LE NOUVEL EMPIRE CAROLINGIEN
I l'iomphal que fit le nouveau césar dans ses provinces .illeraandes, en septembre 1804. La rive gauche du lihin était pleine du souvenir de Charlemagne et des Ottons ; c'est justement pour ce motif que Napoléon voulue; commencer par là son impériale tournée. C'étaient précisément le rapprochement et le contraste qui lui plaisaient. i^ix-la-Chapelle lui parut « l'endroit e plus convenable » où Cobentzel, envoyé d'Autri- 'he, pût lui annoncer la reconnaissance de son nouveau titre. (A Talleyrand, 25 août 1804.) Aix-la- Chapelle, la capitale favorite de Charlemagne, où le 2Tand empereur avait tenu tant de conseils et de fhamps-de-mai, reçu les ambassadeurs des Saxons, d'Haroun-Al-Raschid et des émirs d'Espagne, où, suivant la légende, il se laissa ensorceler par les lacs et, les forêts qu'on rencontrait alors dans ses environs, la carohngienne Aix-la-Chapelle reçut d'abord la visite de Napoléon. Il fit ajouter des foudres, dans le chœur de la cathédrale, à l'aigle d'Otton III. Il voulut voir la tête de son « prédécesseur » enchâssée dans l'or, le bras gigantesque qui avait dompté la barbarie, il contempla pensif le siège de pierre où Charlemagne avait dormi trois cents ans, assis comme sur un trône, la couronne sur le crâne, le sceptre dans ses doigts osseux, attendant qu'Otton III vînt le prendre là pour l'enfermer dans une châsse; mais Joséphine s'assit en riant sur ce fauteuil sépulcral qui avait conservé l'empreinte du cadavre souverain, et où tant d'empereurs aUemands s'étaient assis le jour du sacre. A Golo^jHe, la v\]^e des onze raille
vierges et des trois rois mages, ce lieu sacré ûc pèlerinage pour les empereurs et les peuples de l'ancienne Allemagne, les bourgeois reçurent avec enthousiasme le césar welche. Ils dételèrent les chevaux et s'attelèrent à sa voiture, comme deux années auparavant les bourgeois de Bonn à celle de leur Électeur. A Mayence, où Frédéric Barberousse avait tenu au douzième siècle sa cour impériale, entouré de cent mille nobles de l'Allemagne, enflammant les cœurs pour la croisade ou prêtant l'oreille aux chants des minnesinger^ Napoléon donna audience à ses vassaux. Là vinrent lui présenter leurs hommages * l'Électeur de Bade et son héritier, l'archevêque de Ratisbonne et ses deux ministres, le prince héréditaire de Darmstadt, le prince souverain d'Isenburg et quantité d'autres, toute une cour de princesses, les ambassadeurs de Bavière, de Wurtemberg, de Nassau, de Tour-et-Taxis, de Francfort, etc. Là furent jetées les bases de la future Confédérationdu Rhin. Le fils du bourgeois d'Ajaccio tenait
i . Voir Treitschke, Canzleistil ans den Napoleonische?i Tagen, d^ns, Preussiche JaUrhiicher, janvier 1872 ; lettres inédites de félicitations adressées à Napoléon par l'Électeur de Bade, le landgrave de Hesse- Rothenburg, les princes de Linange, Leiningen, Isenburg, etc., des villes libres de Hambourg et Augsburg. « La nation française, dit le landgrave de Rothenburg, vient d'ériger un des plus beaux monuments de l'amour et de la reconnaissance nationale, en conférant à V. M. I. le litre et la dignité impériale déclarés héréditaires dans sa maison, dignité qui semble faite pour celui qui ressemble tant au premier de nos Césars par la supériorité de son génie et par ses actions. >) La princesse-régente d'OEttingen s'écrie : « J'hasarde de porteraux pieds du trône de S. M. I. les sentiments de joie et de contentemeni dont je me suis pénétrée en voyant le héros du siècle, revêtu d'un" puissance qui assure son influence sur le bien-être de mes fils..... Que \a carrière de ses années égale celle de sa gloire, etc., etc. »