‹ Les Français sur le RhinChapitre 24 sur 35 · DetUschland und PoUn, eine Rhapsodie · texte numérisé non relu

DetUschland und PoUn, eine Rhapsodie

:>8ii LES FRANÇAIS SUR LE RHIN.

Et,ats,à l'exemple dutsar.Pauî P'', les chapeaux ronds, la poudre, les pantalons à la française, toutes choses qui sentaient le jacobinisme. Ils votaient avec enthousiasme, au Reichstag de Ratisbonne, le?, Rœmerinonatc pour les frais de la guerre ; mais ensuite ils négligeaient ou refusaient 'obstinément de les acquitter. Leurs contingents étaient en assez mauvais ét3t; encore, à la moindre alerte, ils Voulaient les rappeler, sous prétexte de défendre leur propre territoire. La Diète elle-même s'épouvantait dès que les Français menaçaient de tourner sur Ratisbonne : dans les deux campagnes de 1796 et 1797 elle empaqueta plusieurs fois ses archives. En réahté nous n'avions qu'un ennemi sérieux : l'Autriche.

Le landgrave de Hesse-Cassel signa, le 28 août 1795, sa paix avec la France. Tl s'engagea à renoncer à ses traités de subsides avec l'Angleterre et à ne plus lui fournir de troupes. H autorisa la République à continuer l'occupation de ses territoires de la rive gauche. Puis ce fut le Hanovre qui sépara sa politique de celle de l'Angleterre, pour ne pas s'exposer à une invasion française ou à une occupation prussienne. Puis le duc de Brunswick fit cette déclaration à l'envoyé impérial près du cercle de Westphalie : « Il déplorait la nécessité qui ne laissait plus aux États particuliers d'autre alternative que se mettre à la discrétion d'un ennemi irrésistible ou de chercher son salut dans des traités de paix séparés. » Le gouvernement palatin était suspect depuis longtemps d'intelligences avec la République; des pamphlétaires le traitaient d'espion des

LE GONGREi DE RASTADT (1798-99). m

Français. La capitulation des deux places fortes palatines de DiisseldorfFet de Manheim, sur le Rhin, l'ut considérée par eux comme une double et é\'idcnte trahison.

Les progrès de Jourdan sur la rive droite du Rliin et la conquête de ces deux places occasionnèrent une panique générale, une émigration de tous les princes du voisinage : ceux de Bade, de Darmstadt, de Mayence, (le Cologne, de Spire, quittèrent leurs capitales ou les asiles qu'ils avaient trouvés après leur première fuite. Le contingent saxon abandonna le camp autrichien et l'Électeur déclara que « devant la rapide irruption des Français ses propres États étaient en danger ; que, conformément aux lois de l'Empire, il rappelait son contingent pour sa propre défense. » L'empressement à se réfugier dans la ligne de démarcation était universel ; les armées françaises semblaient ne faire une battue en Allemagne que pour pousser les petits États effarés dans les filets de la Prusse. Celle-ci en prenait de la fierté et de l'arrogance, et son envoyé auprès du cercle de Franconie fixait aux États du Mein un délai de cinq jours pour faire leur paix avec la République.

Pendant ce temps, Moreau passait le Rhin à Kehl et s'emparait des défilés de la Forêt-Noire. Alors le directeur du cercle de Souabe déclara à l'archiduc que « le cercle de Souabe étant entré en négociations avec les Français, son contingent ne pouvait plus prendre part aux opérations. » Le duc de Wurtemberg avait déjà signifié à l'Empereur que « il ne lui restait plus

qu'à tenter, pour le salut de son pays et de son peuple, un accord avec la France, afin de ne pas exposer son territoire, si maltraité déjà, aux ravages effréné? d'un ennemi sans ménagement. » Bade en fît autant. L'archiduc Charles, exaspéré, traita le cercle de Souabc en ennemi, ravagea son territoire, désarma son contingent, pilla l'arsenal d'Ulm. Tout cela n'empêcha point la défection des deux cercles de Souabe et de Franconie. Le margrave de Bade et le duc de Wurtemberg signèrent avec la République une paix définitive, lui cédèrent tous leurs territoires en Franche-Comté, en Alsace et sur la rive gauche du Rhin, mais stipulèrent en leur faveur des indemnités sur la rive droite aux dépens des principautés ecclésiastiques. L'Électeur de Saxe fit également un traité de neutralité. Cependant Moreau s'avançait sur la Bavière. L'Électeur Charles-Théodore, qui avait épousé fort vieux une jeune archiduchesse d'Autriche, ne se trouva point en sûreté dans sa capitale : la cour s'enfuit en Saxe. Le pays avait cruellement souffert du ravage des Autrichiens : les landstœnde prirent alors sur eux de négocier en l'absence du prince. Les États du pays signèrent donc le traité de Pfaffenhofen (7 sept. 1796), qui imposait à la Bavière le retrait de son contingent, une contribution de 10 raillions, 100,000 paires de sc-uliers, 33,000 chevaux, 20 tableaux-. Moreau imitait Bonaparte. La prompte retraite de ce général ne permit pas qu'on en arrivât avec ce pays à un traité définitif. Alors l'Électeur de Bavière refusa de ratifier le traité et le duc de Wurtemberg accabla son

LE CUNGHES DE UASTAD ;17'JS-9'J). 289

I>ri(icipaî ministre de sa disgrâce. Néanmoins, par ^llitc de la défectiori successive de tous les princes de r Empire, l'Autriche se trouvait réduite à ses propres lurces pour continuer la guerre.

La Prusse, qui d'abord n'était entrée en négociation avec la République qu'avec toutes sortes de répugnances, de réticences, d'arrière-pensées, s'humanisait de plus en plus. Le 5 mai 179G, elle signa un nouveau traité qui donnait à la Ihjne de démarcation une extension réclamée par les circonstances, abandonnait le principe de l'intégrité de l'Empire, désignait à la Prusse pour indemnité les évêchés vvestphaliens ; assurait à la Hesse-Darmstadt et à la Hesse-Cassel de semblables indemnités, et en outre la dignité électorale pour cette dernière ; stipulait pour la maison d'Orange, si elle était chassée de Hollande, la môme dignité et une indemnité éventuelle qui porterait sur les évécliés de Baraberg et de Wiirtzburg, avec réversibilité à la Prusse ; enfin garantissait l'indépendance des villes hanséatiques. Les appétits de la Prusse étaient surexcités par cette riche proie que lui promettait la sécularisation des États ecclésiastiques : pour se faire la main elle fit valoir d'anciens droits sur Niirenberg et occupa cette ville, au grand scandale de rAUemagne.

Ainsi la Prusse, tous les États secondaires de l'Allemagne à sa suite, avaient traité avec la République

française. Le tour de l'Autriche était venu. Bonaparte lui avait imposé la paix de Campo-Formio. Les articles publiés qui avaient trait aux affaires allemandes cédaient à la France les possessions autrichiennes des Pays-Bas et de la rive gauche ( Falkenstein et le Frickthal) et convo'quaient un congrès à Rastadt pour délibérer sur la paix d'Empire. Les articles secrets, beaucoup plus importants, abandonnaient le principe de l'intégrité de l'Empire : seulement l'Autriche ne voulait pas céder à la France toute la rive gauche; elle s'opposait à l'annex-ion des provinces prussiennes Mœrs, Clèves, Gueldres, non par intérêt pour la Prusse, mais au contraire pour lui ôter tout prétexte à indemnité sur la rive droite du Pihin. En revanche elle se réservait à elle-même l'évêché de Salzburg et la partie orientale de la Bavière, Le duc de Modène recevrait une compensation en Brisgau. Elle consentait à l'indemnisation des princes dépossédés et même du prince d'Orange : mais c'était affaire à régler entre elle et la République. Elle s'engageait enfin à évacuer toutes les forteresses et positions de l'Allemagne antérieure : Mayence, Ehrenbreitstein, Philippsburg, Manheim, Kœnigstein, Ulm, Ingolstadt. Elle s'engageait à les remettre aux troupes d'Empire, sachant très-bien que c'était les livrer à la France L'Autriche perdait 1,200,000 sujets et en gagnait deux millions. Mais le Saint-Empire recevait de ce traité un terrible ébranlement ; il perdait la rive gauche du Rhin, son cercle de Bourgogne (Belgique), ses vieux droits en Italie ; sur son territoire de la rive

'iroite allaient se prendre les indemnités pour les princes dépossédés de la rive gauche, même pour des princes entièrement étrangers à l'Allemagne : le duc de Modène, le stathouder de Hollande. La ques- "^ion des indemnités allait provoquer la ruine de sa constitution. Enfin les traités de Bâle et de Campo- Formio envenimaient les haines et les défiances réciproques de ses deux grandes puissances militaires, la Prusse et l'Autriche.

Le traité de Campo-Formio était d'ailleurs gros do difficultés que le congrès de Rastadt ne pourrait résoudre. On n'avait point touché, dans les articles publics, au principe de Xintégrité de l'Empire^ que l'on abandonnait dans les articles secrets. Bonaparte promettait à l'Autriche des territoires bavarois que le gouvernement français était bien décidé à ne pas concéder : c'eût été la ruine de la Bavière. On promeitait à l'Autriche de ne rien prendre et de ne rien donner à la Prusse : on avait promis tout le contraire à la Prusse. L'Autriche abandonnait l'Empire et ses forteresses, sans avoir môme la loyauté de l'avertir de cet abandon.

Le congrès s'ouvrit à Rastadt au milieu d'un déluge de brochures et de pamphlets. « Un 'patriote allemand ^^ était d'avis que l'Allemagne évacuât Ehrenbreitstein pour ne pas donner d'ombrage aux Fran-

"^ais, possesseurs de- Coyentz ; que la Prusse s'alliât étroitemp^t avec la France tout en s'éloignant des frontières irançaises ; le reste de l'Allemagne se constituerait en une grande -union des princes qui ne prendrait plus aucune part aux guerres de la Prusse et de rAutriche : c'était déjà le système de 1806. Dans la Passion du Congrès de la Paix on appliquait à la situation tragique du Saint -Empire les versets Je rÉvangile. « Là (à Rastadt) s'étaient assemblés les grands prêtres, les scribes et les pharisiens pour aviser au moyen de surprendre le Saint-Empire par ruse. » « Mon âme est triste jusqu'à la mort, » disait le vieux Reich. — Les princes ecclésiastiques songeaient peutêtre à Dalberg, coadjuteur de Mayence : « En vérité, en vérité, je vous le dis : il y en a un de nous qui nous trahira. » — « Que me donnez-vous pour que je vous le livre? » demandait la Prusse. — L'Empereur (( le fit enchaîner et le livra pour qu'il lût crucifié. » — Les soldats de l'Empire, qui l'avaient si mal défendu, « frappaient leur poitrine en s'en revenant. »

D'après le Testament du Saint- Empire^ la République française, comme légataire universelle, héritait de la rive gauche. « A Sa Sainteté le Pape, il léguait la caisse d'opérations et la bulle d'or : la première, pour combler le vide de son trésor, la seconde, pour qu'il pût dorer ses propres bulles, et, par cet éclat extérieur, indispensable dans notre siècle de corruption, retrouver son crédit periiu. » Les titres d'Empire, grands, petits et moyens, on les mettra aux enchères, et du produit de la vente on instituera un

LE COiNGRÈS DE RASTADT (1798-09). 295>

service funèbre. Les revenus de l'Empire, à la maison des pauvres de Ratisbonne, qui n'en deviendra pas plus riche. Les bancs des prélats, bancs des comtes, etc., aux écoles. L'armée d'Empire passera au landgrave de Ilesse-Cassel pour qu'il puisse la mettre aux enchères et l'envoyer en Angleterre, en Amérique ou dans rilindoustan. Toutes les perruques, manteaux et autres objets d'apparat seront donnés au musée d'histoire naturelle de Londres, pour y être compris dans la grande collection des perruques pour toutes les nations et pour tous les temps. La députation de la paix à Rastadt se déclarera « en permanence » et travaillera à la conclusion d'une paix perpétuelle : toutefois chaque article de cette paix ne pourra être rédigé en moins de cinquante mille séances, etc.

Pendant ce temps se réunissait le fameux congrès. La République française fut représentée un moment par Bonaparte, puis par Treillard, enfin par Jean Debry, Bonnier et Roberjot. François II y avait envoyé, comme empereur d'Allemagne, Metternich, comme roi de Bohême, Cobentzel, comme souverain d'Autriche, Lehrbach. L'Empire y était officiellement représenté par une députation de la paix, composée de dix membres : Mayence, Autriche, Saxe, Bavière, Wiirtzburg, Hanovre, Hesse-Darmstadt, Bade, Augsburg et Francfort. Mais à côté de cette légation officielle, tous les princes, toutes les villes, tous les intérêts, «i jusqu'aux protestants opprimés du Palatinat, avaient envoyé à Ratisbonne leurs fondés de pouvoirs. C'était surtout auprès des commissaires français, nien

plus, auprès de leurs scGrétaires et de leurs valets de chambre, que s'empressaient les principicules ambitieux ou inquiets.

La légation française n'avait qu'une tactique à suivre : faire autant que possible des négociations séparées avec les divers États, sans attendre le bon plaisir de l'Autriche ; ne pas sacrifier la Bavière à l'Autriche, et pour cela s'appuyer sur la Prusse ; ne pas séculariser à outrance, et pour cela s'appuyer sur l'Autriche ; arriver à obtenir la rive gauche du Rhin.

A quel moment s'est manifestée . en France cette ambition de réunir à la France la rive gauche du Rhin? Sieyès, dit-on, aurait le premier prononcé le mot ào. frontières naturelles, au commencement de 93. En automne 1793, Roberjot fit un rapport officiel sur les frontières naturelles. Toutefois avant Sieyès, c'est un Allemand qui a formulé cette théorie. <( Le Rhin, s'écriait Forster au club de Mayence, dans la séance du 13 novembre 1792, le Rhin, un grand fleuve navigable est la frontière naturelle d'une grande République qui ne désire pas faire de conquêtes, qui n'accepte que les pays qui s'unissent librement à elle, et qui a le droit de demander pour la guerre que lui ont insolemment déclarée ses ennemis une juste indemnité. Le Rhin, sil'on s'en remet à l'équité, doit rester la frontière de la France. )) La Convention de Mayence avait admis ce principe ; et à l'époque du Congrès de Rastadt, l'ancien clubiste Ilofmann, réfugié à Paris, offrait 6,000 livres « à celui qui pourrait prouver avec quelque apparence de raison que le gouvernement fran-

rais ne serait pas, s'il abandonnait la frontière du Rhin, injuste et impolitique au premier chef. »

En effet, si la guerre qu'on nous faisait depuis 1792 était une guerre injuste autant que fertile en conséquences déplorables, il était juste qu'on nous indemnisât. Pour prévenir le retour fort probable de cette redoutable agression, nous avions le droit de nous assurer une frontière facile à défendre. L'Angleterre, la Prusse, l'Autriche, la Russie, s'étaient considérablement agrandies : le maintien de l'équilibre européen exigeait aussi que la France obtînt un agrandissement. Les peuples du Rhin, à deux reprises différentes, s'étaient donnés à nous : à peine avions-nous le droit de les repousser et d'imposer aux libéraux rhénans l'alternative d'émigrer ou de subir les vengeances de la réaction. La réunion à la France était à cette époque non une annexion, mais un affranchissement. Pourtant, si la réunion de la partie septentrionale des pays rhénans devait être une cause de rupture, la source de guerres, perpétuelles, il n'était que sage, surtout pour une République, de se montrer désintéressé.- Il était dangereux d'avoir encore besoin de Bonaparte.

Le gouvernement français avait longtemps hésité. Beaucoup trouvaient prudent de rendre les pays conquis ou de se contenter de la ligne de la Meuse; il était dangereux pour un État libre de s'annexer des races étrangères, et laFrance était peut-être déjà trop étendue pour une République ; la belle frontière fortifiée par Yauban, les forces nationales qui nous avaient permis de dompter l'Europe, suffisaient à notre sécurité. Tout

au plus pourrait-on demander Kaiserslautern, Luxemboure, Mons, Tournay, Nieuport, ce qui nous donnerait une frontière tout aussi tenable que celle du Rhin. 11 fallait rendre le reste. A l'époque de la paix deBâle, les deux manières de voir partageaient les esprits ; presque à la même époque, Barthélémy déclarait, h Bâle, qu'il ne croyait pas qu'on exigerait la frontière du Rhin, tandis qu'à Paris, Sieyès affirmait h l'ambassadeur Gervinus qu'il fallait à la France ses frontières naturelles et un autre système en Allemagne \ C'est ce point de vue qui, en 179S, avait prévalu dans les conseils du gouvernement et que les~ envoyés français étaient chargés de faire prévaloir à Rastadt.

Les Français s'étudièrent tout d'abord à ôter au Reichstag toute illusion sur «l'intégrité de l'Empire. » L'occupation de Mayence, du retranchement du Rhin, le blocus d'Ehrenbreitstein, les décrets d'organisation de la rive gauche du Rhin, firent passer la Diète par toutes les nuances de l'étonnement et arrachèrent à l'Empereur l'aveu de ses concessions. Le 11 mars 1798, la députation de paix céda la rive gauche du Rhin sauf la partie septentrionale, restriction dont les Français ne voulurent pas entendre parler, et aborda la question des indemnités par sécularisation. Les princes temporels accueillirent cette idée avec enthousiasme : « Ce n'est qu'en fortifiant les États en énergii>

l. Carnot disait aussi aux diplomates prussiens (août 1797) qui! allait mettre de l'ordre dans ce chaos de la constitution allemande. Vœu imprudent ! quelle meilleure g-aranlie pour l'indépendance d'une république pacifique que l'impuissance du Saint-Empire ï

intensive, disait la Bavière, que l'on rendra à l'Empire la force qu'il a perdue par la diminution de son extension. )) Les princes d'église faisaient triste mine à ces aphorismes. Ils se sentaient entourés de convoitises : ils étaient serrés de près, les archevêques et évêques par les grandes puissances, les abbés et les petits prélats parles principicules et les chevaliers d'Empire. (( Tous ces ecclésiastiques, raconte Lang dans ses mémoires, avaient l'air d'excommuniés. » L'Autriche (■'tait fort inquiète de la tournure que prenaient les iifîaires. On allait ruiner les États ecclésiastiques et l'influence autrichienne en Allemagne, et on ne lui accordait rien de ce qu'elle souhaitait. Elle eut à Seltz (Alsace), une conférence séparée avec la France, inais elle ne put obtenir ni le sacrifice de la Bavière orientale, ni la restitution de l'Italie, ni la promesse que la Prusse ne recevrait aucune indemnité. La propagande révolutionnaire dans l'Allemagne du Sud, les interventions françaises en Suisse et à Home achevèrent de l'irriter. Elle rompit les conférences de Seltz, négligea désormais les travaux du Congrès et s'occupa (le préparer la deuxième coalition.

En avril 1798, la députation de la paix avait consenti à l'alDandon de la ligne du Rhin. Mais les Fran- (;ais présentèrent de nouvelles exigences : ils exigeaient la démolitiofi d'Ehrenbreitstein, ce qui était juste ; ils exigeaient aussi toutes les îles du Rhin, les têtes de ])i>nts de Castel, deKehl, et plusieurs journées déterre sur la rive gauche en face d'Huningue : ce qui était injuste, car le Rhin devait offrir une égale sécurité

aux deux partis». Ou ivîgocia longtemps encore. Le 9 décembre 1798, les Français présentèrent un ultimatum oii ils ne demandaient plus que le thahveg du PJiin et promettaient de s'occuper du règlement des indemnités. Cet ultimatum fut accepté par 7 voix contre 3 ; Darmstadt et Bade exprimèrent leur reconnaissance pour la modération fi-ançaise.

Déjà la guerre européenne avait recommencé. Le Congrès était entouré de troupes autrichiennes. Le 28 avril, les envoyés français furent assassinés sur la route de Rastadt à Kehl. La France ne fut point heureuse d'abord ; puis, Masséna à Zurich, Brune à Bergen sauvèrent les frontières de la R,épublique. Mais celui qui devait perdre le Rhin et les Alpes débai quait à Fréjus.

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