‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 59 sur 269 · LA SAGE-FEMME · texte numérisé non relu

LA SAGE-FEMME

îcédenU n'a qa*é trouver une pratique

d'une mnémotechnie qui lui appartient, es divers personnages qui lui ont dû le re, elle n'aurait pas été sans influence roi de Rome, on Taurait consultée sur la ; de Bordeaux; le nombre des comtes, — se l'équivoque, — qu*elle a faits en sa it du prodige. En réiilité, Timportance e est problématique; ses ) rôt(Mitions, les ses connaissances, sont médiocres. On ucheuse aûn de pouvoir se passer d*un les susceptibilités, des fortunes surtout, é. en frac et en haiiit de docteur, elTr.iye craint de ne pouvoir payer Taccoucheenime se présente, alors même qu*elle las être payée. Elle passe pour être de sition qu'un accoucheur à diplôme, peute reçoit de plusieurs mains. C'est elle rïent avec la marraine, fait de cette céoise nommée vulgnirenieiit un baptême * des invitations de famille. La sagees cadeaux ; le médecin ne compte que es, quand il y compte. Ces petits prépar l'usage, finissent par lui composer ronde, un revenu solide. On se dispense ! payer une dette que de faire ses bonne est plus despotique que la loi.

que chacun connaît, et dont les nouant l'existence avant même d'avoir va le

intégrante de la sage-femme; disons, fi portrait diOere souvrntde son tableau. . en faisant ici Tapplication de l'axiome t; d'abord la broderie au blanc de céruse Faction de l'air et du temps de sa virgim second lieu, une sage-femme, qui apleau dans tout l'éclat de sa jeunesse et e souvent la clientèle depuis un temps peut, sans la moindre injustice, lui asoccurrence, une place dans le panthéon )C : l'enseigne ne vieillit pas. Il peut ap-

tableau de rencontre, façonné ù l'effigie ada))te sans difficulté à une brune plants n'y regardent pas de si prés pour

La sage-femme est toujours élève de la n tableau.

fre une de ces enseignes, où le sourire ur les lèvres du nouNc.iu-né et dl la 3ir un tableau est le privilège desacciuireusement ce que ce mode de publicaîux est en partie perdu par la coucur-

curiosité de se demander quelle est la ans une voie excentrique et savante tant pour être l'ornement d'une sociêié bourluissance occulte et irrésistible les arraon de modistes, de dames de compagnie, d'intimité, pour en fa>re des sages-femaux plus profonds mystères de la vie D n'a pu se défendre d'une séduction ludiant en médecine : on aime le méde- ;u vient ensuite à se passionner pour son ; de droit, les choses ne se passent pas icoup de femmes connaissent le Coile:

kforte sur la scolastique. La sage-femme, émancipée; c'est elle qui, pendant que lu cours, lisait Boerhaave avec enlrainenait pour un chapitre de Lisfranc comme 1 roman de Gh. Gosselin, Cette solidité

dans le jugement a déterminé M. Frnest à faire des sacrifices. Doué d'une médiocre ambition et d'une fortune plus médiocre, il a consenti é s'établir de compte a demi avec une élève formée de sa main ; ils ont pris leurs grades le même jour à la Faculté, et les ont fait léiritimer à la mairie. C'est ainsi que naissent les petites fortunes médicales, et que l'art des accouchements fait chaque jour de nouveaux projîrés. L'inverse a cependant lieu quelquefois. La sage-femme, essontiellement vouée à la parlurition. fait ériore, le cas cch'ant. des célébrités médicales. Un membre de la F.icullé ne se faisiit remarquer que |»ar ses habits râpés et un immense pressentiment de ses hautes destinées. Il fut distingué par une sage-fommo possédant une recette qu'il prôna depuis à plusieurs millions d'annonces: s'emparer du cœur de la sage-femme et de sa recette fut le premier coup de maître du docteur. Paracelse avait substitué l'astrologie a toutes les sciences; l'annonce fut la panacée universelle du nouvel alchimiste. Parvenu à Tapogée de la fortune et de la célébrité, il oublia la femme qui l'avait révélé. Outrée de ce manque d'égards, celle-ci prit la plume, et nous eûmes les Mémoires d*une sage-femme. La Biographie des sages-femmes^ autre ouvrage de même portée, contient, nous aimons à le croire, bon nombre de noms justement célèbres ; il s'en faut cependant que toutes celles qui se distinguent dans cette profession puissent être regardées comme irréprochables, et dire toute la vérité en ce qui concerne quelques-unes serait plutôt faire une satire qu'un tableau de mœurs.

Cette profession a ses Locustes. Des femmes sans aveu, quoique accoucheuses jurées, ayant vécu longtemps dans un état problématique, plus près de rindigencc que d'une aisance modeste, parviennent à la fortune par une route directement opposée à celle du bien. Leur métier était de mettre des enfants au monde; elles font leur possible pour que l'humanité ignore l'arrivée de ceux qu'elle avait inscrits d'avance sur son catalogue. Voulezvous, sur les données de Parenl-DuchUelet, vous faire le chroniqueur patient et résigné de tous les vices de Paris, la sage-femme vous en apprendra à ce sujet plus qu'aucune autre. La sage-femme d'une moralité douteuse, «elle qui tient de la Voisin, et qui, dans les cas urgents, a recours aux dérivatifs, donne frêqueniment sa main â un herboriste : c'est un mariage de raison, un moyen d'avoir des simples à sa portée; on use des spécifiques, on eu abuse même. Â Paris surtout, les sollicitations sont souvent pressantes; la tentation se pré.sente armée d'une bourse et d'un sophisme : on commet un infanticide pour parer à un déshonneur. Les physiologistes écrivent en vain que tout breuvage de ce genre est un poison; beaucoup de sages-femmes en savent là -dessus autant que les médecins eux-mêmes. C'est pourquoi elles continuent d'exercer leur profession. Il suflit qu'elles possèdent le remède pour l'appliquer. On calcule la somme reçue ou à recevoir bien plus que les conséquences d'une atrocité. La victime craint le déshonneur plus que la mort; sa complice aime l'argent plus que l'honnêteté. Il y a, selon nous, trois coupables quand un crime de ce genre se produit : la sage-femme, qui affronte un procès; la femme enceinte, qui affronte la mort et la reçoit des suites plus ou moins immédiates de sa faiblesse; enfin la société, toujours armée pour la vengeance , et qui punit trop par l'opinion une femme séduite, et la pousse ainsi fréquemment à un double suicide. Nous voyons au reste, à toutes les époques d'une civilisation tré.s-avaa* cée, les mêmes crimes naître des mêmes causes. Si l'on en croit les historiens, les mœurs d'Athènes n'auraient pas été exemptes de ces pratiques secrètes. Les femmes

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LA SAGe-FEM»IE.

grecques étaient très-versées dans la médecine de leur sexe, et les matrones étaient appelées presque exclusive-' ment pour les accouchements. Laîs et Âspasie accrurent la méchante réputation qu'elles s'étaient acquise par leurs galanteries en pratiquant Tart occulte d'en faire disparaître les traces chez les femmes livrées aux mêmes dérèglements.

Si ces immoralités étaient chez nous une exception, il aurait fallu s'en taire; si elles sont, au contraire, une des plaies endémiques de la société actuelle, il faut y chercher un remède. Nous livrons cetle réflexion aux moral sles. La sage-femme qui tient pension est à la fois riiarpocrnte* et l'Uippocrate femelle de son art: sa discrétion est passée en proverbe. On ne mettrait jamais les pieds chez elle si Ton savait y être vu. Elle est utile au célibat rente qui pense pouvoir conserver sa considération en récusant la plus noble partie des devoirs qui pèsent sur le dtoyen aisé ; beaucoup de propriétaires ont plus de confiance en une sage-femme d'un quartier autre que le leur que dans le maire de leur arrondissement, et aiment mieux avoir une honte à dissimuler qu'an ménage à gouverner en chefs de famille. La société,

> DÎCQ da silence.

nûmï

qui flétrit tant de choses moins dignes dil a-t<^lle jamais mis à son ban? Il est vrii < femme est si discrète, et qu'en tout < homme riche est toujours un homme à i

Mais il ne suffit pas qu'une sage-femM j confiance illimit«'*e, et soit avantageosemtflf toutes celles qui désirent ne lui conterai veulent celer à d'autres; il faut ( fidcnces. entretenir des relations avec î n'en sont pas encore. Paris est ud asfle [ province, de même que la campigne «ti crct pour les accidents de la vie piriniiiMS l'innocence ne mérite ce nom qo'aatuHyllif aux personnes qui d'aventure l'aur ~ prudence. 1^ sage-femme qui tient i dans les Petitet-Àfficha^ sous forme 4e i dcstcs. On ne demande rien au dom. sticité que leurs scrriees à tôrme; IMf utile de se présenter, toutefois, nomies II suffit que la sage-femme Ai sous une formule pi mt^piq sées viennent d ell nés Ùreippel'i i

sauces pratiques. se eonaail |ie fem

sèment. Les f n mu

LA SAGE-FEHHE.

es sont vicomtesses; les femmes titrées s'appellent ise ou Séraphine; celles qui viennent des confins les \ reculés des départements ont une position dans la Itale: les autres sont destinées a s*éloif^ner de Paris, tque toutes ont leur époux dans quelque île de la mer $ud. Elles feignent d'ajouter foi aux paroles les unes autres, afin de n'être pas interrogées. Sa maison est, este, une Thébaîde; elle loge au fond d'une vaste *; elle a pour portier un sourd et muet ; toutes ses très ont des abat-jour. Il faut montrer patte blanche r être reçu dans son gynécée. La recherche de la maité Y est sévèrement interdite; l'homme en est banni rpétuité.

11 est une profession où la considération soit toute 4)nnclle, c'est surtout celle de la sage*femm^ La i-femme qui, outre les vertus de son sexe, possède M>nnaissances de sa profession, ne tarde pas à jouir i son quartier même d'une réputation irréprochable, 'un honnête revenu. Sa clientèle lui a coûté quelques ifices d'amour-propre : il a fallu se mettre bien avec >ortiéres, no pas s'aliéner par une dignité compromet- 3 les bonnes grâces des garde-malades, satisfaire par visites réitérées aux exigences de la petite propriété. 1 telle de ses clientes qui accouche vingt fois avant de tre un enfant au monde. Pour peu qu'elle devienne ogue, la sage-femme n'a plus un instant â elle. Les nts font exprés de voir le jour à minuit Elle allait nettre a table, on vient la chercher pour une grosse chaude; heureusement elle a des garanties, et la come en est à son quinzième : ils sont tous venus de la ie manière; en fait d'accouchement, il n'y a que le nier pas qui coûte.

dut cela est plus ou moins vulgaire, mais tout cela !e et compose les scènes les plus intéressantes de la »rivée.

aucoup d'enfants attachent une grande importance à * au monde. Des hommes de génie peuvent passer les mains de la sage-femme sans qu'elle s'en apcr- . Sa profession est une loterie.

n'est pas tout pourtant de procéder à un accouche-

: il faut encore savoir quand un enfant existe, le létiser, si l'on ne peut faire plus; interpréter sou

favoriser son développement par une saignée en s opportun, connaître quels breuvages lui convien-

d'abord. On pourrait faire des poèmes sur celle êe, et il y a des sages-femmes qui en ont fait. La femme est un argument pour les personnes de sou qui rêvent la femme libre. Serait-ce abuser de noo.sition que de dire un mol des folles hypothèses Ses récemment sur Tindividualilé de la femme? ^«rience des siècles et sa nature même la lixenl le sanctuaire du foyer domestique. Elle est reine au de sa famille, elle a droit a nos adorations quand ist mère : éloignez-la de ce centre de ses alTeclions s nôtres, de ce cercle modeste et précieux de la vie «, vous la déplacez ; donnez-lui un rôle autre que 5n, qui est d aimer et d'élever ses enfants, vous ne Liisez que scandale, désordre et anarchie.

sage-femme ne sort pas de ses altribulions de la lie; elle y entre, au contraire, plus complètement ticune autre iudividualité de son sexe.

est souvent une mère qui en aide une autre à le dep.

j point de vue philosophique, qu'y a-t-il de plus noît de plus relevé que la profession de sage-femme?

elle est trop prés de la nature pour être bien appré-

par la civilisation.

K:rdte avait tracé autour de sa maison une ligne où

il euYermait sa femme. Est ce pour cela que Socrate faisait mauvais ménage ?

Ajoutons que le plus sage des hommes était le fils d'une sage-femme.

On a vu des femmes, comme lady Stanhope, être inspirées d'en haut, confier leurs rêves poético-religieux aux sables brûlants du désert; d'autres, s'improviser un apostolat qui n'embrasse pas moins des quatre parties du globe, et promener leurs pérégrinations phalanstériennes d'un continent à l'autre, faire emprisonner leurs maris, ne pouvoir supporter aucune espèce de servitude, et s'imposer le mandat d'affranchir la femme du joug de fer du mariage; d'autres, entrer par des in-octavo dans la classe privilégiée des célébrités de toutes les époques. On en a vu rivaliser de verve et d'enthousiasme avec les poètes contemporains, improviser des opéras, et, dans la romance même, on a vu la musique s'allier â la poésie sous l'inspiration d'une seule muse féminine. On a vu le sceptre de la comédie tomber en quenouille, le mémoire, jusqu'alors du domaine exclusif des hommes d'Etat, devenir le partage de duchesses et de femmes de chambre, et servir de prologue à des divorces éclatants. Tout cela est beau sans doute; mais le type de la femme humanitaire se révèle autre part, et parait d'autant plus noble, que son rôle, si utile à une classe d'enfants parias de naissance, ne peut être apprécié dignement que par un petit nombre de lémoins. Il faut le proclamer hautement, dût-on ne le dire qu'une fois : celle que son pouvoir a mise â la tête d'un établissement comme la Maternité est toujours une femme vraiment grande et digne de respect. Cette maison, qui ne peut être peinte d'un seul trait, se résume en elle. Que de soins ! que de propreté! Quelle vocalion sociale n'a til pas fallu pour être au niveau de cet emploi ! Quelle constance pour ne pas s'y habituer, et faire corps avec lui, comme cela arrive aux anciens juges, aux anciens médecins et aux diplomates consommés! L'ordre de la maison est admirable; l'incessante charilé qui le maintient, plus merveilleuse encore. 11 faut s'élever jusqu'aux classes les plus aisées de la bourgeoisie pour trouver autant de luxe et de raffinements hygiéniques qu'il y en a dans une simple salle de l'hospice des Enfants-Trouvés. Rien n'est bizarre et contrasté comme les premiers moments de ces victimes privilégiées de la misère qui décime les classes pauvres de la population de Paris. Sortira d'une mnin quelconque, les enfants trouvés sont accueillis dans un asile où lont semble merveilleusement disposé pour rallnilement. Légués ensuite, à raison de seize centimes par jour, d une mercenaire de la campagne, ils survivent peu â un régime meurtrier; ils meurent entre les mains des nourrices : c'est une conséquence. Mais pourquoi meurent-ils en aussi grand nombre, au moins, à l'hospice où ils sont bien soignés? Qui le sait, bon Dieu ! D'après les calculs statistiques, un enfant trouvé qui arrive à la position d'homme marié est une exception iiifinimenl rare, â peu près comme un sur dix mille, et l'Elnt dépense des millions pour arriver à ce mortuaire résultat.

Uonnêtes philanthropes, toujours disposés à appliquer le remède à côté du mal, que vous importe qu'il y ait des enfants trouvés, pourvu qu'ils soient bien traités ou paraissent l'être? Eh bien I la question est résolue, ils ne le sont point, ou, du moins, c'est en pure perte qu'ils le sont. Ceux qui échappent â la mortalité peuplent les maisons de correction, perpétuent la misère et l'opprobre au dehors et au dedans de la société. 11 n'y a qu'un moyen de remédier â ce mal, c'est de le supprimer; c'est de permettre aux liens du sang à peine formés de se raffermir, en procédant é l'amélioration du sort des classes

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