‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 64 sur 269 · I/AUTEUR DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

I/AUTEUR DRAMATIQUE

tîoni et les costumes, à louer la salle enlière ; il comble de cadeaux la principale actrice, il oITre sa bourse au grand comédien , il prodigue For et les caresses aux figurants, même au pompier : les journaux ont eu leur part dans ses largesses, cent mille francs jetés ainsi garantissent le mérite de Tauteur dramatique. Eh bien, la magnifique tragédie est sifllée impitoyablement, les acteurs ne veulent plus y reparaître, les feuilletons s*cn amusent, les amis s*en moquent, et le public à son tour, le public payant ne peut être admis à rire aussi, lui. du passe-temps aristocratique du grand seigneur. 11 faut en convenir, le public payant n*cst pas heureux.

11 y a encore l'auteur dramatique en jupons, la femmehomme de lettres, type diaphane derrière b»quel on aper-

« çoit la figure étonnée du bourgeois de Molière. Mais Tauteur dramatique modèle, le grand au leur dramatique, celui qui résume en lui tous les auteurs dramatiques passés, présents et futurs, Fauteur multiple, c'est la table de Pythagore incarnée. 11 pourrait dire â la rigueur ce que chaque trait de plume lui rapporte bon an, mal an. Il vend en gros et en détail ; il fait généralement tout ce qai concerne son métier : des couplets, des drames, des comédies, des vaudevilles dans tous les genres, pour tous les goûts, à tous les prix. C'est le fournisseur breveté de toutes les entreprises ; il a le monopole des théâtres royaux; ce qui sort de sa boulique porte son cachet; la province et l'étranger vivent de ses produits; enfin, il est plus riche que ne le furent Voltaire et Beaumarchais é eui deux, tout millionnaires qu'ils fussent : maisons de ville, maisons de plaisance, châteaux crénelés, prairies, vignes, labourages, hautes futaies, il a trouvé tout cela sur

, du papier blanc avecd«' Tencre de la petite vertu, bien et dûment, sans prendre dans la poche, ni dans le secrétaire de personne, au contraire, mais en pillant tout le monde, en chassant tous ses concurrents, ou pour mieux dire en les faisant tous concourir & sa fortune princiére. Qui voudrait ne pas lui ressembler! entendons-nous cependant; Il a le front bas et fuyant, les oreilles longues et écartées, les sourcils épais, le teint rouge, un habit cannelle et la démarche pataude... mais l'esprit est léger, fin, délicat et gracieux comme les chiUres arabes : avec lui deux et deux font vingt-deui, parce qu'il sait placer convena* blemeot les choses. C'est l'agent de change le plus ingénieui! c'est Talchimiste le plus sûr de son fait! dans us heureuses mains, le cuivre devieni or, et comme Var est une chimère, il le transmute en propriétés foncières; pour confirmer celte grande vérité géncsiaque de notre 01 Igine, si trivialement exprimée par le proverbe : ee qui wient de la fiûte retourne au tambour. Voilà la science Kermétique de notre époque, et c'est ainsi qu'on n'in- Tcote pas la poudre. Cependant oe croyex pas qu'il soit heureux sous le

soleil de son illustration, sar la liUére de i l'auteur dramatique ULÎversel. Sa vie est il est condamné aux travaux forcés â rouge de la renommée Ta marqué an csv. nous sommes mollement bercés dans nés trv sons de son galoubet» il Teille» loi, ponraoïi les vers que nous chantons si gaiement. Q ki i < sur ses doigts ; et le trait flnal da eonplel, uÊs l'inspiration, elle lui a demandé sept branches pi sans lesquelles il n'y aurait pas en de booqicL 1 jours ni nuits. Il va dn trayail de Tentantcaetf vail de la représentation : il faut lire ans acliai faire répéter, et comment être â la mène kcot! théâtres différents? ces vingt jeunes femmes qa: idolâtre, envie, elles sont toutes é lai; mûi temps d'être â aucune d'elles? Quand nne afin mine là, une autre ici commence. Cest Tantikn des eaux, Prométhée sur son rocher, Ixion nr « A l'Académie il se doit à lui-même de ne pii d'avoir l'air d'écopter, d*avoir Tair de penser. Si tation le suit partout, le tient sur le qai vive. C i pas, il ne saurait dépenser inutilement ao mit.' mais il écoute et il retient. D'ailleurs, c'est i donnera une idée, un avis, un bon mot; oa t<} d'une indulgence qui tient de Tabus ; la prf»«L-i vorablc va jusqu'à lui supposer des intenlicu : jamais eues, jusqu'à transformer ses plêonasflMss tés ; a-t-il écrit par hasard : eeriains iaiten i quaient, tout le monde se récrie : eomwttcetk n'y a que lui en effet pour trouver de ces fieq Son cerveau est un ans méthodique» nn oàri^ que, et sa plume puise é diffërents encxîmkmtM la joie, la douleur, en phrases toutes fiia; ù i magasin de péripéties et de dénoûmeols. m t» moyens : toute chose lui sert pourvu qa'eik k s neuve, ni morale, ni hardie : il faut plaire cl m n sarder. De tout temps les idées nonvelles oal eoip les réputations ; notre grand auteur dramalifien pas boire la ciguë. Boire! hélas, il n'a ptaiMi Mais c'est son hospitalité qui surtout déctk ki existence de dévouement et d*abnégatÎM : dall ville, â la campagne, chacun travaille csaHilél ses éplucheuses et ses dégrossissenrs. As smé chc, tout le monde s'éveille et se mec à H jeûner on rend compte de la besogne, pus^f' Il n'y a pas de ruche plus IndustrielF toutes les abeilles distillent; les pressurés, on en extrait le sac, et e' pare ce régal de miel et de lait qui, une manne abondante, tombe en Mguî peuple affamé, pour la grande gloire da h pour maintenir son poids dans la balaaoe '

LA

MAITRESSE DE TABLE D'HOTE

AUGUSTE DE LACROIX

ous êtes étranger, vous avez vingt-cinq ans, et TOUS venez pleurer à Fariïs la perte d*un oncle millionnaire.Âprésavoir essayé de toutes les dis- I trac lions, admiré conivenablrment toutes les Miicrveilles de la capitale Nu niontJe civilisé, le su- Eperbc damier de la place Louis XV, avec ses calers de marbre, ses rois et ses reines de pierre et ses ^1 dores ; les pirouettes é angles droits des demoiselles nier, h mênageiie royale, la Chambre des députés et concerts Nusard; — un soir, en sortant d*un restau- It renommé, où vous avez fort mal dîné pour dix francs, Jl vous étonnez tout à coup d'avoir oublié, dans vos imrtantes explorations, une des plus intéressantes curioh de Paris, — une chose qui a sa physionomie parti* Liére, piquante, mobile et toujours originale, une chose E vous attire et que vous redoutez peut-être comme un nheur longtemps rêvé, — une chose évidemment bonne elle-même, et que vous avez bien le droit de trouver iestable, — ce qui fait le sujet de cet article. Donc, le lendemain, quelques minutes avant six heures, 18 vous acheminez, sous la conduite d*un cicérone de t amis, vers le boulevard Italien, ou Tune des princi-

0 voas dont la santé robaste, florsïn: ic.

Des plas riches festins peut sortir ii iomphante.

Approchez.

Bercqoui.

pales rues qui Tavoisinent, et vous montez ensemble au premier ou au second étage d'une maison de belle apparence. Là on vous introduit dans un magniflque salon, occupé déjà par un cercle nombreux et brillant. Votre protecteur vous présente, sans trop de cérémonie, à ^a maîtresse de la maison , qui vous accueille comme un ancien ami, et bientôt toute la société pusse dans la salh à manger. Le coup dœil est ravissant. La Uible étincelle; il n'y a pas moins de cinquante couverts, et les convivi paraissent tous gens de bonne compagnie. Les femmes sont généralement jeunes, jolies, mises avec recherche, gracieuses, avenantes, et abusant plus ou moins de leurs yeux noirs ou bleus, de la candeur touchante de leur beauté anglaise, ou de la provocante vivacité de leur physionomie parisienne. La maîtresse de la maison a quarante ans ; elle est grande, un peu fatiguée, vise à '' l'effet, et s'exprime facilement. Elle parle volontiers de ses relations avec le beau monde, de ses amitiés arîitocratiques et de ses malheurs... car la femme qui préside à une table d'hôte à six francs par tête a toujours été belle, riche et noble. Les larmes, à la vérité, ont légèrement flétri sa beauté. Le tyran à qui on avait confié son innocence et sa dot a également abusé de l'une et de l'autre, et, bien que la victime ne vous apparaisse plut aujourd'hui que sous l'humble nom de madame veuve Martin, ce n'est là, vous pouvez l'en croire, qu'une précaution dictée par une honorable fierté. Son véritable noiu est illustre et sa famille très-haut placée. — 11

LA MAITRESSE DE TABLE DHOTE

«1 nre qu'- ce roman, fliilé en $i mineur k l*oml1e de quelque céladon en perruque. D*arrache pas un gros soupir à rhftireiix conCdent. Sans doute, le fond de l'histoire nVsi |»aK neuf, el c'est li précisément ce qui fait son mi-iie et «on kucc^s. On se pn-munil contre les surpri«ifs, on repousse tout d'alKird ce qui est eilrnr'rdinaire: on e^l sam d<';Gance contre les choses vulgaires. Mais c'est dans le« détails que brille p.'iniculirTenient le t'iWntde madanic Martin. Quelle habilité à varier les é(ii^Ofiff> de mn n'^ît, selon la (pialitc et le goûli*ré>umé de l'andileur! (jue de fines broderies sur ce canevas usé! Avec quelb; merveilleuse légèreté elle sait glisser sur ce qui peut dé|ilaire, tourner les difficultés cl raccomnio<ler b s contradictions! C'est, au point de vue de l'art, .i tomiicr à genoux d'admiration devant cette profonde diplomatie, cctt>! savante rhétorique de la coquetterie.

Il f^iit une grande expérience ou une perspicacité surnaturelle pour voir clair â travers ces nuages éblouissants, et tirer, du fond de son puits, une vérité qui ne gîigne pas toujours h se montrer toute nue. Dans le fait, madame .Martin n'est |)as au>si infortunée i|u'elle veut le paraître, et sa douleur ne s'enveloppe pas de voiles tellement épais, qu'ils repoussent toutes les consolations. Si vous la surprenez p)t'uranl(|uelquelois. ce n'est ni sur sa fortune perdue, ni même sur sa réputation endommag«*e. Les regrets de madame Martin oui un fondinient plus solide, et se traduiraient assez fidèlement par le refrain peu w ntimental d'une, c^'lèhre Grand' Mère.

Madame Martin n'a pas vu le jour sous des lamliris dorés, mais dans la modeste soupente d'un |K)rtier, poéliqur berci'au, nid fécond, d'où s'envole incessamment cet essaim de jolies femmes qui font tour à tour le désespoir et la joie des amoureux incom|iris et des galants à la réforme. C'est de là que madame Martin s'est clan- CC(! un beau matin, de son piid léger, sur la scène du monde, comme tant d'autres charmantes créatures de son espèce s'élancent clia(|ue jour sur la scène du Grand- Opéra, la corde roide de madame Saqui, ou l'hiiniblc fiuteuil de la modiste. Depuis, elle a parcouru l'Europe de toutes les manières et dans tous les équipages , a piid. h cheval, en \oilure; en poste, en diligence, sur l'impériale ou dans le coupe, selon les phases diverses de sfui inconstante fortune. Madame Martin a beaucoup observé et beaucoup appris; elle possède plusieurs langues, a étudié à fond les mœurs de plusieurs peuples, et connaît le cœur humain comme un livre longtemps feuilleté. Sa vertu a été soumise à bien des ciireuvcs, et sa destinée unie à bien des destinées. Elle a descendu une grande l'artie du fleuve de la vie en compagnie d'un nomlire inllni de passagers compatissants et de pilotes généreux. Après avoir vu, à l'dge de dix-sept ans, s'éteindre dans ses bras une des filus vieilles gloires de l'Empire, elle s'attacha à la fortune d'un jeune lord, qui remmena successivement à Londres, à Florence, à Vienne, en hus>ie, où il la lais.sa, sur les b:)rds de la mer Noire, ainsi «|ue ses chevaux et ses équipages, entre les mains d'une bande de Cosa(|ucs irréguliers. Ceux-ci la vendin nt à un juif, qui la revendit à un Turc, lequel la céda au di y d'Alger. <|ui l'amena avec lui à Paris en fK5l. C'est alors qu'elle établit, dans le plus beau quartier de la capitale, plusieurs riches magasins avec les châles, lesétnfles dama.ssées, les parfums et les bijoux que le dvy ue lui avilit pas donnés. Un jeune commis, à qui elle avait livré son cccur et ses marchandises, trahit l'un et vendit les autres, sous pr texte de venger le dey, qui D eo sut jamais rien. Madame Afartin entra alors eii relation d'amitié avec une société de femmes aimables, qui l'engagoreDl à fonder une table d'hôte sur un bon pied,

avec les d bris sauvés de ce gnnd Hufrafr. « r frant, coiLme mise de fonds à Tasa^ ëcs eoMasaj émérite<. leur habileté é^'itiovée ei levs

contestables.

Madame Martin n'est pas lenlement c'est encore une respectable dame pai^e, a h ai de la vertueuse Coroélie, d'une charreanle (Ue à»* tentent élevée hors du toit mateniel. dooteby franchir le seuil qu aux jours el au kevei k: par la prévoyance et la sagesse de sa mm. Ce .w le salon de madame Martin réunît l'élite descBt#c leurs; les femmes sont, i la Térité. rares, {«tm a et mal mises, mais les hommes arconpltiisar? port de l'Age et de la fortane. MadenMN<dkla grande brune de dix-sept ans, qui danse la ctxa sa pension, et rédige la correspondance lem ai petites amies, fait ici une Téri table entrée 4rpB raire : elle a les yeux baissés, l'air candide. Ls» ments et les exclamations ud peu vives qui ohsi apparition toujours inattendue lui cansenissan^ embarras, et elle court se cacher dans 1^ kni^ mère, avec un 8> miment de pudeur virniukwTJ d'admiration les spectateurs les pins expérÎMA

Parmi eux se trouve toujours un hommri'a quantaine d années, cité pour sa fortune et afin Ce monsieur est généralement d'*5;igné panai ki sous le nom de protecteur. C'est à lai que tin se hâte de présenter sa fille. La jeune terncllement baisée au front, après avoir ment rougi et fort gentiment joué le premier rôle, prélude au second sur son piano, et voix de contralto adoucie, la romance du Sa^A des champs. Ensuite vient la scène des fantines, des agaceries innocentes, des mantes, des naïvetés délieieuscs... Après fia. bi tante salue la compagnie, et retourne ai attendant que son protecteur juge à proposée fai sortir déOnitivement.

Il y a bien aussi, près de la respectable Mf,! sieur qui pourrait, au besoin, passer poorsisi Homme de magnillque structure, orné d'ua ridfi de favoris noirs, de brillants à plu&iears doij^tf chaîne d'or où pend un lorgnon. Ce persoaoajctfi de faire, conjointement avec madame JbrliL ' neurs de la maison ; son administration départements, et son génie s'exerce loorâ iff< salle à manger et dans le salon. H découpe i rige au jeu, avec une égale dextérité, les irt^ tune envers lui-même ou les persooDOi dali les intérêts.

Quant aux convives, ce sont, pour la garçons, rentiers de l'Etat, anciens sngtié Gnancicrs retirés, fonctionnaires et génênai Les jeunes gens se montrent rarement ém d'établissements, et n'y sont jamais prcssement qu'on leur témoigne ailleurs.

ici, l'Age mùr est de riguiur. Au reste, le cellent. élégamment .servi, et les désirer. \n dire de plus d'un connaksev.k vous venez de faire, et qui coûte sis liaMS |Vj vaut dix. Que devient dès lors la rcssante veuve? Voici le mot de l'cni

Après le diner, vous rentres dans U blcs de jeu ont été pré|)arées- Voos , d'elles, sur l'invitation de la millrciat if W vous perdez vingt-cinq louis en an chance est pour vous, malgré la ^ main de votre adversaire, la Joiln

LA MAITRESSE DE TABLE D'HOTE

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endre «n si vîf intérêt à vos succès vous demandera raiilililement à la fin de la soirée, une place d.ms votre ilnre, et vous ue larderez pas à vous convaincre que us en avez nue autre daus son cœur.

Mainreuaut, si voulez m*en croire, nous laisserons là s maisons modi'tes, et nous irons visiter à leur tour i étnblisv; nienls frôquentés par la bourgcoi>ie des n<conininleurs à prix fixe, la table d*hôte à cin(|uante IIS ou trois Trancs. Ici, point ou tri»s-peu de figures fénines ; mais, en revanche, les hommes sont nombreux géiiéralemrnl jeunes. L'étranger modeste qui veut pas- "l'hiver a Taris, le journaliste du |>elit format, le proicial qui vi«'nt d'hériter, le négociant ce ibatiiire, Icm- >yé bureaucrate du second degré, composent le perunel pryant. Au contraire des grands établissements ce ^enre, les consommateurs de passage y sont rares, { femmes beaucoup moins fringantes, les hommes d'une lanterie moins surannée. La conversation y est gênées facile, souvent intéressante, et finit presque touirs, au dessert, par quelque discussion bruyante sur la lilique, la littérature, les arts et les lluctuatiims de la iirse. Qucl(|uefois toutes ces questions s'agitent â la i d'un b )Ul de la table à l'autre. Alors c'est un brouta à se croire au paradis des Funambules ou à la imbre des députés, un jour où la milice du centre Icute, avec sa merveilleuse intelligence, la savante nœuvre des couteaux d'Ivoire avec accompagnement hourra parlementaire. H n'y a pas de salon de jeu; café est servi bourgeoisement d'ns la salle à manger, *és le gruyère de fondation et le pruneau quotidien, elquefois seulement deux de.s plus vieux commensaux {Agent sans façon, dans un coin de la sa le, une silenu.se et innocente parlîe d'écarté. Les femmes, s'il y a, ne prennent aucune espèce d'intérêt à cette lutte I conséquence, et chacun se retire pour vaquer à ses Lsirs ou à ses affaires.

}uant au diner en lui-même, il est. comme le person- , honnête et convenable, ni magnifique, ni mesquin,

à peu près, que peut le désirer pour ses vieux jours liste que la gloire n*a point enivré, ou le respectable irgeois arrivé directement de Quimper ou de Lons-leliiîer.

Irdinairement , ces établissements de second degré Qoe double physionomie : on y mange et on y loge. 'ennant un supplément de deux francs par jour. cha(|ue rive peut être en même temps locataire d'une ou deux Mibres (selon leur dimension et le luxe de Tameubleit), dont la maîtresse de logis s'elTorce d^ leur renie séjour agréable et commode. Celle ci est une pe-

fémme vive, accorte, qui ne s'eiTaroiiche ni d'un rfiliment hasardé, ni d'un mot à double entente. Sa ikioi} est d'être aimable avec ses hôies depuis six ra du matin ju.squ'a minuit exclusivement; rhabileté ■i»te à ne l'être jamais au delà. Le bon ordre et la •pi'rité de l'établissement dépendent de l'observation Qreuse de ce principe. Le premier devoir de sa pro- Ion est d'entendre le mot pour rire, de promettre in- ^mment, d'entretenir les rivalités sans haine, et de Btenir constamment sa vertu entre ces deux écueils, nop et le trop peu. Pour cela, toute directrice de tad'iiôte à trois francs par tête doit avoir trente ans, les veux bruns, la taille souple, l'œil exercé, la langue ée, et avoir joué pendant cFnq ans au moins les graneaqueUes en province ou à l'étranger. Si elle j.iint a les ces qualités l'amour de l'ordre et de l'économie, n cœur inflexible à l'endroit des payements, comme déclarations de ses locataires, .sa fortune est assurée : iaraote-cinq ans elle vend son fonds, unit irrévoca*

blement sa destinée k celle d'un sédui.sant commis voyageur, et tous deux s'en vont en province couler des jours tissus de joies conjugales, jusqu'à l'entière consommalion de cinq mille livres de rente de la belle hôtesse.

luin|édiatement au-dessous de ces établissements intermédiaires se pré.sente la table d'hôte à vingt-cinq sous, qui mérite une étude toute particulière. Elle est toujours située par delà les barrières, ce qui explique la modestie de ses prétentions. Sa physionomie est d'une mobil.té à défier la plume la plus exercée. Point de traits distinctifs, poinide lignes arrêtées, point d'ensemble, de généralités ; mais des individualités saisissantes, des rapprochements heurtés, un pêle*mêle de figures, de langages et de costumes les plus disparates. Le réfugié Italien et l'intrépide Polonais y représentent quotidiennement le héros sur la terre d'exil, vivant de l'amour de la liberté et des cinquante francs de t^ecours mensuel inscrits au budget de la France. L'homme de lettres incompris, l'artiste ignoré, le spéculateur malheureux, le sous-lieutenant en demi-solde, le surnuméraire, le négociant en plein vent, la femme qui cherche à toute heure ce que Diogéne cher, chait au milieu du jour avec une lanterne, le don Quichotte des carrefours, l'industriel de contrebande, l'homme qui écoute aur portes et dine des fonds secrets, tout cela, pressé, côte à côte, mange, boit, rit, parle. crie et jure moyennant vingt-cinq sous par tète, y compris le café. Les cure-dents se payent à part. Il y a aussi des cigares au rabais pour les amateurs des deux sexes ; car ici la plus belle moitié du genre humaii;. pour mieux plaire à l'autre, ne craint pas d'adopter les goûts et les habitudes les plus antipathiques à la délicatesse féminine.

Rassurez-vous, cependant : il existe partout d'heureuses exceptions et des contrastes consolants. Des figures honnêtes et des maintiens décents se monircnt souvent, de distance en distance, entre les profils plus ou moins rudes qui dressent, tout autour de la longue table, leurs deux lignes parallèles et mouvantes. Çà et là des conversations élégantes et des paroles polies s'échangent entre deux voisins étonnés. Cette confraternité de l'éducation se reconnaît d'abord : on se cherche d'instinct, des rapports s'établissent; ces différentes liaisons particulières s'agglomèrent, se centralisent, et il en résulte bientôt un noyau qui va grossissant, et une petite société à part au milieu de laquelle les excentricités du lieu n'aiment point à s'aventurer.

Un trait caractéristique de la table d'hôte, c'est la présence d'une ou deux jolies femmes (selon l'importance de l'établissement) qui s'affranchissent régulièrement chaque jour des prosaïques tribulations du quart d'heure de Rabelais. Ces dames sont placées au centre de la table; elles ne doivent pas avoir plus de vingt-cinq ans, être à peu près jolies, mais surtout excessivement aimables. On ne tient pas précisément à la couleur des cheveux, cependant on préfère les brunes : c'est plus piquant et d'un effet plus sûr et plus général. A ces conditions, ces dames sont traitées avec toutes sortes d'égards, exposées à toutes sortes d'hommages, et dînent tous les jours pour l'amour de Dieu et du prochain. Ces parasites femelles, qu'on désigne généralement sous le nom de moucha (soit à cause de la légèreté de leur allure, s )it plutôt par analogie avec le rôle qu'elles jouent dans cdte circonstance), ne se trouvent néanmoins que dans les tables d'hôte du premier et du dernier degré. Elles ne se montrent point à la table d'hôte à trois francs ; la maîtresse de la maison les en éloigne avec une vigilance qui tourne au profit de la morale et de sa coquetterie, - deux incompatibiliiég qu'elle seule a trouvé le moyen d'? concilier.

LA MAITia-SSE DE TA«LE D-flOTE.

Si jamais, dans un de ces accès d'humeur vagabonde aux(|uels tout vrai Parisien est périodiquement soumis chaque année au retour du printemps, il vous prend fantaisie de franchir la barrière pour aller voir, du haut des buttes Montmartre, se coucha r Taslre aimé auquel vous avez l'obligation de porter aujourd'hui un pantalon d'une entière blancheur et des brodequins d'un lustre irréprochable, permeltez-moi de me joindre n vous, et de diriger votre ejccursion poéti(iue. D'abord, des raisons particulières, et ([ue vous allez connaitre, m'engagent à vous faire sortir de préférence par la barrière Pigale. Au lieu de commencer immédiatement notre ascension par la rue en face, tournons, je vous prie, à gauche, et traversons le boulevard. Il n'est que cinq heures et demie ; le soleil ne se couchera pas avant deux heures d*ici. Vous D'avez peut-être pas encore diné; dans ce cas, permettez-moi de vous ofTrir... un diner â la barrière. Bah ! un peu de honte est bientôt passée, et je vous promets de ne pas vous trahir auprès de vos amis du café de Paris. Kous voici précisément en face de la célèbre table d'hôte de M. Simon. Levez la tête et lisez, là, à côté de celte petite porte verte grillée, sur une afGche collée à la muraille : Table d*hôte à 1 franc 25 centimei, servie tous les jours d cinq heures et demie. Allons... personne oe vous voit... entrez.

Déjà les tables sont dressées dast le ] berceau de vignes et de chèvrefeniOe i toile en forme de tente. Prenons place, < tientcz pas. Il est six. heures, à la vM,^^ annoncé pour cinq heures et demie... àhl maître de céans. Or, régie générale, hi recteur de table d'hôte retarde Unô^VI heure. — Avec le quart d'heure de (, d'une heure entière; pendant ce temps, hf se refroidir et le gigot brûler, maïs lei4 arrivent, la table se garnit, et la reoettlii'

Ce monsieur, placé au centre de la ttfci posé sur sa base, coiffé d'un bounet gieel cliné sur l'oreille gauche, oonTerl f«ii c'citt M. Simon, le maître du logis. Soi li^ autorité sur cette foule de têtes ia " ' distribue à droite et «i gauche le BI. Simon ne parle guère que pour < sa parole est grave et son ton assuré. Sa I. le sentiment de la digiAté persoiiiiéDeAÎîkM ponsabilité qui pèse sur lui. Dans les iaiadbi vice, il se mêle quelquefins à la eornnmim^ sins, tout en suivant oe l'cdl les iUkÊÊÊÊW0 des consommateurs. 11 iipaise les mieariWb^ rire, calme leur art ir inptlleile^ il |M^

LA BIAITRESSE DE TABLE D'HOTE

: de la voix la lenteur de la cuisinière. M. Simon évidemment Tasage du commandement; il y a ;-fn)id imposant dans toute sa personne, et une •n admirable dans ses moindres mouvements. 3n a été infailliblement sous-lieutenant, chef d'or- » ou conducteur de diligences, me Simon est une petite femme vive, maigre et que vous voyez voltiger incessamment autour de et de la table à la cuisine. Ses cheveux gris ont il y a vingt-cinq ans, d'un blond charmant; sa icut-étre été ronde et souple; rien n'empêche de u*il y eut des roses sur ses joues, et je ne parie- [^ue ses petits yeux n'aient excité plus d'un in*

rti'tl en soit, madame Simon semble marcher incnt sur des charbons ardents : ses mouvements ^adés, ses gestes pointus, et ses formes se desangles aigus sous sa robe étroite et courte. L'im-

€t la contrainte se révèlent dans l'obliquité haie son regard ; il y a de l'amertume dans son et une colère étouffée sous la cornée jaunâtre de

ronds. Elle répond d'une voix aigre-douce aux :-éclamations qu'on lui adresse, et semble vouîsir avec ses doigts crispés les suppléments gralle se voit forcée d'apporter aux estomacs ré- 5. Il y a de la vieille demoiselle dans toute sa p. et la matière d'un procès en séparation dans ■s tristes et langoureux qu'elle adresse à son

-point de vue physiologique, madame Simon est

éminemment bilioso-nerveux. — Je ne coms M. Simon.

? rée sous le rapport de sa position industrielle, >lmon est une femme précieuse. Elle ordonne le menu, surveille la disposition du couvert, la s. du pot-au-feu, et recueille, entre le gigot et

le tribut accoutumé des convives. Elle a, pour liére opération, une formule qui fait beaucoup r à sa politesse, sinon à son imagination. A me- ;lle va décrivant autour de la table son ellipse tre, elle frappe successivement et légèrement .ule de chaque convive inattentif, et lui dit, tenmain et adoucissant sa voix : « Monsieur, je ce par vous. » Et, à chaque station, comme une i bien apprise, elle sourit de la même manière, > avec la même inQexion caressante, l'éternel et Monsieur, je commence par vous, » J'ai vu des tiens d'artistes tressaillir au son de cette voix et frissonner au contact de cette main osseuse, nsieur que vous examinez avec une curiosité inlomme une personne dont on a vu la Ggure dans :|uelconque, est un de ces industriels nomades

transportant, selon les exigences de la police, i^ue en boutique, leurs marchandises au rabais, foulards à vingt- cinq sous. Cette grosse dame, à

épanouie, à la large poitrine, qui boit son vin

pur, met du poivre dans ses épinards, et ses coudes sur il table, c*est la compagne du négociant de contrebande. C*est elle qui se tient en permanence à l'entrée du ma* gasin, comme une séduction vivante. Elle représente tour j à tour l'étrangère attirée par la curiosité, ou la bour- I geoise séduite par le bon marché et l'éclat des couleurs. I Elle est chargée de se récrier incessamment sur l'excellente qualité des élorfcs et de feindre d'acheter, aGn de pousser à la vente. C'est une variété de la famille des mouches.

Le grotesque personnage que vous semblez écouter avec un certain intérêt est un type particulier aux tables d'hôtes, et qui mérite d'être signalé. La monomanie funeste dont il est atteint n'a pas encore de nom dans la science. Chaque jour cet homme dévore, avant son dîner, tout ce qui s'imprime de feuilles publiques, quotidiennes, hebdomadaires, artistiques, politiques, scientifiques et littéraires, à Paris et en province, sans en passer une seule ligne, depuis le premier Parts jusqu'à h pommade mélaïnocome inclusivement. Ce Gargantua de la presse périodique éprouve naturellement le besoin de soulager sa mémoire die cette indigeste et prodigieuse consommation. —Avis aux voisins malencontreux. — Il vous prend à partie sur un mot et vous fait avaler, en manière de miroton, toutes les banalités et bribes de journaux déguisées et préparées à sa façon. Il est, d'ailleurs, emphatique et dôclamateur, comme un régent de collège communal. Sa phrase filandreuse et lourde tombe, mot à mot, dans votre oreille, comme le plomb fondu, goutte à goutte, sur l'occiput d'un condamné. — Signalement : cinquante ans; grand, sec, teint bilieux; habit rdpé, boutonné jusqu'à la cravate, pantalon sans sous-pieds, perruque rousse.

Ce gros homme qui trône à Tune des extrémités de la table rappelle, d'une manière assez heureuse, l'enseigne du Gourmand. C'est le même type de sensualité, la même figure large, bouffie, luisante et colorée, avec le triple menton, les petits yeux enfoncés et brillants, le front déprimé, l'air inquiet. C'est la gloutonnerie aux prises avec l'avarice, le gourmand qui dîne à vingt-cinq sous.

Je n'en finirais pas avee le portrait, si je voulais seulement esquisser les plus saillantes de toutes les originalités dont la table d'hôte à vingt-cinq sous nous offre une si riche collection. A madame Simon seule appartient la faculté de les saisir d'abord et de les bien comprendre, en les faisant concourir merveilleusement à l'harmonie générale et a la prospérité de rétablissement Rapprocher les distances, vaincre les antipathies physiques et morales, veiller à la fois sur l'ensemble et sur les détails, dominer et faire mouvoir, pour ainsi dire, comme un seul homme, toute cette foule de prétentions rivales et de mâchoires en concurrence, — voilà le grand art de la maîtresse de la table d'hôte, le triomphe et la gloire de madame Simon.

LE MAQUIGNON

ALBERT nUlUUSSON

kn que notre époque ait doiiuG uîiissanee »

une efTrapiitc qtionlilé de floutun de tnute espèce, et qu'elle ne pmaisse |^;»s s'fitrêler dan» celle voie êini* nenimeiit progressive, elle ue peul cependant usurper U j^laire d'à* voîreDrantê le maquignon. Le maquipon «it ïié dcpuk longtemps et t eu TavanUige ir^'s-mcrîtê de Kervir dt* inodèk aut pluji fins exploiteurs de la crédulité française et surloul parti^ienne. Mais, quoiqu'il ne ne ïioi le pas du grand moule des lloberts-Macairos du dîi-neiivtéme siècle, ce n*esl pas é dire pour cela qu'il |iréteiïdtî leur èlre inférieur. Il les r^ut tous; îl souri l de pitié en jtongeanl aux roueries à lui connu ri qu^on donne |»our invention récente, el rtenl mervdlteuiïenienl conGrmer cetadiige. quVI n'y a rien de nouveau kous le loleiL et que la moi lié de la société a élé de tout temps de^linée à èlre dupéo par rnutre. Le maquignon s'ucquilte de celle dernière lÂc lie avec inûnimeiil d'e^pril et d*i jurement, Cml lui qui a en]|»loyé le premier lou^ ces irtiOces ingénieux arec lequel » il est d'usage, j'ai bis dirt de bon ton, de berner, dans toutes Kesi classes et dans toos les ét^ts» la bonhomie du peu|de le plus spirituel de Tunivers. Il est adroit, însiuuunlp grand parleur, d'un «plomb, d*uae «gsiurance imperlurlmbles : fou» vous déQet de lui, vous vous leueï sur la réserve, car tous eonnabset ses ruses, et cependant jl vou$ prend toujourt au même pièie , sans cesse employé et saai

crssc avec succès» il Fait de voui ce qull^ tairemcnl vous écoutes ses |iaro1es, vnv é irilluence Ce u'esl pas â to% |eiii c|iie liP^ ier, mmi lui sieul : îl le dît tinuteiMii, " miiïonnement logique de Uni dt prtaiv il parvient n donn* r lant de légèreté li cheval lourd et tnamf, de finesse à eci ji ta ni de vigueur el de Teu à cette Ijèli M que vous ftnis^s^x l>on gré, mil gré, pt chanté, el que vous payes & beani detnss le dei^cendanl presque cer Uin d'Eclipsé ci netle. Inutile de dir*" que riUusIre bon tout au plus à coud u ire des chem nocenis.

Il y a deux classes de maquigoons \ blenl nulh-menU i xceptè p^r ce point TtidrRse in.tpprécinble de faire wûêê A qu^un chenal baî est grîs pommelé, et ^ ilamnnds sont d. ^ pur sjing an|{lmU. C*( ç y if non marclmnd âû eànMi««^ €{ nu raclure et eulrejkît de courtiers plitsee el de trail, pui;; te mof tti^mm frroeoiiiMr

L(' marchi^nd de «chevaux est EKtle i un type loui à Tnil trdnchë et sortAnt det Le plus souvent il possède un riche liUj^e Qgnre rubiconde lè|èrement nmhirifl' mile du Jipz, ce qui lai^srrsit fqi|it»ostr ^1 guère d'eau que pour su faire li bvlie, im'^ el bonliomme, des maoïeres 1kruiq«esel des yeux d'une obliquîie perfide U Cm galnce dont >1 l4Ul protoudéii^en varlablemenl une redi oie 4e duil frur ses quadrupéi k

LE MAQUIGNON

3iU

ingote grise du grand homme sur les vieux gro* s : sa t*Heesl surmontée d*iin chnpeau trés-râp^et forme antédiluvit nne, qui lui srrl â la fois de préif contrf* les injures^ de Tair et de tambour pour r tes chevaux. Il est en outre orné en toute occa- *uii fouet formitlable. sceptre refspecté avec le(|uel rerne son empire piaffant et hennissant. Ce meulispensable ne le quitte jamais : il mange, il boit, roméne, il s'assied , il dort, son fouet a la main : entre son fouet et lui une adhôrcnre que rien ne t briser. Otez-lul son fouet, et il perdra tous ses ges. Son langage manquera de Taccompagnement « nécessaire ; ses chevaux ne marcheront plus, ne Yeront plus, ne feront pluf^ toutes ces petites gènes qui vous séduisent ; c'est un hommt* démoni- 111 né, son état est perdu; il n*a plus qu*^ mener ^tes au marché. Quand il entre dans récurie, un cifOement annonce sa présence, et alors il se fût un ?ment général et précis comme sur la ligne d*un on. Toutes les croupes se rangent, s'alignent, les :« lèvent, les oreilles se dressent, les chevaux sont fiques. Vous admirez et vous ne savex que choisir, rchand de chevaux le sait mieux que vous ; il fait un cheval dont il vous a montré la helie tenue, et, it qu'il vous entretient de l'utilité que vous pouvez r, de sa docilité, de sa force, de sou ardeur, de sf>s ^ univ« rselles, on le brosse, on le peigne, on le »n lui introduit sous la queue une cert: ine quantité ^mbre. ce qui le jette dans une inquiétude contir et lui donne une apparence de feu et d'impatience. lors qu*on va le faire trotter : ceci est un des arts du maquignon ; car à cette allure se révc- 'dinairement les défauts d'un cheval. Un gaillard » et taillé hardiment, prend In béte par la bride et K. serrée sous la mAchoirc, le maître fait claquer ■ et, et lui pince fortement lesilancs. Le cheval une par une main ferme qui lui lève la tête, et |Nir la lanière qui lui caresse désagrr^.blement les I, sautille, gambade, se cabre : sa peur, son étonft, changent son allure, le cambrent, lui donnent LOuplesse et du jarret. Vous êtes ravi, émerveillé, chetez l'animal, et vous vous frottez les mains de 'avoir fnil un aussi mngnillque marché; de son le marchand n'est pas fâché de s'être delwirrassé béte dont il ne pouvait se défaire, et tout le monde atent. Le marclhind de chevaux a un talent parti- |M)ur rendre un cheval beau a voir; pour lui arroniiiime par enchantement, le ventre et la croupe, il irrit de pommes Je terro, de son, de carottes, que r? N'étant pas ma(|uignon, je ne puis vous le dire, e serais, que je vous le dirais encore moins. Mais, Ql de huit jours, ctt embonpoint f.tctice tombe, le I vous apparaît tel qu*il sira toujours entre vos I, côtes saillanrps, ventre llnsque, croupe anguleuse. oc qu'on appelle débourré. Le maquignon trouve Dfs moyen de vous vendre son cheval le prix qu'il nt. Si cet honnête industriel e>t de bonne humeur, I est toujours avec ceux que son coup d'œil exercé Ifèle comme des acheteurs généreux, il fermera la be à toutes vos observations par sa plaisanterie in* ote. Uabile a caresser vos faiblesses, il piquera vonour-propre par sa brusque flatterie, ou fera sourotre ennui par ses calembours d'écurie et son rire bruyant que le claqtiement de son fouet. Il réfutera int plus victorieusement toutes vos allégations. D'ignoré rien de vos intentions cachées. Il sait si avez envie de son cheval, si vous en avez vu d'auoù vous êtes allé, si vous avez un vétérinaire, et

quel II est; il a des afQdés, des espions, une haute police partout : il met en œuvre un machiavélisme inou! de combinaison. Si vous venez visiter ses chevaux comme simple flâneur ou comme mandataire d'un ami, il ne sera plus le même; il vous toisera de la tête aux pi<*ds, comme pour vous dire que vous n'avez pas rt^tnffe et l'allure d'un acheteur de chevaux : Il ne se donnera pas la peine de vous nvintrer lui même sa marchandise, et vous laissera errer seul dans ses écuries. Heureux si votre curiosité ne vous vaut pas quel(|ue morsure ou quelque ruade! Dans la vie privée, le marchand de chevaux n'a pins cette douceur, ce mieileux de langa.i;e et de manières qu'il prodigue aux amateurs. Alors il est b )urru, haut de verbe, grand jureur, mari brutal : il se croit toujours â l'écurie d« rriore ses chevaux, gourmandant, criant, fouettant. S'il a des enfants, il les traite absolument comme des poulains, les tient serrés, les fait manœuvrer avec la chambrière, et ne les laisse pas faire une gambade sans sa permission. 11 se refuse, en général, toute espèce de plaisir extraordinaire; il est bien dans son écurie, il y reste : c'est là son atmosphère de prédilection, le milieu dans lequel il est le plus à l'aise; il a garde de s'en séparer. Il est certain que, dos qu'il en .sort, ce n'est plus le même homme; il est «n»prunté, lourd, épais. Il n'a plus la désinvolture qu'on reinaniue en lui quand il se lient fièrement devant un cheval, le fouet à la main. Il ne sait pas donner le bras à son épnusc : dans sa distraction, il irait presque jusqu'à la saisir par le cou ou les épaules : il ne comprend rien à ce qui Pentoure ; il est dépaysé, désorienté : tout pour lui n'a qu'une odeur, celle du fumier; tout se résume m un seul objet, un cheval. On conçoit que, avec cette idée Hxe et tenace, les choses extérieures doivent avoir pour lui fort peu de charme et d'intérêt. Aus.si ne quilte-t-il guère ses pénates, c'est-à-dire ses coursiers, que pour aller à la recherche de nouveaux élèves. Alors il parcourt les provinces, assiste aux foires, et s*approvisionne de chevaux qu'il baptise des noms qui lui paraissent se rapporter le mieux à leurs formes. Le Limousin lui Iburnira le cheval anglais, ou même aral)e (pourquoi pas ); l'Alsace, la Flan Ire, la Normandie, le mettront à même de satisfaire aux nombreuses d. mandes qu'on lui fait de chevaux hanovriens et mecklemboiirgeois ; enlin, il trouvera aisément toutes les races de chevaux européens sans sortir de France. Et, au fait, nous autres Parisiens, nous sommes si bons enfants quand il s'agit de chevaux, qu'il y a plaisir et profit à nous duper ; c'est une bénédiction. Pour peu qu'un cheval ait l'œil vif. la t»He gracieusement pliée, et de 1 entrain dans le jarret, nous le proclamons tout de suite de sang arube; pour peu qu'un autre ait les jambes fines, la tête mince, le corps svelte et allongé, nous crions au cheval anglais. Le marchand de chevaux nous en donne comme nous en voulons; nous n'avons pas le droit de nous plaindre.

Quelquefois le mirchaud de chevaux, quand il est riche et en réputation, se permet des promenades aux Champ.s-Elysées, dans une voiture plus ou moins bizarre, attelée de deux ou même de quatre chevaux. Mais il a beau étaler des harnois splendides, et se faire accompa* gnrr de laquais en livrée, on le reconnaît sur .son siège élevé comme un second étage, é sa hgure enluminée, à sa forte membrure, à ses façons d'homme du métier. C'é'St bien pis» encore quand sa femme et une ou deux amies forment fa délicieuse partie de se faire voiturer ensemble. Leur moi^ue vulgaire et boursouflée, qui ne doit durer qu'un jour, leurs manÎTCS triviales, leur costume grotesque et mesquin, tout cela présente un contraste bouflbn avec le luxe de bon goût et Sa riche

LE MAOriî.NOX.

simplicité des équipages qui les entourent, et égayé prodigieusement le beau monde heureux de trouver loccade persifler quelqu'un et de railler quelque chose. Le ccTur du marchand de chevaux est le moins sensibh' de tous les cœurs : en fait d'émotions, il est inexpugnable. La douleur physique, pour lui, aussi bien que pour les autres, n'est rien ; il ne conçoit pas qu'on puisse «voir l'épiderme plus délicat que celui des chevaux: et. |K)ur son propre compte, il en est convaincu; car il nVn juge que d'après la rudesse coriace de sa peau. Aiis^i ritil d'un rire superbe en voyant notre douillette et dotante humanité donner le nom de maux horribles à ce qu'il ne regarde pas même comme des contrariétés. Jamais on n*a surpris une larme dans son œil ; et, en effet, les chevaux ne pleurent pas : s'il a de la douleur, il la concenceotre si bien, que personne ne s'en aperçoit, ou plutôt je crois qu'elle n'a pas prise sur lui. De là vient aussi son be.Noin de domination. Le marchand de chevaux est

S lus autocrate dans l'empire de son écurie que Nicolas ans toutes les Russies, sa mine haute impose A tous. II ▼eut une soumission passive. Palefreniers, grooms, en* iaotfy femmes, cochers^ chevaux, tout est mis sur la

môme ligne, et doit obéir sans plus M raisonnements. 11 ne fait que deux ~ chez lui comme partout qoe deax ehsseiKal ceux qui commandent et ceux qui ob" d'inilépcndance, de nationalité, de i " vous rira au nez, et vous répliquera * qu'on aura beau faire, retourner le moné comme un gant usé, changer tons les éii Mi' nement, on ne sortira jamais de tmémi classe dominante et la classe obéitMlk llf si grand tort, ma foi ! Ao reste, < cessivement arriéré : il De lit ni k j rivari: il est abonné aox PetUa-ÀfféHil incindiaire. Sa politique est la poliûfuli^ que ce statu quo soit boD on mavi ~ ^ il n'y regarde pas de si prés. SU I sont pas celles du gonvememeat, il I M< chargé de faire marcher le char de tlkLibl si, par un hasard fort rare, il vicMi|Mtrl c'est pour se mettre en ediére el T ~ ^ grande douceur i me

homme d'intimidauon. ilèglt |faiMi:

Hi^^f

LE MAQUIGNON

li aime bien châtie bien : à ce compte-lé, on peut is flatterie que presque tous les gouvernements

leurs gouvernés. Il voudrait qu'on menât les la bride haute et avec un mors Secundo. Selon ;t le vrai moyen de les rendre doux et d*humeur îvolutîonnaire. Avec un système aussi excentririsquerait fort de se prendre aux cheveux avec mes les moins passionnés en politique» pour peu t souvent ses opinions sur le tapis; mais c'est là mince sujet de ses préoccupations : il n*a garde ir son esprit dans des régions aussi éloignées. En , il ne se soucie que fort peu de ce qui s'adresse iligence humaine. En littérature, il ne sait pas A ïr ce que c'est que Victor Hugo, et il mettra le t social sur le compte de Chateaubriand. Sa bi* )ue se compose du livre de poste, de quelques ns sur l'art d'élever et de dresser les chevaux, et khe collection de Mathieu Laensberg. Ne lui dei rien de plus. De religion, il s'en occupe encore que de tout le reste. Il a tout matérialisé, tout i un positif désespérant.

le maquignon que nous avons peint jusqu'à pré- .'est l'homme domicilié, patenté, payant conlriet tenant sa place dans la société autrement que volume de son ventre. Il y a une autre espèce quignon, le maquignon véritable et primitif, quignon brocanteur: celui qui n'a pas de doconnu, mais que l'on trouve partout où il y a val à acheter. Celui-là n'est plus comme le marde chevaux une espèce de poussah aux jambes ^ aux joues tombantes, à la face écarlate, mar- ^arrément et plein d une haute opinion de sa per-

c'est au contraire un homme fluet, sec, maigre, s courant, toujours trottant, ce qui nuit à i'em- Dt qu'il pourrait retirer d'une digestion plus tranet le rend efflanqué comme un lévrier de petite ;se.

21 effet, il n'est pas de cheval d*omnibu8 qui fasse 3 chemin, parcoure plus de rues, de quartiers, I maquignon brocanteur. Toute sa vie n'est

course sans fin. Chaque matin, son occupation re est de consulter les Petites-Affiches : une fois iseignements pris sur les chevaux à vendre et à T, il se met en route et va fah*e ses visites quoes aux écuries indiquées : il examine le cheval »Dfiance, lui ouvre la bouche pour savoir son âge, 16 les jambes pour vérifier s'il n'est pas affligé "gements ou de crevasses, le fait tousser pour s'asu'il n'est pas poussif ou fourbu; et il répète la opération à chaque nouvel examen. Il s'introduit s personnes qui vendent leurs chevaux, leur oflre vices, son expérience (et il s*y connaît beaucoup elquefois); pour elles, il n'hésitera pas à faire Les recherches nécessaires, par pure complaisance, eur conseillera pas d'acheter des chevaux neufs, rs on n'a plus qu'à s'adresser à Crémieux ou à 3t son ministère devient inutile : il vous en dé^

les inconvénients : c 11 est bien plus sage, dit- Ds cher en même temps, de chercher des chevaux ts, tout dressés, qui sont plies, assouplis, habila main de l'homme, pleins d'une grâce acquise e vigueur éprouvée. » Vous, bonhomme, qui sou- 'aimes que votre repos et ne vous occupez guère chevaux que pour vous dorloter dans votre chaude mode berline, vous vous laissez facilement séduire i arguments sophistiques. Mais, comme toujours [ui se défait de ses chevaux a pour cela une raison e, il s'ensuit que vous êtes trop heureux de les

revendre à moitié prix au bout de trois semaines, grâce aux bons offlces du maquignon.

Le maquignon est l'homme de Paris qui connaît le plus de monde : il donne des poignées de mains à un nombre incommensurable de cochers, de palefreniers, de valets d'écurie, de valets de pied; Il a des ramifications, des accointances partout : il ne s'est jamab connu d'ennemis. A la différence du marchand de chevaux, il est poli et souriant avec tout le monde; car II voit dans chacun la cause cachée de quelque affaire brillante. Il ne brusque et ne méprise personne : il n'est groom si imberbe auquel il ne fasse des cajoleries intéressées ; il sème des amitiés partout, à tout hasard, bien certain d'en recueillir tôt ou tard les fruits. Maîtres et valels ont une part presque égale dans ses prévenances; car, si les maîtres achètent, les valets font vendre. Il se ménage des entrées en tout lieu : les antichambres, les écuries, lui sont toujours ouvertes et n'ont pas de secret pour lui. Il connaît non-seulement les personnes qui ont mis leurs chevaux en vente, ou qui ont été en visiter, mais encore ceux qui ont l'intention, le caprice fugitif de faire quelque trafic de ce genre. Il n'attend pas l'occasion, il la provoque et lui force la main : c'est l'intrigant le plus hardi qu'on puisse voir. Vous ne pouvez pas vous surprendre une pensée qui ait rapport plus ou moins directement à un cheval sans que le maquignon ne devine cette pensée. 11 a un tact d'observation raffiné, un talent de seconde vue qui vous déroute et que vous ne pouvez concevoir.

Je suppose que, par hasard, après une promenade pédestre au bois de Boulogne, vous revenez à votre domicile un peu fatigué, et que le soir, seul dans votre chambre à coucher, tout en nouant autour de votre tête parfaitement frisée un véritable foulard des Indes, vous voyiez défiler fantastiquement sous vos yeux cette suite brillante d'équipages, et surtout ce délicieux alezan qui dévorait l'espace avec tant de vitesse et de feu. Alors vous vous dites follement en vous-même : « Tiens, une idée lumineuse !... Si je prenais un cheval... alezan, et un tilbury!... au fait! pourquoi pas? » sans songer que vous n'avez juste que ce qu'il vous faut pour subvenir à votre existence d'homme, sans aller encore vous charger de la nourriture d'un quadrupède aussi incommode et dispendieux à entretenir qu'agréable à voir. Et vous vous couchez avec cette idée, qui, au premier abord, n'est pas tout à fait dépourvue de charme; votre cheval vous galope sans cesse dans la cervelle, vous entassez les unes sur les autres des visions absurdes, et le lendemain, à votre réveil, vous haussez les épaules en songeant à toutes les billevesées que cette idée saugrenue a fait éclore dans votre imagination Cependant, au point du jour, vous êtes prodigieusement étonné de recevoir la visite d'un individu de mise équivoque et d'aspect hétéroclite, qui s'avance vers vous après avoir décrit un certain nombre de courbes, et après s'être acquitté consciencieusement de plusieurs salutations d'une politesse inconnue de nos jours. Vous faites asseoir l'aimable étranger, qui. après un préambule captieux sur les inappréciables qualités de la race chevaline, finit par vous offrir un très- beau cheval de sang anglais, qui a paru aux dernières courses, et a été acheté cinq mille francs ; il vous le laissera, mais pour vous seul, au prix de six cents francs. Vous commences par tomber des nues, et vous vous demandes comment cet homme, ange ou démon, a pu avoir connaissance d'une idée vague que vous-même maintenant n'êtes pas bien sûr d'avoir eue. Étes-vous somnambule, et avesvous été crier sur les toits que vous voulies un cheval pur sang anglais? ou bien ce farfadet» invisible i l'œil

LE MAQUIGNON

ira, t'est-il fflUisé à trafera les fiMores de votre porte, pour écouter quoi...? vof |ien«ées : voum ri|ifnnrez, et ▼oux l'ignnrerei protMblement toute votre vie. Quoi i\n\\ eo soit, vous éconduinix aussi adroitement que possible votre visiteur inattendu, et vous raccompaj^m s jusqu'au seuil de la porte de votre appartement, autant par politesse que pour bien vous assurer qu'il ne vous em|iorte par distraction ni une montre, ni un couv> rt d'argent. Et c'est par des soupçons auf^si injurieux que vous savez nconnaiire sa provenance dé>intéressôe!

Si le maquignon brocanteur connaît certains marchands de chevaux, et se trouve lié d'intérêts avec eux. alors sa clientèle s'étend et devient de plus en pins pn>tit;ible pour lui. Le marchand de chevaux qui ne peut venir a bout de se défaire d'un cheval s'entend avec le maquignon, et alors quel atroce guet-apens pour les malheureux acheteurs ne resuite t- il pas de cette conspiration é huis clos, entre ces d«mx Machi;iv«;ls iPécurie? Le cheval invendable est mis en maison bourgeoise (tfrme usité en pareil cas) dans une écurie louée é cet effet. Il est annoncé sur les afOches comme ap|iartenant soit é un gentilhomme étranger sur le point de partir pour l'Orient, soit à un agent de change obligé de s'euruir en Belgique, etc. Le thème vnrie suivant l'imagination du maquignon, et il m a toujours iiiflniment IN ndant ce temps, celui-ci fait mousser l'animal, qui ne tarde pas à troMver un maitre. C est ordinain meut quelque commerçant en d tail, retiré des affaires, qui s'abandonne aux xoluptés d'une demi fortune, et veut avoir le noble coursier au rabais, tout comme un mouchoir de poche et un bonnet de coton.

Tous ceux qui ont ou font semblant d*avoir la passion des chovaux. passion aussi innocente que ruineuse, subissent directeineut ou indirectement I importante entremis«fdu maquignon. l.ed..ody improvisé sur lequel vient de tomber un gros hêrit ge. et qui, dans le premier vertige de la fortune, veut avoir le plus beau cheval de Paris, jette l'or au maquignon, qui se baisse trés-leslem< nt pour le ramasser, et lui procure bientôt ce qu il demande: un animal d'une ap|>arence su|-erbe, au poil brillant, â la robe bizarre, à la tète roide et touie d'une pièce, dressé parfaitement à se tenir cambré comme ces chevaux de carton qui servent de montre chez les selliers. Peu importe le reste, c'est-à-dire justement le plus essentiel.

L'agent de change, qui use un cheval en six mois, t'adresse, lui aussi, au maquignon : celui-ci, dans le louable but de ne pas sacriller une nouvi Ile liéte, la lui donn«* tout us<'»e. La vieille comtesse ou baronne qui renouvelle ses équipnges est trop heureuse de trouver le maquignon, qui. sous prétexte de lui donner des chevaux normands, et de ne pas l'exposer à des dangers, lui fabrique tout exprès un attelage de ces gros chevaux â queue rase et à lourde télé, qui ne vont jamais plus vite

pmlit t

que le pas, et ne m tnovieDimt d"i

le jour où OD les esMfa pour U

fortunés, en outre, qui p*ont pis

de patience, assez d habilude.

des chevaux, et remeltenl leur destiveotoh

du maquignon, et combieo celai«d le Ift |ai

de leur foire casser le cou avec na dwvléue

on de les laisser en rouie avec dci

boiteuses!

Le maquignon a toujours on ville où il place incognito les objcta de aaa ces lieux qu'il transforme un cheval gri, en une liéte su|ierbe, pleine de gueur. C'est lé qu'il rcNtaure et éreintées qu'il obtieni à vil prli daat fe«p décès ou même au marché; là, qull hitaii gré, les gonfle comme une bulle de miib un poil lis it uni; là, qu*il leur coapett oreilles, si elles soûl longues ei diagraôsaû met une fausse queue, si la nueue pi là, qu'il fait disparailre pour quelqDCsjaailM munts qu'ils ont aux jambes, qu'il levpitfi pour dissimuler leur Age, etc. ILilbarîwvii par l'odeur du fumier, vous entra daa* ce maquignon, où il escamote les débolsfadM fait subir des métamorphoses fobalcescireiiii tirez qu'avec une rosse de plus, et fvifecai francs de moins!

D'après ce tableau eflrayant, on n'y a possibilité d'avoir de bonsdMvupiB' lant chercher soi-même dans la Afrique. Ceci serait vrai si ces pays mitifs et vierges . mais lu dvilisalna/ij ma«|uignon d'une façon toute ri maquignons anglais et des magai|Cj derniers, soit, dit en passant, ttmi arabes que leurs chevaux. OrdoM siex, vous qui avex le malheur d'éùv ■■ nourrir des chevaux, il faut vous féàpml Si vous êtes assex novice pour vous tàtm quignon brocanteur, vous mcritci vafee je ne vous plains pas. Si vous metitt conflance en un marchaDd de chcvni, cellente nature digne sans doaled^irtil meilleirr sort ; mai< enfin i qni k ftrti? côté, si vous avex des prétentions i éht fait de chevaux, il n'y a pax d'artifice et il mette en œuvre | our avoir raisoa de vM hnbileté; et vous ris«|nex Tort de têgorie générale, (jue faire alors, dir»4«i se r'signer à végéter toute sa vie eu « "^ d'acheter des ch< vaux poussifs et gras je n'en sais rien, mais toujours esl-O mieux acheter trois maisons qu'un wed i

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