L'HOMME A TOUT FAIRE
en resUoDS sur ces derniers renseignements, I peur désormais de vous trouver face à face me à tout (aire, et nous aurions, sans le voui pr^udice à son commerce. Or, ïi faut que »de vive ; écoutes donc le récit impartial et la dernière rencontre que nous fîmes de notre lit par une belle matinée du mois de juin. Le levé depuis longtemps , mais les concierges s rofaux dormaient encore; faute de jardin notre fenêtre) nous nous promenions sur le leurs, ce joli parterre situé entre la Concier- Morgae. LA, nous aspirions gratU mille par- 'els, lorsqu'une femme mollement appuyée au jeune homme nous apparut au milieu des semblaient si heureui, elle et lui, qu*ils faiment envie.
«mes faible; nous les suivîmes. La femme »id : c N'est-ce pas, dit-elle, mon Paul, n'est- ID beau jour et le contentement donnent un * Ce matin, je voudrais être riche et faire un Paul, égoïste comme le sont tous les hommes, mer pour lui seul le bénéfice de celle disposide.
e à tout faire passa. Il venait exaucer ses vœux Heu apparemment le lui envoyait. Il portait 'emplie d*hirondeIles. Vous figurez-vous Thi- «ptive, rhirondelle des airs dans une cnge . Gomme elles étaient tristes les pauvres pe-
tites bétes, et comme elles exprimaient noblement leur malheur par leur silence! L'hirondelle captive, ô mon Dieu ! l'oiseau dont tous les chansonniers du monde ont célébré la liberté en prenant le pseudonyme du pauvre prisonnier (air tout fait). Ah! c'éuit un spectacle i fendre le cœur. Jugez si elle en fut émue, la noble femme ! Déjà une larme tentait de s'échapper de ses jolis yeux lorsque l'homme A tout faire s'approcha d'elle et lui dit : a Voulez- vous rendre une hirondelle à la liberté pour deux sous ? »
Comprenez-vous? une bonne œuvre pour deux sous! un élan du cœur pour deux sous ! une douce satisfaction pour deux sous ! un acte royal, une amnistie, pour deux sous!
ff Tenez, s'écria-t-elle avec joie, voilà cinq francs, et vos hirondelles sont à moi. A moi, non pas, mais au ciel et à la liberté. » Elle avait dit cela comme autrefois on devait entonner la Marseillaise,
Les oiseaux s'envolèrent à tire-d'aile sans remercier leur libératrice ; mais elle pouvait bien se passer de leur reconnaissance; son ami, son Paul, venait de lui dire, de sa voix la plus douce, la plus persuasive, peut-être même la plus vraie : <c Je f aime. »
P. S. Nous avons le regret de vous apprendre que les oiseaux étaient apprivoisés, et qu ils sont tous rentrés en cage.
LES FEMMES POLITIQBB
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