X PRÉFACE
blée constituante ou la législative. Après avoir ruiné son influence en Alleinagne, Bonaparte convoitera jusqu'au titre porté par le chef du Saint- Empire, en attendant qu'il lui prenne ses provinces les plus chères, les plus anciennes de l'héritage des Hapsburg : le Tyrol en 1805, l'Illyrie en 1809. Pour ceux qu'il regardait comme ses alliés, Bonaparte était aussi un terrible protecteur : on le verra par les violations du territoire germanique, en 1803 et 1804.
Toutefois, même lorsqu'il eut confisqué la liberté française et l'indépendance de l'Allemagne occidentale, même lorsqu'il fut devenu, de fait, sinon de titre, Empereur d'Occident, ce ne furent pas les Allemands qui eurent le plus à se plaindre de lui. Pour l'Allemagne, sa suzeraineté fut la source de progrès civils et politiques incontestables. En même temps qu'il nous privait d'une partie des bienfaits de la Révolution, il les étendait aux États soumis à son protectorat. Il retardait le progrès en France et l'accélérait en Allemagne. Notre grief, à nous Français, contre Napoléon, c'est qu'il mettait Allemands et Français au même niveau, comme si nous n'eussions pas été le peuple de la Révolution.
L'homme qui avait détruit par un coup de force la République en France était cependant si pénétré de ses principes qu'il réalisa outre-Rhin une