‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 99 sur 269 · EMILE DUFOUR · texte numérisé non relu

EMILE DUFOUR

aris est une vasle rucli 0 dans laquelle d*infatii^ables abeilles travaillent jour et nuit à entasser des richesses, dont une grande partie nourrit un essaim nombreux de \ !(uépes voraces et pa- ! resseuses. Si les rapines de ces dernières s'exécutent facilei%\\\ en Me lis .-tbfiiies et les guêpes parisien- ;Sle pas la même diiïêrence qu'entre celles des

f-.j en a-t-il en eOfet â Paris de ces individus vnce estùD problème pour tous, qui, aux yeux

techant se revôtir d*un caractère honorable, naot sans cesse d*un air affaire, semblent tra- .it ne travaillent réellement qu*â tirer bon ^ucherie ou de la crédulité de leurs concikiieux ! Du reste, leurs menées plus ou moins

sauraient échapper à l'œil de l'observateur : r appartient donc le soin de les signaler. i hardis parasites n'exploitent pas le même confiance publique. Il en est une classe remar- •et mœurs, sa vie nomade et son adresse, qui

existence qu'à l'ignorance des débiteurs et ers, ou à la mauvaise foi des chicaneurs : nous rler dn ces avocats de justice de paix connus n de défenseurs officieux.

«« de ces agents d'affaires, extrêmement mfi dix ans, s'est augmenté graduellement avec r du commerce. Le soleil de Juillet, dont les

rayons régénérateurs devaient produire de si heureux effets, n'a servi qu'à faire éclore une nouvelle couvée de ces obscurs oiseaux de proie.

Désespérant d'être ofiicier ministériel, enhardi par les succès de quelques-uns de ses confri^res, un jour un clerc d'huissier adresse à son patron et à sou étude un adieu forcé ou volontaire. 11 loue à Pari.«, ou dans un des villages circonvoisins, un logement au plus bas prix possible, garnit une pièce d'une table noire et de trois chaises, fait barbouiller sur sa porte ce mot : Étude, se donne dans ses lettres et sur ses cartes de visite le litre pompeux de jurisconsulte, et le voilà défenseur oflicicus en espérance.

Dès lors, il passe dans les justices de paix le temps entier des audiences, s'immisce dans toutes les discussions particulières des plaideurs qui attendent l'appel de leur affaire, donne son avis, propose ses services , enfin remue ciel et terre pour trouver une cause à défendre.

Le défenseur officieux est facile à reconnaître à sa voix mielleuse et insinuante, à son chef toujours couvert d'un chapeau qu'il a payé cinq francs. 11 porte un habit dont la couleur échappe à l'œil, mais qui le plus souvent a du être noir, et sa main, garnie d'un gant gris ou de filoselle brune, caresse amoureusement un jabot fané et parsemé d'étoiles jaunâtres qui attestent de la part de son propriétaire un fréquent usage de tabac en poudre.

Son bras est en tous temps et en tous lieux chargé d'une énorme liasse de pièces de procédures, flanqué d'un gros Neuf Codes in-octavo. Ce sont ordinairement les seuls papiers qui garnissent ses cartons et le seul li* vre dont se compose sa bibliothèque. Il marche toujours vite et d'un air fort occupé. A le voir aussi sérieux au milieu du fracas perpétuel de Paris, vous le prendriez pour un homme accablé d'aiïaires. Point du tout. Il est

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