‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 91 sur 269 · LE FACTEUR DE LA POSTE AUX LETTRES · texte numérisé non relu

LE FACTEUR DE LA POSTE AUX LETTRES

1 milieu de sa table. Commence alors un it extraordinaire. Toutes les mains se meteroent, les letlrcs volent d*un homme a sent. 8*entre-choquent avec une rapidité 3a cherche encore à deviner comment chaonnaitre dans cette môlée générale, et déjà rtier est terminé.

ue le facteur doit être tout œil, tout chifmptable à son tour des lettres amassées |u*il dispose suivant son itinéraire, il ne poser a une nouvelle suspension, toujours ce jours, faire une erreur, fut-elle même entimes, dans le total qu'il annonce, et Qt, combiné avec les additions réunies de doit représenter la somme primitivement son chef de brigade.

travail de la journée est terminé. Le facsnt exécuté les diverses manœuvres qui lui . Tantôt, à Tappel d( s adresses incomplcnme Técolicr en classe, silencieusement droite au-dessus de sa télé, pour annoncer tait distribuable dans son quartier; tantôt f sa personne, et, prenant la position du nés, a fait face de la manière la plus imhune du moniteur... je veux dire du chef 'aris. Un nouveau coup de sonnette, signal êpondu â ce dernier exercice, [ade se retire en bon ordre pour rejoindre [ui Tattend dans la cour du Méridien. Vingt avez rencontré ces longues voitures, à la !, aux panneaux décorés, je ne sais trop armes d'Angleterre, aux rideaux de coulisse pas que d'être trés-sain pour des gens rd jusqu'aux aux os, et exposés ensuite, eure ou deux, à la chaleur combinée du er ardent. Peul-étre même vous éles-vous nent dans une ville comme la nôtre, où ihicules embarrassent les rues et comproles passants, le moyen, évidemment adopté •lus de célérité à la distribution des letlrcs, ent celui qui, à la première vue, semblait â la relarder en augmentant ces mêmes croissant les dangers des piétons! — Qucsforl raisonnable, mais â laquelle, pour je ne saurais répondre, puisque, depuis )n, les sept distributions de lettres qui ; Paris ont été réduites à six, le tout d Tablic. qui, grftce à l'apposition d'un nouveau ant l'heure de la levée» a du moins en reres le lendemain, l'intime satisfaction de auraient facilement pu lui être remises la

n soit, notre facteur, portant, en sa quau, le n« 16 gravé sur l'écusson qui brille ! sa poitrine, est descendu le dernier de sa ur à lui s'il a oublié d'en relever le mar* I jours de êuspension sufGront â peine d ne faute aussi préjudiciable aux intérêts de ceci tous parait bien sevére, bien minuit le revers de la médaille. Regardei le

te est enfin facteur en titre. Il a ses huit appointements, à la retenue prés. Le voilà ), un quartier, pouvant dire avec une cere : « Mes pratiques, mes portières... » joue un grand rôle dans l'existence du faok son égard ce que, suivant les naluralisorps humain ces insectes agiles dont la

morsure active la circulation du sang et réveille les natures endormies. Aussi portières et facteurs sont-ils en hostilités perpétuellRS, et si jamais le paradis tardait à s'ouvrir devant un de ces derniers, c'est qu'à coup sûr on aurait omis, en pesant ses mérites, de mettre dans la balance les actes innombrables de patience et de longanimité pratiqués, sa vie durant, à l'égard des dames du cordon.

Suivons le nouvel élu dans sa première tournée. Qu'il fasse la rue en tricotant^ c'est-à-dire en allant successivement des numéros pairs aux numéros im))airs, ou qu'il la desseiye en impasse, ce qui s'entend d'une distribution commencée par un côté et terminée par l'autre, il ne peut tarder à trouver un obstacle. A sept heures du matin, en hiver, peu de gens sont levés et beaucoup de portes sont fermées.

Il saisit un marteau et frappe un premier coup;— rien. — • Même manège une deuxième, une troisième fois ; — silence complet. — Impatienté d'attendre, car ses minutes sont comptées, il fait vibrer le fer avec violence. — Le cordon est tiré. « Que diantre ! madame Bertrand, ouvrez donc plus vile ! — Vous v'ià bien gAlé, répond la portière en se levant à moitié de son lit ; comme si j'avais besoin de vot' visite si matin. — Trois lettres, trentesix sous. — Je m'endormais à peine; le locataire du second qu'est rentré qu'à cinq heures ; si ce n'était le moment des étrennes, je l'aurais joliment laissé dehors. — Vite, mon argent I » Mais déjà madame Bertrand s'est retournée du côté de la ruelle et a recommencé à dormir. Pour rattraper le temps perdu, le facteur dépose les trois missives sur la commode : — les prenne qui voudra l — et sort à la hâte, après avoir marqué le cré' dit sur son carnet. Trop heureux bourgeois de Paris, quel avantage immense ne relirez-vous pas de la première distribution !

La seconde maison est ouverte. € Une lettre, quatre francs dix sous. — J'ai pas d'monnaie. — Je vous changeai. — Pus souvent que j'entamerai une pièce pour ça, levons payerai tantôt. — C'est ennuyeux, madame Poquet, vous me dites tous les jours la même chose. — A- vous pas peur que j'démènage!... Vous n'êtes pas si aimable que vot* camarade. » Le facteur hausse les épaules, et, de peur d'un nouveau retard, se sauve en inscrivant les quatre francs dix sous dus par madame Poquet, heureux si, dans les autres tournées, une nouvelle lellre le ramène pour relever ce crédit.

Cinquante accidents semblables l'attendent dans cette première course. La portière du n° 8 refuse une lettre à l'adresse de mademoiselle Adèle, qui lui en doit déjà trois de la même écriture, et, si elle se décide enfin à la prendre, c'est à la seule condition de n'en payer le port qu'aprés l'avoir reçu elle-même de sa locataire. Sa collègue du n* 13, mécontente d'être réveillée en sursaut au moment où elle rêvait d'un chat blanc, ce qui annonce incontestablement les succès au théâtre de sa fille Pamcla, ferme impitoyablement son carreau au nez du malencontreux visiteur. — Ici on veut le forcer à reprendre une lettre décachetée; là on profite d'un instant de distraction pour ne pas lui rendre son compte, ou pour lui couler une pièce Causse.

n est neuf heures et demie. — La deuxième tournée commence. — Après avoir retrouvé les lettres de la pre* miére distribution sur la commode de madame Bertrand, sérieusement occupée en ce moment à épeler, de concert avec la laitière, le journal du premier, le second facteur du quartier arrive à la loge de madame Poquet : « T'nez, v'ià la lettre que vot' camarade a apportée s'a ce matin, j'iy disais bien qu'elle n'serait pu reçue sans être

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