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Mais encore fallait-il y maintenir l’ardeur des premiers jours, la cohésion et la discipline qui font la force. Des statuts (1) ÿ Pourvoyaient.
“Chaque année, le dimanche qui précède la fête de Noël, les sections paroissiales éliront, sous la direction du curé, un vice-président et six conseillers. Tous seront rééligibles à volonté,
“Une fois chaque mois, le vice-président et les conseillers se réuniront chez le curé, pour s’entretenir de toutes les questions qui intéressent la tempérance : licences d’hôtels, observation des lois, usages dans les familles, précautions à prendre à l’époque des élections, abus à réprimer, beaux exemples à citer. Le compte rendu de cette assemblée sera consigné dans un cahier et les faits importants seront fidèlement communiqués à larchevêché par le curé, ou par un des conseillers nommé secrétaire à cette fin.
“De temps en temps, une fois tous les deux mois, ou chaque mois par exemple, le curé invitera les memibres des différentes catégories à se réunir à Péglise, le jour et à lheure qui paraîtront les plus convenables. 11 pourra y avoir alors récitation du chapelet, instruction et bénédiction du T. S. Sacrement.
“Deux fois l’année, c’est-à-dire une fois au moins à l’hiver et une autre fois pendant l'été, il y aura à l’église paroissiale une réunion solennelle des membres de toutes les catégories avec prédication, chant et bénédiction du T. S. Sacrement.”
Dans quelle mesure ces dispositifs ont-ils été observés ? Dans une mesure assez retreinte, il faut le reconnaître. Ce
(1) Le règlement de la Société de tempérance de i'archidiocèse de Montréal a servi de type aux règlements de la même société dans plusieurs autres diocèses.
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qui ne veut pas dire, heureusement, que les sociétés de tempérance ont été généralement laissées à elles-mêmes, sans aucun secours. Mise en vigueur intégrale et persévérante des règlements dans un bon nombre de paroisses, prédications renouvelées, diffusion de la revue La Tempérance et de brochures et tracts antialcooliques par centaines de mille, ces secours ont maintenu au sein d’un bon nombre de sociétés A vitalité des premiers jours.
L'effet direct et principal de la prédication de la tempérance et de l’enrôlement des fidèles dans l’armée des croisés a été l’amélioration sensible des moeurs, au point de vue de la sobriété. Il est certain que dans les circonstances les plus variées où la boisson, il y a dix ans, était généreusement prodiguée : baptêmes, noces, pique-niques, visites, fêtes du jour de Van, etc., on ne la dispense plus qu’avec une extrême parcimonie en un grand nombre de familles — et encore! — lor-qu’elle n’est pas remplacée par quelque breuvage inoffensif. La traite, la traite elle-même a vu ses plus beaux jours; lu pratique s’en en faite plus restreinte et une foule de gens en ont secoué le joug tyrannique. N’a-t-on pas vu, en 1909, en pleine Assemblée Législative, un député en proposer l’abolition par statut? C’est un signe des temps et l'indice de moeurs plus sobres. Il serait aisé de faire la démonstration abondante de cette amélioration des moeurs, mais ce serait sortir du cadre de cet aperçu.
La mentalité publique sur la question de la tempérance s’est partout transformée en même temps que les moeurs. Aujourd’hui, sauf les buveurs invétérés, les hôteliers et ceux qui vivent du commerce de Valcool, tous les citoyens ont pris carrément position pour la tempérance. On a pu le constater
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maintes et maintes fois, Le public veut la tempérance, et il la veut si clairement que le gouvernement le sait à n’en pas douter; dans une circonstance solennelle il s’est proclamé, par la bouche de son Premier ministre, un “gouvernement de tempérance,” et depuis dix ans son attention va à favoriser le mouvement de la tempérance — avec diplomatie, cela va de soi — jusqu’à s’attirer la haine des hôteliers. Que les temps sont changés !
Une des conséquences immédiates et logiques de la transformation de l'opinion publique a été, on le conçoit, la lutte contre la buvette. Pour beaucoup même les efforts vers la tempérance se concrétisent dans la jutte contre la buvette; et Von s’est mis sans tarder à diminuer ou à supprimer les licences, dans toutes les parties de la Province. Depuis 1906 il y a eu marche sensible et constante vers la suppression des licences ou leur réduction à un chiffre normal. 3,145 licences en 1905 2651 en 1911, et 2267 en 1914, soit une diminution de 878 en 9 ans, alors que la population augmentait, c’est déjà quelque chose. Ces chiffres sont plus éloquents encore, si Von tient compte que le nombre des licences suivait une marche ascendante jusqu’à Pinauguration de la croisade en 1906. En effet, de 1900 à 1905, en cinq ans, elles avaient été portées de 2763 à 8145, soit une augmentation de 382, Il n’y avait Pas de raison pour que cette marche s’arrêtât, et l’on peut affirmer que sans la lutte entreprise en 1906, le nombre des licences, de 2763 qu’il était en 1900, et de 3145 en 1905, aurait atteint en 1915 le chiffre énorme de 4000, alors qu’il n’est que de 2267, en sorte que ce n’est pas 878, mais bien 1700 LICENCES que la croisade de tempérance a fait supprimer, Par ailleurs, le nombre des hôtels de tempérance
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passait, de 157 en 1900, et de 168 en 1905, à 326 en 1911, et à plus de 400 en 1914,
Or il importe de le noter soigneusement, le nombre des licences ne peut pas diminuer sans que le public le veuille, puisqu, soit que les licences soient abolies ou diminuées par le vote favorable des électeurs municipaux — ce à quoi la loi pourvoit en ce Pays — soit que l'initiative en soit prise par les conseils municipaux eux-mêmes élus par le peuple — très souvent sur cette question de licences —, c’est toujours le suffrage des citoyens qui est la cause directe et certaine de cette diminution, Dans un grand nombre de municipalités — à peu près 800 sur 1100, la prohibition totale des boissons enivrantes est en vigueur, de par la volonté des citoyens.