; quelquefois aussi elle vous sauve, vwi il n*y a guùre de fortunes de femines sivs f usure.

Ainsi, une revendeuse à la tuilette femme â la mode, le matin, chez elle, son peif^Doir, et nny^ dans l'afOietioii : Ëllt" a vu s*envoler hier son Irésor st'otiment de cinq cents francs par mobl Lat a Li toi 11 lie entre au milieu desjérénilié«uil larmes, ma belle : voici de quoi briller, €i jourd*hui m Ame votre position, Vom i ces, le papîiT timbré vous la il peur : eh lÉkf ^ loue une toilette camplcte; je vous 1 velours, des bijout. dei; dentelles. |»ûqr m I pour un mots ; abonnex-vous pour un i quetterie el d'atours. » Trouves doue a arrijogeaote que celle-là f C*esl du géoîe, nr i de savoir comp^itir ainsi à quinie ou vingt fivi infortunes et auiétorfcs fanées d'^uneîolief — ' pourquoi tous les métiers n'ont*îlit Ressource î pourquoi le peintre on le [

ils pas des marnes privilèges T Maïs le ^

lusure est déplorable. On escompte 'mm\ mais on ne prr^te rien sur une t^te de g^ie:bl n lisse est etïcore i chercher son Montre Pilii.

^e confondons pas cependant la rt'wndi««l tctte avec la mure bande a la toilette. Cette i reste perdue dnns l'iMiiombrahle et btnal industries ordinaires et Domade»; elle «e«l,^ h\l de la friperie en détail, elle a sieurs femmes du monde, qui satisfonUgrietiri g ûts de chauj^menl; mais c'est id du i ^ elle fiarle de sa conscience et de tes mmri; Al crois, de la probité et une pateotep

La revendeuse, elK n'a rien de tout cela, i guère la sphon* équivoque des coqueito I mai.<ï, en revanche, la nature équitable lai i prpté, si vous vouiez, sans intérêt, du gésit.C^,! éclate dans taules tes actions de sa rie, i ' dans celle de racheter; car la revendeuir i même là une des plus importantes négfiee, et en même temps, une d^ pluil priétés qu'elle possède aux jeut de a son Ralenti Elle vr^*- "-^— •* r-r m champignon un objet qi wsÊk

A l'enteodre, on s^ai i i detnt %m I

décorent; on sa ] o

LA REVENDEUSE A LA TOILETTE

^m plumes, le cr^pe et la dentelle. Tout cela est d*un l^onl, d'une fraicli<>ar incomparables f

Cependant, qu*il s'agisse de lui revendre ce même chameau séance tenante : dans le Tait seul de passer des ■Mins de la revendeuse vendante dans celles de la re- ^Hmdeuse achetante, ce chapeau aura vieilli d*au moins lis ans, perdu cent pour cent de sa jeunesse; les ru- MiDt, tout à l'heure frais comme la rose, sont maintenant frAroyalilement fanés, éclipsés, décolores. Qui est-ce qui Mcrait mettre un pareil chapeau? A midi, on ne portait gve du rose et toujours du roso, la couirur par excellence ; mais i midi un quart : « Qui est-ce qui porte du "-Ofte ? grand Dieu ! Si c'était du jaune, du lilas, du co* guelicnt, du gris de souris, de I œil de mouche effrayée, i e ne dis pa«; ma.s du rose, fi l'horreur t c'est la nuance 3v croque-mort. »

Il est certain qu'il y a dans le geste, la pose et Tépi- Ihéte de la véritalile rcvenieuse à la toilette quelque Bhose qui lustre, embellit et magnétise ce qu'elle vend, Bt en m^me temps déprécie et dégomme ce qu'elle ra- Bhéte. Elle est incomparable sur ce point-là, elle fait de Be qu'elle touche de l'or comme Midas, rt suivant la

Serre de touche de son commerce. Un cachemire sort ï son carton, indien, et il y rentrera pur et simple lyonnmîn. Quand il fera une nouvelle sortie, il redevii ndra lé- ^lime et authentique enfant des plaines de Sirinagiir. Singulière femme qui pof^sède ainsi le don de distribuer ■ne nationalité, une religion, un baptême, aux tissus ■oniades et aux étofles judaïques qu'elle colporte ! Elle rend tout, rachète tout ; elle vous vendrait même la maie du pape, si vous consentiez i lui en payer les inréréfs.

Où loge-t-elle ? où sont situés ses magasins et ses dirux ères? qui peut le dire? Elle n'a guère, à proprement Mirier, d'autre domicile que les trottoirs et les escaliers |il*elle arpente du matin au soir avec son immense boite tu bois attachée avec une lisière ; elle loge en chambre, arement en boutique. On lui supi^ose généralement de ■Ofmbrcuses connivences avec la police, mais il n'en est feo.^La police vend quelquefois, mais ne rachète jamais, nie jouit, ainsi que les maisons à parties, d'une sorte de olérance anonyme. Son intérieur est simple et a même Iti c<^rtain cachet de dissimulation On n'y remarque que les armoires ; on devine qu'elle ne vit et n'agit qu'au lehors. Ordinairement elle est é la tète de plusieurs Kuns. dont elle change comme ses clientes de chapeaux. :- Quant à ton signal, ment physique, il est simple et fort ■Apandu dans la circulation parisienne.

1 Représentez- vous une gros.se et large commère entre ■narante et cinquante ans, un nez barbouillé de tab.ic itTec un tablier noir à poche, un tartan qui lui lèche les

talons, une robe en talTetas puce; un chapeau de paille à gouttières, sensiblement incliné vers l'oreille: un carton de bois au poignet, l'autre poignet sur la hanche; un faux tour défrisé qui pleure sur une de ses paupières, une montre d or à l'estomac, des perles en poire aux oreilles, des bagues é toutes les jointures, une bouche en cœur, des yeux louches, des dents larges comme des dominos, et des socques articulés: ^ c'est elle.

Elle parle tous les patois, mais surtout ceux du Midi ; elle décore en première ligne cette classe d'Industriels aux bénéfices cachés, aux manœuvres inconnues, les pré- *> urs sur gages, les bijoutiers ambulants, les tailleurs du Havre ou de flaiti qui troquent le vieux drap contre le drap neuf, les racheteursde reconnaissances du montde-piété, négociants souterrains et rusés, qui laissent quelquefois à leurs héritiers un million de fortune en monnaie de Monaco et en billets protestés.

Certes, si l'on voulait prendre les choses sous un certain point de vue. on pourrait adresser de grands reprochent à ce genre d'industrie, coupable k la fois par son origine et les menées qu'elle emploie dans son exécution. Nous devrions peut-être rembrunir un peu le fond du tableau, pour indi(|uer dans le lointain cerLiines figures de femmes avilies et perdues par le vice, avec l'indélébile cachet de la honte et du désespoir au front 11 est certain que plus d une innocence a trébuché à ce piège de dentelles et de rubans placé sans cesse sous ses pas Ces commi rçantes sont, aprts tout, des conseillères sataniques et infatigables, qui agissent impitoyablement sur les parties faibles de Vi nature de la femme, la va nité et le désir de briller ; elles l'enlacent, l'enveloppent dans leur irrésistible filet, et la prennent chaque jour i de nouveaux hameçons. C'est en général par cette pente de cachemires usuraires, de dentelles et de parure.% qu'une femme se trouve insensiblement poussée vers ce dernier pied-Â- terre du vice et de la tristesse, qui devrait avoir à la fois pour fondatrice et pour portière la plus considérable et la plus enrichie de toutjs les revendeuses i la toilette, je veux parler de l'hôpital.

Mais que voulez- vous? jusqu'à nouvel ordre, les mœurs françaises glisseront et voltigeront sur l'épiderme des grandes questions. Nous avons des philosophes moraux et des socialistes, nous applaudissons à leurs justes récriminations; mais nous ne nous empressons guère de souscrire é leurs réformes C'est pourquoi, avant d'être un grand abus, un scandale avéré, une grave immoralité sociale, la revendeuse â la t(»ilelte n'est et ne sera longtemps t^ncore, sans doute, pour le public, c'est-à-dire pour les gens qui ne lui ont jamais sou.scrit de billets, que ce qu'elle était du temps de le Sage et de Regnard, un personnage de comédie.

L'EMPLOYÉ

PAUL nu VAL

I CD est de remployé comme de ces léjûdoptèrcs dont les iialuraïistes complent des variétés innombrables. Il existe mille nuances cl'tTn|iloy*''S; mais, pour i ii|)MTvateur qui les 4'xannne avec soin, la lotipe à l'œil, toutes ont entre elles de nom* breuses ressemblances, de frappantes analogies. A quelque espèce de la grande famille administrative qu ils appartiennent, on recimnait toujours en eux Tinfluence d'un but unique, les mômes préoccupations, une commune destinée.

Voici en quelques mots cette destinée commune de l'employé. A trente ans, remployé qui émarge dix-huit cents francs d'appointements se marie avec une ht'>riti«Te qui lui apporte en dot six ou huit cents livres de rentes. 11 prend au fond du Bfarais ou dans la banlieue de Paris un logement dont le prix ne doit pas excéder quatre cents francs. Il fait tous les jours deux lieues pour aller remplir des registres, copier des lettres, mettre des paperasses en ordre, délivrer des ports d'armes, des passe-ports, des acquits-â-cantion, des récépissés, enregistrer ceux qui viennent, et ceux qui s'en vont, et ceux que l'impôt de la coDsciiptiou menace d'atteindre ; préparer un pont à celte commune, une école primaire a celle-ci, une garnison decaralerie à celle-là; faire circuler les pensées, les mensonges de Paris dans la France et dans le monde entier ; suneiller du fond de son faut«uil de cuir tel joueur, tel forçat, tel complot; que sais-je encore? avoir rœil sur les Irente-huil mille communes de France, épier leurs vœux, leur opinion sur tout ce qui se rattache

à h politique, au ammtftt, à la fortune ] relii^lnn, a la morale, I rhvgiéne, sur lonl <;orit les fonction i da remployé pendant m 1 jour, et pendant six jours de !a semaine. YkiAlil cfie. Ce jour-lâ, lemployé dort voltiptoetisrart 1 dji heures, el fait st barbe beaucDnp plaa iirf| contume. Vers trois heure», il quitte tei Mnir^is ou les hauteurs de Belle ville, ae< avec sn femme, se promène encore dent I goffr de lappétit, el va dinar é ffaannte wtmi cbtfeti avec de U perdrii aux choaSp ant i homard, une sole au gntui u tme nm| crème pnttr dessert ! Après le djner* il ai i Cb.imps*Élysées, si c'e^t en été» el ëu t en hivpr. l'uli, é dix heures et demiet il i te chemin du logis, où il n*arrÎTe goén parce que sa femme aaccombe a la latî§«t.l e&l finie,

Ctpetidant les enfants sent ventUt et 1 au moins deux, souvent trfMS. Après avà gréé, juré toute sa vie contre Tétat que lii al père, après avoir dit mille el mille Sn» i nage des Fourbtriet de Scapin : « Qii*j celle gnlere? » l'employé s'eUime trè^-l voir y faire entrer son fils, el celui-d, 1 s et agira comme a fait son père Telle est, que de sa mise à la retraite, dont noiim m lerminaut, la desUuée ordÎMlr« d« r^mfk marié.

Car il y a les employés oélitwliîfes, «i Fi un plus grand nombre que des preBim.aJ 5e marier? se dit en elTet te céUbelaire, fi jil riage d*ijtclinattOD. que n'r irai-je ^ae é 1 pouvoir donner é ma pi "' "

riens charmants, ces niti ai

L'EMPLOYÉ

^nTJïv^'^

irl68 qti! entrent pour nne si grande partie dans le bonmrdes femines de Paris! Si, au contraire, mon mél|^ doit ressembler â tant d*autres, pourquoi me jeter I gaieté de cœur, et sans compensation aucune, dans iffreux guêpier des échéances, des modistes, des nour- Des et des médecins? Est-il donc impossible de vivre itremenl? Essayons. » G*est ainsi, c*e^t par ces duulou- ■X motifs d*insu(Ûsance pécuniaire que la plupart des nployés se vouent au célibat. Mais pour ceux-lé la vie I peut-être plus triste encore que pour ceux de leurs Dtréres qui ont accepté les charges du mariage. Il est ai que remployé célibataire est heureux, libre et Ger I sa liberté jusqu'à l'âge de quarante ans. Il dine aux blés d*hôte à trente-deux sous, fréquente les promena- 189 les concerts, les spectacles, les bals chnmpêtres et lires, et se ranime de temps en temps aux feux voya* mrs d'une existence aventureuse. Mais peu à peu la SGoration change d'aspect : remployé a grisonné, il a narante-cinq ans, et 1 Age des illusions est passé pour e plus revenir. Alors, ni les promenades, ni les conert«. ni les spectacles, ni les bals de toute sorte, rien ie l'amuse plus. Que faire? à quelle innocente passion e livrera*t-il f comment remplir les longues matinées Tété et les interminables soirées d'hiver? Quelle soli-

tude! D'un autre côté, la vie des tables d'hôte lui est devenue insupportable, odieuse. Quoi! voir tous les jours en face, à ses côtés, des visages nouveaux qu'on ne verra plus! quel ennui! Et puis, s'il compare les potages sans saveur et les invariables liquides où nagent les viandes de sa table d'hôte aux succulents consommés et aux sauces si habilement nuancées des dîners de famille, quelle différence! C'est alors qu'une grande révolution s'opère dans la vie de l'employé célibataire. Il renonce au monde, à ses divertissements, aux bruyantes réunions, pour éiudier quelque bonne et douce science, pour sp livrer â quelque tranquille manie. Il fait de l'ornithologie ou de la numismatique, recueille des minéraux, classe des papillons ou des coquillages, empaille, tant bien que mal, les serins du voisinage, et s'abonne à cinq ou six éditions pittoresques. Enfin il prend une gouvernante, mange chez lui, et s'arrange, ma foi , comme il peut.

Etrange conséquence ! C'est â l'Etat, sans contredit, qu'il appartient de favoriser le développement de la vîe de famille, car le mariage est en même temps une garantie de moralité individuelle et d3 stabilité sociale; et, é ne considérer cette institution que dans ses rapports avec la politique, il est évident qu'un pays où le nombre des célibataires dépasserait celui des hommes mariés serai

LTMPLOYÉ.

en proie i de perpétuels bouleversements. Cependant ▼oilâ que la plupart des employés de l'Htit, en France, restent garçons malgré eux, et se mettent forcément en révolte flagrante avec les lois de la mornie et de TEvangile. Ainsi, c*est à TEtat lui même.... Il est superflu, je pense, de pousser plus avant ce raisonnement.

On a calculé que la moyenne du traitement des employés du gouvernement, en France, était de quinze cents francs environ : quinze cents francs d'appointements'...

Et pourtant quel empressement, quelle foule, qu( lie cohue dans Tantichanibre des distributeurs d'emplois! C'est à qui entrera avant les autres dans la bienheureuse phalange. On se pousse, on se heurte, on se renverse, on se dononci', on se calomnie Voyez-vous la dcputation, je dis la députai ion entière d*un des pn micrs départements du royaume? Elle va solliciter du ministre de l*int>*rieur ou des finances une pKice do surnuméraire ou de commis à mille Irancs. Peut-<Hre réussira-t-elle.

11 -faut tout dire : il y avait autrefois quelques existences d'employés bien faites pour fasciner les regards et pour éveiller Tambilion de la multitude des proléioires qui ontriçu rêdncation dts collèges Jeunes encore, ces employés avaient dix ou douze mille francs d'appointements, arrivaient tard à leur ministère, et en partaient de bonne h» ure. Du reste, qu'ils y vinssent ou n'y vinssent pas, la besogne se fais;ût toujours à son temps, ni mieux, ni plus mal, car ils s'y entendaient médiocrement, et la Franco ne paraissait pas souffiir de leur paresse. Jeter les yeux sur un dossier, conférer un quart d'iieure avic le chef de division, le secrétaire général ou le ministre, répondre aux lettres dos solliciteurs importants, jeler les demandes obscures dans le panier, telle était h ur târhe de tous les jours. Puis, le soir, vous pouviez les V(uV étaler leur ruban rouge et leur frais visage, (antôt à la promenade des Tuileries, tantôt à l'amibithéHre de l'Opéra ou au balcon des Italiens. C'étaient là d'heureux jours et un facile travail. Mais les employés de celte catégorie s*en vont. Les lem|issont changés, et c'est au gouverni ment représentatif, c'est aux honorables scrutateurs du budget de l'Etat, qu'on aura dû de voir disparaître peu n peu ces scandaleuses sinécures. Cependant, la multitude, qui ignore encore celte réforme, se rue tou jouis sur les emplois publics avec la même ardeur, comptant, du reste, sur réternité de ses protecteurs. Solliciteurs imprudents, examinez donc l'époque où vous vivrz' y a-til rien de stable, de solide'/ qui sait sur quelle influenro d'aujourd'hui rourag.:n ]-arlementairc soulUrra di-main? Voyez p'iutrU. t.haqur jour, tel employé qui avait rêvé douze mille franrs d'appointoment*^, le ruSan ronge et un emploi sans travail, regarde autour de lui, cherche en vain son |rotecteur évanoui, et s'aperç lit avec erroi qu'il lui faudra vôi;éter toute sa vie dans les sous-lieutenances de radniini>tration.

l'n exemple fera mieux apprécier encore «picls désenchanleinenls sont ré.servés à la majorité des employés. et de «piels trésors de patience ils doivt-ni avoir fait piovi>ion pi»nr ne pas se laisser décourager pnr les raisons dilatiiir s (|u*on oppose à leur impatience. Il est pris au hasard entre mille.

Félicien a l'honneur d'appartenir â une administration puliliqne. Il avait vint;! ans ipiand il y fut admis, et il en a trente-deux aujourd hui. Il con>pte donc douze ans de service, et ses supérieurs ont toujcairs fait les plus grands élog»'s de sou travail. Cepend.int Félicien n'a que diMize cents francs de traitement, et. conimt- il n'est pas sans quelque ambition, il languit, il s'impalienle, il sollicite de ravancement. Que de lettres n'a-t-il pas écrites

da fond de sa proTÎoce ponr faire Taloir ws dmK bons services, et son Age. el les faTorablesnppn*< chefs! Combien de foiftn*a-t-i1 pas prié, •■^ci ion député d'aller le recommaDder en pcrm* a nistre. duquel dépend son aTeiiir! Soins mm beau jour, pourtant, Félicien, furieux, dht^étu une résolution énergique : il écorne son ptnirA millier de francs, et \ienl i Paris. Ijevoilib» chambre de son chef suprême, dans le fiK»»i faveur. Que répondre à un homme de tiuirs qui a douze ans d'excelK nts services, àomsm d'appointenients, et qui sollicite deux wïHmhm d'augmentation? Le mini:»tre lui promet ktmm vacante.

— Celle de Verrières le sera bientôt, jéfàitL préparé ^ tout.

— Eh bien 1 vous l'aurez.

Cependant huit jours se passent, et sa wnm pas signée. Qu'appn'nd-il alors? La plvtà^*« est vivement sollicitée p«ir le proiégé d'à puissant, et elle vient de lui être promise. clbea s'écrie Félicien, aurai-je donc fait un voya;tiHL> voilà qui se remet en course. Bon gré. nul p.^ deux ou trois députés chez son ministre; il l.ili^ par des pairs et des lieutenniiis généraux; il 4 ah une lettre de quelqu*un de la cour. EnGn. plm^i midable déploiement de forces, son ronciirrM««l et quchpies jours après il se rend tout joyrtxaW' tére. filais la, au lieu d'une conimis>ioo qs'ili'iaai H recevoir, un chef de service laisse fombirvii* foudroyantes paroles : « M. le ministre fpv"^' legret, monsieur, de n*avoir pu vousaoritfi^ que vous avez sollicitée. La justice qui diripe lui a fuit un devoir d'y nommer un emplfTc. pai*i mille, qui compte vingt-deux ans de senior, k soyez assuré, monsieur... — Eh quoi! dit Ffca cariant visiblement, en celte circonstance, 4e a [ ordinaire, est-ce ma faute si vous avez été m/d^^ ce père de famille pendant douze ans: li Mn j'aie vingt-deux années de service et aoe denfauts pour aspirer â un traitemeoi dr 41 francs! la perspective est agréable f iU celte fatale journée, Félicien avait repris Je son déparlenient.

Combien d'employés se seraient faildjnslei dans l'industrie, d.-ns les arts libéraux ov une position considérable, s'ils y avaifol «juait de la persévérance, de 1 habilet**, dotad-Ai prit de suite et quelquefids du talent rérldol' fallu faire (ireuve pour s'avancer m* dloCRK^i^ fonctions pu bliijues!

11 y a ensuite l'employ'^ qui est jaloux €li^| l'est pas du tout, le tiembleur, leflilneur. If giuaire, le |iioclieur, le Oatteur. le p-cheorili cnninlaid. celui qui profe>se pour la pnlilifvf diiïér« nce profonde, et celui qui, attentif m i'' mouvements de l'Igypte, de l'Angleterre rtAr kl sniqiute eha()ue matin, dans sou îuteUigcnoe,1tti de>linées des empires.

Es(|uissous rapidement que1qae»HUWS é( ctf .santés silhouettes.

Être eni|<loyé et jaloux! imagine-t-OB la (te su| pliceV Vous écrivez à uu maire, i no c«ê.i ecveur de l'enregistrement, n*ini|>orte, oa Im* g.ez les dépiuses de telle commune sitnêaiàa lienf^4 de P.iris. Tout à coup, une idée, nncafrn*' se présent, â votre esprit : € Et ma feoiM, «<>" femme.' est-elle chez elle? qui est avec eUe! A 0*1

LTJIPLOYÉ.

le câfi arec dêpil, impatient de voir le soleil dispRlar a rboriioD. quand la coutiiiiére laborieuse re* ànd'.-t f Tràenr en s apercevant qu'elle na pas encore çarx V» visct sons, l'employé et sa femme, frais, bien K.J'iL. p'isj4iits, Toot se promener nonchalamment au jtréU' dêfL plantes de l'endroil, à l'esplanade, sur les lita^ éui il campagne; ou bien, si Thiver est venu, ils tt rnDÎss«Bt à d'autres employés pour jouer la bouil- )ncie a xm centime la fiche, caqueter, contrôler les da- Bi» du parc, lire les revues nouvelles et parler de leurs éroiu à 1 avancement jusqu'à onze heures du soir.

Ce^iendant. ces mêmes employés ne sont pas heureux; Ds Obi un chagrin, un ver rongeur dans Timagination. Le cr>irait-on : Ils portent envie aux employés de Paris, c Ab ' si nous étions à Paris, on ne nous oublierait pas aifi^i' se disent ils. Il n*y a d'avancement, de faveurs, de gTctifications. que pour les employés de Pnris. On gagne toujours quelque chose à vivre prés du soleil. (Juaiid pourrons-nous aller a Paris? > Le jour vient enfin où, afir»*! mille privations préalaldes. il leur est possible de faire le grand voyage, et, comme ils ont su capter la bien- TÎeillance des députés, pairs de France et lieutenants gébéraux de tou'es leurs résidences, ils ne doutent pas qu en les faisant donner habilement, ils n'emportent la place objet de leurs vœux. Nais ici je m'arrête. On n'a pas oublié le désenchantement et l'exaspération de Tin* fortuné Félicien. Ces déconvenues se renouvellent plus d'une fois tous les jours.

On le voit donc, l'employé se plaint à Paris; il se plaint en province; il n'e!»t heureux nulle part Ri^gle gc- Dénie, il n'y a pas de plus triste condition, d'imagination plus mécontente et plus tourmentée que celle de l'employé. Qu'on se figure un homme gagnant à peine de quoi vivre, obligé de solliciter, de s'abaisser, de ramper pour obtenir justice, et convaincu par les plus tristes expériences que, s'il ne sollirite pas. ne s'abaisse pas, ne raffifie \'à%, k'îI se b^irne â attendre, se continnt dansTîmpsfti^lité de^ dixf*en sa leurs d'emplois, il pourrira au pied ou sur les derniers barreaux de l'échelle adniii;istrative. Que faire? Djds cette dure alternative, il se résigne aux ii^ce*.i!itéft qu^ l'intrigue lui a faîtes : il intrigue z son iMif, il %iÊi ilémene, il s'ingénie à deviner les hommes qui deviendront puivkants, s'attache & eux, et parvient ^ qu^^ue^'ift, eu f^judoy-mt celui-ci, renversant celui-là, ^•laMAt d«rri4:re lui les droiU réels, incontestables, à

ta carrer dans me s wre da ludtâfiiBiifa Quoi qu'il en foit. tandis q«e la us et b a

maugréent, se lamentent, mandiaiet tTaaîiB ■ fitentde Tinlrigue, le inps a ■vehi paria. poqne de la retraite est Tenne, at rcnfiqiai trente ans de service. Haia ici* naafelaàfa nouveaux suji ts de désolatioD. Tant faa taflaii jeune, il a soupiré après le joor oà D pMokpa sa retraite, briser ses chaînes, leciiMfif Im franc parler, etc.; mais Tienne i'époqaa jÉbUi rée, et son langage n'estplns le nêaM-OiiÉtt cheron de la fable en face de la llort a Qa^*' crie-t-il, quelle injustice ! quelle bsrhaMi mençnis-je à recueillir le fruit de mes vivre de ma place, et Ton me renTOia, et ta^a d'un trait de plume la moitié de mes man ki ai Unt de plaisir i juger, classer, réd^, ohki péditionner! que vais-Je derenir? ■ L'enfisiÉ alors qu'il (ht un temps où il s'indignait diâpi vieillards, des ganaches, 8*obstinaient i hambi min aux jeunes gens. N'importe; on k aatib à son tour, contre son gré, en dépit de ik et, si tous ses enfants sont mariés ou placées retient plus à Paris, il se retire dans qoel^ des environs, où il vit d'ordinaire jusqu'à ans. Ueureux quand ses économies lai aal', cheter un carré de terre et de s'abonacr, deH le maire de l'endroit, au vétéran des joaranè»' sition !

Cependant, cette résignation et cette trent des exceptions fâcheuses, c CoonsiaBViJ velle? dit quelquefois, en taillant sa ploai a a|lB a ses camarades de bureau; notre ancîea tf.

-Eh ben?

^ Vous saves qu'il a'étaît retiré dans ki Chantilly, aux portes d'un charmant v9| d*(me végétation magnifique, admiraUe; mk homme ! c'est la verdure de ses csrtoas M Dés qu'il a cessé de la Toir* sa santé ctf " rissant. il a langui six mois, lui, si coalcal dans la poussière de son bureau! Eaia, Ti son dos, fait vacller ses jambes; fls'ctf faibli* affaissé...

— Et comment va-t*il maintenant?

— Trés«bien : il est mort. »

fq«H«H

tp«i|

FRÉDÉRIC SOULIË

d s*imagiDe, en général, que le bourgeois de Pnris est citadin, qu*il a Tamour de sa ville, qu'il se réjouit quand on en balaye la poussière ou la boue, ou qu'on élargit les rues de manif're â ce qu'il ne respire pas absolument lin ;iir d*égout; on croit qu'il sVpreml des n d*a$phalte, des candélabres gnziféres, du dallage tais, des arbres qu'on y plante et qui ne poussent )la splendeur des monuments, de toutes ks amé- ODS en On volées par le conseil municipal, on se B:le bourgeois de Paris n'acctpte tout cela que BUD adoucissement à la funeste nécessité d'habiter itale. En elTet, de tous les Français le bour<;eois de isl le plus champêtre, il Test jus(|u'au fanatisme. nier ou commis, enchaîné derrière un comptoir face d'un bureau, la campagne est le r^ve de toutes 1res. Sur cent souscripteurs â la Maison rustique JHctionnaire d'agriculture, il y en a quatre-vingt- ! qui appartiennent aux patentés de la rue Sainton aux appointés des grandes ruches ministérielles. iScripti ur lit ces livres où l'on parle de la campaomme les petites pensionnaires dévorent les rooù Ton parle d'amour, en se promettant d'en faire les quand ils seront libres de se livrer à la passion r cœur.

des symptômes les plus véhéments de cette mono* , c'est la fureur avec laquelle, le dimanche Tenu,

nos citadins se précipitent hors de la cité par toutes les barrières de Paris.

Quand on pense a quels travaux d Uercule se livrent ces bons bourgeois pour toucher du bout du pied le bord de cette belle robe verte qui revêt leur terre promise, on se sent pris à la fois d'admiration et de pitié pour cet amour eniporté. En vérité, on ne songe point assez avec quelle résignation ils s*entassent dans une tapissière, avec quelle intrépidité ils se conGent a un coucou ; on ne calcule pas ce qu'ils bravent de soleil, ce qu'ils absorbent de poussière, ce qu'ils subissent de cahots, d'averses, de railleries, de soif, de faim, avant d'aborder un bcuniiet de bois, quelquefois un arbre, et s'asseoir sur une ..;îlle herbe grise, qu'ils appellent gazon fleuri, et y manger un pâté détesta blement échauffé par le voyage et y boire un vin tourné depuis qu'il est sorti de la cave du marchand ; et cela pour un peu d'espace, un peu d'air, pour sentir sous leurs pieds autre chose que du pavé, pour voir devant eux autre chose que des murs blancs, pour se coucher sous un semblant d'ombrage. Aussi, je le répète, si l'on supputait comme on le doit tous ces hé* roïques efTorts, on partagerait notre respect pour ce rêve du bourgeois parisien.

Mais le temps est bien loin encore du jour où il pourra le réaliser, et en attendant il s'en berce, il s'en nourrit, il lui emprunte le courage nécessaire à supporter la dure épreuve de la vie citadine. Après l'espérauce d'un meilleur monde, la campagne est le premier soutien de la foi et de la résignation religieuse du bourgt ois de Paris. 11 ne mange pas un ragoût dont le beurre agace trop sa gorge, il ne boit pas une tasse de ce lait parisien qui a le don d'être à la fois plus insipide que l'eau et plan indigeste qae les haricots, sans rêver à la crème et au beurre

E BOURGEOIS CAMPAGNARD

Pans. lm;i. -JO tdoiiatd I:loi, lue S?i!»l-L»iUîS, 4^,

is

LE BOrRGEOIS CAMPAnNARD.

Trais qu*il récoltera lui-m^me de sa belle vache future. Qiie lui importent cette salade flétrie comme, la robe d*une dau cusc dtfs Funambules, ces pc^tits pois beHii|ueux et durs comme le ploml» qui charge le mousquet de nos héros? ne viendra-t il pas un jour où il ira cueillir luîm^mo sa tendre laitue et ses légumes crOijuaDts une heure avant de se mettre à table?

Ne croyez pas cepen«lant que cette espérance soit aussi înconsidtTPe. aussi légère «(ue toutes celles qui abusent la r.iihlo humanité. Bien des fois il a fait dans ses longues soirées d*hivcr, en grelottant auprès de son feu, le budget de celle vie de félicité vers laquelle il marche d*un las si lent. Et d'abord, il y a é la campagne mille choses qui ne coûtent rien : les œufs, que de bonnes pfuiles pondent par doiizaine>; les poulets, qui se nourri>sent de rirn en picorant dans le fumier de la IwiNse-cour; les can.iids, qui barbotent dans la mare et qui dévorent les épinchures de la ciii. ine; et les lapins donc, les vipil'.e^î feuilles de choux et d'Iierhes qu on fait dans les champs ne suflisentelles pas à les engraisser ! Il est inutile de parler des fruits, des légumes, qui seront delà plus exquise qualité; car le hpiirgrois de Paris a sur ce sujet les plus excellentes théories de culture, qu*il mettra rigoureusement en pratique, (le côté même de son avenir le charme; il éclairera l'ignorance des paysans que Tincurie du gouvernement abandonne «lans l'orni.Te des vieilles routines; ces bons villageois viendront le consulter, et il leur donnera paternellement ses lumi^rcN et st-s conseils, et, (|oand il passera dans les rues, ces sim|iles et naif> enfants de la nature le salueront avec resjiect et reCHnnais>ancc. En vérité, je vous le dis, le bourgeois de Paris est mille fois plus portique qu*on ne pense. Mais revenons à ses arrangements aulici|iés. Vous avez vu comme quoi il a pour rien volailles, lapins, beurre, lait. légumes, fruits; que manque-til à c* lie vie? un peu de viande de boucherie pour faire de temps en tein|»s du iKininon quand on est malade; mais qu*es( cela à la cimpagne? Tair est si bon, qu'on n*est jamais malade. Il faudra acheter le vin. mais à la campagne le vin ne paye pas de droits (le Parisien croit cilaj. et pour peu de chose on a du vin excellent.

Oiirlle vie de cocagne il va enfin mener! il la voit, il i*udniire. il la tient.

— >!ais...

— Ah ! ne Tinterrompez pas. je vous prie, yoiln son rêve qui continue ■ il serait trop barbare de réveiller. Le voyi z-vous qui se dandine sur sa chaise, qui se dresse sur son séant, qui sourit dev nt lui en fronçant légcremenl le sonn il? il est en cabriolet, il est à une descente et sure la bride à son alezan; il arrive, il est arrivé, il dr>cend chez un ami, son p( lit poney est charniaut : il a fait une lieue en quarante tint) minutes, on lui en fait mille Compliments.

— {JimW il a un cheval, un cabriolet?

— Pnurquiii pas? mais, mon Hieu. cela coMte-t il si clier à la c.iiiqia^ne.' un ai|ieiit de pré pour récolter du ftiin, un aiitii' arpent de terre pour l'avoine.

— K>t ce tout?

— Kh bien, mui... Ce bnnln i:r d- la vie champêtre lui aura coûté a^MZ ch-T pour qu'il l'ail au grand complet; il aura outre ccli t|ueiques hqiins de vigne pour faire .^on vin, quel (Ues ares | oiir a\oii st^i blé, qu'il moudra avi'C le moulin à bras de ^1. (^Mnntin Duruid, comme il l'a vu d^is les journaux, vi |onr faire son pain, qu'il U a cuire dans un four éconunii<|ne, bàli à l'angle de la el.i:uiiiiéc de cui>ine.

— Mais \ our cuire il faut chauffer, pour chauffer il f;iul dis Iv^fiU,

— Eo Tprilé* Eh ! ne Toya-vous ^ '• bois qiril vient de joindre à sa pro^tc?

— Ah ! diable, il est tréis-feiitîl; miL« . •» Mais ce «|iie vous ne Tnyei las, p r^:? J

vous le cachent, maiis ce qu'il voit. lui.Vsc^ c'est la source qui est au milica ds ïm^. alimente un vivier où Tivent daD« le m' #r^ brochets, let carpes, les anguilles «t le i limpide qui ^'échappe ensuite eo luniw; tout rempli d'écre visses et d*exrelW« i*<*l taine. Quelle vie, monsieur, quelle ne t?!^ que. sensuelle et cliani|»èlre tont é bfitt.

— Il noux semble que mainteiu^t 3 kii doit être content et qu'on peut Ini Ur *

— Mil moD»âeur ou madame. qnf«*^ avei-vous peur qu'il ne s'éveillr \ryi' vous pas qiril n*a encore ponséqn'a iv sonn^ble de cette enivrante existenep p' corc que votiff allez lui enlever a jisk r rompez sou réve« et le billard doDlit:«^J dans les estaminet» de Paiîs, et qK*^*T honnête à la cani|ia{;ne, et le jec.'i^l au\ invalides, et I escarpolette on ^^^^ plaisanteries sur les mollets de m» '^ sérieuse de ses di>tractions : et l'hrrïf- ^ sa rare collectinn «Je pap lions dont il !nr« el par-dessus tout... oh' pour ceci, <«« vous en prie : il ne Tavoue qa'i amis; au reste, il y sacrifien^aelfafv:»^ ' sira pas du premier coup» mm B Oi* Qu'est-ce donc?

— Mais n*avox-vous pas hflwlpefirtqnetel saxon ou hongrois est paraM i 6^* lai f^i^mf cre de betteraves? Les joaraMi ^aî oal publié ^ sont bien gardés de dire partie WomUt paysans obtieii nen t dans \m «araiie ; \ls l'i cre, c'est assez, et le bon boar^«.qaî.n»f Parisien et de Français, se omt plas iatriliril paysan saiou. se persuade qB*B «e bWîiKniJ blanc comme neige vl qui soatn aiifuf*<^ l'épicier, attendu qu'il y mettra laatee^'i|4

Ne riez |ias de fiitié, ne haoKi fût 1» ^ signe de mépris : tout ce que je mas et kni Taî vu et entendu n.ille fois: et, B voas M^ de longues et solitaires siq)poiter au pauvre iMiurgfois parisâraj valions et comiden de labi-on cela laîi rage de subir, vous ne Inl flcriei pas aaei d'ailleurs il ne serait plus teni|«. L I ce rêve va enfin se réaliser; le mardaii' fonds, le commis a obtenu sa rHréile»ilstf^ posil.un un capital de ciuqnaote à mm un revenu de cent louis ou de mille éeM»ci misère a Paris et l'opulence é la om part donc du pied gauche pour aller à h i ce monde inconnu, niaisi qui 1 doit se retirer. Pour cela, il vaiMs Icsi lloyal, où il demande les Pcfflcfl-i/JUm ^ sur son carnet tout ce qui lui aeanle4 nance : le reste de la juumêc e>4 1 Ifs notaires ou les avoués chaifêsdr i d'ordiuiiire lui disent asset crèiDcal Iv* et le vrai revenu. slniaginaDl que al bu quérir pour placer son aident i I n'est pas cela qu'il faut é nntra aiuNi plusieurs mois en vaines qu'il timibe dans les m. » à'wm ^- Tempaunie, le prend & h paiaioB. k IA''*'

i temps. LkeaKftf^Hlj

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LE BOURGEOIS CAMPAGNARD

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I ce qu*il lui ait colloque pour ses cinquante mille et quelqu'une de ces impudentes masures que 1 on me impudemment, à Paris, maisons de campagne r les bourgeois et villas pour les filles entretenues. H ODe bâtisse à l'italienne, en plâtre et en pans de » avec quatre ou cinq arpents de parc, bois, prés, jar- HDglais, potager, cour, basse-cour et source d'eau » tout ce que le bourgeois peut désirer. Tout cela est on peu petit, un peu maigre; mais l'acquéreur se Q^ d'améliorer. Quelques réparations aux murs cre- &y quelques charrettes de fumier, et la propriété ^lera de production. Le marché se conclut, le bour- ^ est propriétaire, il s'installe. Avis essentiel: tout *^eois qui achète une vieille maison doit la laisser "'ouler plutôt que de la réparer, attendu qu'il vaut k^x mourir do la chute d'une poutre que de mourir

Kl effet, du moment que le bourgeois a introduit le

^D dans sa maison, c'est comme s'il y avait mis le

surtout s'il s'est confié au maçon du village. Je le

devant Dieu : s'il y a quelque chose de hideux au

i de, c'est l'insolente férocité avec laquelle un maçon

met le marteau dans une maisoo, sous prétexte de

réparation, la démolit tant qu'il peut. S'il rencontre une pièce de bois, il l'attaque i coups de hachette et la coupe à tour de bras.

Supposé que le bourgeois arrive et s'étonne de cet acharnement.

« Ça, monsieur, lui dit le maçon, ça ne tiendrait pas huit jours : voyez, c'est pourri; voyez, tout aubier; voyez^ du bois blanc, voyez. »

Et, a chaque voyez, il donne un coup â la poutre et l'achève du mieux qu'il peut, au nez et à la barbe du propriétaire. Enfin celui ci l'arrête par ses cris; mais il est trrp tard : le maçon déclare qu'il ne peut plus toucher à la maison que le charpentier ne vienne remplacer la poutre m question. Le propriétaire réclame en vain; le maçon impassible reprend ses outils, et, pour toute consolation, donne d'un ton de menace l'adresse de son voisin le charpentier, et laisse le bourgeois avec un trou dans sa maisoB.

Hélas! ce trou, il faut le boucher, et il faut bien passer par le charpentier; on le fait venir, mais cette fois 00 fera son prix d'avance. Folles prétentions !

c Je ne puis pas prendre ça à forfait, dit l'entrepreneur, je oe ooooais pas la maison, c'est fait de boue et

LA REVENDEUSE A LA TOILETTE

putMiince incalculable, bnnqne souveraine, domination cachée, mais irrésistible dans ses elTeU, enGn créature merveilleuse, incomiiai-able et vraiment unique, vous Tavex nommée, recouuue, saluée sans doute : c'est la revendeuse à la toilette!

La plus jolie Temme de la Chaassée-d*Antin est étendue snr sa causeuse; elle souffre et se plaint; elle a, comme beaucoup de Temmes de ce quartier fragile et seusuel, des crispations nenreoses et presque autant de créanciers que de nerfs.

c Je n'y suis pour personne, Rosalie, vous entendez, pour personne absolument. »

Cette consigne esta peine donnée à lacamériste, qu'on sonne à la porte : c âladame Alexandre, i

Le moyen d*emp<^cher madame Alexandre d*entrer? Madame n*a besoin de rien; elle est parfaitement assortie, encombrée même, de robes et de châles sinécuristes, qui sommeillent sous les sachets de ses arinoirrs; n'importe, il n'y a point de force humaine qui puisse empé< cher mad<*me Alexandre de dénouer ses cartons, d*ou vrir ses coffn*s et de chamarr^'r les fauteuils, les meubles, le lit et les chaises, de dentelles, de fourrures, d<.' ch.1* les, de rubans, de crêpes de toute espèce. Résistes maintenant, si vous pouvei, i ce rou|i d*œil prestigieux; voyez cette mantille, voyei ce cachemire et celte garniture! Tout cela est délicieux, d'une fraîcheur parfaite, et n'a jamais été porté.

— Mais, dit la malade, debout devant sa psyché en renfonçant les bouillons de ses cheveux blond-cendré sous un chapeau en gas** transparente, c'est que je me trouve pour l'instant tout â fait sans argent...

— Eh ! qu'im|Kirte, ma toute belle, vous savez, entre nous.^un petit bon à deux mois. — Cela vous va t-il?... Du reste, ce ch.ipeau vous sied à ravir. ~ Ne vous occupez de rien, j'ai sur moi du |iapier timbré. — Je baisserai un peu les anglaises.- Et puis, vous savez, le vieux prince de..., qui a la goutte et des chevaux qui vont conjme le vent, il vous adore. — Nous disons donc un bon à six semaines, cela m'arrangera mieux. — Mais êtesvous Jolie comme cela ! Ah! friponne, la petite N.... de 1 Opérd, en mourra de dépit. — Amour que vous êtes, allez ! voulez-vous signer?

Madame Alexandre sort de cette maison pour se rendre dans un entre-sol voisin, chez M. Alphonse, gant jaune, l'un des dîneurs, l'un des débiteurs, veuz-je dire, du café de Paris. Eh qutii ! dira-t-on, du pou-de-Noie rose, de la blonde, des cachemires et des marabouts, chez un habitué du café de Paris ! Patience, lecteur, écoutez cet autre colloque.

— Bonjour, Alexandre, comment te portes-tu, ma petite, ma grosse, ma bonne, ma vieille?...

^ Pas trop mal, monsieur Alphonse. Je sors de chez une de cti dames: elle m'a chargé de vous demander ce que vous préfériez, d'une pèlerine bordée de grèbe ou de chinchilla ?

— Mon Dieu, i te dire vrai, cela m'est égal... Chinchilla! chinchilla I on dirait un nom de jument. Ahl â propos... Adieu, au revoir, Alexandre; tu sauras que je n*eutre absolument pour rien dans les dépenses de ces dames.

^ Cest bien ainsi que madame l'entrnd ; elle m'a seulement chaq^ de vous demander votre goût: vous avez le goût si excellent! Et puis elle a appris que M. de..., TOUS uvezv ce gros blond qui joue si gros jeu, a parié que ce soir, i l*0|>éra, mademoiselle Aoastasie éclipserait tontes les autres femmes.

— En vérité, rimbédle! Comblea cette garniture de ehinchiUat

— Vous savez, ce qu'il vous plaira, je a'al pas avec vous, je ne vous demande qu'on petit bon... mois ou é six semaines, si cela tous arrange mk sur moi du papi<r timbré.

Du temps de Turcaret, la rerendeaae âla loiic pelait madame Jacob ou madame la Ri'aMMnTe;c pelle aujourd'hui madame Ali^xandre. Son noms mais le métier proprement dit est tonjonrs le ■ exige un tact inOni, du machiavélisne aasaiim plomb, de bonhomie et de rondeur, de Tandact souplesse, entin de la haute diplomatie.

On peut bllnier sans doute la rerendeoie à h lui faire son procès au nom de la morale et de h il me semble pourtant qu*il y a plusieurs BBanîè visager sa profession. Que fait-elle après tout? 1 d'éminrnLs et incontestables services à une certaii d'individus, qui, sans elle, ne trouverait nulle crédit, ni fournisseurs, ni toilette, ni avanees. ( espèce de Providence â domicile, qui a bien i fiiible sans doute, mais qui a aussi son eûlé

méritoire. Elle vous endette gaiement, même; quelquefois aussi elle vous sauve, il n'y a guère de fortunes de femmes sans < usure.

Ainsi, une revendeuse i la toilette femme à la mode, le matin, chex elle, son peignoir, et noyée dans Taflliction : paavrêl Elle a vu s'envoler hier son trésor d*atucto sentiment de cinq cents francs par mois I La ifii à la toilette entre au milieu des Jérémiades, c 9k larmes, ma belle : voici de quoi briller, cl nâm jourd*hin même votre position. Vous redootalac ces, le papier timbré vous fait peur : eh Un, y loue une toilette complète; je vous loue da|lai velours, des bijoux, des dentelles, pour wm m pour un mois; abonnez-vous pour un umt^é quetterie et d'atours. » Trouves donc une crÉlM arrangeante que celle-là! Osl du génie, sarnali: de savoir compatir ainsi à quinze ou vingt pavai infortunes et aux étoffes fanées d*une jolie feaaLl pourquoi tous les métiers n*ont-ils pas lev mes Ressource? pourquoi le peintre ou le pote at jM ils pas des mAmes privilèges? Mais le syUêffc Tusure est déplorable. On escompte oaejsfiel mais on ne prAte rien sur une tête de génie: leMi nasse est encore i chercher son Monl-de Pilli.

Ne confondons pas cependant la n'vendt-att i I lette avec la marchande i la toilette. Cette < reste perdue dans l'iimombrable et banal imlustries ordinaires et nomades; elle vmd^l fait de la friperie en détail , elle a ses entrées 4a| sieurs femmes du monde, qui satisfont, grêotàéM g ûts de changement; mais c'est U du n?gitoêuÈM elle |»arle de sa conscience et de ses mœvi; Ai crois, de la probité et une patente.

La revendeuse, elle, n'a rien de toutcela,fltBiii guère la sphère ôfuivoque des coquettes à priti mais, en revanche, la nature équitable lai a èd prêté, si vous voulez, sans intérêt, du géaie.(^,flii éclate dans toutes les actions de sa vie, Mb 9â dans celle de racheter; car la revendeuse i même là une des plus importantes négoce, et. en même temps, nne des plus baMSj priétés qu'elle possède aux yeux de sa cKMélfclAi son 'aient 1 P"- vous "-^sente sar aoo r*iv^ cham|âgnon un conque, soit un cAÎf*^

A l'entendre, s lierait detast hs im4

décorent; > le ] "aimlmlan ànmà Imw

LA REyEin)EUSE A LA TOILETTE.

les plumes, le cr^pe et la dentelle. Tout cela est d*un go tt, d'une fraîcheur incompara blfs !

Cepf*ndant, qu'il s*agisse de lui revendre ce même cha* peau séance tenante : dans le fait seul de passer des mains de la revendeuse vendante dans celles de la revendeuse achetante, ce chapeau aura vieilli d'au moins dix ans, perdu cent pour cent de sa jeunesse; les ruiNins, tout à rheure frais comme la rose, sont maintenant einroyahlement fanés, éclipsés, décolorés. Qui est-ce qui oserait mettre an pareil chapeau? A midi, on ne portait que du rose et toujours du roso, la couleur par excellence ; mais i midi un quart : « Qui est-ce qui porte du rose ? grand Dieu ! Si c'était du jaune, du lilas, du cotpelicot, du gris de souris, de 1 œil de mouche effrayée, |e ne dis pas; mais du rose, fi l'horretir t c'est la nuance Iv croque-mort. »

Il est certain qu'il y a dans le geste, la pose et l'épithéte de la véritaiile revendeuse à la toilette quelque ebose qui lustre, embellit et magnétise ce. qu'elle vend, 8t en m^me temps déprécie et dégomme ce qu'elle rachète. Elle est incomparable sur ce point-là, elle fait de be qu'elle touche de l'or comme Midas, rt suivant la

Ênrre de touche de son commerce. Un cachemire sort son carton, indien, et il y rentrera pur et simple lyon» sais. Quand il fera une nouvelle sortie, il redevi« ndra lé* pUme et authentique enfant des plaines de Sirinagiir. S^guliêre femme qui posgode ainsi te don de distribuer ttne nationalité, une religion, un baptême, aux tissus nomades et aux étoffes judaïques qu'elle colporte ! Elle ▼end tout, rachète tout ; elle vous vendrait même la maie du pape, si vous consenties i lui en payer les intérêts.

Où loge-telle ? où sont situés ses magasins et ses dirux Itres? qui peut le dire? Elle n'a guère, à proprement pirler, d'autre domicile que les trottoirs et les escaliers %n'elle arpente du matin au soir avec son immense boite ta ix)is attachée avec une lisière ; elle loge en chambre, parement en boutique. On lui suppose généralement de Mnbrouses connivences avec la police, mais il n'en est rfen..La police vend quelquefois, mais ne rachète jamais, aile jouit, ainsi que les maisons i parties, d'une sorte de Mérance anonyme. Son intérieur est simple et a même m certain cachet de dissimulation On n'y remarque que laa armoires ; on devine qu'elle ne vit et n'agit qu'au lahors. Ordinairement elle est A la tête de plusieurs MMns, dont elle change comme ses clientes de chapeaux, r Quant A son signal, ment physique, il est simple et fort Apandu dans la circulation parisienne, îineprésen lez- vous une grusse et large commère entre livrante et cinquante ans, un nez barbouillé de tabnc lirac un tablier noir à poche, un tartan qui lui lèche les

talons, une robe en taffetas puce; un chapeau de paille à gouttières, sensiblement incliné vers l'oreille; un carton de bois au poignet, l'autre poignet sur la hanche; un faux tour défrisé qui pleure sur une de ses paupières, une montre d or à l'estomac, des perles en poire aux oreilles, des bagues a toutes l'sjointures, une bouche en cœur, des yeux louches, des dents larges comme des dominos, et des socques articulés: — c'est elle.

Elle parle tous les patois, mais surtout ceux du Midi ; elle décore en première ligne cette classe d'industriels aux bénéfices cachés, aux manœuvres inconnues, les pré- *• urs sur gages, les bijoutiers ambulants, les tailleurs du Havre ou de Dailî qui troquent le vieux drap contre le drap neuf, les racheteors de reconnaissances du montde-piété, négociants souterrains et rusés, qui laissent quelquefois à leurs héritiers un million de fortune en monnaie de Monaco et en billets protestés.

Certes, si l'on voulait prendre les choses sous un certain point de vue. on pourrait adresser de grands reprochent à ce genre d'industrie, coupable à la fois par son origine et les menées qu'elle emploie dans son exécution. Nous devrions peut-être rembrunir un peu le fond du tableau, pour indiquer dans le lointain certiines figures de femmes avilies et perdues par le vice, avec l'indélébile cachet de la honte et du désespoir au front II est certain que plus d une innocence a trébuché â ce piôge de dentelles et de rubans placé sans cesse sous ses pas Ces comm( rçantes sont, apr^s tout, des conseillères sataniques et infatii^ables, qui agissent impitoyablement sur 1rs parties faibles de V) nature de la femme, la va nité et le désir de briller ; elles Tenlaçent, l'enveloppent dans leur irrésistible filet, et la prennent chaque jour i de nouveaux hameçons. C'est en général par cette pente de cachemires usuraires, de dentelles et de parure.s, qu'une femme se trouve insensiblement poussée vers ce dernier pied-â- terre du vice et de la tristesse, qui devrait avoir à la fois pour fondatrice et pour portière la plus considérable et la plus enrichie de tout:?s les revendeuses i la toilette, je veux parler de l'hôpital.

Mais que voulez- vous? jusqu'à nouvel ordre, les mœurs françaises glisseront et voltigeront sur l'épiderme des grandes questions. Nous avons des philosophes moraux et des socialistes, nous applaudissons à leurs justes récriminations; mais nous ne nous empressons guère de souscrire à leurs réformes C'est pourquoi, avant d'être un grand abus, un scandale avéré, une grave immoralité sociale, la revendeuse à la toilette n'est et ne sera longtemps encore, sans doute, pour le public, c'est-à-dire pour les gens qui ne lui ont jamais souscrit de billets, que ce qu'elle était du temps de le Sage et de Regnard, un personnage de comédie.

L'EMPLOYÉ

tii

PAUL DITVAL

1 on tsi de rcmfiloyé comme de cos lêpiJa^ ptéres dont les naluraiistc.H conii^tenl des variétés innombrables. 11 existe mille nuances d'pmfilay's; mais, pour rtib^^tTvatçur qui ks eianiine avec soin, U \m\iè  FœîI, touteii QBl «nire elles de nombreuses ressemblances, de frappantes analogies. A nuelque ei^pèce de h grande Tamille adminmtrative qu ils âpparliennent, on reoinnail toujours en eux riLUoence duo but unique, les mômes préoccupations, une commune destinée.

Voici en quelque.^ mots celte destinée commune de remployé. A trente ans, l'employé qui émarge dii- huit cents francs d'appuintemenis $e marie avec une bi'rîtJi're qui lui apporte en dot six ou huit cents lif ren de rentes. Il prend au fond du Ma rai» ou dans la banlieue de Paris un logement dont le prix ne doit pas excéder quatre cents francs. Il fait tous les joufït deux lieues pour aller rem* plir des registres, copier des lettres, mettre des (laperasisesen ordre, délivrer des ports d*itrmes, des passF-ports^ des icquits-à-caution, des récépissés, «nregistrer ceux qui viennent, et ceux qui s'en vont, et ceux que rimpôt de la cooscriptiou menace d atteindre ; préparer un (Jont à cette commune, one école primaire a celle<ci« une gâr> nisoD de cavalerie a celle-là ; faire circuler les pensée^ les mensonges de Raria dans la France et dan» le monde entier; sun'eiller du fond de son la utfuil de cuir tel joueur, tel forçat, tel complot; que sais-je encore? avoir rœil sur les treote^huil mille communes de France, épier leurs vœux, leur opinion sur tout ce qui se rattache

à la politique, au commerce, i la forlaiïi pittfi-*^ religion, â la morale, a rhyglèpe, mr tcmtfi^^ «ont les fonctions de remployé pendant m taffp jour, et pendanlsii JDursdela semaifie. Vient II die. Ce jour-la, l'employé dort voluptuemeHoi dix heures, et fatt sa barbe beaucoup plus coutume. Ver^ trois heureii, il quitte !^ Uurnh nu les tiau leurs de Belleville, sa 4 avec sa femme* se promène encore deoi gner de I appétit, et va dîner à quarante s«a chefeu avec de li perdrli aui choaip un homard, une 9o]e au gratm et nue mm crème pour dessert! Après le dîner, il le Chnmpk-ElysëeSf sj c*e»t en élé, et au mmœ en hiver. Vufs, â dix heures et demie, il le chemin du logis, où il n'arrive guère parce que sa femme succombe è la taligat. b est G nie»

Cependant les enfants sont veimip et T^qi au moins deux, souvent trois. Apres mwmrfÊè^ gréé, juré toute sa vie contre letat que lui adi père, apri^â avoir dit mille et mille iw «vecctf^ nage des Fùurimiei de Scapin t m Qu'ellak-fi celte gnlBref » lemployé s'estime Irto-f voir y Taire entrer son fils, el celui-ci* I et agira comme a tait son père Telle eti, que de sa mise a la retraite, dont tiatit ne terminant^ la destinée ordinaire de V* marié.

Car il y a les employés celibilalret, et fal un plus grand nombre que des prenicn. « à se marier? se dit en effet le ce libelaire. Si Je Wi« riage d'inclination, que n*\ ini^je pas a teato " pouvoir donner a fei i ec riens charmants, cei j ûm

L'EMPLOYÉ

^S^^rJii^^^

8 qui entrent ponr une si grande partie dans le bondes femmes de Paris ! Si, au contraire, mon médoit ressembler à tant d*autres, pourquoi me jeter ieté de cœur, et sans compensation aucune, dans eux guêpier des échéances, des modistes, des nouret des médecins? Est-il donc impossible de vivre ment? Essayons. » C'est ainsi, c*e.^t par ces duuloumotifs d*insu(ûsance pécuniaire que la plupart des oyés se vouent au célibat. Mais pour ceux-là la vie eut-étre plus triste encore que pour ceux de leurs ères qui ont accepté les charges du mariage. Il est )ue remployé célibataire est heureux, libre et Ger liberté jusqu'à Tâge de quarante ans. Il dîne aux i d*hôte à trente-deux sous, fréquente les promenales concerts, les spectacles, les bals chnmp^tres et s, et se ranime de temps en temps aux feux voya- ( d'une existence aventureuse. Mais peu à peu la atioo change d*aspect : remployé a grisonné, il a inte-cinq ans, et l âge des illusions est passé pour iUs revenir. Alors, ni les promenades, ni les con- , ni les spectacles, ni les bals de toute sorte, rien imuse plus. Que faire? à quelle innocente passion nrera-t-il? comment remplir les longues matinées et les interminables soirées d*hiver? Quelle soli-

tude! D'un autre côté, la vie des tables d'Iiôte lui est devenue insupportable, odieuse. Quoi! voir tous 1rs jnurs en face, à ses côtés, des visages nouveaux qu'on ne verra plus! quel ennui! Et puis, s'il compare les potages sans saveur et les invariables liquides où nagent les viandes de sa table d'hôte aux succulents consommés et aux sauces si habilement nuancées des dîners de famille, quelle différence! C'est alors qu'une grande révolution s'opère dans la vie de l'employé célibataire. Il renonce au monde, à ses divertissements, aux bruyantes réunions, pour éiudier quelque bonne et douce science, pnur se livrer à quelque tranquille manie. Il fait de l'ornithologie ou de la numismatique, recueille des minéraux, classe des papillons ou des coquillages, empaille, tant bien que mal, les serins du voisinage, et s'abonne à cinq on six éditions pittoresques. Enfin il prend une gouvernante, mange chez lui, et s'arrange, ma foi, comme il peut.

Etrange conséquence ! C'est à l'Etat, sans contredit, qu'il appartient de favoriser le développement de la vie de famille, car le mariage est en même temps une garantie de moralité individuelle et d3 stabilité sociale; et, é ne considérer cette institution que dans ses rapports avec la politique, il est évident qtt*un pays où le nombre des célibaUires dépasserait celui des hommes mariés serti

LTRIPLOYÉ,

en proie à de perpétuels bouleversements. Cependant Toilâ que la plupart des employés de l'Ktnt, en France, restent garçons malgré eux, et se mettent forcément en révolte flagrante avec les lois delà momie et de TEvangile. Ainsi, c'est a TEtat lui même.... Il est superflu, je pense, de pous^^rr plus avant ce raisonnement.

On a calculé que la moyenne du traitement des employés du gouvernement, en France, était de quinze cents francs environ : quinze cents francs d'appointements'...

Et pourtant quel empressement, quelle foule, qu( lie cohue dans Tantichanibre dos dislributrurs d*emplois! C est âqui entrera avant les autres dans la bienheureuse phalange. On se pousse, on se heurte, on se renverse, on se dononci*. on se calomnie Voyez-vous la députation, je dis la députai ion entière d'un des pr< micrs départements du royaume? Elle va solliciter du ministre de rinti*rieur ou des financrs une place de surnuméraire ou de commis à mille Ir.incs. Peut-iMre rcussîra-t-elle.

Il faut tout din* : il y avait autrefois qu(>l(|ues existences d'imployés bien faites pour fasciner les regards et pour éveiller Tambilion de la multitude des prolétaires qui ontnçu Toducation dis collépos Jeunts encore, ces employés avaient dix ou douze mille francs d*appointcments, arrivaient tard à leur ministère, et en partaient de bonne h< ure. Du reste, qu'ils y vinssent ou n'y vinssent pas, la besogne se faisait toujours à son temps, ni mieux, ni plus mal, car ils 8*y entendaient médiocrement, et la France ne paraissait pas souffrir de leur paresse. Jeter les yeux sur un dossier, conférer un quart d'heure avic le chef de division, le secrétaire général ou le ministre, répondre aux lettres des solliciteurs iniporl.mts, jeler les demandes ob'^cures dans le panier, telle était 1« ur t.lche de tous les jours. Puis, le soir, vous pouviez les voir étaler leur ruban rouge et leur frais visage, tantôt à la promenade des Tuileries, tantôt à Tam) hitlié'tre de l'Opéra ou au balcon des Italiens. Celaient là d'heureux jours et un facile travail. Mais les employés de celle catégorie s*en vont. Les temps sont changés, et c'est au gouverntmrnt rrpré>enlatir. c'est aux honorables scrutateurs du budget de TElot, qu'on aura du de voir disparaître peu à peu ces scandaleuses sinécures. Cependant, la multitude, qui ignore encore celte réforme, se rue tou jouis sur les implois publics avec la même ardeur, comptant, du reste, sur l'éternité de ses protecteurs. Solliciteurs im prudents, examinez donc l'époque où vous vivjz' y a-l-il rien de stable, de solide? qui sait sur quelle influence d'aiijounriiuî l'ourag. n | arîemenlaîre souMh ra drinain? Voyez pinlôl. t haqui jour, lel emjiloyr i^ui avait rêvé doyze mille francs d'app«»inl»;meiils, le nilu-m roiii:e et un entploi sans travail, regarde autour de lui, cherclie en vain son |rotecleur évanoui, et s'aperç lit avec cf.'roi «pi'il lui faudra vc.^éler toute sa vie dans les sous-liiMitenanccN de radmini>lralion.

Un exemple fera mieux apprécier encore (|ncl<; dé<;enclianlemeiils sont réservés à la niajorilé dt s employés, et de quels In'sors de patience ils di»iv» ni «voir fait piovi>ion pnnr ne pas se lai.sNcr décourager pr^r les rai.Nons dilaliir s t|u*on oppose â leur impatience. Il est pris au hasard entre mille

Félicien a rhnnneur d'appartenir à une admini>tration puMîqne. Il avait vini:t an> quand il y fui admis, et il en a trente-deux aujourd liui. Il con^pte donc douze ans de service, et ses .supérieurs ont toujours fait les pluN grands éhig.-s de son travail. Cej»end..nt Félicien n'a que douze renU francN de traitement, et. coninn il n'e.-t pas sans ipielque nnibition, il languit, il s'iuipalienie, il .^ollieite de ravancenient. (Jue de lettres n'a-t-il pas écrites

du fond de m proyioGe pour faire valoir ses Mrt «i bons services, et son Age, et les ravorablesnpfMvuàc chefs! Combien de foift D*a-t-il pas prié, ippaf. son député d'aller le recommaDder en penoo» «ij nistre. duquel dépend son avenir! Soins iiiii« ~ beau jour, pourtant, Félicien, furieux. dêK^|<R. une résolution énergique : il écorne son pair»w/i millier de francs, et %ient à Paris. Le voih^M m\ chambre de son chef suprême, dans le »aocUr!»i| faveur. Que répondre à un homme de trcicicaj qui a douze ans d'excelh nls services, don» tts-im d'appointements, etqui sollicite deux ou lr«*s>.<v d'augmt-utation? Le ministre lui promet la piK! vacante.

— Celle de Verrières le sera bientôt, réffuiha préparé à tout.

— Eh bien I vous Taures.

Cependant huit jours se passent, et sa

pas signée. Qu'apprend-il alors? La place i(t«> est vivement sollicitée par le protégé d'oa pfr«r puissant, et elle vient de lui ^Ire promise.! Vuhi s'écrie Félicien, aurai-je donc fait un voyazf icb>': voilà qui se remet en course. Bon gré. mal pp. s ai deux ou trois députés chez son ministre: iiKihcr par des pairs et des lieutennirls généraux; il o^Kiit une lettre de quelqu'un de la cour. EnGo. pirf isr midable déploiement de forces, son concormieiffa et quelques jours après il se rend tout joycnaM tcre. Mais là, au lieu d'une coniniissioDqi1i<iMi à recevoir, un chef de service laisse ionkrmk» foudroyantes paroles : « M. le ministitqnrf ■" legret, monsieur, de n'avoir pu vous aonta^th* que vous avez sollicitée. La justice qniAi^*** lui a fiiit un devoir d'y nommer un em(4c«ê,|AkH mille, qui compte vingt-deux ansdescniec. k soyez assuré, monsieur... — Eh quoi! dil FdiBB.i cariant visiblement, en cette circonstance,4ea| ordinaire, est-ce ma faute si %-ous avez été injtft ce père de famille pendant douze ans: Il faaén j'aie vingt-deux années de service et une d'enfants pour aspirer à un traitement deqiim francs! la perspective est agréable! a Lp celte fatale journée, félicieu avait repris le son déparlenicnt.

Combien d'employés se seraient fait dans le dans rindusirie, d.*ns les arts libéraux oa une poMlion considérable, s'ils y avaienl quait de la pirsévérance. de I liabilet»*, do taaà prit de suite et quelquefttis du Culeul réeldoal? fallu faire preuve pour s'avancer m- diocrtntf ^^ fonctions publi<|ues!

Il y a ensuite l'employ» qui est j.iloux cicdi l'est pas du tout, le trembleur, lefl.lneur, hm^^ giuaire, le piocheur, le fl.ttteur. le p -cheuràli^ cnrnulaid celui qui professe pour la politi^ diiïén nce profonde, et celui qui, attentif idi mouvements de l'Igypte, <te rÀ.ngleterre et df b suppute chaque matin, dans son iutellîgeiice, ki de.-tinées des enipires.

Esipiisvons rapidement quelques-unes de rei saules silhouelles.

Etre employé et jaloux! imagine-l-OB na (Ito suppliée? Voun écrivez à uu maire, à nn CMi i ccveur de renregi>irement, n*im|KM-te, on bées « g ez les d')H n.ses de telle commune située à dm lieur« de IVris. Tout à coup, uue idée, nncalnMi se présent» à votre t-sprit : < Et ma fenae, •■ ai femme ! t>st-elle chez elle? qui estarec cUe.'Ao*!

L^ËMFLOYÊ.

^, votre tête se trouble, la phrase suspendue se fige IO0 fotre cerreau, vous serres la plume avec rage entre M doigts, vous faites d'immenses erreurs d'addition, algiigué. poussé, entraîné par le démon de la jalousie, ma TOUS esquivez furtivement de votre bureau, vous Tirei chez vous, haletant, sous un prétexte quelconque,

▼ans embra.^scz. avec une joie mêlée de honte, votre mme. qui déchiffrait é son pinno une contredan^^e de UMirdou quelque valse de JulKen; puis vous revenez mm mettre au travail un peu plus tranquille pendant lelqnes heures. C*est très-bien... Mais malheur à vous

ces visites sans motits se renouvellent un peu trop sou- >nt ! La crainte du Minotaure vous précipite entre ses iffes, e% dès Tinstant où Ton vous soupçonne d*avoir ift soupçons, vous êtes un mari perdu san<t r<^tour.

L*empioyé à qui les rages de la jalousie sont inconnues 'esl-il pas mille lois plus heureux ? Voyez comme il rst lime, tran(|uille. reposé. D*abord il se lève à son heure, rant ou après sa femme, comme il lui plaît, commande lei loi, mange tons les jours un de ses plats de prédi iCtioii, et arrive à son bureau quand il veut, pour n'y ire que ce qu*il veut. Peut-être qu*en examinant son aage avec attention dans certains moments, on y suri^ndrait un pli de colère, un froncement de sourcil, se velléité de révolte; mais quelques secondes se sont peine écoulées, et ce nuage s'est évanoui; le teint de nnployé est redevenu serein, pur, transparent. Au fait. ae manqup4-ilà son bonheur^ Il a une jolie femme, il ranci* rapidement sans avoir jamais sollicité, et il récolte 'abondatilcs gratilications; son secrétaire général, qui les plus grandes tendresses pour sa dernière fllle, le barge souvent d aller inspecter telle prison, tel haras D tel receveur de province, et ses collègues disent ma- EÛeusemcnt de lui, sous le mjnteau de la cheminée : Il |Hirait que la femme de Léopold va le doter bientôt 'an nouveau gage de son amour, car on vient de le Mnmer sous- préfet. È sempre bene! i

N'oublions pas le trcnibleiir. Ce type comporte pluetirs subdivisions. Il y a d'abord l'employé qui a peur 38 révolutions, des dénonciations et des destitutions. a1^ passons léii^èrement sur cette variété; elle est digne r compassion. Vient ensuite Terni loyé très-exact: celi-Iâ tremble pendant trente ans d'arrivtr trop tard à m bureau, et la peur de ne pouvoir signer, le lendelain, ce que, dans le langage administratif on nomme état de présence, le poursuit jusque dans son somm« il. UKsi se (lélie-l-il des accidents, des rues barrées, dos acomiiremeiits, desembellissomenls. de sa montre, des orlog(*s publiques et particulières, de tout cudn. Mais, élas! il peut se trouver une fois en sa vie rclaidé de inq minutes, et vous pouvez alors le reconnaître à son ir yrëocrupé, effaré, à la manière dont il se fait |)lnce d 'avers la foule, à la légèreté avec laquelle il rase l'ashalte des trottoirs. (Ju'a-t-il besoin d un omnilms/ il les lisse tous dorritTe lui. Enfin, il arrive, et il n'est pas ;prîn\auilé. N importe, il ne s'exposera pas de longtemps 11' reproche d'inexactitude, et pendant un an son nom gnrera »^n première ligne sur l'état de préNence.

J*ai connu un m.irlyr de ce terrible état de présence. 1 avait vin';l-quatre ans et il éUiil amoureux, tn's-amoueux. Un jour, il obtint de sa belle un rendez-vous pour a leniiemaîii ti dix heures du matin, a Dix heures I cosa-t-il quand il se trouva seul, et le ministère! et non avenir! ptl'étitde présence! Moi, qui jusquà préirésrnt n ai pas manqué de le signer une seule fois ! Jue dirait mon chef? i Le [>auvre diable n'alla pas é ion rendez- vous; mais quinze jours après, il aperçut 'objet de ses amours au bras d'un de ses camarades

qui était malade régulièrement deux fois par semaine.

Il y a de ces nuances d'employés sur lesquelles il serait oiseux d'insister, et que le nom dont on les désigne peint suffisamment. Tel est le flâneur, qui trouve le moyen de travailler une heure par jour; le piocheur, qui se fait scrupule de perdre une minute; le malade imaginaire, qui est menacé pendant trente ans d'une grave maladie dans Tattente de laquelle il se repose, se fait saigner, prend médecine tous les quinse jours: le loustic, chargé de la partie des calembours et des mystifications: le flatteur, auquel ses camarades attachent ordinairement le grelot d'espion, etc., etc. ; mais le cumulard demande un coup de pinceau spécial et un cadre a part.

La vie administrative commence ordinairement à dix heures du matin et finit à quatre. Tant qu'un employé est ccarçon, il passe à dormir ou à ne rien faire les dixheures de lib' rté que lui laisse l'Etat. Mais, si cet employé se marie et que la misère arrive avec les entants, il faut bien songer a tirer parti de son temps. Alors commence pour lui la vie la plus laborieu.<;e et la plus remplie qui se puisse imaginer. Il est à peine six heures du matin, et le voilà déjà qui copie des actes ou des matrices de rôles, colorie des gravures, donne des leçons de danse ou de cornet à piston, rédige des articles pour tes magasins pittoresques, barbouille des romans ou des résumés à cinquante francs le volume, suivant l'intelligence ou la vocation qu'il lient de Dieu. De dix à quatre, il est â l'ttat. A six heures, son dîner fini, il va jouer de la contre- basse â quelque Ihé.llre du boulevard, ou bien, si la nali:re ne l'a pas fait artiste, tenir les livres du tailleur, du grainetier, de l'épicier ou de tout autre négociant de son quartier. Voilà son existence de tous les jours jusqu'à onze heures du soir. Pauvre martyr du maringe quelle activité! quel dévouement! Moyennant cela, il est vrai, gr.1ce à ce travail constant de dix-sept heures par jour, l'employé cumulard parvient à donner des vêlemeiits et du pain à sa femme, à ses enfants; il augmente de huit ou neuf cents francs les quinze cents francs dont l'engraisse le budget de 1 Etat.

Tels sont les principaux types de l'employé. La vie de l'employé dans les dè|>artements diffère un peu de celle qu'il moue à Paris. D'abord, presque tous les employés de province sont mariés à trente ans;

Car, que faire en province, à moins qu'on s'y marie;

et, mariés ou non, ils sont plus heureux que leurs confrères de la capitale Là, au moins, l'existence n'est pas matériellement impossible, et ils peuvent voir de ricli s négociants et d'aisés propriétaires vivre aussi sobrement qu'eux. Kl puis, dans les petites villes de province, l'employé est entouré d'une certaine consid ration. Garçon, ses quinze ou di\ huit cents francs font envie à bien des mères, et plus d'une d« moisellc le préfère à quel(|ue bon marcliand du pays, parce qu'avec lui elle n'aura pas de magasin à surveiller, parce qu'elle pourra dîner à cinq heures, p^rce qu'elle s. ra reçue à la préfecture. Marié, il est invité, recherché, admis dans les maisons les pins considérables de la ville, sauf dans rO.:.il-de-BcBuf de l'endroit, lorsqu'une particule bien positive ne précède pas son nom. Si .sa femme e.st jeune, jolie, ou spirituelle, elle est l'intime amie de madame la préfète, de madame la générale, de madame la sous-intendante (pardonne, Académit», mais ces mots ont cours en province) ; il est de tous les diners, et il va l"s jours des grandes et des pet tes soirées chez le receveur général. Quelle douce exisience! et ce n'est pas tout! Clia(|ue soir, quand le marchand aune encore ses mousselines, quand l'ouvrier

L'EMPLOYÉ

regarde le ciel avec dépit, impatient de voir le soleil disparaître é rhorizon, quand la coutiiiicre laborieuse redouble d*nrdeur en s*apercevant qu'elle n a pas encore gairné ses vingt sous, remployé et sa femme, frais, bien atiif<^. pimpants, vont se promener nonchalamment au jardin des plantes de l'endroit, à 1 esplannde, sur les lices, dans la campngne; on liien, si Thivcr est venu, ils se réunissent à d'autres employés pour jouer la bouillotte é un centime la flche, ca(|ueler. contrôler les da mes du pays, lire les revues nouvelles et parler de leurs droits à l'avancement jusqu'à onze heures du soir.

Cependant, ces mêmes employés ne sont pas heureux; ils ont un chagrin, un ver rongeur dans Timagination. Le cn)irait-on .' Ils portent envie aux employés de Paris, c Ah ! si nous étions à Paris, on ne nous oublierait pas ainsi! se disent ils. Il n*y a d'avancement, de faveurs, de gratifications, que pour les employés de Pnris. On gagne toujours quelque chose à vivre prés du soleiL (juand pourrons-nous aller à Paris? i Le jour vient enfin où, après mille privations préalaMes. il leur est possible de faire le grand voyage, et, comme ils ont su capter la bien- Tleillance des députés, pairs de France et lieutenants généraux de touies leurs résidences, ils ne doutent pas qu en les faisant donner habilement, ils n'emportent la place objet de leurs vœux. Mais ici je m'arrête. On n'a pas oublié le désenchantement et l'exaspération de l'infortuné Félicien, Ces déconvenues se renouvellent plus d'une fois tous les jours.

On le voit donc, l'employé se plaint à Paris; il se plaint en province; il n'est heureux nulle part Bogie générale, il n'y a pas de plus triste condition, d'imagination plus mécontrnte et plus tourmentée que celle de l'employé. Qu'on se figure un homme gagnant é peine de quoi vivre, obligé de solliciter, de s'abaisser, de ramper pour obtenir justice, et convaincu par les plus tristes expériences que, s'il ne sollicite pas. ne .s'abaisse pas, ne rampe pas, s'il se borne à attendre, se conliaiit dansTinipartialité des dispen.sa leurs d'emplois, il pourrira au pied ou sur les derniers barreaux de l'échelle administrative. Que faire? Dans cette dure alternative, il se résigne aux nécessités que l'intrigue lui a faites : il intrigue c son tour, il se démène, il s'ingénie à deviner les hommes qui deviendront puissants, s'attache à eux, et parvient quelquefois, en coudoyant celui-ci, renversant celui-là, laissant derrière lui les droits réels, incontestables, à

se ciirrer dans une sinécure de hait â lis Ah Quoi qu'il en soit, tandis qm les sis et h ■ maugréent, se lamentent, maudissent HMrifnm fitentde l'intrigue, le temps a marché ps» in. poque de la retraite est ¥enne, et rcâffanai trente ans de srrvice. Mais ici, nonvcfla èlÉi nouveaux suji ts de désolation. Tant que rai|laiii jeune, il a soupiré après le jour on fl pannipi sa retraite, briser ses chaînes, reooomr ai MmIi franc parler, etc.; mais Tienne répoqne Jiftftiè rce, et son langage D*est plus le méne.ÔfeiÉi^ chcron de la fable en face de la HorC « QaC$n crie-t-il , quelle injustice ! quelle barfaariciifn» mençnis-je à recueillir le fruit de mes I vivre de ma place, et Ton me renvoie, il flenis d'un trait de plume la moitié de mes rem ai tant de plaisir i juger, classer, rédiger, péditionuer! que vais-je derenir? ■ L*ca, alors qu'il fut un temps où il s*lndigDait iiàp vieillards, des ganaches, s'obstinaient à knvki min aux jeunes gens. N'importe; on le wtîh â son tour, contre son gré. en dépit desrs et, si tous ses enfants sont mariés ou phrés.flBi retient plus à Paris, il se retire dans quelqHpsii des environs, où il vît d'ordinaire jusqu'à qasM ans. Heureux quand ses économies lui cal pen cheter un carré de terre et de s'abonner, de atti le maire de l'endroit, au vétéran des joaninè.'a sition !

Cependant, cette résignation et cette Iob^ tront des exceptions fâcheuses, c ConoaisscMMJS velle? dit quelquefois, en taillant sa plane, nn* à ses camarades de bureau; notre ancien M

— Eh ben?

— Vous savex qu'il s'était retiré dans toi Chantilly, aux portes d'un charmant n%a d'une vi'gétation magnifique, admirable; WLhr homme ! c'est la verdure de ses carton fM Des qu'il a cessé de la voir, sa santé cstdbi rissant. il a langui six mois, lui, si conletf tf dans la poussière de son bureau! Enfin. Vi sou dos, fait vac lier ses jambes; il s'est fmk fdibli. affaissé...

— Et comment vat-il maintenant?

— Très-bien : il est mort, a

E BOURGEOIS CAMPAGNARD

FRÉDÉRIC SOULIS

d s^imagine, en généra 1, que le bourgeois de Paris est citadin, qu*il a Tamour de sa ville, qu*il se réjouit quand on en balaye la poussière ou la boue, ou qu'on élargit les rues de manipre à ce qu*il ne respire pas absolument un «lir d'égout; on croit qu'il s'épren»! des n d*aspha1te, des candélabres gnzifères, du dallage liis, des arbres qu'on y plante et qui ne poussent Bla splendeur des monuments, de toutes les améont en 6 n votées par le conseil municipal, on se « : le bourgeois de Paris n'accc pte tout cela que eun adoucissement à la funeste nécessité d'habiter itale. Eu effet, de tous les François le bourgeois de M le plus champêtre, il l'est jus(|u'au funatisme. [uîer ou commis, enchaîné derri(Tc un comptoir face d'un bureau, la camp.igne est le r^ve de toutes ures. Sur cent souscripteurs à la Maison rustique JHctionnaire d'agriculture, il y en a quatre-vingt- I qui appartiennent aux palcutôs de la rue Saint- Du anx a)ipointêsdes grandes ruches ministérielles, iscripti ur lit ces livres où l'on parle de la campa* ■omme les petites pensionnaires dévorent les rooù Ton parle d'amour, en se promettant d'en faire les quand ils seront libres de se livrer a la passion ir coeur.

des symptômes les plus véhéments de cette mono- 9 c'est la fureur avec laquelle, le dimanche venu,

nos citadins se précipitent hors de la cité par toutes les barrières de Paris.

Quand on pense à quels travaux d Uercule se livrent ces bons bourgeois pour toucher du bout du pied le bord de cette belle robe verte qui revêt leur terre promise, on se sent pris à la fois d'admiration et de pitié pour cet amour emporté. En vérité, on ne songe point assez avec quelle résignation ils s'entassent dans une tapissière, avec quelle intrépidité ils se conflent à un coucou ; on ne calcule pas ce qu'ils bravent de soleil, ce qu'ils absorbent de poussière, ce qu'ils subissent de cahots, d'averses, de railleries, de soif, de faim, avant d'aborder un bounnet de bois, quelquefois un arbre, et s'asseoir sur une ..;îlle herbe grise, qu'ils appellent gazon fleuri, et y manger un pc^té détesta blement échaulTé par le voyage et y boire un vin tourné depuis qu'il est sorti de la cave du marchand ; et cela pour un peu d'espace, un peu d*alr, pour sentir sous leurs pieds autre chose que du pavé, pour voir devant eux autre chose que des murs blancs, pour se coucher sous un semblant d'ombrage. Aussi, je le répète, si l'on supputait comme on le doit tous ces héroïques efTorts, on partagerait notre respect pour ce rêve du bourgeois parisien.

Mais le temps est bien loin encore du jour où il pourra le réaliser, et en attendant il s'en berce, il s'en nourrit, il lui emprunte le courage nécessaire à supporter la dure épreuve de la vie citadine. Après l'espérance d*un meilleur monde, la campagne est le premier soutien de la foi et de la résignation religieuse du bourgeois de Paris. 11 ne mange pas un ragoût dont le beurre agace trop sa gorge, il ne boit pas une tasse de ce lait parisien qui a le don d*être à la fois plus insipide que Teau et plus îndi* geste que les haricots, sans rêver i la crème et au beurre

Parti, lin.t. <J0 Ldo.iaid I:lui, iuu SriMi-L'miH, 44.

LE BOmnEOIS CAMPAfiNARD.

fnis qu*il recollera luî-mèmc de sa belle vache Tuture. Que lui iinpoi (ont cette salade flétrie comme la robe d'une dan euse dt» Funambules, ces petits pois belliiiueux et durs comme le plomi» qui charge le mousquet de nos héros? ne viendra-t il pas un jour où il ira cueillir luim^me sa tendre laitue et ses légumes croquants une heure avant de se mettre à table?

Ne croyes pas cepentlanl que cette espérance soit aussi inconsidt'rée. aussi légère *\\\q toutes celles qui abusent la f.iiblo humunilé. Bien des fois il a Tait dans ses longues soirées d*liiver, en grolollanl auprès de son feu, le budget de cette vie de félicité vers laquelle il marche d*un |:as si lent. Et d'abord, il y a à la campagne mille choses (|ui ne coûtent rien : les œufs, que de bonnes poules pondent par douzaine^; les poulets, qui se nourrissent de rii'U en picorant dans le fumier de la basse-cour; les cannids, qui barbotent dans la mare et qui dévorent les épluchures de la cui. inc; et les lapins donc, les vieilles feuilles de choux et d'herbes qu on fait dans les champs ne suflisentelles pas A les engraisser! Il est inutile de parler des fruits, des légumes, qui seront delà plus exquise (|ualité; car le bourgeois de Paris a sur ce sujet les plus excellentes théories de culture, qu'il mettra rigoureusement en |iratique. Ce côté même de son avenir le charme ; il éclairera l'ignorance des paysans que l'incurie du gouvernement abandonne dans l'ornière des vieilles routines; ces bons villageois viendront le consulter, et il leur donnera paternellement ses lumières et ses conseils, et, quand il passera dans les rues, ces simples et naïfs enfants de la nature le salueront avec respect cl reconnaissance. En vérité, je vous le dis, le bourgeois de Paris est mille fois plus poêli(|ue (|u*on ne pense. Mais revenons a ses arrangements anticipés. Vous avez vu comme quoi il a pour rien volailles, lapins, beurre, lait, légumes, fruits; que manque-til à c« lie vie? un peu de viande de boucherie pour faire de temps en temps du l)ouillon quand on est malade; mais qu'est cela à la campagne? l'air est si bon, qu'on n'est jamais malade, il faudra aclieter le vin. mais â la campagne le vin ne paye pasdedroitN(le Parisien croit cela), et pour peu de chose on a du vin excellent.

Quelle vie de cocagne il va enRn mener! il la voit, il l'admire, il la tient.

— .Mais...

— Ah ! ne l'interrompez pas. je vous prie, voilà son rêve qui continue : il serait trop barbare de l'éveiller. Le voyt z-vous qui se dandine sur sa cliai.<ie, qui se dresse sur .<:on séant, qui .sourit dev ni lui en fronçant légèrement le sourcil? il e.sl en cabriolet, il est à une descente et serre la bride à son alezan; il arrive, il est arrivé, il descend chez un ami, son petit poney est charniant : il a fail une lieue en quarante cinq minutes, on lui en fait mille compliments.

— (juui! il a un cheval, un cabriolet?

-- Pouri|uoi pas? mais, mon Dieu, cela coMte-l il si cher à la campairne .' un arprnl de pré pour récolter du foin, un autre arpent de terre pour l'avoine.

— Est ce tout?

— Eh bien, non... Ce bimhi ur d" la vie champêtre lui aura coûté assrz chfT pour qu'il l'ait au grand complet; il aura outre cela «luelques hqiins de vigne pour faire son vin, quelques ares | our a\oir .son blé, qu'il moudra avec le mcnilin à bras de .^. {}\u nlin Durand, comme il Va vu drtns les journaux, et |our faire son pain, (|u'il ft ra cuire dans un four écononiii|ue, b.1tl à l'angle de la cheminée de cui>ine.

— Mais i-our cuire il faut chauOcr, pour chauffer il faut des fagots.

— En vérité^ Eh ! ne TOja-Toas pa« cet I bois qu'il vient de joindre é %a propriété?

— Ah ! diable, il est tréfi-gentil; mais ..

— Nais ce que vous ne vnyes i as. p^rceqitV vous le cachent, mais ce qu*il Toit, lui, 1« bot } c'est la source qui est au milieu du boi«, b < alimente un vivier ou vifent dans le mrilWi brochets, tes carpes, les anguilles et les l limpide qui s'échappe ensuite en un mêkei^n tout rempli d'écrevîsses et d^eicellenl crt^M i taine. Quelle vie, monsieur, quelle viebr^esi que, sensuelle et champêtre tout â la foii!

— Il nous semble que mainienaul et \m \ doit être content et qu*on peul lui faire n&sfv

— Ah! monsieur ou madame, quev»"-*!

avei-vous peur qu'il ne s'éveille trop iJi 't vous pas qu'il n*a encore pensé qu'à la^r*', sonn.-'ble de celle enivrante eiistence''qvfj< core que vous allez loi enlever a janaî aa^J rompez son rêve, et le billard dont ilfiKfv/ dans les estaminets de Paiis, et qui Awra:] honnête â la campagne, et le jeu det»*i<l aux invalides, et 1 esc«irpolp.tte où l'oo briiiM plaisanteries sur les mollets de rcstfnn''4 sérieuse de ses dÎNtractions : et Therbicr p'-i sa rare collection de pap lions dont il Mvr«a et par-dessus tout... oh! pour ceci, <o«avous en prie : il ne l'avoue qu'à • od^ amis; au reste, il y sacrifiera quelque aR^a.i« sira pas du premier coup, mais il Qu'est-ce donc?

— Mais n'avex-vous pas la quelque palf**^ saxon ou hongrois est parvenu à dire Iw'*' cre de betteraves? Les jouruaus qui oolfd sont bien gardés de dire quelle borrilik paysans obtiennent dans leur mannile;ilirip cre, c'est as.sez, et le bon bourgeol)i. qai.cii Parisien et de Français, se croit plus ial(fiî| paysan saxou. se |>ersnade qu'jl se bhr^iMii blanc comme neige el qui sucrera niieiifii l'épicier, attendu qu'il y mettra loutee^'il^

Ne riez pas de pitié, ne hantaes pmal la i signe de mépris: tout ce que Je vous dbiii l'ai vu et entendu Uéille fois: et, si vom mi de longues et solitaires soirées celte suppoiter au pauvre boui^|[eois parisltfa.i valions et comiiien de lab)*urs cela Mi^ rage de subir, votis ne lui leriei pas aaai d'ailleurs il ne serait plus tem|is. L'be«tfll> ce rêve va enfin se réaliser; le maickdi*^ fonds, le commis a obtenu sa n*traile,llsiri^ position un capital de ciuqnante à i un revenu de cent louis ou de mille éea^c misère n Paris et l'opulence i la eiayi part donc du pied gauche poor aller ai ce monde inconnu, mais qui eiiste i doit se retirer. Pour cela, il valoas ksi noyai, où il demande les PHiÊeÊ'Àffek»,* sur son carnet tout ce qui lui Kfliiiie en i nance : le reste de la journée e»t aenpé i i IfS notaires ou les avoués chargés ir CB d'ordinaire lui disent asset crimcal ks* et le vrai revenii, s'iniaginant qaa crt hm (|uérir pour placer son argent à Irais pavi n'est pas cela qu'il faui ai ainsi plusieurs mois en a qu'il tumbc dans les m:.iâs d'an l'cmpaume, le prend à

LE BOURGEOIS CAMPAGNARD

|u*il lui ait colloque pour ses cinquante mille lelqu'une de ces impudentes masures que 1 on impudemment, à Paris, maisons de campagne bourgeois et villas pour les filles entretenues.

bâtisse à l'italienne, en plâtre et en pans de : quatre ou cinq arpents de parc, bois, prés, jaris, potager, cour, basse-cour et source d*eau : ce que le bourgeois peut désirer. Tout cela est )eu petit, un peu maigre; mais l'acquéreur se améliorer. Quelques réparations aux murs creuelques charrettes de fumier, et la propriété de production. Le marché se conclut, le bour-

propriétaire, il s'installe. Avis essentiel: tout \ qui achète une vieille maison doit la laisser r plutôt que de la réparer, attendu qu'il vaut )urir do la chute d'une poutre que de mourir

3t, du moment que le bourgeois a introduit le ms sa maison, c'est comme s'il y avait mis le )ut s'il s'est confié au maçon du village. Je le nt Dieu : s'il y a quelque chose de hideux au 'est l'insolente férocité avec laquelle un maçon le marteau dans une maison» sous prétexte de

réparation, la démolit tant qu'il peut. S'il rencontre une pièce de bois, il l'attaque à coups de hachette et la coupe à tour de bras.

Supposé que le bourgeois arrive et s'étonne de cet acharnement.

« Ça, monsieur, lui dit le maçon, ça ne tiendrait pas huit jours : voyez, c'est pourri; voyez, tout aubier; voyez, du bois blanc, voyez. »

Et, à chaque voyez, il donne un coup â la poutre et l'achève du mieux qu'il peut, au nez et à la barbe du pro* priëtaire. Enfin celui ci l'arrête par ses cris; mais il est trrp tard : le maçon déclare qu'il ne peut plus toucher à la maison que le charpentier ne vienne remplacer la poutre en question. Le propriétaire réclame en vain; le maçon impassible reprend ses outils, et, pour toute consolation, donne d'un ton de menace l'adresse de son voisin le charpentier, et labse le bourgeois avec un trou dans sa maisoB.

Hélas! ce trou, il faut le boucher, et il faut bien passer par le charpentier; on le fait venir, mais cette fois on fera son prix d'avance. Folles prétentions !

c Je ne puis pas prendre ça à forfait, dit l'entrepreneur, je ne connais pas la maison, c'est fait de boue et

im

LE BOURGEOIS CAMPAGNARD

de crachat, ça va craquer dans tous les coins si on met la scie dans ces pans de bois. »

£t, en parlant ainsi, il fait sonner les murs du bout de sa canne armée de fer.

« Du reste, ajoute-t-il, nous nous arrangerons toujoun bien; je vous ferai ça au plus juste prix, je suis un honnête homme. » etc., etc.

Le bourgeois le croit, et permet que le charpentier pénétre dans sa maison. Ici le sort du propriétaire dépend de ce que le charpentier a de mauvais bois dans son chantier. S'il y en a beaucoup, il est perdu, car il faut que lout y passe; s'il y en a peu, la victime peut en élrc quitte pour un pan de mur. Sans compter qu*il faut faire mettre du papier neuf partout où a paru Tombre d'un maçon, et repeindre toutes les portes dont a approche l'haleine d'un colleur de papier. Il y a parmi tout ce monde une infâme franc-maçonnerie de dévastations pour se léguer des travaux les uns aux autres.

Mais entin nous voulons bien que notre bourgeois ne succombe pas à cette première épreuve comme tant d'autres qui ont été forcés d'abandonner leur maison de campagne i leun créancien. avant même d'avoir pu s'y installer autrement qu*en camp volant, comme ils di>ent ; nous admettons que celui-ci soit dôlivré de la réparation et se soit enûn casé. Ce n'a ].as été sans laisser dans les mains de ces démolisseurs quelques-uns de ces billets de mille francs qu'il s'était réservés pour IVxploitation de sa propriété rurale. Il faut donc qu'il supprime quelquesunes des nombreuses jouissances qu'il s'était promises; ainM le char-é -bancs et le cheval disparaissent. Il est vrai que les environs fourmillent de voitures i volonté; ce n'est qu'un petit malheur. D'ailleurs, le propriétaire vient d'avoir une idée: au lieu d'une vache pour la consommation de la niaisG|p, il en aura plusieurs, et vendra son lait, sur lequel il gagnera beaucoup. Voilà donc notre hi»mme avec quatre ou cinq vaches magniûques épandues sur un gazon d'un arpent. Nous sommes au printemps; cela va bien une semaine ou deux, quoique les paysans n'achètent le lait que la moiti*'* de ce qu'ils le vendent à Paris, après y avoir mis la moitié d'eau. Mais au bout de ce temps l'herbe manque, on y fait passer le vert de tous les légumes, mais en voilà pour trois jours, il faut acheter du foin. La consommation devient effrayante : vraiment il est impossible de coniinuer si on I ne trouve pas moy n de vendre le lait â un prix plus élfvé. Il y a conseil dans le ménage; on cherche, et on finît par découvrir que ce moyen est tout simple, et qu'il n'y a qu'à envoyer directement le lait à Paris. Cependant il faut l'y envoyer, et. pour l'envoyer, il faut des I moyens de transport. Sera-ce une charrette ou un cliei val 'Oh! non. non déjà le bourgeois est d<'venu plus ! prudent, il se contentera d'un Ane et de deux paniers. La ! jardinière fera le voyagi^ tous les malins. Pauvre bourgeois! mais, pour vendre son lait à Paris, il faut une place mar {uée, achalandée; et la j.irdinière. qui sait cela, ; te rapporte ton lait, ou bien elle n'a pu le vendn; qu'.i un ]'Vh exorbilnmmcnt dérisoire, sans compter qu'il faut noiiiTir TAne et la femme, qui ne |ieuvent rester huit heures sans manger, le icnips d'aller et de revenir. Alors le lioiirgeois prend une détermination très- radicale, il vond Ion vaches. l'Ane et tout ce (|ui s'ensuit, et se résigne à aciiel* r son lait et à vivre de ses légumes et de sa iiasve-conr. Tout préoccupé de l'exploitation de ses vaches, il s etiit bien aperçu parci par^là que les poules pond.iieul fort peu, que les lapins ne prospéraient guère; mais il va s en occuper exclusivement, et, des lors, tout cela marchera à merveille. Le voilà donc occupé du soin de ses petits élèves : ils sont an peu souffrants, il faut

les nourrir mieux; achetons an peo CivsiK | poules, un peu de sod poor les b|nss, ^i a beaucoup meille.ura. Ceci lai convient assit hia vérité, le bon bourgeois commence â recnira f rait eu tort de se désespérer. 11 écoute il nsit

.... l'oitean dont le dhant Annonce ta labourenr lo fruit qa*U a

comme dit M. de Lamartine dans la Cteir im et, dés le matin, il va à la recolle de ses aft trouve beaucoup, beancoup trop même; car M: à vivre d'omelettes ou à Tendre sa récolte. ■■« et vendre anz paysans, lui est dereno vn sijtfà et d'horrenr. Si vons savies combien ils l'Htn de quelle façon on s*cst moqué de ses vacki, i lait, de lui-même, lui qui était venu poor krip la civilisation, le bonheur» Texemple et la prtip vertus champêtres I

Cependant, tandis qu'il vivote ainsi asseï tan ment pendant quelques mois d'été, il s*apcrsntf petit capital de roulement se diminue petit i pii que tout ce qu'il récolte lui procure une imuMrl mie. Alors il essaye de se rendre compte de a Aij il établit un tableau par doit et avoir : c'est w satisfaction, cela lui rappelle le temps oà il tai livres ou ceux de TÉtat. Il fait son petit W^pl n'en extrairons que Tarticle suivant :

Douze lapins mis dans rétablissement Tov les joura un sou de son ; pour six mois. d. . lia

Un sou par jour à la fille de la jardinién pour aller faire de Therbe dans les champs, d. llM

Lapins morts de maladie, trois. ,

D'autre part, lesdits lapins ont d 'pavé leWèi cage et quatre se sont échappés, reste à dsf. hi\ paration du pavé endomma^, payé an 50 centimes.

Total pour cinq lapins, S5 francs 50 5 francs 10 centimes par lapin.

Quand le bourgeois demeurait â Paris, il ki^ vinglcinq sous. Ceci commence i Téclairer, cairi vante, et il supprime les lapins. Mais voici l'asMi vient , et les poules mangent toujoun el a ps plus : un œuf lui coûte dix sous; il .supprime Is pi les canards; il supprime tout être vivant. U ufti réduit â ses fruits, à ses légumes. Il tonreetesi un regard désespéré, il se voit déjà n'*doita«> trappiste; car c*esl é peine si la rente du pui^ qu il possède encore sufiit â payer le jardioiff i<f la viande, le vin, rhabilh-ment. Mais il a beniip' il ne peut comprendre comment les plus gro^vlil les plus belles poches, disparaissent; i] lesconyltil marque, rien n'y fait: il n*a que les rrbots. le M pourris, los légumes secs, les salades moDlrescspi U y a donc un voleur, c'est peut-être le jardisîff à lui. ûer et menaçant : c'est alors qne le , / découvre des faits inouïs; il apprend des chotdî^^ viiT, ce grand homme, ne s'est jamais éoiéL In' adorent les pèches, les poires, les pomnMs. é,m connaisseurs qu ils sont, ils manguit belles; les vera de terre se nourrissent dé crapauds dévorent de la salade sans hnOt ai les araignées sont trés-friandes de gro^âllei; ne vivent '|uo de raisins; les vers blanes énormément de pommes de terre; les Kami'

LE BOURGEOIS CAMPAGNARD

\ carottes, et les moineaux mangent indifTéremetout.

ndant le bourgeois ne se laisse pas endormir par ites i dormir debout; il chasse son jardinier a ! de l'hiyer car encore une fois il a fait son biidil décoatre que cet homme lui coûte trois francs r pour loi donner un plat de légumes et un \Aài ert; un franc cinquante centimes par plat, i lui [s achetait des haricots a douze sous le litre et qui igeait pas de desserti

)iU donc seul dans sa maison, prenant de temps à n ouvrier i la journée pour faire faire ses travaux 3$; mais l'ouvrier ne vient jamais le jour où il l tailler, fumer, biner, selon le DietUmnaire d^aure. Le froid arrive, rien n*est fait : on s'enferme maison; mais cette maison est humide, glaciale, y faire un feu d'enfer pour ne pas mourir de Test le double de la dépense de Paris. Les pluies it, la cave s'emplit d'eau, le vin de Bourgogne dans ces caves humides. Autant de perdu. On e, on se couche i sept heures pour passer le on se lève à dix pour ne pas trop brûler de bois, sre en l'année prochaine, car on ne veut pas enoner ses sottises. Que diraient les amis de Paris, )ut ces infimes paysans qui vous raillent sous leur e épaisse et qui pataugent intrépidement dans la iprftce à leurs énormes sabots ! Le bourgeois a bien lots aussi ; mais, quand il les met, il tombe presjjours sur son nez ou sur son derrière. Que vou* iK que je vous dise? tous les malheurs accablent vre homme. Nais il y résiste courageusement, il avec sa mauvaise fortune, il passe la journée ené dans la couverture de son lit, il se livre à des ravaux d'intérieur, met à ses portes des bourreje sa femme fabrii|ue avec de vieilles ouats de Ides lambeaux de toile peinte; il colle des morde papier aux joints de ses fenêtres, il regarde

son jardin au travers des vitres. Biais il espère encore ; il espère le printemps, ce printemps qui répare tout rajeunit tout, ranime tout, le printemps qui fera reverdir ses semences et son espérance : il vient enûn, ce printemps. Mais cette seconde année a bien d'autres désillusions que la première; car, si d'abord c'est la partie spéculative de ses rêves qui a échoué, c'est maintenant l'espoir qu'il avait basé sur ses propres efTorts qui lui échappe; c'est ce qu'il croyait invariable comme la nature. La terre lui manque : elle n'a été ni labourée à temps, ni fumée justement; rien ne vient, rien ne pousse qu'étioléy maladif, indigeste. On ne peut se faire une idée de cet affreux désenchantement, de cette vie qui commence à toucher à la misère. A ce moment, il y a deux partis é prendre pour le bourgeois : c'est de se déterminer à vendre sa maison avec dix mille francs de perte, de placer son argent en viager, et d'aller s'ensevelir, rue Copeau, dans une pension à six cents francs par an, soit douze cents francs pour lui et sa femme; ou bien encore, il lutte une dernière année, il emprunte sur sa propriété et l'hypothèque. Dès lors, c'est un homme perdu : en moins de dix- huit mois, il est ruiné, exproprié, chassé, insulté; et il s'estifne trop heureux si, par la protection d'un de ses anciens chefs, il obtient d'entrer gratuitement à Vhospice de la Rochefoucauld ou à rhôpital des Petits-Ménages.

Oh ! ne ries pas, ne prenez pas ceci pour un conte fantastique et rêvé. J'en connais un, j'en connais dix, dont ce conte est l'histoire, dont ce rêve a été le rêve, dont ce malheur a é.é le malheur Ceux qui en douteraient pourraienten aller demander des nouvelles à MM K

1 Frédéric Soulié avait joint k cet article une ioite de plus de deux cents noms avec les adresses; mais, comme ce recueil repousse tout ce qui ressemble à une personnalité, nous avons cm de notre devoir de supprimer cette liste

(Noté d$ Véditiur.)

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