LE FACTEUR DE LA POSTE AUX LETTHBS
affranchite, quatre francs dix sous... rendez-moi mon surplus. ^ Ça ne me regarde pas, vous savez bien que ce n*est pas moi qui vous Tai remise. — Eh bien, v1a qu'est gentil; j*vas en être pour mon pauvre argent — Vous avez donc eu delà monnaie ce malin par eitraordinaire?— Qu*est-ce fue ça vous fait; malhonnête?, ..Vous n'êtes pas si aimable que vot' camarade !... ( Il piirait que madame Poquct tient essentiellement à celle phrase. ] — C'est bon, c'est bon, donnez-moi mon compte, » La portière se répand en invectives; le facteur tient hùD. EnCu elle se décide à payer, mais non sans avoir hucé à la face de son interlocuteur cette brillanle jiêToniLson : « Vous êtes tous un tas d'brigands dans c le scélérate d'administration ! »
L'heure s'avance, les difficultés s'aplanîssirnt, et la tournée s'achèvera paisiblement» à moins qu'une maison sans portier ne vienne de nouveau en retarder le cours. La, le facteur, après avoir frappé cinq coups, signe îndicateur de l'étage occupé par le datinataire, &e retire jusqu'au mur opposé et appelle de toute la fi>rce de ses poumons : c Madame Pauvrelet, trois sous î s Le bruit des voitures couvre sa voix. 11 refrappe, il rcerie,.. Enfin la fenêtre du qualriéme s'entr'ouvre : « Trois sous! i Bientôt une figure humaine parait à la porte de rallce, le facteur s'avance : a Madame Pauvrelel) Iroîs sous. — Mais je ne m'appelle pas ainsi; je suis mademoiselle Amanda de Saint-Trillet, ex-choriste au grand Q\térâ, — Eh bien, madame Amanda, ayez la complaisance de remettre cette lettre à votre voisine. — Pus souvent! une langue de vipère qu'est toujours sur le carré à voir ee qui entre et ce qui sort; avec ça qu'elle a des enrants en servage, qu'elle les laisse manquer de tout, [janvres agneaux!... que c'est une infection dans le coUdor ! »
Habitué a ces sortes de colloques, le facteur a relraversé la rue dès les premiers mots, et, après avoir frappé et appelé de nouveau, il s'éloigne en écrivant sur le dos de la lettre : absente,
A la quatrième tournée, celte même lettre sera royésentée. Celte fois, madame Pauvrelet a entendu, elle itts* cend, et, après avoir lu : a Tiens, j'n'ai pas ma bourse, mon petit, je vous payerai ça demain. — Ça peut s'ou-
blier. — Sivoos V pnrdekviià%«Hb
cher, votre poit- » &i le iwdUoat wê ciages. L'esctlîer derv dI dt »!«• i PauvTelet s'aperçoit q a It dOIbI a pourquoi donc qae voui nie V{ lettre dliierf ^ Voui éti» ■«vtîft «t bougé. — Demandes à mftdame S«ttlp1 nolte, ma foi, pour le mêler de mm m*em pèche de dorinir toutes lec que ça vous reçoit une société «j dam... Quarante -cinq ans, mon pour faire des répétîitoiifl de choriinî vom plaît. -- Ek bieot l^s voila roi géants et venex me demander des
Le facteur ti Ira pas, car il seres] mamarêe: mab pUigne«-le si ques relations, tant éloignées de radmînistratîon des postes : il f tlon pour le pauvre subalterne.
Tellciïsont les tribulottoos isiqsAihl cnotinueUement eiposé« et c|n*s-t-il | tant de raligue"!, de tant de dégoÂB; %fT de sa probité à loate épreuve?^ après vingt-cinq années de service, ment â douie cents francs, un gratis en câs de iDaladie ; une pensioaiii quftnd il ne pourra plus marcher; piîs,tti tcgti, Tespoir d'ctre sar ses vieux jcwïrt d'un mlmi^tère, on nommé faei^mr et h donnera le droit de porter tricorne ci ki Teiposera, grâce â son portefeuille, à muges milUaires du conscrit ea bdioi
f — Mais les étrennes ! m
Elles varient de qnalre cents i nilla tlcrf c^est pour chacune facteur un si de deux à cinq cent^ francs^ sur li mcraîre trois Crânes par jour pendaÂI récolk.
DUeSp à présent, si vous r^fntla tes éircnnes que vous donnes leur!