‹ Les Français sur le RhinChapitre 26 sur 35 · Corresp. de Napocdon l". t. IX, 9 sept · texte numérisé non relu

Corresp. de Napocdon l". t. IX, 9 sept

cornes, de mérinos.. Il était de cette race de préfets dont parle Beugnot : « C'était une manie, heureusement commune, parmi les administrateurs français de cette époque, que de laisser quelque monument de leur passage dans les lieux où ils avaient été placés. )) Mérite plus rare, il savait tenir tête aux chefs militaires et fermer l'oreille aux dénonciations d'une police trop zélée.

L'éducation française du pays se faisait peu à peu. « Le fait que des ecclésiastiques avaient possédé sur le Rhin la souveraine puissance militaire et financière, qu'ils avaient exercé la police et rendu la justice, qu'ils s'étaient occupés de routes, de chasse, de culture forestière, paraissait, après quelques années, comme une légende joyeuse de temps lointains. » Napoléon, en 1804, se félicitait de « l'excellent esprit» qui régnait dans ce pays*. L'attachement à la France, à ses idées , quelque obscurcies qu'elles fussent de fumées guerrières, à ses principes libéraux, même interprétés par un despote, ne fit que s'accroître pendant dix années. En 1814, il y eut un déchirement, quand on sépara les Cisrhénans de la France et qu'on les livra à la Prusse, sous prétexte de les restituer à l'Allemagne. Us gardèrent de leur union avec nous tout ce qu'ils purent; le code civil est encore en vigueur chez eux. Ce pays s'était si complètement transformé à notre image, que nos bis seules pouvaient lui convenir. On oublia l'abus effréné que Napoléon

1. Çorrespotid. de Napoléon I"' à Cambacérès, 6 octobre 1804.

avait fait, de la conscription : on se souvint des Custine, de.s Kléber, des Hoche, des Rudler, des Jean-Bor. Saint-André, des Lezay-Marnésia, du paysan enrichi, du drapeau tncolore qui flotta dix-sept ans sur îes fiâmes de Cologne, de Mayence, d'Aix-la-Chapelle.

La Révolution de 1830 réveilla quelques-uns de ces sauveurs... C'était au mois de mai 1831, dit Henri Heine dans son poème Germania, alors tout était en fleurs, le soleil souriait; les oiseaux chantaient avec amour, et les hommes espéraient et pensaient, Hs pensaient : « Notre maigre noblesse prussienne va bientôt partir, et nous leur verserons le coup de l'étrier avec de longues bouteilles de fer. Et la liberté va venir avec les jeux et les danses et le drapeau tricolore. »

C'est seulement à partir du mouvement de 18'i8 et de la réaction qui suivit, que les esprits suivirent un autre courant et que la rive gauche, insensiblement, oublia le drapeau tricolore.

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